Catégorie : 02 Une vie, une oeuvre, une date

  • Il y a 80 ans éclatait la Seconde Guerre mondiale

    Il y a 80 ans éclatait la Seconde Guerre mondiale

    « Ceux qui brûlent des livres finissent, tôt ou tard, par brûler des hommes » (Heinrich Heine).

    Au petit matin du vendredi 1er septembre 1939, 120 000 soldats allemands envahissent la Pologne. Hitler met en ligne 58 divisions, dont la totalité de ses blindés. L’aviation allemande a la maîtrise du ciel. Les routes sont intensément bombardées, tandis que des compagnies entières sont parachutées à l’arrière des lignes polonaises qui, en outre, sont attaquées de front par des formations imposantes de chars.

    Guerre 39 45

    « Gentleman-Farmer »

    Berchtesgaden (Bavière), 3 septembre 1936. Hans Bauer, le pilote SS personnel du Führer, filme l’entrevue entre l’ambassadeur anglais Llyod George et Hitler. Une rencontre pour voir de plus près « cet étrange chancelier allemand » et à l’issue de laquelle Llyod, totalement mystifié, déclare : « Hitler ne rêve pas d’une Allemagne qui menace l’Europe. Les Allemands ont perdu toute envie d’entrer en conflit avec nous ».

    De son côté, le dictateur précise dans une note à ses ministres : « Nous avons quatre ans pour préparer la guerre ». Pour donner le change, Hitler joue au Gentleman-Farmer. Il pose nonchalamment devant la petite caméra Agfa Movex 8 mm qu’il a offerte à Eva Braun, sa maîtresse : une belle jeune femme blonde de 25 ans qui joue les hôtesses de maison tout en se languissant d’amour pour son amant, qui refuse quant à lui toute idée de mariage. En voyant cet homme admirer tranquillement les Alpes bavaroises, qui pourrait supposer qu’il mènera près de soixante millions de personnes à la mort, dont six millions de Juifs impitoyablement exterminés avec un sens effroyable de la méthode et du rendement ?

    Hitler cherche avant tout un prétexte pour déclencher la guerre. L’invasion de la Tchécoslovaquie sera l’occasion de voler au secours des Allemands prétendument opprimés sur le territoire des Sudètes, bafouant les accords de Munich du 29 septembre 1938 signés avec l’Italie, la France et l’Angleterre. Ces deux derniers pays pensaient pourtant que ces accords leur éviteraient la guerre.

    Le rouleau compresseur du Blitzkrieg

    Les Polonais, bien qu’inférieurs en puissance et en moyens, opposent une résistance héroïque. Cette attaque est pour le IIIe Reich une épreuve générale de ses moyens et de ses nouvelles méthodes de combat venant s’ajouter aux chars et aux avions Stukas.

    La campagne de Pologne, premier exemple de Blitzkrieg (guerre éclair), est caractérisée par des grandes manœuvres d’encerclement qui entraînent la chute des lignes fortifiées. Au fur et à mesure que les poches de résistance sont éliminées, les colonnes blindées se rejoignent en continuant leur avance. En plus de la défense polonaise, bien organisée et coordonnée, un grand nombre de résistants polonais se battent courageusement, mais sont progressivement anéantis par la supériorité de la puissance militaire germanique.

    L’Allemagne attaque également de la mer avec ses forces navales. Dantzig est finalement envahie le 13 septembre et Hitler, qui suit étroitement les opérations, visite la ville. La Wehrmacht dépasse les fleuves Vistule et Narew. Neuf jours après le début des hostilités, elle se trouve à l’Est de ces deux cours d’eau. La ville de Cracovie tombe aux mains des Allemands. Un grand nombre de prisonniers sont envoyés dans des camps de concentration. Au Sud, les forces polonaises de réserve sont prises en tenaille et l’armée est en pleine déroute.

    La débâcle polonaise

    La Wehrmacht fait 170 000 prisonniers, auxquels s’ajoutent des civils. Ils sont tous envoyés dans les camps de concentration. Selon l’exécution de l’accord germano-soviétique, et prétextant la protection des minorités russes, l’armée rouge entre en Pologne et occupe la partie Est du pays. L’intervention soviétique rend ainsi irréalisable les points de défense polonais.


    Hermann Göring, commandant en chef des forces aériennes, en accord avec le Führer et les chefs de l’état-major, effectue un bombardement massif de la ville de Varsovie et du camp retranché voisin, qui refusent de se rendre. Varsovie est soumise aux incessants tirs d’artillerie et aux bombardements intensifs de l’aviation. La ville capitule le 27 septembre et le gouvernement polonais se réfugie en Roumanie. Le 6 octobre, il n’y a plus de combat en Pologne. Les nazis étendent dans les territoires polonais leur persécution envers les Juifs. Ces derniers sont parqués dans le ghetto et soumis aux travaux forcés ou à la déportation.

    Pour honorer leur engagement, la France et la Grande-Bretagne ont déclaré la guerre à l’Allemagne le 3 septembre. Ces deux pays ont vu tomber la Pologne sans pouvoir intervenir directement et ce, malgré l’aide que Varsovie leur avait demandée à plusieurs reprises. C’est le début de la Seconde Guerre mondiale.

     Serge MOROY

    Article rédigé à partir du documentaire ‘’Hitler, la folie d’un homme’’ (diffusé le 03/05/2005 sur M6) et des archives de la cinémathèque de Milan (éditées en France sous la série ‘'Le monde en flammes’’).

  • Témoignage ► « J’avais 16 ans à la libération de Paris »

    Bernard Bauwens, ancien élu municipal, était une personnalité connue à Villeparisis où il résidait depuis 1973 et où il y est décédé le 3 décembre 2017, à 89 ans. Il avait reçu la croix du combattant volontaire de la guerre 1939-1945, ainsi que la médaille de la campagne d’Indochine.

    Bernard Bauwens en août 2014
    Voici son témoignage sur la libération de Paris, qu’il avait bien voulu me confier lors d’une cérémonie commémorative en août 2014.

     
    Quand la guerre éclate, Bernard a 11 ans et il réside à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Son père, qui avait déjà fait celle de 1914, est mobilisé mais décède en 1940. En 1942, Bernard entre à l’école d’apprentissage de Renault comme ajusteur-électricien. Après le premier bombardement britannique du3 mars 1942, il va résider chez une tante à Villeparisis. Le 4 avril 1943, lors d’un autre bombardement des usines Renault, une bombe tombe, sans exploser, près de son immeuble. « J’étais à la piscine Molitor. J’ai couru pour savoir si ma mère était en vie. Les rues étaient désertes, jonchées de cadavres horribles, femmes sans têtes, corps méconnaissables par le souffle des bombes. Elles avaient percé le tunnel du métro, faisant de nombreuses victimes et les secours étaient débordés » se souvient-il. Par la suite, avec quelques camarades de chez Renault, Bernard se porte volontaire auprès de la Croix-Rouge pour participer au déblaiement de Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et de la rue des Poissonniers, dans le 18e arrondissement de Paris où plusieurs personnes sont retrouvées et sauvées.
     
    Sur ordre du général Koenig
     
    « Juste avant la libération de Paris, nous sommes requis par le général Koenig pour accueillir les habitants de Saint-Cloud et Billancourt. Nous nous installons à l’école de la rue Fessart, à Paris. Les Allemands devaient faire sauter le pont de Saint-Cloud et le tunnel abritant des explosifs. L’insurrection se déclenche et je me retrouve bloqué. Lors du cessez-le feu, je cours chez ma mère. A mon retour, je fais prisonnier un vieux soldat allemand à bicyclette et le ramène à la mairie. Sur lui, un ordre de repli de son régiment sur les Ardennes. On a trouvé le même ordre sur d'autres prisonniers. On aurait dû prévoir cette contre-offensive surprise… Elle a coûté de nombreuses vies et failli tourner en catastrophe » soupire Bernard.
     
    Bataille à la barricade
     
    On lui remet un brassard FFI (Forces Françaises de l’Intérieur) et le charge d’aller porter des munitions avec l’ambulance municipale à la barricade du pont de Sèvres. Mais, au moment de repartir, des Allemands arrivent à bord d’un char et des autos : « Les occupants de la barricade ouvrent le feu avec un FM et divers fusils. Ils lancent les grenades que nous venons d’apporter. Hélas, ce sont des fumigènes ! Nous nous sommes planqués, pas très fier, en attendant notre sort. La fumée disparue, plus rien : les Allemands avaient dégagé par les berges ! ». Un détachement de l’armée du général Leclerc fait finalement son entrée avec, à sa tête, le commandant Jacques Massu. « Ce détachement s’est arrêté devant mon domicile. Le lendemain, une partie a effectué le nettoyage de l’usine Renault dans laquelle les Allemands s’étaient réfugiés » se remémore Bernard.
     
    Intarissable, il poursuit : « Peu après le passage des premiers éléments, alors que nous venions de dégager la barricade, une Jeep est arrivée trop vite dans cette excavation : projection du conducteur, de la machine à écrire et de la Jeep. J’ai retrouvé ce G.I. le soir, arrêté avec sa Jeep chez un dentiste, juste en face de mon immeuble. Ce dentiste planquait des aviateurs alliés. Dans ses écrits, Hemingway signale qu’il est arrivé à Paris par le pont de Sèvres. Peut-être est-ce lui ? Possible car en 1944, il avait 45 ans ».
     
    Bernard fait ensuite partie du service d’ordre du général de Gaulle lors de sa descente des Champs-Elysées. Ce jour-là, le 26 août, il échappe de peu au feu d’un tireur embusqué près de la Chambre des députés, dans le 7e arrondissement. En 1945, à 17 ans, Bernard s’engage dans la Marine nationale. Il part alors sur le croiseur Suffren à destination de l’Indochine.

    Mais ceci est une autre histoire..

    Serge MOROY

  • Moi, Bécassine, je suis née avec le cinématographe

    Infos-ciné déc 2008

    Je reprends aujourd'hui cette note de décembre 2008 en hommage à cette grande dame et merveilleuse amie que fut Liliane Blanadet. Elle reposera dans le cimetière d'Authouillet dans l'Eure. 

    Décembre 2008

    Vifs remerciements à Liliane Blanadet qui a magistralement habité le personnage de Bécassine pour rédiger tout spécialement cet article paru dans INFOS-CINE de décembre 2008, et qui est à votre disposition à la bibliothèque de la Roseraie.

    Y. Frassati-Godefroy et S. Moroy

    Autoportrait

    Moi, Bécassine, je suis née avec le Cinématographe

    Naissance

    Ma naissance littéraire s’est faite dans l’improvisation la plus grande, dans la fièvre d’un bouclage de presse : en ce jeudi 2 février 1905, un nouveau journal pour enfants est sur le point de paraître : ‘’La Semaine de Suzette’’. La rédactrice en chef, Jacqueline Rivière, s’aperçoit que la page 16 est restée blanche. C’est la quatrième de couverture, en couleurs et la seule page récréative du nouvel hebdomadaire. Que faire ? On ne peut pas joindre celui qui aurait dû livrer la page manquante ! Jacqueline Rivière improvise alors un scénario et demande à un dessinateur de passage de le mettre en images. Il s’exécute, croque ‘’sur le champ’’ les traits des protagonistes de ‘’L’erreur de Bécassine’’, une historiette en images qui rapporte ma bévue à propos d’un ‘’homard’’. J’arrivions tout droit de mon village natal Clocher-les-Bécasses (non loin de Quimper) pour être bonne à tout faire chez Mme la Marquise de Grand-Air. Et, si je suis populaire depuis ce 2 février 1905, je le dois à ce père dessinateur : Joseph Porphyre Pinchon, qui, grâce à son génial coup de crayon, a fait surgir mon inoubliable silhouette. Depuis ce jour-là, j’occupe une bonne place dans la littérature enfantine et dans la B.D. française et je continue de nos jours à bien me porter ! Au fait, mon vrai nom est Annaïk Labornez.

     Le rire

    Je fais rire des générations de petites filles (mais les garçons lisent par-dessus les épaules de ces petites filles). Je fais rire surtout les enfants par mon simple comique visuel, mes sottises, par exemple lorsque je salue le portrait de Mme la Marquise de Grand-Air en le prenant pour Mme la Marquise en personne. Il y a dans mes albums beaucoup de quiproquos drôles. Je réécris l’Histoire et mon ignorance fait rire. Je déforme les noms propres et j’ai des souvenirs fantaisistes de faits historiques dont j’ai eu connaissance. Et si vous avez la chance de me découvrir dans un grenier, outre le rire (assuré de sept à soixante-dix-sept ans et même au-delà…) vous vous émerveillerez sur ces albums au joli dos toilé, à la typographie désuète, précieux trésors.

     Je suis drôle avec ma spontanéité, mes fautes d’orthographe, mes erreurs culturelles, mes bêtises. Mais je suis capable aussi de faire preuve parfois de facultés pratiques évidentes, doublées d’un solide bon sens. Le tout accompagné de ma proverbiale bonne humeur ! Je crois qu’est là, la raison de ma pérennité. Et il ne faut pas oublier que je suis un témoignage historique sur l’aspect social, culturel, politique de la première du XXe siècle (les deux guerres, la crise, les expositions universelles,…).

     Emancipation de la femme

    Je suis résolument moderne. Je manifeste à tout instant mon esprit d’indépendance : je quitte l’école de Clocher-les-Bécasses à dix ans pour ne plus être à la charge de mes parents, je participe à l’exode rural pour trouver un emploi ; d’abord apprentie, serveuse, travailleuse acharnée, je veux obtenir une promotion sociale. Je suis avant-gardiste, pionnière de l’émancipation de la femme.

     Une vraie touche à tout

    Bécassine 9  J’apprends à conduire ma propre voiture, on dit ‘’automobile’’, j’effectue de grands voyages : aux Amériques chez les Indiens, en Turquie et en Angleterre. Je prends l’avion; même un avion de reconnaissance où je suis photographe. Les prises de vue sont de qualité. J’ai même été décorée pour ça. Je suis touche à tout, curieuse de tout. Je goûte tous les sports : le ski, je suis une bonne descendeuse ; mon moniteur ne me trouve qu’un seul défaut (je suis incapable de m’arrêter !). Je goûte aussi à l’alpinisme et pourtant je suis ‘’vertigineuse’’, mais je suis douée d’une vitalité et d’une bonne volonté et rien, non rien, ne me décourage. Je suis aussi une adepte des bains de mer ; mais je n’ose guère me montrer sur les plages à cause d’une tenue de bain héritée de ma grand-mère. Je suis aussi ‘’inventeuse’’, j’ai beaucoup d’imagination. Ainsi, j’ai inventé le ‘’biberon de nuit automatic’’ (je vous demande de bien lire l’invention jointe en illustration). Conclusion : le bébé est à peine réveillé et la ‘’nounou’’ ne l’est pas du tout. Mais je n’ai pas eu de prix au ‘’concours Lépine’’. J’écris mes mémoires. Ecrivaine, je suis ‘’tarabustée’’ par mes créateurs qui me réclament la suite de mes aventures. Je comprends très vite l’importance du développement des sciences et des techniques. Le gaz change les habitudes domestiques. Je ne le redoute pas le moins du monde. Je m’étonne devant ce feu qu’il ne faut pas nourrir de bois ou de charbon et qui ne s’éteint pas de lui-même. Madame Bogozier me réprimande sévèrement parce que le gaz brûle en ‘’continu’’ pour rien. Et j’adore téléphone, parler avec la vieille Marie qui est à Roses-sur-Loire et qui me donne ainsi des nouvelles de toute la famille de la Marquise, des domestiques, ‘’cettera’’.

     

    Bécassine 1

    Le cinématographe et moi

     En 1917

    Je vous disais ‘’je suis née avec le cinématographe » et… j’en ai même fait !

    En 1917, je prends le tramway pour aller faire des courses à Madame, ma patronne. Là, je fais la connaissance du général Joffre, du général Nivelle, du général Cadorna, du général Broussiloff, du général Douglas Haig, de l’Empereur et du ‘’marchand de café’’. Ce dernier porte une espèce de grande boîte avec une manivelle ; je pense tout de suite ‘’ça doit lui servir à moudre sa marchandise !’’Après les présentations, ils ont bien ri. Je trouve qu’ils ne ressemblent pas aux portraits d’eux qu’on voit dans les journaux. J’en fais la remarque au général Joffre qui, en riant, m’explique : ‘’c’est fait exprès… pour dérouter les espions !’’. Il m’invite à venir avec eux aux ‘’baraques de là-bas’’.

     

    (suite…)

  • MAN ON MOON

    Le rêve que Jules Verne exprimait dans son roman de 1865 est devenu réalité le 21 juillet 1969. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, l’homme foulait enfin le sol de la Lune. Quinze ans plus tôt, Hergé y envoyait Tintin dans deux de ses albums : « Objectif Lune » et « On a marché sur la lune ». Flash-back sur un événement aussi retentissant que spectaculaire.

    Man
    Dans le cadre de la mission Apollo 11, c’est le 16 juillet 1969 que la fusée géante Saturn-V décolle de sa base en Floride à destination de la Lune, emportant à son bord Neil Armstrong, Edwin « Buzz » Aldrin et Michael Collins. Le 20 juillet, à 20 h 17 (temps universel), le module lunaire Eagle, avec à ses commandes Armstrong et Aldrin, atterrit enfin sur le sol lunaire, dans la mer de la Tranquillité.

    Le 21 juillet, à 2 h 56 (temps universel) et sous le regard fasciné d’environ un milliard de téléspectateurs, Neil Armstrong, le commandant de la mission, sort de son véhicule et descend lentement l’échelle. « C’est un petit pas pour l’homme, mais un bond de géant pour l’humanité » lâche-t-il en posant le pied sur le satellite de la Terre. Un grand frisson parcourt alors tous ceux qui ont vécu en direct cet événement sur leur télévision noir et blanc. La mission d’Apollo 11 s’achève le 24 juillet avec le retour des astronautes dans le Pacifique.

    Parmi les trois astronautes ayant participé à cette épopée, Neil Armstrong est décédé fin août 2012, à l’âge de 82 ans

    Lire notre article

    Exploit renouvelé avec Apollo 12

    Les astronautes Pete Conrad, Richard Gordon et Alan Bean vont renouveler l’exploit de N. Armstrong, M. Collins et E. Aldrin lors de la mission suivante. Elle se déroule du 14 au 24 novembre 1969 et elle est la sixième mission du programme Apollo, la deuxième à se poser sur la lune. Leur séjour se prolongera 30 heures qu’ils mirent à profit pour parcourir un champ d’exploration plus vaste que leurs prédécesseurs. De ce voyage, Apollo 12 a rapporté de nombreux spécimens de roches (34 kg) et déposé sur le sol lunaire plusieurs appareils scientifiques.

    Le programme d’exploration lunaire prendra fin en décembre 1972 (Apollo 17 est la dernière mission), presque dans l’indifférence générale. Douze astronautes auront pourtant marché sur la Lune, rapportant en tout 382 kg de fragments rocheux, dont certains sont encore étudiés à ce jour. Récemment, la NASA a annoncé qu’elle projetait une nouvelle expédition de notre satellite en 2024.

    Serge MOROY

    Apollo 11 : le film des événements

     

    • 16 juillet 1969 : derniers préparatifs avant l’envol spectaculaire de la fusée Saturn -V avec à son bord les astronautes N. Armstrong, M. Collins et E. Aldrin

    • Le LEM (Eagle) et la cabine Columbia se séparent

    • Eagle se pose sur la base de la tranquillité, un désert lunaire

    • 21 juillet 1969 : Neil Armstrong est le premier homme a posé le pied sur la Lune

    • Les Terriens peuvent suivre cet évènement extraordinaire à la télévision

    • Empreinte historique des premiers pas sur la Lune

    • Marche sur le sol lunaire d’Armstrong et d’Aldrin

    • Le drapeau américain flotte sur la Lune

    • Ramassage de roches et pose d’instruments de mesure

    • Le monde anxieux retient son souffle : le module Eagle doit rejoindre la fusée Columbia restée en orbite

    • Comme prévu, Eagle et Columbia se rejoignent

    • Freinée par un parachute, la capsule se pose sur la mer du Pacifique. Les plongeurs vont aider les astronautes à sortir. Ces derniers sont ensuite hélitreuillés à bord d’un hélicoptère de la Navy

    • Les astronautes sont débarqués sur le porte-avions USS Hornet et aussitôt dirigés vers le caisson de décontamination

    • Le président Richard Nixon vient les saluer à travers la fenêtre de leur caisson de décontamination.

     

  • Solidarité ► Les Vairois ont rendu un vibrant hommage à Julie Douib

    Solidarité ► Les Vairois ont rendu un vibrant hommage à Julie Douib

    1Un hommage unanime à Julie.

    Un concert à la mémoire de Julie Douib, 34 ans, abattue en Corse le 3 mars dernier par son conjoint, s’est tenu mercredi 12 juin au cinéma Les variétés de Vaires-sur-Marne, réunissant 300 personnes.  

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    A l'entrée du cinéma Les variétés de Vaires

    Le concert, d’une durée de deux heures, a fait salle comble. Il était donné par l’association Les saltimbanques de Vaires au profit des deux enfants de Julie, Anthony 8 ans et Lucca 10 ans, dont la garde a été confié pour le moment à Lucien et Violetta, les parents de Julie.
     
    Ces derniers étaient d’ailleurs présents ce soir-là, accompagnés de Jordan, frère de Julie, et de Lucca et Anthony. « Julie est née à Paris, mais elle était connue et très aimée à Vaires où elle a été scolarisée lors de notre arrivée dans cette ville en 1992 » souffle Violetta, en pénétrant dans la salle. Julie avait poursuivi sa scolarité à l’école des Pêcheurs puis en 1995 au collège René-Goscinny, avant d’aller en 1999 au lycée Gaston-Bachelard, à Chelles.
     
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    Aurélie et Loïc Thomas Gébert.


    Le Diable au bois dormant

     
    Loïc Thomas Gébert, président des Saltimbanques de Vaires, mais également auteur-compositeur, a notamment interprété la chanson qu’il avait écrite  pour Julie : « Ça commence toujours comme ça. Par il était une fois une princesse endormie et un homme qui lui sourit. Un baiser langoureux, un réveil somptueux, des promesses sans fin qui s’arrêtent du jour au lendemain. C’est le Diable au bois dormant, un prince pas si charmant. Elle bascule dans l’obscurité, un cauchemar devenu réalité. Et puis elle serre les poings, tente de vivre ce monstre en vain… ».
     
    Dans la salle : soutien, pleurs et indignation
     
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    La salle a accompagné les chanteurs lors des refrains


    Dès le lever de rideau, Christophe, membre de l’association, a prévenu : « 
    Habituellement, quand on commence un spectacle, il est de bon augure de dire ‘’nous sommes vraiment très heureux d’être ici parmi vous’’. Mais, ce soir, je ne vous dirai pas ça. Je vous dirai qu’en 2019, il y a des gens qui meurent de faim dans les rues et, surtout, des femmes qui vivent encore ce qu’a vécu Julie ». 

     
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    Matthéo interprétant "Les yeux de la Mama" (Kendji Girac). 

    L’émotion était poignante mercredi soir et, malgré quelques rires, notamment lors des imitations de Florian, le public a oscillé entre larmes et colère sourde. Assise au premier rang, une septuagénaire ne mâche pas ses mots : « Je suis Vairoise depuis toujours. Je ne connaissais pas Julie, mais suis venue soutenir sa famille car j’ai été scandalisée par sa mort. Elle avait porté plainte plusieurs fois à la gendarmerie. Son conjoint faisait partie d’un club de tir et ils ne lui ont même pas retiré son arme. Son avocat, Eric Dupond-Moretti, va certainement plaider le crime passionnel. Cela me rappelle le meurtre de Marie Trintignant en 2003 et j’espère qu’il ne va pas s’en tirer comme ça, qu’il va payer son crime ».
     
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    A la fin du concert, Céline Lolivret n'a pu retenir ses larmes.   

    L’initiative du concert revenait à Céline Lolivret, amie d’enfance de Julie depuis l’âge de 10 ans. Malgré le départ de cette dernière pour L’île-Rousse (Haute-Corse), les deux jeunes femmes étaient restées en contact. Céline était déjà à l’origine de la marche blanche, organisée samedi 9 mars dans les rues de Vaires, qui avait mobilisé un millier de participants, dont la comédienne Muriel Robin. « On communiquait sur Facebook. Je savais qu’elle était maltraitée par son conjoint et, maintenant, je culpabilise de n’avoir rien pu faire pour elle » soupire-t-elle. La soirée s’est achevée par « Heal the World », le tube de Michael Jackson, repris en chœur par la salle comme message d’espoir et d’amour.
     
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    Les parents de Julie. A droite, Isabelle Recio, maire de Vaires.

    Ne pas oublier Julie, ni les autres 
     
    Les parents de Julie, très émus, sont montés sur scène pour remercier les Vairois de leur soutien. Depuis le début de l’année, ce sont 84 femmes qui ont péri sous les coups de leurs conjoints violents, dont 34 depuis le décès de Julie. « Je vous remercie tous : ceux qui l’ont connue et ceux qui ne l’ont pas connue. Vous nous donnez le courage de continuer à nous battre » a lancé Lucien Douib.
     
    Céline « ne veut rien lâcher » et prévoit d'ores et déjà d’autres manifestations pour soutenir les deux enfants de son amie, notamment un tournoi de football à Vaires.

    De même, une cagnotte a été ouverte sur Leetchi.com afin de les aider :

    https://www.leetchi.com/c/julie-50469052?fbclid=IwAR1b1_jzEFnHnnfdo_XnebcM5YH1MDb9Yqu46gxHNSHdmpTVvPaPiN9IeLk

    Ecouter sur YouTube « Le Diable au bois dormant », chanson de Loïc Thomas Gébert dédiée à Julie : https://www.youtube.com/watch?v=gVExfTrrWJ0

    Serge Moroy
     

     
  • Robert Desnos, 4 juillet 1900 – 8 juin 1945

    Robert Desnos, 4 juillet 1900 – 8 juin 1945

    "Dans la nuit, il y a les étoiles et le mouvement ténébreux de la mer, des fleuves, des forêts, des villes, des herbes, des poumons de millions et millions d’êtres". « Les Espaces du sommeil », Corps et biens, 1930

    Robert-Desnos-à-Terezin-entre-le-8-mai-et-le-4-juin-1945

    .Robert Desnos est mort du typhus le 8 juin 1945 au camp de concentration de Theresienstadt en Tchécoslovaquie à peine libérée du joug nazie 

     

    Desnos-Oeuvres-Quarto-GallimardCe cœur qui haïssait la guerre voilà qu’il bat pour le combat et la bataille !
    Ce cœur qui ne battait qu’au rythme des marées, à celui des saisons, à celui des heures du jour et de la nuit,
    Voilà qu’il se gonfle et qu’il envoie dans les veines un sang brûlant de salpêtre et de haine.
    Et qu’il mène un tel bruit dans la cervelle que les oreilles en sifflent,
    Et qu’il n’est pas possible que ce bruit ne se répande pas dans la ville et la campagne,
    Comme le son d’une cloche appelant à l’émeute et au combat.
    Écoutez, je l’entends qui me revient renvoyé par les échos.
    Mais non, c’est le bruit d’autres cœurs, de millions d’autres cœurs battant comme le mien à travers la France.
    Ils battent au même rythme pour la même besogne tous ces cœurs,
    Leur bruit est celui de la mer à l’assaut des falaises
    Et tout ce sang porte dans des millions de cervelles un même mot d’ordre :
    Révolte contre Hitler et mort à ses partisans !
    Pourtant ce cœur haïssait la guerre et battait au rythme des saisons,
    Mais un seul mot : Liberté a suffi à réveiller les vieilles colères
    Et des millions de Français se préparent dans l’ombre à la besogne que l’aube proche leur imposera.
    Car ces cœurs qui haïssaient la guerre battaient pour la liberté au rythme même des saisons et des marées,
    du jour et de la nuit.

    Robert Desnos, 1943 (paru dans L’Honneur des poètes)

  • 75e anniversaire du débarquement en Normandie

    75e anniversaire du débarquement en Normandie

    LES DEUX MARLÈNE

    NOUVELLE DE SERGE MOROY

    Debarquement serge2
    9 juin 1944. Derrière les côtes normandes, la progression alliée se poursuit. Sous le commandement du colonel Duncan Smith, le 11e régiment d’infanterie américaine resserre son étau autour de Port-en-Bessin, dégageant ainsi progressivement l’axe Bayeux-Paris.

    Mais une troupe motorisée allemande, équipée de mortiers et lance-grenades, est cantonnée au lieu-dit « Le pré au clerc », à l’angle de la D12 et de la D22.

    Une patrouille de reconnaissance est alors dépêchée sur les lieux.

    Marlène illustr1Une porte s’ouvre lentement et laisse apparaître une jeune fille coiffée d’un fichu noir. Panier d’osier à la main, elle traverse à grands pas la cour d’une ferme, slalomant entre des véhicules militaires, avant de pénétrer dans le poulailler.

    A son insu, un homme l’a suivie. Il est torse nu et bloque maintenant le passage, excluant toute retraite. Ses intentions semblent sans équivoque en ce qui concerne la jeune fermière. Soudain une sonnerie déchire le silence matinal, aussitôt suivie des aboiements d’un chien. L’homme lâche un juron, se précipite vers un téléphone de fortune installé contre la grange. La jeune fermière en profite pour s’enfuir.

    L’intrus du poulailler raccroche en fulminant, endosse et boutonne sa veste de la Wehrmacht. Il court vers le bâtiment central de la ferme dans lequel s’est réfugiée la paysanne, frappe à la porte et attend l’ordre d’entrer.

    Un officier âgé d’une cinquantaine d’années et visiblement las, pose son bol de café sur la table. Il hoche gravement la tête une fois le rapport achevé, se lève et quitte comme à regret ce havre de paix. Non sans avoir salué le fermier et sa fille blottie contre lui.

    Avec l’aide d’un soldat, le caporal Gert Stoffel hisse en haut du pigeonnier la mitrailleuse MG-42 qui pèse environ 12 kg. La position est idéale car elle surplombe l’unique chemin menant à la ferme. « Prends bien soin de notre chère Marlène ! » lui lance, goguenard, son camarade en redescendant de l’échelle. L’artilleur ne peut s’empêcher de ricaner. « T’inquiète pas, elle ne pouvait pas tomber en de meilleures mains ». Et de siffloter la chanson qui passe alors en boucle sur Radio-Berlin. « Tous deux, Lily Marlène… ».

    Énervé par les préparatifs du départ, le chien de la ferme ne cesse d’aboyer. Un grenadier, barda sur le dos et fusil Mauser en bandoulière, lui décoche un coup de pied en passant. La bête écume de rage, tire de plus belle sur sa chaîne.

    Du haut de son poste, Gert Stoffel voit disparaître la dernière voiture. Il devra retarder le plus possible l’avance ennemie avant de s’enfuir à travers champs sur la moto DKW 350 cm3 garée dans la cour. Son unité a reçu l’ordre d’empêcher à tout prix la jonction des Britanniques et des Américains devant Port-en-Bessin. Il la rejoindra sur la colline de Mortefontaine, à 12 kilomètres d’ici. Le caporal, admiratif, laisse filer sa main calleuse le long du canon lisse et froid de la MG-42, la plus rapide des mitrailleuses jamais produites pour la Wehrmacht. « On va faire du bon boulot tous les deux ! ».

    Une Jeep Willys de l’U.S. Army démarre en trombe. Ses quatre passagers tressautent lorsqu’elle s’engage subitement dans un chemin défoncé. A côté du chauffeur, le sergent McLean, un ancien G.I. toujours partant pour les barouds. Derrière lui, Jeremy Kendall, ouvrier à l’usine Ford de Detroit. Malgré les secousses, il s’applique dans un swing improvisé avec sa mitraillette Thompson comme contrebasse. Enfin, John Calder, jeune architecte de 27 ans, yeux rivés sur ces paysages de Normandie dont il a tant entendu parler dans sa famille émigrée en Pennsylvanie. Volontaire pour débarquer sur le vieux continent, il ne s’attendait pas à un tel déluge de feu, de fer et de sang dans l’aube blafarde de ce mardi 6 juin. Ni à voir tant de ses camarades se faire tirer comme des lapins sur cette plage fortifiée.

    John ferme les yeux pour mieux ressusciter la jolie brune de Bayeux, première grande ville libérée. Le G.I., désarmé par son sourire, s’était enhardi à l’accoster dans un français approximatif. La jeune fille avait éclaté de rire. Quelques minutes de rare bonheur pour le militaire. Ils avaient discuté un bon moment devant la maison de ses grands-parents où elle passait quelques jours de vacances. C’était une Parisienne. Une vraie. Elle s’appelait Marlène Autier et travaillait comme sténo-dactylo dans une grande banque, située au cœur de Paris. Et de lui confier qu’elle aimait parfois se promener pendant sa pause repas au bord de la Seine qui coulait juste en face. La Seine… Il connaissait quelques vers d’Apollinaire appris au campus de Pottsville. « Sous le pont Mirabeau coule la Seine, Et nos amours, Faut-il qu’il m’en souvienne, La joie venait toujours après la peine ». Marlène était repartie dans un fou rire mais, surtout, elle lui avait tendu sa joue. John s’était approché avant que le sergent McLean ne coupe court aux effusions. « Calder, on part en mission ! ». Tout juste le temps de lui promettre de revenir et recevoir, en guise de réponse, le plus ravissant des sourires.

    Cramponné à sa mitrailleuse, l’artilleur allemand esquisse un rictus. La Jeep vient de s’inscrire dans sa ligne de mire. Mais il préfère attendre car il sait que la portée utile de son tir n’interviendra qu’à partir de 1000 mètres. Il s’offre même le luxe d’un ultime réglage.

    La jeune paysanne ferme précipitamment les volets de la ferme. Dans la pénombre, elle manque de trébucher sur un vieux phonographe abandonné là, à même le sol par les Allemands. Un disque 78 tours encore sur la platine avive sa curiosité. Elle pose l’appareil sur une commode, cherche comment le mettre en marche…

    Sous la puissance des balles de calibre 7.92 mm, la Jeep verse dans une ornière. Le chauffeur et Jeremy Kendall sont tués sur le coup. Le sergent McLean, salement blessé au bras droit, éructe tout ce qu’il peut. Sa main gauche tente de comprimer le sang qui gicle déjà de son treillis déchiqueté. Seul John semble indemne. Le sergent hurle à tue-tête pour couvrir le mitraillage assourdissant. « Calder, tire Bon Dieu ! Dégomme-moi ce salopard ! ». Mais le G.I., pâle et hagard, est ailleurs.

    John arrive sur une plage de sable fin. A deux pas de lui, la mer avec ses vagues qu’elle lâche puis rappelle. Un manège incessant, quasi obsessionnel. Il lève la tête. Le bleu intense du ciel l’éblouit. Tout comme le soleil qui tape très dur. L’Américain cligne des yeux. Il entend la voix de sa mère. « Tu as les yeux bleus. Ça vient de ton arrière-grand-père maternel, marin-pêcheur à Fécamp. Protège-les du soleil ! ».

    Au loin, dévalant la dune, la silhouette d’une femme accourt vers lui. Il reconnaît Marlène. Sa robe flotte légèrement sous le souffle de la brise côtière qui ébouriffe aussi ses cheveux. La Parisienne respire la vie, la joie, l’amour. Un sentiment profond étreint John au moment même où un ballon lui tombe au creux des mains. Marlène l’invite à jouer au volley. Sans plus attendre, il lui renvoie le ballon. Leurs éclats de rire rythment bientôt le martèlement sourd de leurs poings sur la balle de cuir, tandis que le sable crisse sous les rangers de l’Américain.

    Marlène illustration 2
    L’Allemand arrête son canardage. Les Ricains ne ripostent pas. Sont-ils tous morts ? « Qu’en penses-tu Marlène ? ». Alors, en bon soldat, comme on le lui a appris durant ses classes à Leipzig, il saisit son pistolet mitrailleur MP-40 et descend du pigeonnier pour finir le travail.

    « Calder, Bon Dieu, qu’est-ce que tu fous ?! ». Rester concentré. Suivre la balle. Et s’élancer pour la cueillir. Mais c’est sa bouche qu’il aimerait cueillir tant Marlène est de plus en plus belle. Une lancée trop forte propulse le ballon vers la dune. John part à sa poursuite. Se baissant pour le ramasser, il butte contre des bottes plantées devant lui. Un cri épouvantable, presque inhumain, éclate.

    Tel un pantin désarticulé, McLean tente d’agripper l’arme de John avec sa main valide. « Il est là ! Tire, Bon… ». Mais le sergent ne peut finir. L’artilleur allemand lui décharge une rafale dans la poitrine. Arraché à sa torpeur, front en sueur, mains tremblantes, le fantassin américain engage en hâte le chargeur-tambour sur sa mitraillette Thompson.

    Marlène illust3Sa fébrilité tranche avec la tranquille assurance de l’Allemand qui s’accroupit pour le balayer d’une copieuse rafale. John s’effondre sur son arme automatique, vidant instantanément le chargeur. Le corps du caporal Gert Stoffel bascule lourdement en avant sur celui du G.I. John Calder.

    Un timide rayon de soleil perce la poussière grise du grenier. Dans un volètement feutré, deux pigeons se posent sur le fût encore tiède de la MG-42. Ils se figent lorsque, après deux ou trois crachotements, la chanson nasillarde d’un disque usé s’élève crescendo. « Et dans la nuit sombre, Nos corps enlacés, Ne faisaient qu’une ombre, Lorsque je t’embrassais, Nous échangions ingénument, Joue contre joue bien des serments, Tous deux, Lily Marlène ».

    A nos libérateurs, ces héros modestes et anonymes, qui ont donné leur vie pour nous libérer du joug nazi.

    Serge Moroy, 6 juin 2019

    Illustrations Bernard Thomazeau

    Les personnages et les événements de cette histoire sont fictifs. Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé serait purement accidentelle.

     
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  • Vaires-sur-Marne ► Nostalgia, un film dont on se souviendra

    Vaires-sur-Marne ► Nostalgia, un film dont on se souviendra

    Près de 300 personnes ont assisté, mardi 7 mai, à la projection en avant-première du film « Nostalgia » au cinéma municipal Les Variétés, à Vaires-sur-Marne.

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    Qu’est-ce qui pourra sauver l’amour ? Ou tout du moins ce qu’il en reste quand on a perdu l’être cher. Les nouvelles technologies, auxquelles on voue aujourd’hui un culte démesuré, pourront-elles restituer nos plus beaux souvenirs, qui sont souvent les plus intimes ?

    Revivre ses plus beaux souvenirs

    Nostalgia est une entreprise high-tech qui assiste les humains en leur faisant revivre virtuellement leurs meilleurs souvenirs alors qu’ils traversent des épreuves douloureuses. « On est partis d’un rêve que l’on a suivi de façon très fluide. Nous sommes férus de nouvelles technologies et on a voulu en mettre beaucoup, mais avec tout ce que cela impliquait, notamment les risques qui pouvaient en découler. Le deuil est aussi un thème que l’on a voulu aborder » a expliqué Virginie Vancina, co-scénariste du film avec Romain Pacaud, son réalisateur.

    Des acteurs issus de la comédie musicale

    NostalgiaDe gauche à droite: Sophie Delmas, Maxime Lannot, Alysée Lalande et Romain Pacaud

    L’association Eliott existe depuis juin 2017. Basée à Serris, elle encourage la création de projets audiovisuels et Nostalgia est son troisième film. Toute l’équipe du film était présente, mardi soir, pour la projection sur grand écran. Parmi elle, les acteurs principaux : Maxime Lannot et Alyzée Lalande, qui a déjà participé à des comédies musicales (Grease, Notre-Dame de Paris, Peau d’âne…).

    Dans le film, tourné à Lagny-sur-Marne, Chessy et Serris, leur rencontre est traitée avec beaucoup de pudeur. Pour tout dialogue, le fou rire de la jeune femme répond à l’émotion du jeune homme. « La première lecture du scénario m’a immédiatement touchée par la densité des émotions et la poésie qu’il contenait : je me suis tout de suite reconnue en Marie » confie Alyzée Lalande.  

    De même, la séquence de leur ballet dans la rue se veut un clin d’œil à Jacques Demy, pour lequel Romain Pacaud ne cache pas son admiration (son prochain film sera d’ailleurs une comédie musicale). « Il y a eu tellement de bonnes surprises durant le tournage que, pour moi, cette aventure restera incroyable. Le réalisateur était très ouvert aux propositions et à l’improvisation. Une relation de confiance s’est établie et j’ai apprécié ce côté cool » reconnaît pour sa part Maxime Lannot.

    L’actrice Sophie Delmas incarne la présentatrice virtuelle de Nostalgia. Elle a également joué dans plusieurs comédies musicales, dont Mamma Mia, La belle et la bête, Le magicien d’Oz : « C’est l’originalité du scénario, ce sentiment de vivre une histoire qui se répète encore et encore, qui m’a séduite. Dans cette tragique histoire d’amour sur fond de science-fiction, le challenge était de donner de l’humanité, même si j’étais entre le robot et l’hologramme ».

    « Nostalgia est un petit miracle »

    2Une partie de l’équipe sur la scène du cinéma vairois

    Pour Romain Pacaud, Nostalgia, est un « petit miracle ». Il l’a tourné en format 4K grâce au crowdfunding (financement participatif sur internet), avec un budget de 2000 euros et l’implication de 152 personnes. « Vous êtes venus très nombreux pour découvrir l’histoire de Nostalgia, mon dernier moyen métrage. C’est une soirée particulière pour vous remercier puisque la plupart d’entre vous ont aidé à l’organisation de ce film, qui a pu voir le jour grâce à vous car il m’a fallu réunir un grand nombre de talents et d’énergies autour de ce projet » a-t-il avoué au public.

    D’une durée de 48 minutes, son oeuvre a nécessité 98 heures d’écriture, 43 jours de préparation, 10 jours de tournage, 250 heures de travail pour la post-production sonore, 53 heures de montage, 151 heures de travail sur les effets spéciaux, une musique originale et… 387 coups de fil.

    Après le succès de cette avant-première, nul doute que Nostalgia ne laissera aucun jury indifférent dans les festivals où il concourra.

    6Un public unanimement conquis pour cette avant-première

    Résumé

    Marie décède des suites d’un attentat à la terrasse d’un café. Elle attendait un bébé et s’apprêtait à l’annoncer à Raphaël, son compagnon. Depuis, ce dernier s’est retranché dans le passé pour y revivre inlassablement ses moments de bonheur avec Marie via un logiciel développé par la société Nostalgia. Mais un bug va survenir, mettant brusquement Raphaël face à un dilemme : doit-il revenir à la réalité ou se replonger dans son passé « corrigé » par la nouvelle version 2.0 que lui propose Nostalgia ?

    Serge MOROY

    Facebook: Eliott

  • Les cloches de Notre Dame ne sonneront pas dimanche 21 avril 2019

    Les cloches de Notre Dame ne sonneront pas dimanche 21 avril 2019

    Notre-Dame-de-Paris 1
    Les 9 nouvelles cloches de Notre Dame ont résonné à Paris pour la première fois le 23 mars 2013,  jour des Rameaux qui a ouvert la Semaine Sainte ..

    Ce jour-là elles ont sonné juste car, depuis des siècles, comme l'a écrit François SIMON dans Ouest France, "la cathédrale chantait un peu comme une casserole". C'est un fa dièse parfait que l'on a entendu,  à l’octave de ce vieux et majestueux Emmanuel, le bourdon rescapé qu’inaugura Louis XIV et qui porte beau ses 327 ans. Oui, un fa dièse, « velouté et harmonieux et de belle ampleur », tel que l’a rêvé Régis Singer, campanologue, l’expert en cloches sonnantes."

    Notre dame 2013

    Le Choix des prénoms des nouvelles cloches rend hommage à des grands saints et des personnalités ayant marqué la vie du diocèse de Paris et de l’Eglise..


    Pour la tour Sud :

    Marie pour le petit bourdon, en l’honneur de la Vierge Marie. Nom du premier bourdon de Notre-Dame, fondu en 1378.

    Pour la tour Nord et par ordre de taille décroissant :

    Gabriel, en l’honneur de saint Gabriel, qui annonça la naissance de Jésus à la Vierge Marie. La plus grosse cloche de la Tour Nord portait déjà ce prénom au XVe siècle.

    Anne-Geneviève, en l’honneur de sainte Anne, mère de la Vierge-Marie et de sainte Geneviève, patronne de la Ville de Paris.

    Denis, en l’honneur de saint Denis, premier évêque de Paris, vers 250, et patron du diocèse.

    Marcel, en l’honneur de saint Marcel, neuvième évêque de Paris à la fin du IVe siècle.

    Étienne, en l’honneur de saint Étienne, premier martyr, mais aussi nom de la basilique érigée à partir de 690 à l’emplacement actuel de la cathédrale.

    Benoît-Joseph, en l’honneur du pape Benoît XVI, Joseph Ratzinger pape depuis 2005.

    Maurice, en mémoire de Maurice de Sully, 72e évêque de Paris, de 1160 à 1196, qui fit entreprendre en 1163 les travaux d’édification de la cathédrale actuelle.

    Jean-Marie, en mémoire du Cardinal Jean- Marie Lustiger, 139e archevêque de Paris, de 1981 à 2005.

    Dès la fin du XIIe siècle, bien avant la fin de l’édification de la cathédrale, il est fait mention de la sonnerie des cloches précédant les offices. Cette sonnerie s’étoffa au cours des siècles au rythme de la vie de l’édifice et de son rayonnement, chaque cloche étant alors refondue une ou plusieurs fois par siècle aux voisinages de la cathédrale]. L’ensemble atteindra en 1769
    - huit cloches dans la Tour Nord,
    - deux bourdons dans la Tour Sud (Marie et Emmanuel),
    - sept cloches dans la flèche,
    - trois au niveau du transept nord pour la sonnerie de l’horloge.
    Ces vingt cloches et cette spatialisation constitueront un véritable paysage sonore dans le ciel de Paris jusqu’à la fin du XVIIIe siècle.

    Les affres de la Révolution n’épargneront pas les cloches de Notre-Dame qui seront toutes descendues, brisées et fondues en 1791 et 1792. Seul le bourdon Emmanuel, pièce maîtresse de l’ensemble, sera épargné et replacé dans sa tour en 1802 sur ordre de Napoléon Ier.

    En 1856, quatre cloches seront installées dans la tour Nord. En 1867, trois cloches sont installés dans la flèche et trois autres dans le comble, au dessus de l’oculus des transepts, les six reliées à l’horloge monumentale installée alors dans la charpente.

    Cette année Notre Dame, bien que muette , résonnera dans l'air de Paris.. 

    Notre dame rosace trumeauPhoto Solange N 16 avril 2019

  • Carême, ramadan, yom kippour, jeûne et abstinence…

    Carême, ramadan, yom kippour, jeûne et abstinence…

    C'est bientôt Pâques… dimanche 21 avril.. cette fête intervient le premier dimanche suivant la pleine lune ayant lieu après l'équinoxe de printemps.

    En 2019, si on considère que  l'équinoxe de printemps était le 20 mars (et non le 21…) la pleine lune qui a eu lieu après est survenue … le 21 mars ! La date officielle du 21 avril (qui fait suite à la pleine lune du 19 avril), aurait-elle donc été fixée une lunaison trop tard? on peut se poser la question…

    C'est au IVe siècle lors du concile de Nicée que les célébrations de Pâques et du carême sont formalisées par l'Église. Cette année la période du carême qui dure 40 jours, s'est donc ouverte le 6 mars, mercredi des cendres (lendemain de mardi gras) et s'achèvera le 21 avril le jour de Pâques.

    Si certaines régions de France respectent davantage cette tradition que d'autres (par exemple l'Alsace et la Moselle où le vendredi Saint peut être un jour férié, et la Corse) et si le carême n'est pas forcément le jeûne alimentaire, il est d'usage dans les familles chrétiennes de ne pas consommer de viande le vendredi des rameaux et le vendredi qui précède Pâques…

    A noter que le jeûne est une pratique religieuse qui ne concerne pas seulement les chrétiens … les musulmans ne respectent-ils pas le ramadan, les juifs le yom kippour?

    Icone fabergéLa tradition des œufs décorés

    "Né à Saint-Pétersbourg en 1846, Fabergé, orfèvre et émailleur, a fourni la cour impériale jusqu'en 1917. Il est reconnu pour son savoir faire et son talent artistique notamment dans la réalisation d' œufs de Pâques renfermant une surprise.
    Vers 1885, le tsar Alexandre III lui commande une de ces précieuses pièces pour son épouse. Dès lors, les aristocrates russes respectent la coutume pascale d'offrir un œuf à une femme.
    Les œufs de Fabergé rencontrent un succès grandissant.
    Vers 1900, celui-ci est récompensé par le grand prix de l' Exposition universelle.
    Après que Nicolas II a abdiqué, Fabergé quitte la Russie pour la Suisse où il meurt en 1920.
    Ce grand orfèvre a produit une œuvre considérable pendant plus de Cinquante ans, des objets de très belle facture sortis des ateliers de Saint-Pétersbourg, de Moscou, d' Odessa et de Londres.
    Aujourd'hui, ces œuvres d'art atteignent une valeur inestimable."

    0000chasse oeufs 21 avril 2019