Catégorie : 02 Une vie, une oeuvre, une date

  • Georges Verger

    Georges Verger

    Le 10 juin 2015, Georges Verger surnommé le "Padre", de la congrégation des Augustins de l’Assomption,  prêtre qui officiait dans la paroisse de Villevaudé, Le Pin et Bois-Fleuri, s’est éteint dans sa 96e année et la 68e de son sacerdoce.
    En réalisant le 1e avril 2009 un saut en parachute de 3 500 mètres, il devint, à 86 ans, le parachutiste le plus âgé de France.
    Souvenons nous de l'artiste … qui offrait ses enluminures aux enfants de Villevaudé…

    VERGER1 - Copie

    VERGER2 - Copie

    VERGER3 - Copie

    . Padre verger

  • L’aventure des films. Histoire de vingt tournages mythiques, Olivier Rajchman

    L’aventure des films. Histoire de vingt tournages mythiques, Olivier Rajchman

    Couverture livre (1)L'AVENTURE DES FILMS

    Histoire de vingt tournages mythiques

    OLIVIER RAJCHMAN

    PERRIN

    Des « Lumières de la ville » (1931) à « Barbie » (2023), en passant par « Blanche-Neige » (1937) ou « 2001, l’odyssée de l’espace » (1968), ce sont vingt chefs-d’œuvre dont Olivier Rajchman, journaliste et historien de cinéma, nous conte les coulisses. Voici l’envers du décor de leur tournage, leur petite histoire en quelque sorte, dans un style captivant puisque celui de la confidence. Petit florilège…

    En août 1958, à New York, au beau milieu de Madison Avenue, Cary Grant est entouré de techniciens, mais aussi de passants anonymes se retournant sur les premières prises de vues de « La mort aux trousses ». L’occasion pour Alfred Hitchcock de démentir sa réputation de cinéaste n’aimant pas tourner en décors naturels. Pour autant, à sa sortie, son film ne sera pas le grand classique du suspense qu’il deviendra plus tard. Personne ne ressent alors, par manque de recul, son atmosphère particulière. Plus qu’un thriller, cette traversée trépidante des États-Unis à la fin des années 1950 apporte un témoignage saisissant sur l’esthétique, l’architecture et les modes d’un Occident très préoccupé par la guerre froide.

    Jugé trop long par la production, « Le guépard » a subi moult coupures tandis que ses couleurs pâlissent au fil du tirage successif des copies en 35 mm. Car, tourné initialement en 70 mm, le film a finalement été « rétréci » dans ce format d’exploitation usuel dans les salles de cinéma ; ce qui exaspère au plus haut point Luchino Visconti. Décédé en mars 1976, le maître italien ne verra pas sa grande fresque historique enfin restaurée dans ses couleurs d’origine et dans une durée presque complète (soit 185 minutes tout de même), qui aurait pu lui convenir. En fait, chez Visconti, tout comme chez Proust d’ailleurs, il est toujours question de… temps perdu.

    Après le krach financier de 1929, le cinéma hollywoodien est en crise. Et le studio Disney n’y échappe pas malgré les succès de Mickey et des Silly Symphonies (Les trois petits cochons, Le vilain petit canard, Des arbres et des fleurs, etc.). Un soir d’été 1934, Walt Disney réunit toute son équipe. Il lui expose son projet d’un long métrage d’animation tout en couleurs et sonore, tiré d’un conte des frères Grimm tombé dans l’oubli : « Blanche-Neige et les sept nains ». Stupéfaits, tous les participants voient alors leur patron mimer les personnages (y compris la reine-sorcière) dans les séquences clefs du futur film. Quatre années seront nécessaires pour réaliser ce chef-d’œuvre techniquement novateur présenté le 21 décembre 1937 à Los Angeles. Disney, le visionnaire, a gagné son pari fou. En février 1939, suprême consécration, il reçoit huit Oscars : un grand et sept petits symbolisant les héros de son film.

    Œuvre majeure, « révolutionnaire » selon certains, cassant allégrement les poncifs du western, « Il était une fois dans l’Ouest » en est paradoxalement à la fois le plus grand et le dernier. Le titre est déjà une déclaration d’intention évoquant les contes perdus de la vieille Amérique… pour mieux les bousculer. Car Sergio Leone ne fait jamais les choses à moitié. Il est maniaque et soucieux du détail, ce qui le rapproche de Visconti. Bruits d’ambiance, gros plans, brièveté des dialogues, silences éloquents… A l’inverse d’un John Ford bavard exaltant le chemin de fer comme vecteur de civilisation, Leone en démonte les bienfaits et souligne les stigmates sociaux et raciaux de l’époque. La musique somptueuse d’Ennio Morricone coule de source et les acteurs s’en inspirent avec délectation. L’alchimie fonctionne et le résultat crève l’écran. L’écho lancinant de l’harmonica résonne toujours dans nos têtes.

    Claude Sautet est tombé amoureux de Romy Schneider dès sa première audition (comment lui donner tort ?). Lors de leur rencontre, l’actrice, 32 ans, née à Vienne mais allemande (puisque Hitler avait annexé l’Autriche en mars 1938), porte un chignon. Ce fameux chignon qu’elle nouera plus tard dans le film, avant qu’elle ne se penche sur la machine à écrire de Pierre (Michel Piccoli). « J’ai simplement éprouvé la sensation confuse qu’elle était intelligente, avec quelque chose de plus » confiera Sautet en la choisissant. Débute entre eux une liaison brève mais singulière, pour ne pas dire ambigüe, qui ne sera jamais assumée au grand jour. A l’instar des héros du roman de Paul Guimard qui vivent une relation amoureuse faite de hauts et de bas. Quoi qu’il en soit leur collaboration artistique se poursuivra avec quatre autres films et raconte bien plus qu’une simple idylle de cinéma. Entre rêve, vie et trépas, il y a l’amour. Ce sont « Les choses de la vie ».

    Les films
    • Les lumières de la ville (Chaplin – 1931)
    • Blanche-Neige et les sept nains (Disney -1937)
    • Citizen Kane (Welles -1941)
    • Les enfants du paradis (Carné – 1945)
    • Chantons sous la pluie (Donen & Kelly – 1956)
    • Certains l’aiment chaud (Wilder – 1949)
    • La mort aux trousses (Hitchcock – 1959)
    • A bout de souffle (Godard – 1960)
    • Lawrence d’Arabie (Lean – 1962)
    • Le guépard (Visconti – 1963)
    • 2001 l’odyssée de l’espace (Kubrick – 1968)
    • Il était une fois dans l’Ouest (Léone – 1968)
    • Les choses de la vie (Sautet – 1970)
    • Le limier (Mankiewicz – 1972)
    • Chinatown (Polanski – 1974)
    • Les dents de la mer (Spielberg – 1975)
    • Taxi Driver (Scorsese – 1976)
    • Le dernier métro (Truffaut – 1980)
    • Barbie (Gerwig – 2023).
    L’aventure des films. Histoire de vingt tournages mythiques – Olivier Rajchman – 448 pages – Format broché – Encart folio de 20 photos en noir et blanc des films évoqués – Editions Perrin – ISBN : 978-2-262-10454-2 – Dépôt légal : avril 2025.

  • Un film inédit sur la libération de Paris

    Un film inédit sur la libération de Paris

    Libération de Paris

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    Un film amateur sur la libération de Paris trouvé récemment prouve, une fois encore, que les cinéastes amateurs sont bien les témoins de leur temps.

    La fréquentation des brocantes et trocs et puces réserve parfois de belles surprises. Comme ce petit film tourné par un anonyme dans le format 8 mm (format amateur sorti en 1932) sur la libération de Paris entre le 19 août et le 25 août 1944, date de l’arrivée triomphale de la 2e Division Blindée du Général Philippe Leclerc.

    En voici le descriptif détaillé.

    Une troupe d’artilleurs allemands (une trentaine d’hommes) remonte en bon ordre une avenue, suivie par deux chevaux tirant chacun un petit chariot bâché. Deux soldats ferment la marche (scène prise du haut d’une fenêtre, mais bien filmée).

    Trains immobilisés en gare par la grande grève déclenchée par les cheminots (elle a débuté le 10 août 1944 et constitue le premier mouvement d’insurrection populaire contre l’occupant pour libérer la capitale). 

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    Une poule blanche arpente une rue pavée déserte, avant de disparaître sous une porte cochère.

    Non loin d’une gare, une barricade avec ses occupants. Les jeunes combattants exhibent des armes lourdes. Les visages sont graves et déterminés, mais quelques uns sourient à la caméra.

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    Des curieux s’approchent d’une automitrailleuse allemande neutralisée. Deux  fillettes posent devant en souriant.

    Une foule importante s’agglutine devant l’hôtel de ville où l’on hisse le drapeau tricolore au cours d’une cérémonie officielle à laquelle assistent des gendarmes mobiles au garde à vous. Applaudissements et gros plans sur les visages du public. 

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    Place de la Concorde, un homme, juché sur le toit d’une automobile, harangue la foule qui sourit car il semble ivre, cherchant constamment son équilibre. Des avions en escadrille survolent la capitale.

    Un accordéoniste devant la devanture de l’établissement « Au petit Bougnat » (rue de Courcelles, 17e arrondissement) fait danser quelques jeunes gens dans la rue.

    Une batterie DCA allemande étroitement surveillée par trois résistants casqués non loin d’un jardin (Tuileries ?).

    Les murs criblés de balles et les vitres fracassées de grands immeubles (rue de Rivoli ?).

    Les Parisiens envahissent en masse les parcs (Tuileries, Luxembourg…) afin de savourer leurs premières heures de liberté enfin retrouvée.

    A la gare d’Austerlitz, des pancartes informent les voyageurs qu’aucun train ne circulera le dimanche 3 septembre (jour fixé pour la fête de la Libération).

    Une foule importante remonte les Champs-Élysées pour assister au défilé des troupes de la 2e DB du Général Leclerc dans la matinée du 25 août. Scènes de liesse générale. Des femmes se hissent sur les marchepieds des jeeps pour embrasser les soldats. Certaines sont debout, cheveux au vent, dans les cabines des véhicules militaires. Un homme caresse une oie blanche, mascotte juchée sur l’un des chars de la 2e DB arborant la cocarde bleu-blanc-rouge. 

    La joie prédomine, mais quelques visages graves révèlent la fatigue et la dureté des combats livrés.

    Le trafic ferroviaire (vues sur les voies ferrées vides) toujours totalement interrompu.

    Une nuée de vélos envahit la place de la Concorde.

    Une foule dense, contenue par des gendarmes mobiles, se presse atour de l’Arc de Triomphe où le drapeau tricolore a été hissé. Des monoplans survolent la scène. Fin.  

    Commentaire

    A l’évidence, ce film a été réalisé par un amateur averti qui devait faire partie d’un club de cinéastes amateurs parisien au vu de la qualité de son film : il a même placé une mire au début pour faire la mise au point et conclu son film avec le mot "Fin". Aucun flou, nombreux plans variés et dynamiques (dont beaucoup de gros plans) tournés au cœur même de la foule.

    On sent très nettement la différence d’ambiance entre les premières images : celles où l’on voit les Allemands (leur départ a commencé le 19 août 1944), les rues désertes (la poule blanche) et les barricades érigées par des combattants et FFI – puis celles où la foule envahit massivement les rues pour assister à l’arrivée, le 25 août, de la 2e Division Blindée du Général Leclerc. Les grappes humaines agglutinées sur les plateformes des bus et des camions, les cohortes de Parisiens remontant l’avenue des Champs-Elysées vers l’Arc de Triomphe où flotte  à nouveau le drapeau français…

    Ce document exceptionnel prouve une fois de plus que les cinéastes amateurs sont bien les témoins privilégiés de leur temps. Des images très intéressantes sur la 2e DB de Leclerc dont les étapes victorieuses qui l'accompagnèrent du Tchad au Rhin en passant par Paris, rendirent célèbre.

    Grâce aux images qu’il a ainsi enregistrées, ce cinéaste a su restituer l’atmosphère fébrile et enthousiaste de la libération de Paris, n'hésitant pas à se déplacer pour capter les émotions à chaud. A un moment, on voit son reflet quand il filme avec sa petite caméra 8 mm l’impact d’une balle dans la vitrine d’un magasin (il s’agit d’un quinquagénaire).

    Quelques séquences surexposées – l’opérateur n’ayant pas eu le temps de régler correctement la mesure de la lumière (à cette époque les caméras n’étaient pas équipées de posemètre automatique). La présence de nombreux gros plans et plans de coupe attestent d’un bon savoir-faire dans la pratique du montage. La cadence de tournage est de 16 images/seconde (vitesse standard à l’époque) et on projettera donc ce précieux document à la vitesse de 18 images/seconde sur un projecteur Standard 8 mm.

    Ce document est en très bon état (aucune rayure). Les contrastes sont très bons dans les noir et blanc de la pellicule KODAK que le cinéaste avait dû conserver malgré les restrictions. Rappelons que se procurer de la pellicule durant la période de l’occupation était très rare car extrêmement difficile et dangereux : on pouvait être soupçonné d’espionnage et donc être fusillé sur le champ.

    La bobine en aluminium est de marque allemande DEGETO, non voilée, et rangée dans une boîte alu sans marque. Six ou sept collures ont dû être refaites par mes soins car devenues cassantes.

    S.Moroy

  • L’homme en noir, Thierry Ardisson

    L’homme en noir, Thierry Ardisson

    ArdissonL'HOMME EN NOIR

    THIERRY ARDISSON

    PLON

    Juste après le générique, en plein " bonsoir ", l'Homme en Noir, l'animateur du plus gros talk-show du pays, entend un coup de feu !
    Qui a tiré ?
    Les flics commencent l'enquête.
    L'émission continue.
    Là, avec la même lumière, la même musique, les mêmes applos que tous les invités habituels du samedi soir, les personnages de sa vie débarquent à tour de rôle sur son plateau, par le grand escalier.
    Johnny Hallyday, Christian Louboutin, Michel Rocard, Serge Gainsbourg, Marie-Antoinette, Karl Lagerfeld, Sainte Rita, Michaël Youn, Vincent Bolloré, l'Homme invisible, Emmanuel Macron, Cyril Hanouna, Alain Delon, Jean Gabin, Audrey Crespo-Mara, Brad Pitt, Victor, Renée et Patrick Ardisson, Alphonse de Bourbon, Jésus, Yannick Noah, Lady Di, Milla Jovovich, Louis XVII, Mikhaïl Gorbatchev, Christine Angot, Manon, Ninon et Gaston Ardisson, Don Patillo, Freddie Mercury, Edouard Balladur, Mark Chapman… Mais pas Lennon !
    Ils sont tous là, à commencer par Catherine Barma, plus Baffie et Corti, pour un jugement dernier en forme de show télé émouvant et déjanté, où Ardisson se raconte comme jamais.

    Né le 6 janvier 1949, Thierry Ardisson est décédé le 14 juillet 2025 à Paris. 

  • « Vallauris terres et flammes »

    « Vallauris terres et flammes »

    Quand Picasso était potier et céramiste à Vallauris

    Photo A

    Plat espagnol décoré d’un œil et de taureaux (Cannes-Vallauris, 20 mai 1957). Terre rouge avec décor aux engobes et incisions. Dation Pablo Picasso 1979. Photo  S.Moroy, Musée national Picasso, Paris 3e 

    Vu récemment « Vallauris terres et flammes », le documentaire de Robert Mariaud réalisé en 1951 sur le travail et les œuvres de Pablo Picasso (1881-1973) quand il s’était installé à Vallauris.

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    Photo S. Moroy  prise à l'écran 

    Vallauris, dans les Alpes-Maritimes, centre rayonnant de la poterie, dont les fumées laborieuses sont le symbole de sa tradition ouvrière et artisanale, garde intact son art si ancien.

    Image film 6

    Photo S. Moroy  prise à l'écran

    Un art immuable, dont les gestes se sont perpétués à travers les âges pour nous parvenir, semblables à ce qu’ils étaient dans les temps les plus reculés. Les collines et bois alentour abondent en argile riche en teneur et son extraction, pénible, laisse de profonds terriers. Entre le séchage sur terrasse et la cuisson, les pièces passent dans les mains de l’engobeuse. Elles sont ornées aux oxydes colorants et baignées dans un vernis transparent qu’est l’émail. Les procédés et dosages du céramiste sont nombreux. Disposées dans un grand four, les pièces cuisent à la flamme libre… [prélude du film].

    Photo B - CopieAinsi, à travers l’évocation du travail des potiers de Vallauris, nous découvrirons celui de Pablo Picasso. Il a emménagé dans le village en 1948 (il y restera jusqu’en 1955) pour y créer pas moins de 4000 œuvres uniques, apportant sa prospérité et sa renommée au village provençal.

    Picasso près du poêle sur lequel est posé la sculpture « Tête (pour la femme en robe longue) » dans son atelier du Fournas, à Vallauris. Septembre 1952. Photo de Robert Doisneau / Succession Picasso 2021 – Photo  S.Moroy: Musée national Picasso, Paris 3e.

    Car l’artiste espagnol a maîtrisé rapidement les techniques ancestrales des potiers vallauriens pour créer de nombreuses pièces aux formes et thématiques variées, y ajoutant sa propre expression, si particulière et reconnaissable entre toutes. 

    Son travail, dont les réalisations sont exposées dans le film en pleine nature, innove par sa nouvelle interprétation des formes, des motifs et des coloris ; faisant redécouvrir le folklore et les arts primitifs. On voit l’artiste travailler dans son atelier et présenter à la caméra, entre autres créations, les pichets provençaux, les cruchons en forme de hiboux, les assiettes en forme de visage noir, la chèvre, etc.

    Texte  S. Moroy

  • Villevaudé ► Fête communale

    Villevaudé ► Fête communale

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    Villevaudé ► Claude François suscite toujours l’émoi

    Ce n’est rien de moins que le meilleur sosie de Claude François que la municipalité a invité, samedi 28 juin 2025, pour la traditionnelle fête estivale du village. Un concert qui a embrasé la soirée (déjà chaude) et réjoui grands et petits. 

    En souhaitant la bienvenue à ses administrés, le maire, Nicolas Marceaux, a confirmé sa candidature pour les municipales 2026.

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    Les chansons de Claude François, disparu le 11 mars 1978 à  l’âge de 39 ans, sont indémodables. Pour preuve, le concert en son hommage offert aux villageois et organisé avec la société Emergence Production, a rassemblé beaucoup de spectateurs sur l’esplanade verdoyante des Merisiers.

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    Originaire de Béziers (Hérault), Yannick Bons, 36 ans, est fan du chanteur depuis ses 12 ans et a réussi à parfaire son idole jusque dans le moindre détail.

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     Aujourd’hui, victime de son succès, il enchaîne depuis dix ans les tournées au rythme d’une cinquantaine par an. « On a bataillé ferme pour l’avoir car il est très sollicité. Mais heureusement pour nous, il a fini par accepter » a révélé, plutôt fier, Stéphane Vartanian, premier adjoint au maire chargé de l’environnement et du cadre de vie.

    Dans le cercle très fermé des sosies de Cloclo, Yannick est en effet l’un des meilleurs, réunissant trois qualités rares mais capitales : une ressemblance troublante, une similitude de voix et une réelle énergie sur scène. Accompagné de son orchestre, de deux choristes et bien sûr de quatre Clodettes, Yannick a donc interprété plusieurs titres, dont Belle-belle-belle, Chanson populaire, Le lundi au soleil, Belinda, Magnolias for ever, Le chanteur malheureux, Le mal aimé, J’avais 17 ans, Sale bonhomme, Alexandrie Alexandra… Bluffé par sa prestation, Christian, un Courtrysien de 55 ans, confie : « Sa voix est la plus proche de celle de Cloclo de tous les sosies que j’ai jusqu’alors entendus. »

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    Comme d’habitude
    faisait également partie du répertoire de l’artiste bitterois. Cette chanson, coécrite en 1967 par Claude François, connut un succès international après son adaptation en anglais et fut d’ailleurs interprétée par les plus grands : Paul Anka, Franck Sinatra, Nina Simone et Elvis Presley.

    Cloclo11Ce soir-là, émotion et nostalgie ont délicieusement envahi le public qui n’a pas boudé son plaisir. Il a dégusté jusqu’à la dernière minute le spectacle – dont le final  avec le fameux jeté de veste et le retour sur scène en peignoir blanc  – fredonnant en chœur les tubes de l’idole. Délicate attention, Yannick a fait monter sur scène plusieurs enfants pour Le téléphone pleure.

    Prisca, 67 ans, ancienne Clodette, habite près de Gap (Hautes-Alpes). Elle avait fait le déplacement pour soutenir Yannick, comme d’ailleurs bon nombre de ses fans venus du Sud de la France. Prisca a travaillé cinq ans avec Claude François (de 1973 à 1978) et relaté, après quelques pas de danse sur scène, sa dernière tournée en Suisse, soit juste avant son retour à Paris et sa tragique disparition : « Il aimait son public et se donnait à fond. Parfois jusqu’à l’épuisement. Je l’ai trouvé heureux et, pour une fois, je l’ai même vu sourire : il refaisait sa vie avec Kathalyn ».

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    Comme un chanteur malheureux. Que l’on n’écoute plus. Comme un chanteur malheureux. Que les gens n’aiment plus…. La soirée a démontré, bien au contraire, que le chanteur était toujours bien vivant dans les cœurs. Quel plus bel hommage pouvait-on lui rendre ?

    Texte et photos : S. Moroy

  • Philippe Labro, Un été dans l’ouest

    Philippe Labro, Un été dans l’ouest

    Un été dans l'ouest - CopieUN ETE DANS L'OUEST
    PHILIPPE LABRO
    GALLIMARD
    Dans ce roman, Phillipe Labro nous entraine dans les forêts de l'Ouest Américain comme une quête initiatique .
    Comme tout jeune étudiant américain, pour payer ses études il doit trouver un job d'été, il le trouve dans un camp celui de West Beaver en tant que ouvrier forestier : Il doit sauver les grands pins d'un mal qui les ronge, à savoir les insectes.
    Pour rejoindre ce camp, il prend la route en faisant du stop.
    Il fait des rencontres qui vont le bouleverser très profondément. Comme cette jeune femme chanteuse avec sa veste à franges qui écrit des chansons, et qui lui offre l'une d'elles. ( La loi de la Route.)
    Arrivé dans ce camp, il fait connaissance avec ceux qui vont partager son quotidien : Dick, Pacheco le Mexicain, et Mack.  Chacun à sa manière, lui ouvre les yeux sur son environnement immédiat. La rudesse des hommes, la nature sauvage et flamboyante au travers des différentes descriptions nous emporte dans cette aventure. J'ai beaucoup aimé, les rapports entre les différents protagonistes, l'évasion au travers des paysages de la Virginie et du Colorado
     
     
    Le-journaliste-Philippe-Labro-lors-des-funerailles-d-Etienne-Mougeotte-le-13-octobre-2021-2072034PHILIPPE LABRO
    Homme de télévision mais aussi auteur compositeur pour de nombreux artistes(Johnny Hallyday, Serge Gainsbourg et aussi Eddy Mitchell) Journaliste, animateur de JT, écrivain, réalisateur de films est né le 27 Août 1936 à Montauban et décédé le 4 Juin 2025.
    Dès son plus jeune âge, il s'intéresse à la littérature et au sport.
    A seulement quinze ans il remporte un concours de Journalisme parrainé par Figaro.
    A 18 ans il part aux Etats-Unis étudié grâce à une bourse (Zellidja).
    De ce voyage, il écrira deux romans : L'étudiant Etranger et Un été dans l'Ouest. 
    Il devient ensuite reporter pour Marie France et France Soir.
    Parti pour faire la guerre d'Algérie, comme journaliste militaire en 1960.
    Alors, qu'il fait une émission sur l'université de Yale il apprend l'assassinat de J.F. Kennedy il part en tant que seul correspondant Français de presse écrite pour couvrir l'évènement.
    Puis dans les années 70 il devient réalisateur, très influencé par le Cinéma Américain, premier long métrage Tout peut arriver en 1969, mais aussi l'Alpagueur, avec Belmondo, la Crime avec Claude Brasseur.
    Des années 80 à 2000, dirige les programmes de la station de radio RTL.
    Continue d'écrire des romans, qui sont parfois des expériences comme celui la mort imminente dans La Traversée. Dépression nerveuse avec le livre Tomber sept fois, se relever Huit.
    Puis à partir de 2008, prend les rênes de la chaine C8, en tant que Animateur et Présentateur pour le film du Dimanche soir.
    Après son non renouvellement pour la chaine sa carrière audiovisuelle est terminée.
    Président du Jury Prix RTL/Lire mais aussi Président du premier Manuscrit Prix Matmut.
    SN/pour  O'fil des pages de SO 
  • La taupe de l’Elysée, Frédéric Potier

    La taupe de l’Elysée, Frédéric Potier

     

    La taupe de l'ElyséeLA TAUPE DE L'ELYSEE

    FREDERIC POTIER

    L'AUBE NOIRE

    « Il est des espions dont on ne fait pas des romans. Leur discrétion est absolue. Leur monde, secret, cloisonné, hermétique à tout regard extérieur. Ils agissent sans laisser de trace, ni bagarre, ni violence, ni cadavre (…). Hommes et femmes de l’ombre, ils peuvent agir tout près de nous, jouir de la considération générale, mais agir sans le moindre état d’âme, au service des maîtres qu’ils se sont choisis. »

    Juillet 1954. Le gouvernement de Pierre Mendès France fait face à une crise inédite : des informations sensibles auraient fuité du dernier conseil de défense, mettant ainsi en péril l’opération militaire en Indochine et, plus généralement, la sécurité de l’État.

    Roger Wybot, directeur de la Surveillance du Territoire, est chargé de ­débusquer la taupe qui se terre à l’Élysée. C’est dans un contexte ultrasensible de paranoïa et de peur face à la montée du communisme que Wybot va traquer ce traître qui, selon certains, pourrait bien être le ministre de l’Intérieur lui-même, un certain François Mitterrand… Cette fiction, inspirée de faits réels, retrace l’histoire d’une affaire qui a secoué et passionné la France des années 1950, et marqué au fer rouge les personnalités qui y ont été mêlées.

    L'auteur, Frédéric POTIER, haut fonctionnaire, ancien élève de l'ENA, Préfet, a été conseiller au cabinet du Premier ministre et à la présidence de l'Assemblée nationale. 

    Roger wybotA propos de Roger WYBOT

    ROGER WYBOT ET LA SATAILLE POUR LA DST

    (Ouvrage disponible en consultation sur place).

    Lieutenant colonel de réserve, compagnon de la libération, commandeur de la légion d'honneur, titulaire de la croix de guerre, Roger Wybot, de son vrai nom Roger Varin, a vécu à Montjay la Tour, commune de Villevaudé.

    1944: Roger Wybot organise les services de la DST (Direction de la Surveillance du Territoire) , dont il conservera  le poste de directeur jusqu'en 1959.

     1958: Il est limogé par le général de Gaulle peu après son retour au pouvoir. Nommé inspecteur général des services de la sureté nationale, puis en 1968, inspecteur général des Services et écoles de Police nationale au secrétariat général pour la police, il sera directeur du service d’inspection générale et de contrôle de la Police nationale de 1969 à 1973, date à laquelle il part à la retraite.

    Roseraie wybot
    Les villevaudéens ont bien connu ce personnage impressionnant qui se déplaçait au volant de la Renault 16 toujours escortée par un motard qui habitait dans la propriété (à l'emplacement de l'espace Jeunesse). Impressionnante surtout était la splendeur du parc de la Roseraie ….. où se trouve actuellement la bibliothèque de la Roseraie, au 16 rue Charles de Gaulle.

  • Alienor d’Aquitaine, femme souveraine, Martin Aurell

    Alienor d’Aquitaine, femme souveraine, Martin Aurell

    Alienor d'Aquitaine Anna StuartALIENOR D'AQUITAINE, SOUVERAINE FEMME

    MARTIN AURELL

    FLAMARION

    Prix de la Biographie du Point 2025

    Aliénor d'Aquitaine (1124-1204) est la plus célèbre sinon la plus populaire des reines du Moyen Âge. Grâce à une documentation quasi exhaustive consultée des deux côtés de la Manche, Martin Aurell offre ici une biographie entièrement renouvelée de la souveraine. Duchesse descendante de l'antique lignée des Guilhémides, elle est au XIIᵉ siècle l'héritière de l'Aquitaine, la plus étendue des principautés du royaume de France, mais aussi l'une des plus riches.

    Son premier mariage avec Louis VII, roi de France, échoue à la suite d'un différend stratégique et familial. En 1152, elle se remarie avec le jeune Henri II, roi d'Angleterre, une alliance qui fonde le vaste empire Plantagenêt, de la frontière de l'Écosse aux Pyrénées et de l'est de l'Irlande à l'Auvergne. En 1173, Aliénor fomente une rébellion contre son mari, dont l'échec lui vaut quinze ans de résidence surveillée, avant de retrouver par son veuvage une place prépondérante sous le règne de ses fils Richard Cœur de Lion et Jean Sans Terre.

    Explorant les archives désormais bien inventoriées sur Aliénor, Martin Aurell livre ici un travail résolument neuf sur cette reine hors norme. Tout en déconstruisant sa légende, plus noire que dorée, l'historien revisite sa longue vie, brosse tour à tour le portrait de la jeune femme, de la mère, de l'amante.

    La féminité de la reine est au cœur de ce livre, abordée à travers le vêtement, la maternité, la répudiation, l'amour, la jalousie et le pardon dans une approche contemporaine qui redessine les contours de son pouvoir si âprement disputé tout au long de sa vie.

    MARTIN AURELL

    Martin Aurell, né le 23 février 1958 à Barcelone est mort le 8 février 2025 à Nantes. Historien médiéviste, ancien directeur du Centre d’études supérieures de civilisation médiévale, Professeur d'histoire du Moyen Âge à l'Université de Poitiers, il a été le directeur de la revue Cahiers de civilisation médiévale. Il est l’auteur de nombreux ouvrages notamment L’empire des Plantagenêts (Perrin) dont il est le meilleur spécialiste.

    Alienor femme souveraine est son dernier ouvrage.

     

  • Anniversaire  Bécane et cinoche : 130 bougies au compteur

    Anniversaire Bécane et cinoche : 130 bougies au compteur

    Anniversaire

    Bécane et cinoche : 130 bougies au compteur

    La moto et le cinéma sont presque jumeaux puisque nés tous deux en 1895. Le premier film fut tourné le 19 mars 1895 par les frères Lumière pendant que d’autres frères, les Werner, planchaient sur la première motocyclette dotée d’un moteur à essence et, surtout, de freins.

    Duck Soup
    Il s’agit donc bien d’une histoire de fratrie. Mais, comme dans la plupart des familles, les enfants terribles ne se ressemblent pas vraiment et leurs amours épisodiques ont souvent tendance à nous surprendre.

    Terribles mais drôles

    Leurs premiers pas s’effectuèrent ensemble. Et plutôt joyeusement. Dès 1912, dans les comédies de Mack Sennett, les poursuites des « Keystone Cops », ces fameux flics américains juchés sur des Indian ou des Harley-Davidson (firme fondée en 1903) ont beaucoup contribué à la renommée de la compagnie Sennett pendant l’âge d’or du cinéma burlesque américain.

    Le grand délire arrive plus tard avec Stan Laurel et Oliver Hardy. En 1929, dans le film Two Tars (V’la la flotte), nos deux joyeux compères, qui incarnent des marins en permission, détruisent méthodiquement les voitures bloquées par un embouteillage. Survient un flic qui béquille posément sa Harley au milieu de la route pour entreprendre d’arrêter le massacre. Un camion déboite et roule sur la moto, la transformant en feuille de métal.

    Des gags, encore des gags avec les Marx Brothers. Léo Mac Carey réalise en 1933 La soupe au canard (Duck Soup), dans lequel on voit Harpo sautant dans un side-car (« panier » dans le jargon motard) attelé à une Harley pilotée par Groucho. Celui-ci démarre en trombe, laissant sur place le pauvre Harpo tranquillement installé dans le panier.

    Un autre comique américain, W.C. Fields, conduit un étrange engin dans The big Broadcast (1938). Sa machine ressemble à un scooter et sa propulsion est assurée par une hélice d’avion à l’arrière. Deux petites ailes peuvent se déployer et le convertir en avion. W.C. Fields l’utilise sur un green de golf pour gagner du temps. Son parcours achevé, il presse un bouton et s’envole pour atterrir sur un paquebot au milieu de l’océan Atlantique.

    Moto rebelle

    Equipee sauvageL’Amérique nous livre en 1953 un classique du genre qui deviendra rapidement un mythe viril à part entière : L’équipée sauvage (Laslo Benedek) dans lequel la belle et indomptable Triumph Thunderbird 6T acceptait un mariage de déraison avec Marlon Brando pour former un couple d’enfer.

    A tel point que la violence et la noirceur sociale du film lui vaudront d’être interdit au Royaume-Uni jusqu’en 1966.

    A propos d’enfer, Les anges de l’enfer (The Wild Angels) débarquent en 1966 pour soulever la terreur dans un petit village américain.

    Peter Fonda et Mary Sinatra sont les principales vedettes parmi une authentique bande de loubards recrutés pour les besoins du tournage, qui donna bien des sueurs froides au réalisateur Roger Corman, pourtant spécialiste des films de frissons.

    Les grands conflits inspireront deux chefs-d’œuvre : Lawrence d’Arabie (David Lean, 1963) avec Peter O’Toole et sa Brough Superior, une moto anglaise d’exception avec laquelle il aura un accident en mai 1935 qui lui coûtera la vie (c’est d’ailleurs l’intro du film). Lawrence avait reconnu que la vitesse lui procurait autant d’excitation que les combats qu’il avait menés jusqu’aux portes de Damas.

    Moto  liberté

    La grande évasion (John Sturges, 1963) est le second long métrage. Sa scène culte est bien sûr celle où Steve McQueen saute par-dessus le grillage de la frontière avec une Triumph Trophy 650 pour voler vers la liberté.  

    Easy-rider

    Cette prouesse spectaculaire a été réalisée par Bud Ekins, cascadeur professionnel, et non par Steve comme certains persistent à le croire encore aujourd’hui. Mais comment Steve a-t’il pu se procurer une Triumph sur le sol allemand ? La production de motos était alors essentiellement assurée par BMW et Zündapp, cette dernière firme ayant même doté la Wehrmacht de 750 cm3 avec marche arrière pour la campagne de Russie.

    On passera sur le navrant Roustabout (L’homme à tout faire, 1964) avec un Elvis Presley désœuvré poussant la chansonnette et sa rutilante Honda CB 77 de 300 cm3 au gré des fêtes foraines.

    Inspiré par le phénomène hippie, le mythe de la moto-liberté déboule en 1969 avec Easy Rider. Cette fois, Peter Fonda chevauche, une Harley chopérisée avec réservoir et casque aux couleurs des States. Il est accompagné par Dennis Hopper, réalisateur du film. Ce dernier était venu en octobre 2008 à Paris inaugurer la rétrospective que la Cinémathèque française lui avait consacrée. L’histoire relate un Road Trip tragique dénonçant moins les méfaits du LSD que la bêtise et la xénophobie des « bons citoyens » américains infatués d’eux-mêmes.

    Moto gangster

    Le cinéma français s’intéresse également à la moto mais pour la faire jouer au gendarme et au voleur. En 1959, tandis que Jean-Luc Godard tournait son premier long métrage, A bout de souffle – dans lequel on pouvait voir plusieurs motos (Ratier, Terrot,  Motobécane, BMW et Triumph) – Claude Sautet réalisait Classe tous risques.

    Les motardsOn y suivait la fuite d’un gangster sur une belle Italienne : une Moto Guzzi Falcone 500.

    Dans un registre beaucoup moins dramatique, Les motards (Jean Laviron, 1959) nous relate les démêlés de Roger Pierre, motard de la police nationale, avec son beau-frère, motard zazou et gaffeur, interprété par Jean-Marc Thibault. Pour l’anecdote, la fameuse réplique de drague « c’est à vous ces beaux yeux ? » provient de ce film… bien de chez nous.

    Dans L’homme de Rio (Philippe de Broca, 1964), Jean-Paul Belmondo, infatigable Tintin des temps modernes, enfourche une Triumph TRW « empruntée » à un policier pour se lancer sur le périph parisien à la rescousse de sa fiancée (Françoise Dorléac) que l’on vient de kidnapper sous ses yeux.

    Jean-Pierre Melville, réalisateur spécialiste du film noir, utilise lui aussi des motos, mais pour des scènes de cascades bien plus violentes, comme dans Le deuxième souffle (1966).

    La motocyclette, de Jack Cardiff, sort sur les écrans en 1968 avec Alain Delon et Marianne Faithfull, celle-ci alors en couple dans la vie avec Mick Jagger. Une jeune femme (M. Faithfull) reçoit comme cadeau de mariage une Harley-Davidson Electra Glide de son amant (A. Delon), qui l’a initiée aux plaisirs de la moto (entre autres). Elle se tuera avec en allant le rejoindre.

    On retrouve notre Delon national dans Le gitan (José Giovanni, 1975). Il s’échappe cette fois d’une villa de Saint-Maur (Val-de-Marne) grâce à une Kawazaki 750 H2B (moto deux temps trois cylindres, modèle emblématique de la marque à l’époque) devant les forces de l’ordre qui l’encerclent.

    Une journee bien remplie

    Noir, très noir

    Mention spéciale pour Une journée bien remplie (1973), petit bijou d’humour noir et premier film de Jean-Louis Trintignant comme réalisateur. Jacques Dufilho, froid et implacable, sillonne les routes du Gard sur une BMW R75 attelée à un side-car où sa mère a pris place. Son but : tuer méthodiquement les jurés d’assises qui ont envoyé son fils à l’échafaud.

    La moto a très mauvais genre dans L’agression (Gérard Pirès, 1975). Mais faut-il vraiment se fier à l’apparence d’un blouson de cuir noir ? Les mythes ont souvent la vie dure. Outre la brillante prestation de J-L Trintignant, Catherine Deneuve et Claude Brasseur, le film est remarqué pour ses courses-poursuites entre voitures et motos. Ces dernières pilotées par de vrais champions motocyclistes : Michel Rougerie, Jean-Claude Chemarin, Jean-François Baldé et Jean-Paul Boinet. Et qui sont les beautés fatales ? Une Norton Commando, une BMW R50, une Kawazaki Z900 et une Kawazaki 500 Mach III (la plus nerveuse) affectueusement surnommée… « la faiseuse de veuve ».

    Bon sang ne saurait mentir, c’est encore une Kawa Z900 que chevauche Minos, le terrifiant serial killer poursuivi par l’intrépide et coriace commissaire Letellier (Belmondo) dans Peur sur la ville (Henri Verneuil, 1975).

    Sport, apocalypse… et retraite

    Les documentaires de Jérôme Laperrousaz, comme Continental Circus en 1972, nous dévoilent la vie particulière sur les circuits motos, avec les grands pilotes du moment : Giacomo Agostini, Jack Findlay et Bill Ivy.

    Mammuth
    Ce dernier effectuait des doublures dans des films impliquant des motos, comme La motocyclette, décrit plus haut.

    Mad Max (George Miller, 1979) tente de survivre dans un monde post-apocalyptique extrêmement violent où la notion de temps n’existe plus mais où un véhicule et de l’essence sont les seules choses qui comptent. Ce premier volet de la saga lança la carrière de Mel Gibson au guidon d’une Kawa Z1000 carénée, accompagnée de quelques consœurs nippones : Honda CB 750, Yamaka 750 XS et Honda CB 900.

    Toujours dans l’univers impitoyable de la science-fiction, Terminator 2 : le jugement dernier (James Cameron, 1991) nous montre un Schwarzeneger en grande forme, sauver in extremis le jeune John Connor à l’issue d’une spectaculaire course-poursuite entre son Harley Fat Boy et un monstrueux poids lourd.

    Dans Mammuth (Kervern et Delépine, 2010), Gérard Depardieu enfourche tranquillement sa colossale Münch Mammuth 1200TT, moto allemande rare  car produite à moins de 500 exemplaires, pour chercher des  bulletins de salaire auprès de ses anciens employeurs afin de consolider sa retraite.

    Sauver le monde sinon rien

    L’agent spécial Ethan Hunt, alias Tom Cruise, affectionne tout particulièrement la moto. Pas pour courir après des papiers de retraite, mais pour épouser une cause beaucoup plus noble : sauver le monde.

    Mission impossible Rogue Nation
    Dans Mission impossible : Rogue Nation, le cinquième opus de la série diffusé en 2015, il devient enfin crédible au guidon de sa BMW S 1000 RR. En effet, dans ses trois aventures précédentes, l’agent secret prêtait plutôt à sourire avec ses acrobaties plus qu’improbables sur sa Triump Speed Triple 955I. Et tout ça sans casque bien entendu.

    Mais il faut rendre à César ce qui appartient à César. Trente ans plus tôt, c’était une Kawa GPZ 900 Ninja (machine la plus puissante en 1986) qui propulsait (toujours sans casque) la carrière de Tom Cruise avec Top Gun, élevé depuis au rang de film culte..

    Mon coup d’œil dans le rétroviseur était bien sûr sélectif. Donc forcément réducteur vis-à-vis de nombreux autres films, sans parler de la déferlante des séries TV sur le petit écran.

    Aujourd’hui, force est de constater que malgré leurs 130 bougies, la bécane et le cinoche n’ont pas pris une ride tant brille encore la flamme de la passion. Jamais de malentendu entre ces deux là qui s’entendent toujours à merveille pour faire les quatre cents coups et nous étonner. Pour le meilleur comme pour le pire.

      Serge MOROY

    ► Quelques repères sur deux inventions françaises

    Cinéma

    Louis Lumière réalise une synthèse des appareils d’Etienne-Jules Marey, Thomas Edison et Emile Reynaud et dépose le 13 février 1895 un brevet pour un « appareil chronophotographique ». Finalement appelé « cinématographe », il sert aussi bien à la prise de vues qu’au tirage des films et à leur projection, et ce au rythme de 16 images par seconde.

    La sortie de l’usine Lumière à Lyon est le premier film réalisé à titre expérimental par les frères Lumière un mois plus tard, le 19 mars. Il montre les portes de l’usine s’ouvrir pour laisser sortir ses ouvriers et sera projeté en séance publique le 28 décembre 1895 au Grand Café de Paris.

    Moto

    En 1868, l’ingénieur français Louis Guillaume Perreaux dépose un brevet pour la toute première moto. La « Perreaux » comprend un cadre vélo avec un moteur à vapeur entraînant la roue arrière et des pédales pour la roue avant.

    Le Français Félix Millet planche sur une « bicyclette automobile ». Le 22 décembre 1888, il dépose un brevet pour un moteur rotatif à 5 cylindres en étoile. En 1895, il le monte sur la roue arrière d’une bicyclette, produite à quelques exemplaires.

    La même année, le constructeur De Dion-Bouton commercialise un tricycle muni, pour la première fois, d’un moteur à essence. L’engin rencontre un vif succès : près de 15.000 exemplaires vendus en Europe.

    Enfin, toujours en 1895, les frères Eugène et Michel Werner, Français d’origine russe, travaillent sur un vélocipède dont le moteur à essence se situe cette fois au-dessus de la roue avant. Ils l’équipent de freins et le baptisent « motocyclette » lors de son exposition au salon de Paris de 1897.