Catégorie : 02 Une vie, une oeuvre, une date

  • Le journal d’Anne Frank

    Le journal d’Anne Frank

    Journal anne franckLE JOURNAL D'ANNE FRANK

    ANNE FRANK ET OTTO H. FRANK

    LIVRE DE POCHE

    Préface d'Eric-Emmanuel Schmitt

    Anne Frank est née le 12 juin 1929 à Francfort. Sa famille a émigré aux Pays-Bas en 1933.

    À Amsterdam, elle connaît une enfance heureuse jusqu’en 1942, malgré la guerre.

    Le 6 juillet 1942, les Frank s’installent clandestinement dans «l’Annexe» de l’immeuble du 263, Prinsengracht.

    Le 4 août 1944, ils sont arrêtés sur dénonciation. Déportée à Auschwitz, puis à Bergen-Belsen, Anne meurt du typhus en février ou mars 1945, peu après sa sœur Margot.

    La jeune fille a tenu son journal du 12 juin 1942 au 1er août 1944, et son témoignage, connu dans le monde entier, reste l’un des plus émouvants sur la vie quotidienne d’une famille juive sous le joug nazi.

    Anne franck
    Cette édition comporte des pages inédites d'Eric Emmanuel Schmitt.

    Si vous passez à Paris, dans le 3e arrondissement, arrêtez vous au jardin d'Anne Frank, 14 impasse Berthaud… c'est en face du centre Georges Pompidou et tout près de l'entrée du musée de la poupée…

     Un greffon du marronnier que la jeune fille admirait de sa fenêtre y a été planté de 20 juin 2007…

    Le jardin de l'hôtel saint Aignan abrite le musée d'art et d'histoire du judaïsme, la parcelle centrale existe depuis le XVIIe siècle

    2

    3

     

  • Carême, ramadan, yom kippour, jeûne et abstinence…

    Carême, ramadan, yom kippour, jeûne et abstinence…

    Icone

    C'est bientôt Pâques…  Après la période des 40 jours de Carême, allant du 14 février au 28 mars, les catholiques et les protestants du monde entier célébreront Pâques, le dimanche 31 mars prochain.

    Cette fête intervient le premier dimanche suivant la pleine lune du 25 mars ayant lieu après l'équinoxe de printemps. 

    Ce dimanche 24 mars, jour des rameaux,  la communauté chrétienne entre dans la semaine sainte..

    C'est au IVe siècle lors du concile de Nicée que les célébrations de Pâques et du carême sont formalisées par l'Église. Cette année la période du carême qui dure 40 jours, s'est donc ouverte le 14 février, mercredi des cendres (lendemain de mardi gras) et s'achèvera le 31 mars le jour de Pâques. Les Églises d'orient ont conservé le calendrier julien, menant à une date différente pour Pâques dans la majorité des cas, la Pâque orthodoxe, fête religieuse la plus importante pour les chrétiens orthodoxes, sera le dimanche 5 mai 2024.

    Si certaines régions de France respectent davantage cette tradition que d'autres (par exemple la Corse, l'Alsace et la Moselle où le vendredi Saint peut être un jour férié) et si le carême n'est pas forcément le jeûne alimentaire, il est d'usage dans les familles chrétiennes de ne pas consommer de viande les vendredis du carême et particulièrement le vendredi des rameaux et le "vendredi Saint" qui précède Pâques…

    A noter que le jeûne est une pratique religieuse qui ne concerne pas seulement les chrétiens: En cette période du 10 mars au 9 avril 2024, les musulmans respectent le ramadan, les 11 et 12 octobre, les juifs fêteront le yom kippour, fête la plus importante du judaïsme.

    Oeuf couronnement

    La tradition des œufs décorés

    "Né à Saint-Pétersbourg en 1846, Fabergé, orfèvre et émailleur, a fourni la cour impériale jusqu'en 1917. Il est reconnu pour son savoir faire et son talent artistique notamment dans la réalisation d' œufs de Pâques renfermant une surprise.
    Vers 1885, le tsar Alexandre III lui commande une de ces précieuses pièces pour son épouse. Dès lors, les aristocrates russes respectent la coutume pascale d'offrir un œuf à une femme.
    Les œufs de Fabergé rencontrent un succès grandissant.
    Vers 1900, celui-ci est récompensé par le grand prix de l' Exposition universelle.
    Après que Nicolas II a abdiqué, Fabergé quitte la Russie pour la Suisse où il meurt en 1920.
    Ce grand orfèvre a produit une œuvre considérable pendant plus de Cinquante ans, des objets de très belle facture sortis des ateliers de Saint-Pétersbourg, de Moscou, d' Odessa et de Londres.
    Aujourd'hui, ces œuvres d'art atteignent une valeur inestimable."

  • Babar, l’ami qui n’a jamais trompé, est de nouveau orphelin.

    Babar, l’ami qui n’a jamais trompé, est de nouveau orphelin.

    BABAR1
    Laurent de Brunhoff, aquarelle originale pour Babar et ce coquin d’Arthur, p. 4-5, 1946
     
    Babar ne fêtera pas ses 94 ans. 
    L’auteur et illustrateur français Laurent de Brunhoff est  mort le 22 mars 2024 à l’âge de 98 ans. Il a poursuivi les aventures de BABAR, personnage connu de tous les enfants du monde entier, créé en 1931 par ses parents Jean et Cécile.
     
    A Chessy en Seine-et-Marne, un soir d’été 1930, Cécile de Brunhoff raconte à ses deux enfants, Laurent et Mathieu, l’histoire d’un éléphanteau qui s’enfuit de la jungle après qu’un chasseur a tué sa maman. Il se réfugie en ville où il s’habille comme un homme, avant de revenir plus tard en voiture dans la jungle pour y apporter les enseignements de la civilisation humaine. Il sera alors couronné roi des éléphants.
     
    Naissance d’un mythe
    Cette histoire aurait pu rester anonyme, mais les enfants la racontent à leur tour à leur père, Jean de Brunhoff. Comme ce dernier est peintre en aquarelle, la suite s’enchaîne logiquement et « Histoire de Babar » paraît en 1931 aux éditions du Jardin des modes.
    Succès immédiat. Aujourd’hui, avec 13 millions d’exemplaires vendus, Babar est traduit en 27 langues et s’exhibe sur de multiples supports, notamment dans l’univers du jouet où il représente l’une des licences françaises les plus importantes.
    Grâce à Laurent de Brunhoff, les aventures de l’éléphanteau se poursuivent encore de nos jours, pour la plus grande joie des enfants. Peintre lui aussi, Laurent a repris les personnages inventés par son père, décédé en 1937. Il en a intégré de nouveaux et en a profité pour agrandir la famille.
    « En 1945, je me suis installé à Montparnasse. J'étais fasciné par la peinture abstraite. Mais il y avait Babar. J'étais persuadé qu'il devait continuer à vivre. J'ai alors dessiné l'album, Babar et ce coquin d'Arthur. Ma mère était très heureuse, l'éditeur était ravi. Mes deux frères avaient leur vie. Je ne me suis jamais demandé pourquoi moi. Je l'ai fait très naturellement » explique-t-il en décembre 2011, dans une interview consacrée au Figaro.
    BABAR2Un ami de 94 ans
    Babar, ami fidèle des enfants, ne les a jamais trahis en quoi que ce soit. Il porte toujours son éternel costume de couleur verte et promène sa placide bonhomie souveraine. Ce héros anthropomorphe de notre plus tendre enfance méritait à juste titre son inscription dans notre patrimoine culturel. Outre ses albums d’aventures, des jouets à son image et des dessins animés ont été créés.
    L’illustre et alerte pachyderme, qui a traversé le temps sans une ride ni un rhumatisme, est devenu entre-temps grand-père d’un petit Badou dans la série 3D intitulée « Babar, les aventures de Badou ».
    Bon sang ne saurait mentir.
    En 2011, la BnF avait consacré une exposition pour les 80 ans de Babar
     
    S. Moroy
    Photo: « Mariage et couronnement du roi Babar et de la reine Céleste », aquarelle extraite d'Histoire de Babar, le petit éléphant (1931).
     
     
    BABAR3
     
  • Au revoir Monsieur Akira Toriyama

    Au revoir Monsieur Akira Toriyama

    Décès de AKIRA TORIYAMA

    Son Goku est orphelin. Son célèbre créateur Akira Toriyama est décédé ce 1e mars 2024. Le mangaka avait reçu en 2013 le Prix spécial du 40e Festival international de la bande dessinée d’Angoulême pour l’ensemble de son œuvre. Plus de 260 millions d’exemplaires dans le monde, des nombreuses adaptations à la télévision, au cinéma ou en jeu vidéo… ses millions de fans pleurent leur "maître"…

    Dragon ball 1

    DB2

    Db goku

  • Décès de Marc BREDA , la culture était son combat.

    Décès de Marc BREDA , la culture était son combat.

    Marc Breda nous a quittés sur la pointe des pieds mardi 20 février 2024.

    IMG_7534

    Michèle Pélabère, Daniel Béard, Louis Capart, Marc Breda (Président de l'association des Merisiers)

    Homme discret et doté d'une grande culture, il possédait cette noble et rare vertu qui consistait justement à ne pas l'étaler. Et même s'il ne parlait pas beaucoup, ses mots faisaient souvent mouche, pertinents et toujours agrémentés de cette petite touche d'humour qui lui était propre. Ainsi pour lui devait aller le sens de la vie.

    Certains villevaudéens se souviendront de lui quand il était président de l'association de la Bibliothèque de la Roseraie. La lecture était en effet l'une de ses grandes passions et il avait à cœur de la partager avec les visiteurs lors des permanences qu'il y assurait avec son équipe de bénévoles. Attentif aux autres, il se montrait curieux et enthousiaste dès qu'on abordait des thèmes qui lui étaient chers, adepte en cela de la formule de Kant: "La culture est ce qui permet aux hommes de sortir de leur minorité".

    IMG_7530

    IMG_7529

    IMG_7533

    IMG_7538

    IMG_7540

    IMG_7537L'association de la Bibliothèque de la Roseraie, créée en 1990, installée initialement dans le parc de la Roseraie a été  transférée pendant plus de deux ans dans l'actuelle salle du conseil.  

    Le vendredi 23 janvier 2004, Marc Breda inaugurait avec le maire André Chopelin le nouvel espace dédié à la bibliothèque de la Roseraie, un lieu de vie, d'échanges et de culture.

    Inaug

    Il écrivait dans le Bulletin Municipal de Villevaudé:

    "Cette date restera pour tous les amoureux du livre de notre commune, pour les lecteurs débutants ou les lecteurs confirmés, comme le début d'une merveilleuse aventure.

    Depuis longtemps le projet était dans l'air; depuis quelque temps nous le voyions prendre forme et, en ce début d'année 2004 en a vu la concrétisation. Dans la hâte de l'ouverture, les rayons s'organisaient, se garnissaient … hélas, les rayons n'y suffirent pas, mais c'est le lot de toute bonne bibliothèque, la quadrature du cercle: comment faire entrer tout le savoir, la connaissance et les écrits de l'humanité dans un nombre restreint de mètres carrés?"

    Ainsi était Marc Breda. Discret, enjoué, partisan des échanges mais ennemi des polémiques car trop respectueux des autres pour ne pas imposer ses propres idées.

    Ses obsèques se dérouleront mardi 27 février à 10h30 en l'église de Villevaudé.

    Source photos: Bulletin municipal de Villevaudé, 2003 et 2005

  • Villevaudé « Villa vota Deo » Maison vouée à Dieu, fête saint Marcel.

    Villevaudé « Villa vota Deo » Maison vouée à Dieu, fête saint Marcel.

    Le 16 janvier fête saint MarcelPins

    Construite au 13ème siècle sur les fondations d’une autre église  ou chapelle existant déjà au 10ème siècle, l’église  de Villevaudé, est dédiée à Saint Marcel, 30e pape en l'an 308.

    Eglise extrait de vivre ensemble dec janv fev 2023

    Extrait de "Vivre ensemble" Déc 2022

    Eglise 1843 villevaudéDessin de l'église en 1843 (Archives municipales)

    L'église paroissiale appartenait au diocèse de Paris et avait pour collateur le prieur de Gournay-sur-Marne.

    Adoration des mages

    Le tableau L'adoration des mages (17e s) a été restauré ainsi que les 12 vitraux

    V EDOURDSaint Edouard

    V RITASainte Rita

    Denise avereau dalle funéraire

    Dalle funéraire de Denise Favereau le 24 septembre 1664.

    Les armoiries, emblème de Villevaudé "Ville vota deo" Villa vouée à Dieu, sculptées sur le banc seigneurial, se trouvent encore sur le plafond en bois à l'entrée de l'église. 

    Blason villevaudé

    Consultez les ouvrages de notre fonds local à la bibliothèque de la Roseraie

  • 95 ans après, MICKEY sourit toujours

    95 ans après, MICKEY sourit toujours

    Mickey

    « L’impérialisme américain n’est rien qu’un tigre de papier » proclamait Mao-Tsé-Toung. Il se trompait car l’impérialisme américain a plutôt l’apparence d’une petite souris nommée… Mickey.
    Mickey est le plus populaire des personnages conçu par Walt Disney (1901-1966) et, bien que né en 1927, il a su rester étonnamment jeune. En effet, pas de meilleur agent de la culture et de l’idéologie américaines que cette bestiole-là, citoyen vertueux et paisible, ambassadeur infatigable de « l’American Way of Life ».
    Ne m’appelez plus Mortimer !
    En fait, son premier nom était Mortimer. Pas très fun. Selon la légende, propagée jovialement par Walt Disney lui-même, c’est son épouse Lilian, qui aurait trouvé le nom de Mickey à son nouveau personnage, estimant celui de Mortimer trop sérieux. On peut cependant penser que la pression issue d’éventuels distributeurs n’était pas tout à fait étrangère à ce soudain changement de nom. Quoi qu’il en soit, Mickey était né.
    Surtout aidé par Ub Iwerks (1901-1971), talentueux dessinateur de son studio californien, Walt Disney travaille aussitôt sur le premier film d’animation qui présentera Mickey Mouse au public. Et, contrairement à ce que l’on croit, celui-ci n’est pas « Steamboat Willie » mais « Plane Crazy ». Dans ce cartoon, les yeux de Mickey sont ovales, avec de grosses pupilles noires. Il ne portait ni gants ni chaussures et ses pieds étaient noirs. Son short n’était alors qu’une ébauche de celui qu’il porte actuellement : un pantalon serré avec deux gros boutons sur le devant.
    Mais la vraie révolution viendra bel et bien avec « Steamboat Willie », projeté le 18 novembre 1928 au Colony Theatre de New York. Bien qu’en noir et blanc, il disposait nec plus ultra d’une bande sonore synchronisée. Et le scénario était déjà une référence en la matière : Mickey sauve Minnie des griffes du Capitaine Jambe de bois, dont le dessin préfigure celui de Pat Hibulaire.
    Fort d’un tel succès, les dessins animés contant ses nombreuses aventures vont s’enchaîner. Petit à petit, Mickey s’assagit, devient plus amical, adoptant finalement l’attitude bienveillante qu’on lui connaît aujourd’hui.
    La souris se propagera rapidement dans 25 pays en parlant 17 langues différentes. Il y aura en tout 121 cartoons de Mickey et le premier en couleurs sortira en 1935, « The Band Concert » (L’orchestre de Mickey).
    Enfin dans le domaine public
    Selon la législation américaine, les droits d’auteur sur Mickey Mouse ont pris fin le 1er janvier 2024, tombant ainsi dans le domaine public. Sa première version peut donc être reproduite sans risquer de subir un recours du service juridique de la puissante compagnie Disney, comme c’était le cas jusqu’alors. Une aubaine pour les artistes et créateurs qui pourront copier, adapter ou même détourner l’icône disneyenne, ainsi que les journalistes qui illustreront sans crainte leurs articles avec son effigie.

    95 ans après, MICKEY sourit toujours
    Serge MOROY

     

  • François Chauvin, artiste de Villevaudé

    François Chauvin, artiste de Villevaudé

    FC0


    Arrivé à Villevaudé en 1973,  c’est avec un groupe d’amis que François Chauvin crée ce que l’on pourrait appeler un « courant artistique Villevaudéen ».

    Pendant une dizaine d’années ils partagera sa vie d’artiste avec Benoit Fougerat dont il fait la rencontre à L’école des Arts appliqués de Paris.

    Conseiller municipal de 1989 à 2001, il s’intéresse naturellement au culturel, à l’environnement et au scolaire, intervenant à plusieurs reprises comme professeur d’Arts Plastiques pour faire partager sa passion.

    Chauvin1Les élèves de François CHAUVIN

    Le photographe d’art pour l’architecture, l'emballage et l'industrie des Montres, le designer pour l'industrie cosmétique et la parfumerie (Rochas Parfums, Parfums Courrèges …) ou pour l'emballage (Unilever) se consacrera bientôt à la peinture.

    0collage


    Il travaille pour diverses agences de publicité (Agence Lonsdale et agence Guy Boucher), 
    peint de grandes fresques murales, des trompes- l'œil et des grandes toiles panoramiques et participera à la décoration du Phocéa de Bernard Tapie.

    François Chauvin clementEn  Europe et aux États-Unis il travaille avec des galeries ou des décorateurs, à la “Julian Atelier”, “Atelier Met de Penninghen” et "Ecole des Métiers d'art". on a pu visiter ses expositions à Dallas, au Grand Palais à Francfort, Zurich, Bruxelles, à Washington.

    Remarqué par Pierre Cardin, François Chauvin effectuera un travail de décoration majeur dans les locaux du couturier "résidence Maxim's" au Rond Point des Champs Elysées à Paris, et à la fondation du “Palais Bulles” à Théoule.

    Il se livre ensuite pleinement à la notion de travaux non figuratifs: des effets monumentaux traduisent son Art.

    Consultez en bibliothèque le livret « les peintres et sculpteurs de Villevaudé » pour  affirmer que son œuvre reste plus que jamais actuelle.

    Texte de Claude Petit

    J'ai connu Benoît Fougerat en 1975 alors que sa fille Marie était dans ma classe de maternelle à l'école Danielle Casanova à Brou sur Chantereine. Lors de mon installation à l'école de Villevaudé, la famille Fougerat comme la famille Chauvin ont intégré l'école du village. Y Godefroy

    Bonne année benoitF - 2)

     

  • Les amours d’ Apollinaire.

    Les amours d’ Apollinaire.

    " Il avait tous les dons y compris celui de souffrir et de faire souffrir "
     
    Annie PaydenAnnie Playden (1880-1967) : le premier grand amour d’Apollinaire
    En 1901, Guillaume Apollinaire enseigne le français dans une famille noble allemande qui réside en Rhénanie. Il y tombe amoureux de la gouvernante anglaise, Annie Playden, qui, d’abord réceptive, s’effraie de sa fougue et finit par le rejeter. Il ne parle pas anglais, elle ne parle pas le français. De retour à Paris, en 1902, il reprend pourtant contact avec elle et part à Londres à deux reprises pour la revoir. Las, Annie Playden ne répond pas à sa flamme et il en est mortifié. Sa belle partira pour l’Amérique en 1905. Apollinaire relatera sa relation malheureuse dans plusieurs poèmes emplis d’amertume dont, notamment, « La chanson du mal-aimé » (Alcools, 1913) car le poète évoque aisément sa souffrance, caractéristique commune aux premiers romantiques allemands (Goethe, Shiller, Novalis…).
    Adieu faux amour confondu
    Avec la femme qui s’éloigne
    Avec celle que j’ai perdue
    L’année dernière en Allemagne
    Et que je ne reverrai plus.
     
    M laurençin1Marie Laurencin en 1905 (autoportrait).
    C’est grâce à Picasso que Guillaume Apollinaire fait la connaissance en 1907 de Marie Laurencin (née le 31 octobre 1883 à Paris). Elle devient sa compagne et sa muse avant que, fatiguée par ses infidélités et son penchant pour l’alcool, elle ne mette fin à leur relation 5 ans plus tard. Pour tenter de l’oublier Apollinaire s’engage au premier jour de la guerre et lui écrit l’un des ses plus beaux poèmes, « Sous le pont Mirabeau », dans lequel il évoque leur séparation.
    Marie meurt le 8 juin 1956 à Paris. Elle sera inhumée au Père-Lachaise dans une robe blanche, tenant dans sa main une rose et, posées sur son cœur, quelques lettres d’amour de Guillaume Apollinaire dont la sépulture repose à quelques pas de la sienne.
    « L’automne est morte souviens-t’en
    Nous ne nous verrons plus sur terre
    Odeur du temps brin de bruyère
    Et souviens-toi que je t’attends. »
    Adieu, quatrain de G. Apollinaire pour leur rupture en 1912.

    4Guillaumeapollinaire«Tu te souviens, Rousseau, du paysage aztèque, des forêts où poussaient la mangue et l'ananas…», écrit Apollinaire. Mais le Douanier n'est jamais allé plus loin que le Jardin des Plantes ! De là une oeuvre un peu vite qualifiée de naïve.
    Henri Rousseau, le Douanier, avait proposé à Apollinaire de réaliser son portrait. Le poète racontera qu'avant de le faire poser, le peintre «avait soigneusement mesuré son nez, sa bouche, ses oreilles, son front, ses mains, son corps tout entier». Pendant ce temps, pour qu'il ne s'ennuie pas, Rousseau lui avait chanté des airs de son enfance. On imagine la scène ! Et on connaît le résultat : conservé au musée de Bâle, le portrait d'Apollinaire le représente à côté de Marie Laurencin, une Marie Laurencin plutôt grassouillette. «Mais ça ne me ressemble pas du tout», s'était écriée la pauvre jeune femme, toujours soucieuse de son élégance et de sa sveltesse. Sans se démonter, Henri Rousseau lui avait répondu : «Guillaume est un grand poète, il a besoin d'une grosse muse.» Il était comme ça, le Douanier : naïf, têtu, maladroit. Et même pas spécialement doué pour la peinture.
     
    LouiseLouise de Coligny-Châtillon (1881-1963) : amour fou d’Apollinaire et l’une des premières aviatrices françaises (mais on ne trouve aucune trace sur ses aptitudes ou ses vols).
    Guillaume Apollinaire s’est engagé au premier jour de la guerre. En attendant son incorporation, il rencontre à Nice Louise de Coligny-Châtillon, qui lui fait oublier Marie Laurencin. Il tombe amoureux, mais la belle lui résiste avant de se donner à lui juste avant son départ pour le front. Il lui écrit des lettres enflammées (Poèmes à Lou) jusqu'en janvier 1916. Mais elle l’oublie. Apollinaire fait bien partie des poètes maudits.
    Lou si je meurs là-bas souvenir qu’on oublie
    -Souviens-t’en quelquefois aux instants de folie
    De jeunesse et d’amour et d’éclatante ardeur
    Mon sang c’est la fontaine ardente du bonheur
    Et sois la plus heureuse étant la plus jolie
    Ô mon unique amour et ma grande folie
    La nuit descend
    On y pressent
    Un long destin de sang.
    Guillaume Apollinaire, extrait de « Si je mourrais là-bas » (Poèmes à Lou, Nîmes, 30 janvier 1915).

    Madele PagèsMadeleine Pagès (1892-1965), la fiancée « épistolaire » d’Apollinaire
    2 janvier 1915. Guillaume Apollinaire prend le train à Nice après une permission de deux jours. Il retourne au 38e régiment d'artillerie de campagne de Nîmes où il fait ses classes. Dans son compartiment, il rencontre une jeune femme, Madeleine Pagès. Elle est institutrice à Oran et doit embarquer à Marseille. Les deux voyageurs parlent de poésie, échangent leurs adresses. Apollinaire fréquente toujours Lou, mais leurs relations s’effilochent de plus en plus, surtout à partir du mois de mars.
    Trois mois plus tard, Apollinaire envoie sa première carte postale à Madeleine du front de Champagne. Rapidement, leurs lettres deviennent très tendres. Pendant plusieurs semaines, le poète encourage sa « petite fée » à se déclarer : « Écrivez-les ces mots qui font que l'on vit », l'implore-t-il. Après les aveux, se développe une relation épistolaire d'une liberté inouïe, fondée sur le mythe du coup de foudre et de l'amour idéal. Il ne commence à la tutoyer que le 25 août 1915 et ils se fiancent « par correspondance ». Glissés dans les lettres, certains poèmes sont très érotiques, tel « Les neuf portes de ton corps ». A la faveur d'une permission accordée en décembre 1915, il passe 15 jours à Oran chez Madeleine.
    Mais Apollinaire est blessé en Picardie par un éclat d’obus le 17 mars 1916. Il lui écrit moins pendant sa convalescence et refuse de recevoir sa visite. Ses dernières lettres datent de novembre 1916. Madeleine ne se mariera jamais. Elle continuera d’enseigner à Oran puis dans des lycées de jeunes filles à Saint-Cloud, avant de mourir à Antibes le 2 mars 1965.
     
    Jacqueline Kolb (1891-1967) : Madame Apollinaire, la jolie rousse
     
    Kolb
    Le 2 mai 1918, à Paris, Guillaume Apollinaire se marie avec Amélia Kolb (dite Jacqueline ou encore Ruby), artiste peintre. Parmi les témoins, Lucien Descaves et Pablo Picasso, Ambroise Vollard et Gabrielle Picabia. Le poète ne profitera que trop de cette union puisqu’il décédera le 9 novembre 1918 de la grippe espagnole, soit deux jours avant la signature de l’Armistice. Il avait 38 ans.
    Ses cheveux sont d'or on dirait
    Un bel éclair qui durerait
    Ou ces flammes qui se pavanent
    Dans les rose-thé qui se fanent.
    "La jolie rousse" (extrait).
     
    Serge Moroy
     
    Né Wilhelm de Kostrowitzky sujet polonais, le conseil de révision avait ajourné sa première demande d'engagement dans l'armée française. Le 4 avril 1915, il part avec le 38e régiment d'artillerie de campagne pour le front de Champagne, ce qui lance sa procédure de naturalisation.
    Alors qu'il vient d'obtenir notification de sa naturalisation, Guillaume Apollinaire, sous lieutenant au 96e régiment d'infanterie est blessé le 17 mars 1916 d'un éclat d'obus à la tempe droite, au bois des Buttes, au pied du Chemin des Dames.
    " Je lisais le "Mercure de France". A quatre heures, un 150 éclate à 20 mètres, un éclat perce le casque et troue le crâne … On m'endort pour fouiller, l'éclat a enfoncé la boîte crânienne et y est resté, on l'y laisse."
    Le 9 novembre 1918, la grippe espagnole emportait Guillaume Apollinaire, très affaibli par ses blessures de guerre.
  • J.F. Kennedy, 22 novembre 1963

    J.F. Kennedy, 22 novembre 1963

    Assassinat de J.F. Kennedy : Quand la presse se presse
     
    J.F. Kennedy
    Un témoignage inédit
     
    Le 22 novembre 1963 à 18 h 30 (heure française), John Fitzgerald Kennedy, 35e président des Etats-Unis, était abattu à Dallas (Texas). Le lendemain matin, le journal Ouest-France faisait la Une de l’événement… avec une photo à l’appui !
    Cet assassinat était un scoop pour la presse mondiale qu’il ne fallait absolument pas rater. Bernard Thomazeau travaillait alors en tant qu’illustrateur au quotidien Ouest-France, et ce depuis avril 1957. Il se rappelle encore la pression qu’il a connue lorsque, dans les bureaux de Rennes, il attendait fébrilement une photo du président assassiné. Celle-ci devait en effet paraître à la Une de l’édition du lendemain, le samedi 23 novembre 1963.
    Allô Rennes Ouest-France ? Ici New York
    L’image allait être transmise par un correspondant de presse aux États-Unis via le Bélinographe. C’est à Firmin Chaudet, journaliste à Ouest-France, qu’incombait le soin de rédiger l’article devant faire la Une. Bernard se souvient de cette journée particulière tant elle est gravée dans sa mémoire.
    « J’ai reçu un appel de New York m’informant de l’envoi imminent d’une seule et unique photo du président assassiné à Dallas, et ce pour le départ des premières éditions. Vu le nombre de demandes qui affluaient alors, l’envoi ne sera pas doublé. Me voilà donc prévenu ! ».
    Cinq minutes plus tard, une nouvelle sonnerie retentit en effet dans l’atelier et une voix annonce dans un mauvais français : « Rennes Ouest-France à toi ! Fais bien ta mise au point du blanc. Ok, j’envoie… ça roule ! ».
    Firmin Chaudet tournait comme un lion en cage dans l’atelier où s’affairait Bernard, surveillant le moindre de ses gestes. Ce dernier poursuit.
    « La réception venait à peine de commencer et il fallait compter quinze minutes pour que la photo soit totalement transmise et, avec le cylindre, file au labo pour y être développée. Firmin ne me lâchait pas d’une semelle tant il était collé à moi. »
    Surprise au labo
    Dans le labo plongé dans la lumière rouge inactinique, la photo en noir et blanc apparaît progressivement dans le bac du révélateur. Bernard et Firmin sont pétrifiés par l’émotion : le cliché est bon. Il ne présente même aucun parasite dans les lignes ; ce qui leur évitera des retouches et leur fera gagner un temps précieux.
    A peine est-elle fixée et lavée que la photo, encore humide, est présentée tel un trophée au rédacteur en chef. Elle fera bien la Une de l’édition du 23 novembre 1963. Ouf, l’honneur était sauf !
    Comment fonctionne le Bélinographe ?
    Il résulte de l’invention du savant français Edouard Belin en 1907. L’instrument est en mesure de transmettre dans le monde entier des images photographiques grâce à l’utilisation du réseau de l’électricité.
    C’est en fait de la télé-photo qui fonctionne sur le principe de l’émission- réception. Une photo est prise sur un cylindre qui tourne sur lui-même et se déplace latéralement devant l’objectif.
    Celui-ci capte la teinte placée devant lui et la transmet alors devant une cellule photo-électrique. Le rôle de cette dernière est de transformer la source lumineuse en courant électrique qui, modifié en puissance, selon la luminosité de la teinte de la photo, sera à son tour, et après amplification, transmis par ligne télégraphique.
    Nouvelle transformation au poste récepteur où un oscillographe fera du courant électrique un spot lumineux, qui sera lui-même retransmis au moyen d’un objectif sur un film fixé autour d’un cylindre.
    Enfermé dans une petite chambre noire, ce cylindre tourne sur lui-même à la même vitesse que le cylindre émetteur. Il faut en moyenne une vingtaine de minutes pour réceptionner une télé-photo ; depuis la mise en route de l’appareil jusqu’à l’obtention du négatif qu’il est alors possible d’agrandir sur papier.
    A tour de rôle
    Avant son transfert en 1972 à Chantepie (35), le service du Bélinographe était assuré par l’atelier de photos reproduction et des services artistiques, placé sous la direction de Charles Barmay.
    Afin d’assurer la réception et l’envoi des photos, deux dessinateurs polyvalents s’y relayaient chaque semaine à tour de rôle. Les journées les plus chargées étaient celles du dimanche, avec la rubrique des sports, toujours copieuse.
    Une fois installé à Chantepie, le Bélinographe sera détaché sur le plateau des rédacteurs et aura Michel Corvaisier comme permanent.
    S. Moroy
    Cet article a pu être rédigé grâce aux souvenirs de Bernard, qu’il en soit ici remercié / Photo : Bernard devant le Bélinographe (photo journal Ouest-France).