Catégorie : 18 Chroniques de Serge

  • Le Pin ►Au revoir Madame de Grenier

    Le Pin ►Au revoir Madame de Grenier

    Lucette photo rallye  2015Qui ne la connaissait pas?
    Lucette de Grenier est décédée jeudi 16 septembre à l’ âge de 90 ans.
    Ancienne directrice de l’école du Pin, résidant dans la commune depuis 1960, férue d’histoire, membre de la SHCE (Société d’histoire de Claye et environs) et de la SAHC (Société archéologique et historique de Chelles), elle avait fondé en septembre 1988 l’association Loisirs et Culture, dont elle était la présidente.
    Elle nous faisait aimer l’Histoire
    Grâce à son association, elle avait pu rédiger et publier un ouvrage sur l’histoire de son petit village, "Le Pin d'Antan"
    Son livre avait connu un vif succès lors de sa parution en mars 2012.Il s’appuyait sur des cartes postales de la fin du 19e siècle, des documents officiels, ainsi que des témoignages d’habitants qu’elle avait patiemment recueillis depuis 1985. Jean­ Paul Pasco­ Labarre, alors maire du Pin, avait déclaré, admiratif : «Un travail exceptionnel qui va permettre aux Pinois de voir sous un angle différent ce que fut notre village. Pour le premier magistrat d’une commune comme Le Pin, ces renseignements sont indispensables».
    Mais ses activités ne s’arrêtaient pas là. Loin s’en faut.
    Lucette de Grenier, toujours avec le concours de sa dynamique association, animait les journées européennes du patrimoine en septembre
    Les visiteurs, qui ont participé à ses visites guidées du village, se souviennent encore de son érudition impressionnante.
    LUCETTE DE GRENIER2«Le Pin n’a pas su au cours des années passées conserver son patrimoine. Souhaitons que les générations futures en prennent conscience et ne renouvellent pas les erreurs antérieures. Cependant, les rares pierres qui nous restent parlent à ceux qui savent les entendre» avait­ elle déclaré le 18 septembre 2010 à l’issue d’une visite. Des loisirs pour tous Lucette de Grenier était également à l’origine depuis 2013 d’un tournoi de scrabble et, toujours la même année, d’un atelier cuisine ouvert à tous, petits et grands, dont le but était de préparer les fêtes de fin d’année… sans prise de tête.
    Son rallye touristique, qui a vu le jour en même temps que son association, était à lui seul un événement très prisé, prétexte idéal pour s’instruire tout en visitant de pittoresques villages franciliens dans un rayon de100 à 150 km alentour. «Depuis que nous organisons les rallyes, un seul a été annulé à cause d’un manque de participants… le 13e» avait reconnu en souriant Lucette de Grenier, pourtant non superstitieuse.

     
    Les enfants n’étaient pas oubliés puisqu’elle avait mis en place une bourse aux jouets avant Noël, ainsi qu’une petite troupe de théâtre amateur qui se produisait chaque fin d’année scolaire sur la grande scène de la salle polyvalente Nicole ­Paris.
    00Son association avait aussi à cœur de participer au concours cantonal de poésie. Créé en 1989, il s’adressait à tous les habitants d’Annet­ Sur­ Marne, Claye­ Souilly, Courtry, Le Pin, Villeparisis et Villevaudé; mais aussi aux écoles, centres de loisirs et maisons de retraite. Loisirs et Culture avait également organisé ou soutenu de nombreuses expositions thématiques très intéressantes : la Première Guerre mondiale dans nos villages, le camp de concentration de Mathausen, photos d’élèves à l’ école du Pin au fil du temps, etc.
    Photo: Résultats du concours de poésie à Villeparisis en 2013. Lucette de Grenier, Michèle Pélabère, Nicole Vibert, Jean Paul Pasco-Labarre, Gilles Loubignac
    HOMMAGE
    Un dernier hommage à cette grande dame, cette grande amie qui restera dans la mémoire de tous ceux qui ont eu la chance de la connaître, sera rendu mardi 21 septembre à 16 h 30 au crématorium de Montfermeil (Seine­ Saint ­Denis). L’inhumation de l’urne funéraire aura lieu quant à elle jeudi 23 septembre, à 11 heures, au cimetière de "Le Pin" (Seine­-et-­Marne). 
    Serge Moroy
  • Adieu Bébel

    Adieu Bébel

    Bemondo
    Jean-Paul Belmondo a été la plus grande star du cinéma français, c’était l'un de nos derniers monstres sacrés et ses films font toujours les belles heures de la télévision. Les acteurs de la nouvelle génération, Jean Dujardin en tête, n’ont cessé de clamer haut et fort leur dette envers ce comédien qui ne s’est jamais pris au sérieux… au risque de ne pas être pris au sérieux, à commencer par l’intelligentsia cinéphile.
    Mais c’est peut-être aussi pour cette raison qu’il était (justement) la coqueluche des Français. Avec « A bout de souffle », il a renouvelé la manière de jouer et les canons de la beauté masculine, soufflant même la vedette à son partenaire et ami Alain Delon. Insouciant et turbulent, rebelle et franchouillard, on l’aimait bien notre Bébel national. Avec son formidable culot, sa verve incisive et sa gueule de lion, il était le héros blagueur et intrépide dans des films où il n'hésitait pas à exécuter lui-même les cascades. Comment s’est forgé le mythe Belmondo ? Peut-être parce qu'il n’a jamais joué un rôle de salaud dans ses 80 films ; au contraire il les combattait. Que cachait donc ses facéties, sa gouaille, sa gentillesse, sa pudeur ? Parce qu'il était lui-même profondément sincère et authentique. Comment cet homme surdoué pour la vie, sportif accompli (boxeur professionnel à ses débuts : 9 combats-5 victoires-1 nul), a-t-il surmonté les épreuves de la vie et notamment la maladie qui l’avait happé en 2002 ? Bébel le magnifique, l’acteur sublime, le justicier, le séducteur, l'amant, le pote… Aujourd’hui, lundi 6 septembre, le cinéma français est en deuil.
    S. Moroy
     
    "Belmondo était le cinéma français à lui tout seul" ( "Le soir" du 6 sept 2021)
     
    Un hommage national lui sera rendu le 9 septembre aux Invalides
  • Vers la beauté, David Foenkinos

    Vers la beauté, David Foenkinos

    Vers la  beautéVERS LA BEAUTÉ

    DAVID FOENKINOS

    GALLIMARD

    L’art peut-il cicatriser les blessures de l’âme ?
    Signé David Foenkinos, voici un roman très prenant qui célèbre la beauté de la peinture, mais qui dénonce également les violences faites aux femmes, dont le viol.
    C’est l’histoire d’Antoine Duris, un éminent professeur aux Beaux-arts de Lyon qui décide de tout plaquer pour occuper un simple emploi de gardien au musée d’Orsay, à Paris.
    Pourquoi ce choix très surprenant qui semble ressembler à un déclassement social volontaire pour ce spécialiste de Modigliani ? Il est dans une sorte de convalescence de la parole et son seul désir est d’être assis au milieu des tableaux, notamment devant une œuvre de Modigliani, Jeanne Hébuterne, l’une de ses plus grandes toiles et son dernier amour.
    Visiblement, Antoine Duris cherche son propre chemin à la consolation. Discret, silencieux et peu enclin à lier des contacts, son comportement ne peut qu’étonner ses collègues. C’est le cas de Mathilde, la DRH du musée d’Orsay, qui l’a recruté et qui va tout entreprendre pour élucider son secret.
    Au fil des pages, l’on découvrira progressivement ce qui a amené Antoine Duris au cœur du grand musée parisien dédié aux chefs-d’œuvre de la peinture du XIXe siècle.
    « Ce n’est pas son esprit qui l’a poussé à se réfugier au musée d’Orsay, c’est son corps. Quand on est dans la souffrance, on est comme guidé par ce qui nous fera du bien. » / David Foenkinos (23/03/2018).
    Charlotte
     
    Après la publication en 2014 de son roman « Charlotte » (la vie bouleversante du peintre allemand Charlotte Salomon, exécutée à Auschwitz en 1943), David Foenkinos renoue avec un thème qui lui est cher : la résurrection de l’être par la création.
    Le lecteur verra d’ailleurs un lien spirituel entre la vocation artistique de Charlotte Salomon avec Camille Perrotin, l’un des personnages clés du roman « Vers la beauté ».
    Serge Moroy
     
    Extrait  :
    La journée se déroula à un rythme identique à celui de la veille. Son rôle consistait essentiellement à veiller à ce que les visiteurs ne s’approchent pas trop des toiles. Il y avait eu cette histoire d’un lycéen qui avait renversé son Coca sur une œuvre dans un musée aux Etats-Unis, et cela allait coûter des millions de dollars aux assurances. Il fallait anticiper, être vigilant. La plupart des touristes ne s’adressaient pas à lui, sauf pour demander les toilettes. Des dizaines de fois, parfois même sans attendre qu’on lui pose la question, il indiquait le chemin : « Les toilettes se situent à l’entrée principale. » Une phrase qu’il prononçait souvent en anglais, et bientôt il l’apprendrait dans de nombreuses langues pour être un bon employé. C’était la préoccupation principale d’Antoine : bien faire son travail. Quiconque d’un tant soit peu dépressif connaît cet état où l’esprit se focalise d’une manière démesurée sur une tâche concrète. On peut panser une plaie physique par la répétition d’un geste mécanique, comme si le simple fait d’agir, y compris de façon dérisoire, permettait de réintégrer la sphère des humains utiles.
     
    Charlotte a été récompensé par le prix Renaudot 2014 et le prix Goncourt des lycéens, Le Mystère Henri Pick a été adapté au cinéma avec Fabrice Lucchini . David Foenkinos a réalisé avec son frère Stéphane Foenkinos une adaptation cinématographique de son roman La délicatesse, avec Audrey Tautou et François Damiens.
     
    Charlotte, La délicatesse, Le mystère Henri Pick  sont disponibles à la bibliothèque
  • Le mémorial de Sainte-Hélène » – Comte de Las Cases (extrait)

    Le mémorial de Sainte-Hélène » – Comte de Las Cases (extrait)

    LE MÉMORIAL DE SAINTE HÉLÈNE
    COMTE DE LAS CASES
     
    Au parfum de son maquis, de loin, les yeux fermés, je reconnaîtrais la Corse (Napoléon)
     
    Maquis nNovellaVue de Novella Haute Corse
     
    « La patrie est toujours chère, disait Napoléon. Sainte-Hélène pourrait l’être à ce prix ».
     
    Brayer maison napoleonMaison natale de Napoléon Bonaparte à Ajaccio. Yves Brayer 1982
     
    La Corse avait donc mille charmes ; il en détaillait les grands traits, la coupe hardie de sa structure physique. Il disait que les insulaires ont toujours quelque chose d’original, par leur isolement, qui les préserve des irruptions et du mélange perpétuel qu’éprouve le continent ; que les habitants des montagnes ont une énergie de caractère et une trempe d’âme qui leur est toute particulière.
     
    Pozzine ninoPozzine de Nino
     
    Paysage corse
     
    Il s’arrêtait sur les charmes de la terre natale : tout y était meilleur, disait-il, il n’était pas jusqu’à l’odeur
    du sol même : elle lui eût suffi pour le deviner les yeux fermés ; il ne l’avait retrouvée nulle part.
     
    Memorial sainte hélène
    Il s’y voyait dans sa jeunesse, à ses premières amours ; il s’y trouvait dans sa jeunesse, au milieu des précipices, franchissant les sommets élevés, les vallées profondes, les gorges étroites, recevant les honneurs et les plaisirs de l’hospitalité ; parcourant la ligne des parents dont les querelles et les vengeances s’étendaient jusqu’au septième degré. Une fille, disait-il, voyait entrer dans la valeur de sa dot le nombre de ses cousins.
    Il se rappelait avec orgueil que, n’ayant que 20 ans, il avait fait partie d’une grande excursion de Paoli à Ponte Novu. Son cortège était nombreux ; plus de 500 des siens l’accompagnaient à cheval ; Napoléon marchait à ses côtés ; Paoli lui expliquait, chemin faisant, les positions, les lieux de résistance ou de triomphe de la guerre de la liberté.
    Il lui détaillait cette lutte glorieuse ; et sur les observations de son jeune compagnon, le caractère qu’il lui avait laissé apercevoir, l’opinion qu’il lui avait inspirée, il lui dit : « ô Napoléon ! Tu n’as rien de moderne ! Tu appartiens tout à fait à Plutarque ! » .
    Serge Moroy
     
    Extrait de « Le mémorial de Sainte-Hélène » – Comte de Las Cases, Tome I, page 604 – Édition Garnier Frères, Paris (1895).
     
  • L’AQUARELLISTE NGUYEN TAY A PLUS D’UN PINCEAU À SA PALETTE

    L’AQUARELLISTE NGUYEN TAY A PLUS D’UN PINCEAU À SA PALETTE

    Nguyen Tay, 33 ans, est un peintre vietnamien qui réside à Paris après avoir séjourné en Seine-et-Marne. Depuis janvier 2015, date de son arrivée en France, il s’est fait connaître grâce à ses aquarelles sur papier de riz, à l’encre, à l’huile et aussi sur soie. Toutes illustrent des thèmes qui lui sont chers : son pays natal et la femme.

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    Aquarelliste de talent, Nguyen Tay peint les femmes à merveille car il les aime et son pinceau, si agile entre ses mains, les sublime qu’elles soient belle, combattante, rêveuse, forte ou blessée ; sur fond de symboles comme il est de coutume dans la culture extrême-orientale.

    La Marianne aux camélias, peinture sur huile qui orne le salon d’honneur de l’hôtel de ville de Courtry, c’est lui. Elle est songeuse et sa gravité la rend encore plus belle. L’artiste l’a peinte un an après l’attentat du Bataclan du 13 novembre 2015 et l’a offerte à la Ville en déclarant qu’il avait « tout simplement eu envie de peindre Marianne pour exprimer son amour pour la France qui l’avait accueilli »

    Enfant, il aimait flâner dans le petit atelier de couture de sa mère, situé à 200 km de Saigon, l’ancienne capitale de la Cochinchine, rebaptisée Hô-Chi-Minh-Ville. Sa mère, à laquelle il voue une admiration sans borne, reste d’ailleurs sa seule muse.

    Par son dévouement et son courage au travail, elle m’a permis d’aller au bout de mes études et j’ai pu finir major de ma promotion à l’université d’architecture de Saigon.

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    L’aquarelle sur soie, un art ancestral

    Tay a exposé pour la première fois à Serris (Seine-et-Marne) pour la journée internationale des droits des femmes, avant d’enchaîner plusieurs expositions dans le département. Ses peintures à l’encre de Chine et ses aquarelles figuratives sur papier de riz, ont toujours suscité l’admiration des visiteurs et il est bien souvent reparti avec un prix sous le bras.

    Mais pour l’artiste qui aime relever les défis, la peinture sur soie s’imposait tout naturellement. D’autant que cette technique ancestrale reste méconnue en France. Tay va y apporter sa proche touche, à la fois originale et moderne.

    L’aquarelle est une matière qui demande beaucoup de maîtrise. Quand à la soie, la moindre erreur est fatale. Elle reste cependant ma technique préférée pour exprimer les sentiments et l’âme.

    Son talent intéresse les publicitaires 

    En avril 2018, il est sélectionné par Heineken pour symboliser son pays natal sur la série limitée 2018 des bouteilles que la firme de bière néerlandaise va consacrer aux pays du monde. Cette commande est un nouveau défi pour lui car il lui a fallu réaliser un dessin digital, technique qu’il n’avait jamais pratiquée jusqu’alors.

    En septembre 2019, c’est lui que l’on choisit pour décorer les boîtes en édition limitée de gâteaux de lune pour Paris Store, l’enseigne de produits alimentaires asiatiques.

    En Février 2021, l’artiste signe avec Orange pour la publicité de son nouveau service de transfert d’argent, Orange Money. Son œuvre représente une femme vietnamienne en costume traditionnel dans une barque sur fond de baie d’Along, site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1994. Le Smartphone de la passagère indique que le Vietnam peut dorénavant bénéficier lui aussi des services monétiques de l’opérateur.

    Les fleurs de lotus, souvent représentées dans mes tableaux, apportent une touche supplémentaire de sérénité à l’œuvre. Je veux que les contemplateurs se sentent bien.

    Serge Moroy

    C'était en 2017

    Villevaudé associatif: Nguyen Tay expose à Courtry jusqu'au 22 mars (typepad.fr)

  • JE ME SOUVIENS DE TOI, ANNIE..

    JE ME SOUVIENS DE TOI, ANNIE..

     
    A girardot
    JE ME SOUVIENS DE TOI, ANNIE…
     
    Le 28 février 2011, Annie Girardot décédait âgée de 79 ans à l’hôpital Lariboisière, à Paris. L’actrice souffrait depuis plusieurs années de la maladie d’Alzheimer, révélée au public par sa famille en 2006 et dont elle était devenue un symbole, après avoir accepté de se faire filmer pour le documentaire « Ainsi va la vie » de Nicolas Beaulieu, diffusé le 21 septembre 2008 sur TF1. Un documentaire bouleversant. Il fallait du courage pour le tourner, et encore plus pour prendre la décision de le montrer aux téléspectateurs. Ainsi, j’ai été frappé par le drame quotidien enduré par Annie que l’on voit constamment aidée et sollicitée par ses proches pour recouvrer quelques bribes de sa mémoire craquelée.
    Le diagnostic de sa terrible maladie avait été établi en 200. Et elle le connaissait. Certes, Annie Girardot n’est pas n’importe qui. Actrice préférée des Français, elle fut une véritable icône cinématographique, avec 50 ans de carrière et 217 films à son actif. Et quels films ! Elle a donné la réplique à Serrault, Blier, Galabru, Gabin, Delon, Noiret, De Funès, Piccoli, Cassel, Meurice, Ventura, etc. ; sous la direction de réalisateurs talentueux : Delannoy, Grangier, De Broca, Giovani, Zidi, Decoin, Lelouch, Jessua, Molinaro, Cayatte, Audiard… Souvenez-vous : le 2 mars 1996 au Théâtre des Champs-Elysées, à Paris, elle remerciait le public un César qu’on lui avait décerné (meilleur second rôle féminin dans « Les misérables » de Lelouch) après une (trop) longue absence devant les caméras. Elle avait pris la parole, émue : « Je ne sais pas si j’ai manqué au cinéma français, mais à moi, le cinéma français a manqué, follement, éperdument, douloureusement. Votre témoignage, votre amour me font penser que peut-être – je dis peut-être – je ne suis pas encore tout à fait morte ».
    Le malaise que l’on éprouve devant ce documentaire provient du fait que l’on ne s’attend pas à voir Annie Girardot incarner ce rôle de malade, dans ce qui semble être, hélas, sa dernière prestation devant une caméra. Car, que reste-t-il de quelqu’un qui perd tous ses repères et oublie ce qu’il est ? N’est-ce pas déjà une mort avant l’heure quand l’esprit a foutu le camp ? Imagines poignantes d’une grande actrice de 77 ans qui récite son texte à l’aide d’une oreillette dans laquelle on le lui souffle.
    Non, je ne veux pas garder cette image d’elle. Je me replonge dans ses films. Drôles, joyeux, vifs et nerveux, parfois graves, avec ce sens de la répartie qui la définissait si bien. C’est de cette Annie là dont je veux me souvenir. Du moins, vais-je essayer car c’est comme cela que je l’aimais.
    S. Moroy
     

    Annie girardotLA MÉMOIRE DE MA MÈRE

    GIULIA SALVATORI

    MICHEL LAFON

    - Maman, tu n'es vraiment pas gentille avec moi ! Un frisson m'a parcourue. Elle faisait des mots croisés sur la table de la cuisine et c'est à moi, sa fille, qu'elle s'adressait ainsi. Dehors resplendissait le ciel toujours bleu de Sardaigne… – Comment m'as-tu appelée ? – Maman, pourquoi ? – Mais maman… C'est toi ma maman !
     Depuis cette scène, avec amour, Giulia Salvatori accompagne sa mère sur les sables mouvants et arides du désert d'Alzheimer, où affleurent pour elle les souvenirs intimes du passé d'Annie Girardot.
    Dans ce livre, Annie Girardot est telle que nous ne l'avons jamais vue.
    Sa fille, Giulia, raconte sa mère : ses débuts, ses rencontres, ses amours, sa tendresse et puis, dans les années 1990, les premiers symptômes de la maladie d'Alzheimer…
    Au-delà du cri d'amour d'une fille à sa mère, Giulia Salvatori nous offre un témoignage sensible et émouvant ; un soutien pour tous ceux qui sont confrontés à cette maladie.
     
    Ainsi va la vie de Nicolas Beaulieu.

  • Sonia Dagotor : Une insomnie a changé sa vie

    Sonia Dagotor : Une insomnie a changé sa vie

    SoniaD
    Deux de ses romans ont été publiés aux éditions du Cherche Midi en mai dernier. Sonia Dagotor, 42 ans, fait partie de ces auteurs qui ont le vent en poupe parce que ses romans sont tout simplement dans l’air du temps. Entretien avec une autrice qui a su conjuguer son rôle d’épouse, de mère et de cadre dans la grande distribution, avec sa soif de l’écriture mais, surtout, qui avait envie de se prouver quelque chose.

    Sonia 2Sonia, vous avez commencé à écrire à l’âge de 34 ans et votre trilogie, “Épouse, mère et working girl”, publiée à compte d’auteur en 2013, a fait un tabac. Depuis, plus rien ne vous arrête. Qu’est-ce qui se passe ?

    Je ne sais pas si l’on peut dire qu’elle a fait un tabac. Ce qui est certain, c’est qu’elle a révolutionné ma vie. Atteindre cet objectif saugrenu d’écrire une trilogie lorsque la seule chose qu’on écrit sont des notes professionnelles était un défi personnel dénué de bon sens, surtout lorsqu’on est déjà débordée dans sa vie de tous les jours. J’ai eu un déclic lors d’une insomnie. Huit ans plus tard, je suis si fière de pouvoir clamer haut et fort que j’ai écrit neuf romans et deux nouvelles et que mes histoires ont touché plus de 250 000 lecteurs. C’est dingue ! Et en plus, j’y prends un plaisir fou. J’adore raconter des histoires qui font du bien, qui interpellent, interrogent, rassurent, bousculent, divertissent, surtout en ces temps bouleversés.

    Votre lectorat est majoritairement féminin. Est-ce à dire que les femmes se reconnaissent en vous ?

    Je suppose que oui mais il y a souvent un homme derrière chaque femme ou vice versa. Il n’est pas rare que les hommes m’écrivent pour me dire qu’ils ont passé d’excellents moments avec mes personnages. Et puis, il n’y a pas que des femmes dans mes livres, heureusement ! Il y a toujours un homme auquel on peut s’identifier : un père, un papi, un frère, un mari, un ami, un collègue…


    S’il est majoritairement féminin, c’est tout simplement parce que 65 % des lecteurs sont des lectrices [étude réalisée en 2015 par Statista]. Attention, je ne dis pas que les hommes ne lisent pas, je dis simplement qu’ils lisent d’autres choses. Par exemple, mon époux lit beaucoup, mais pas de romans. Quant aux miens, il a quelques titres en retard. C’est inadmissible, je trouve. Pas vous ? (Rires)

    On sent parfois chez vous un humour caustique à l’égard des hommes. Adepte de la guerre des sexes ? 

    Vraiment, je ne vois pas de quoi vous parlez (Rires). Je ne suis adepte d’aucune guerre. C’est l’art de vivre ensemble qui me fascine et j’aime m’amuser avec certains clichés. Je les trouve intemporels, parfois drôles. Je vis avec le même homme depuis vingt-deux ans alors vous imaginez bien qu’entre lui et moi, il y aurait de quoi raconter (Rires). D’ailleurs, il a le toupet de dire qu’il est ma muse. Et puis quoi, encore ! (Rires)

    Comment avez-vous vécu les deux confinements 2020 ?

    J’ai vécu le premier comme un ermite, terrée chez moi avec ma tribu. Je ne suis sortie que deux fois : la première pour descendre ma poubelle – j’ai cru que j’allais mourir asphyxiée par ma propre haleine à cause du masque – et la seconde, pour une promenade en famille après 20 heures lorsque plus personne n’était dans la rue.

    C’est mon mari qui faisait les courses, lavait les emballages tellement nous étions en pleine paranoïa. Mais je dois admettre qu’à part ses petits désagréments, sans oublier l’école à la maison qui m’a filé quelques cheveux blancs, je l’ai plutôt bien vécu. J’ai découvert que ma terrasse était ensoleillée malgré son exposition plein Nord et j’ai adoré appuyer sur le bouton pause. J’ai mis ma créativité au service d’autres activités : j’ai jonglé (oui, ne cherchez pas, il fut un temps où j’étais très sportive), j’ai cuisiné (j’ai même fait du pain) et j’ai chanté en karaoké pour amuser ma communauté. Malgré cela, on a eu une superbe météo, signe que je ne chante pas si faux (Rires).

    Sonia4Quant au deuxième confinement, quel confinement ? Pardon, mais dans mon esprit, c’est comme s’il n’avait pas eu lieu. Contrairement au premier, je suis sortie quotidiennement pour m’aérer l’esprit et me remettre de l’écriture intensive de mon roman… rédigé en quelques semaines. Et puis, les enfants étaient à l’école alors, il ne pouvait pas ressembler au premier.

    Malheureusement avec la Covid, mes deux livres publiés fin mai aux éditions du Cherche Midi n’ont pas reçu l’accueil que j’espérais en librairie. Tout le circuit a été perturbé. La bonne nouvelle pour moi, comme pour les autres auteurs, c’est que la lecture numérique a explosé grâce au premier confinement et l’un de mes deux romans, “Sortez-moi de là”, est arrivé deuxième meilleure vente sur Kobo, après Joël Dicker, et donc avant tous les autres auteurs best-sellers. Absolument incroyable, n’est-ce pas ! Comment pourrais-je oublier 2020 et l’ascenseur émotionnel qu’il m’a procuré ?

    Votre prochain roman “Le bonheur se cache parfois derrière les nuages” sera publié le 6 mai chez Robert Laffont. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

    C’est l’histoire de Michel et Francine, un couple installé qui fête ses trente-neuf ans de mariage. A cette occasion, Francine organise une soirée en amoureux. Le couple se rend au théâtre puis dîne au restaurant. Alors que la pièce est hilarante, Francine en ressort bouleversée et passe tout le repas à repenser aux différentes étapes qui l’ont menée face à cet homme qui ne la regarde plus. A soixante-deux ans, Francine n’est pas heureuse. Quand l’amour a-t-il commencé à s’effriter ? Et si Francine se révoltait contre le temps qui passe ? Et s’il n’était pas trop tard pour choisir le bonheur ?

    Ce roman est très différent de tous ceux que j’ai pu écrire jusque-là. Moins drôle, mais plus profond. Ma plume évolue… en bien, j’espère ! Les lecteurs sauront me le dire. J’ai hâte et j’ai un peu peur aussi. On verra bien.

    Vous avez des liens très forts avec vos lecteurs : ils vous suivent sur les réseaux sociaux, se déplacent pour vous rencontrer sur les salons. Ces échanges vous inspirent ?

    Ils ne m’inspirent pas, ils me galvanisent. Créer du lien avec mes lecteurs est pour moi indispensable. Leurs retours, quels qu’ils soient, c’est mon carburant. Je réponds toujours aux messages qu’on m’envoie. C’est une sorte de récompense, de reconnaissance, de respect aussi. Et s’ils apprécient mon univers, je les invite à activer le bouche-à-oreille. Il s’agit de « la dagotorisation » : terme inventé par l’une de mes lectrices. Il s’agit de toutes les actions contribuant à promouvoir mon univers. Il existe aussi le verbe « dagotoriser », l’adjectif « dagotorisé(e) », le nom commun dagotoraddict(e) et j’en passe…

    Sonia3On s’amuse bien et c’est ce qui compte.  Comme dans mes livres, je veux que ma propre histoire inspire les autres, qu’elle les pousse à accomplir de grandes (et petites) choses, pourvu qu’elles leur fassent du bien. Quant aux salons, ça commence vraiment à me manquer. Ces rendez-vous me permettent de conquérir de nouveaux lecteurs. Pour l’instant, très peu se déplacent pour moi mais, ça viendra un jour, ça viendra ! Si bien qu’avec les mesures sanitaires, il faudra privatiser tout un stade de foot… C’est beau de rêver ! (Rires).

    Précisons à nos lecteurs que “Ceux qui s’aiment finissent toujours par se retrouver”, votre roman actuellement en librairie, sortira le 5 mai au Livre de Poche. De plus, il concourra pour le Prix des lecteurs 2021. Alors, bonne chance Sonia ! Serge Moroy

    Retrouvez Sonia Dagotor (et sa copine Insomnie) sur Facebook : www.facebook.com/SoniaDagotor

    Retrouvez ses ouvrages à la bibliothèque 

  • RENDEZ-VOUS AVEC LA FÉERIE : UN FILM SUR MÉLIÈS, L’INVENTEUR DES EFFETS SPÉCIAUX AU CINÉMA

    RENDEZ-VOUS AVEC LA FÉERIE : UN FILM SUR MÉLIÈS, L’INVENTEUR DES EFFETS SPÉCIAUX AU CINÉMA

    Georges MÉLIÈS est mort le 21 janvier 1938 à Paris, à 77 ans. Il a été l’une des figures les plus marquantes du cinéma naissant. Son œuvre (plus de 500 films), détruite ou dispersée, tombe rapidement dans l’oubli. A la fin de sa vie, pour survivre, il tenait un petit magasin de jouets dans le hall de la gare Paris-Montparnasse. Il reste presque totalement inconnu du grand public. Découvrez son histoire

    Melies

    Georges Méliès (1861-1938) tourna 520 films entre 1896 et 1913. C’est une œuvre considérable et sans pareille pour l’époque. Mais, dans un moment de détresse, il les détruisit en 1923. Alors, comment peut-on les voir encore aujourd’hui ?

    Heureusement, des copies avaient été effectuées et aujourd’hui, aux États-Unis mais aussi dans le monde, on a parfois le bonheur d’exhumer un de ses petits chefs-d’œuvre, à l’instar du Voyage dans la lune, fantaisie qui connut un vif succès en 1902. Il convient alors de les restaurer très vite car la pellicule, inflammable, se décompose dans le temps.

    Meliès1

    Le mystère Méliès, documentaire exceptionnel de Serge Bromberg et Eric Lange, sera diffusé samedi 9 janvier à 00 h 30 sur ARTE.

    C’est 59 minutes de pur bonheur retraçant l’histoire de ce magicien, alors directeur du théâtre Robert-Oudin et qui va se lancer dans la réalisation et la production de films noir et blanc puis coloriés. Il nous sera expliqué par quel heureux hasard il est encore possible de voir ses œuvres aujourd’hui.

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    « Notre film explore le monde enchanté du premier magicien du cinéma à travers des images extraordinaires et révèle le secret de cette réapparition, qui est peut-être son plus beau tour de magie. »
    Serge Bromberg

    Avec les témoignages de Costa-Gavras, président de la Cinémathèque de Paris, Laurent Mannoni, historien du cinéma, Michel Gondry, réalisateur, Béatrice de Pastre, directrice des collections au CNC, ainsi que des enregistrements de la propre voix de Georges Méliès.

    Serge Bromberg, 59 ans, a fondé sa société Lobster Films en 1985 pour gérer et valoriser son importante collection de films anciens, notamment des burlesques et des films d’animation. Il poursuit sa recherche de vieux films disparus, qu’il entreprend de restaurer (Méliès, Keaton, Chaplin et Dziga Vertov) et œuvre pour diffusion des grands classiques du cinéma  auprès du plus grand nombre.

    Serge Moroy

  • Le corbeau

    Le corbeau

    Louise Sylvie corbeauLe regard bleu acier de la vieille dame indigne
     
    L’actrice Louise SYLVIE, décédait il y a 51 ans, à 87 ans.
    Elle a tourné avec les plus grands (Duvivier, L’Herbier, Bresson, Grémillon, Allégret, Cayatte, Verneuil, Vadim, Allio).
    Elle interprétait souvent des rôles de second plan, personnage a priori insignifiant mais cependant capital. Si elle parlait peu, son regard, clair mais grave, vous transperçait l'âme avec éloquence.
    Je me souviendrai toujours du film, « Le corbeau », chef-d’œuvre de Clouzot tourné en 1943, dans lequel elle fait une brève apparition finale. Son calme, sa froideur et sa détermination farouche et implacable m’avaient alors glacé le sang. Quel talent !
    A la libération, « Le corbeau » avait valu des ennuis à Clouzot.
    Son film, qui aborde le thème des lettres anonymes, alors fréquentes sous l’occupation où la délation était encouragée, pour ne pas dire en vogue, est mal compris puis interdit. Clouzot se voit mis à l’index de sa profession. Heureusement, sa disgrâce ne durera pas. Je ne peux que vous conseiller de voir (revoir) ce chef-d'œuvre, à l’atmosphère oppressante et au suspense quasi insoutenable… jusqu’à la fin.
    S. Moroy
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  • Ii y a 125 ans, le cinéma, invention française, émerveillait Paris

    Ii y a 125 ans, le cinéma, invention française, émerveillait Paris

    En cette fin d’année 1895, c’était sans doute le plus beau cadeau jamais offert au monde. Samedi 28 décembre, à Paris, Louis et Auguste Lumière organisaient au Grand Café, boulevard des Capucines, la première séance publique de films avec un appareil de leur invention. A cet emplacement se dresse aujourd’hui l’hôtel Scribe.

    Spécialisés dans la fabrication de plaques photographiques, les deux industriels lyonnais avaient perfectionné leur appareil, baptisé Cinématographe Lumière, lors de projections privées sept mois auparavant. Celui-ci s’inspirait de la machine à coudre de leur mère, avec un entraînement du film assuré par une griffe qui s’engageait dans les perforations qui y avaient été effectuées. Avec la persistance rétinienne, l’illusion du mouvement était ainsi parfaite.

    « C’est une mécanique légère, robuste, manœuvrée par une simple manivelle, aussi transportable qu’une valise et qui a cette propriété remarquable de pouvoir servir à trois usages : prise de vues, projection, tirage des positifs. Un opérateur muni d’un Cinématographe Lumière possédait donc une sorte de valise magique tenant lieu à la fois de studio, d’usine de tirage, de cabine de projection, et qui pouvait fonctionner en tout lieu, d’un bout à l’autre du monde. »

    Georges Sadoul – L’invention du cinéma (1946)

    Quant au nom de « Cinématographe », c’est Léon Bouly, un Français, qui le breveta en 1893 pour dénommer son chronophotographe à pellicule inspiré de celui de Marey, l’inventeur du fusil photographique en 1882. Le prototype de Bouly est conservé au musée des Arts et Métiers, à Paris.

    La projection sur écran enfin possible 

    Grâce aux travaux des Lumière, le cinéma devient accessible à tous. Dix films très courts, réalisés en plan fixe, figuraient au programme de cette première séance publique et payante du 28 décembre 1895, qui rassembla 33 spectateurs au Grand Café, près de l’Opéra. Ils ont été tournés à Lyon durant l’été par Louis Lumière, ainsi que dans la propriété familiale de La Ciotat (Bouches-du-Rhône) :

    • La sortie de l’usine Lumière à Lyon
    • La voltige
    • La pêche aux poissons rouges
    • Le débarquement du congrès de photographie à Lyon
    • Les forgerons
    • Le jardinier (ou l’arroseur arrosé)
    • Le repas de bébé
    • Le saut à la couverture
    • La place des Cordeliers à Lyon
    • Baignade en mer.Cinema
    • La sortie de l’usine Lumière, premier film sur pellicule argentique tourné le 19 mars 1895, montre les portes de l’établissement situé dans le quartier Monplaisir, à Lyon, s’ouvrir pour laisser s’échapper une foule de travailleurs. D’abord les femmes, très élégantes avec leurs grands chapeaux, puis les hommes. La séquence s’achevait sur la fermeture des mêmes portes.

      Le premier film comique

      Avec son amorce de scénario, l’arroseur arrosé, dont le titre d’origine était « Le jardinier et le petit espiègle », est le premier film comique de ce qui n’était pas encore le 7e art. Le gag, pourtant léger, déclenche l’hilarité dans la salle et convainc les Lumière à le reprendre pour l’affiche publicitaire de leurs prochaines séances. Le jardinier n’est autre que celui de la famille lumière, à Lyon, et le chenapan, un apprenti de leur usine.

      « A la fin du spectacle, nous restâmes tous bouche bée, frappés de stupeur, surpris au-delà de toute expression. C’était du délire et chacun se demandait comment on avait pu obtenir pareil résultat. »

      Georges Méliès, directeur du théâtre Robert-Houdin

      Succès immédiat

      La salle, ravie et comme hallucinée, s’était forgée une opinion : le cinéma est magique. Il est partout et rien ne lui échappe ou ne saurait lui échapper. Devant l’afflux incessant des curieux, les frères Lumière devront jouer les prolongations.

      La presse, sceptique au début, s’enthousiasme et ne tarit pas d’éloges, employant le terme de « photographie animée ».

      Malgré ce triomphe, Louis et Auguste Lumière, tout comme Thomas Edison, inventeur américain du Kinétoscope en 1894 (appareil de visionnement individuel d’images animées), ne croient pas en l’avenir du cinéma de divertissement.

      Trois ans plus tard, ils abandonnent la production de films. Le flambeau sera vite repris par Georges Méliès, Charles Pathé et Louis Gaumont, qui bâtiront une énorme industrie tout en perfectionnant le langage de l’image pour donner au cinéma balbutiant ses lettres de noblesse. Serge Moroy

      Cinema2 lumière