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  • L’affaire Seznec, au théâtre de Paris

    L’affaire Seznec, au théâtre de Paris

    Seznec théâtre L'affaire Seznec a toujours intrigué puisque depuis 1923 elle défraie la chronique judiciaire française. Portée à l'écran en 1992 par Yves Boisset avec Christophe Malavoy, cette histoire a également donné lieu à de nombreux ouvrages. Cette fois-ci, c'est Robert Hossein qui a choisi de faire vivre une nouvelle fois Guillaume Seznec, mais au théâtre, à travers une pièce où les spectateurs auront leur mot à dire sur ce procès.
    Souvenez-vous, Guillaume Seznec est né en 1878, à Plomodiern, dans le Finistère. Maître de scierie à Morlaix, il a été reconnu coupable de faux en écriture privée et du meurtre d'un marchand de bois : Pierre Quéméneur, un conseiller général du Finistère. Ce dernier a étrangement disparu dans la nuit du 25 au 26 mai 1923, au cours d'un voyage d'affaires effectué de la Bretagne à Paris. Il se trouve que Pierre Quéméneur était en compagnie de Guillaume Seznec lors de ce voyage. Étrangement, le corps n'a jamais été retrouvé. Mais étant la dernière personne à avoir vu Quéméneur vivant, Seznec devient immédiatement le principal suspect. Il est très vite arrêté.
    Au cours de son procès, près de 120 témoins furent entendus pendant 8 jours. Il prit fin le 4 novembre 1924. Verdict? Seznec est reconnu coupable et condamné aux travaux forcés à perpétuité. En 1927, il est conduit au camp de la Transportation de Saint Laurent-du-Maroni puis transféré au bagne des Îles du Salut en Guyane Française en 1928.
    Seznec rentre enfin au Pays en 1948. 5 ans plus tard, il est renversé par une camionnette qui prend la fuite. Il meurt le 13 février 1954 des suites de ses blessures.
    Durant tout son procès et pendant les années qui lui restent à vivre, Seznec ne cessa de clamer son innocence. Pendant plusieurs années, ses descendants, et notamment son petit-fils, ont sollicité la justice pour rouvrir le dossier, afin de le blanchir des accusations portées contre lui et obtenir sa réhabilitation. Quatorze demandes ont été examinées par la justice et ont été rejetées.
    Au travers de la pièce interactive « L'affaire Seznec », le réalisateur Robert Hossein vous invite à assister au procès de Guillaume Seznec, tel qu'il a eu lieu à Quimper en octobre 1924. Est-il coupable? Est-il innocent? À vous, spectateurs, de décider en votant tous les soirs au théâtre de Paris. Vous suivrez minute par minute cette affaire. Vous aurez la possibilité de vous mettre dans la peau des jurés en rendant votre verdict. Après délibération, le président du jury annoncera le verdict de l'époque, puis les jurés feront connaître le leur.
    L'occasion de donner votre avis sur cette enquête, de vivre le temps d'un spectacle ce véritable procès qui a longtemps divisé la France en deux et qui passionne encore les foules.

    A noter que Robert Hossein mettra en scène deux autres pièces interactives retraçant deux autres affaires : L'affaire Dominici et L'affaire Weber.
    S.Moroy

    L'Affaire Seznec : une pièce réalisée et présentée par Robert Hossein

    Du 26 janvier 2010 au 24 avril 2010. Au théâtre de Paris, Du mardi au samedi à 20h30

     

    Durée du spectacle : 2 h 00 avec entracte.


  • Acquisitions décembre 2009

    Le linceul de pourpre de Marcel Jouhandeau, La trinité Jouhandeau – Rode – Coquet, Didier Mansuy

    Le mardi 16 février 2010 à partir de 20h30, Didier Mansuy organise un café littéraire au "Café de la Mairie" place Saint Sulpice, Paris 6e. Il y aura une présentation du livre et certains seront invités à lire des extraits. 

    L'âme du temple Tome 3

    Acquisition de nombreux ouvrages jeunesse.

    Et n'oubliez pas de consulter le catalogue en ligne de la médiathèque de Seine et Marne


  • Archives secrètes du cinéma français (1945-1975)

    Archives secrètes du cinéma français (1945-1975)

    Archives secrètes du cinéma.. ARCHIVES SECRETES DU CINEMA FRANCAIS (1945-1975)

    PUF

    Cet ouvrage paru le 6 mai aux éditions PUF (Presses Universitaires de France) révèle la première étude sur les archives de la censure cinématographique en France pour la période 1945 à 1975, une période communément appelée « les trente glorieuses ».

    « Vous vous débrouillez mais ce film ne sort pas, c’est un ordre ! » (Dixit le Général de Gaulle à son ministre Alain Peyrefitte en 1965 à propos du film « La religieuse » de Jacques Rivette).
    1966 – Quatorze membres sur vingt-trois de la Commission de contrôle des films votent en faveur de la délivrance du visa d’exploitation du film. Yvon Bourges, alors secrétaire d’Etat à l’information, décide pourtant de son interdiction, ce qui créera un scandale et une énorme mobilisation dans les milieux culturels et politiques.
    1967 – Le film repasse en commission. Il est finalement autorisé à sortir.

    Voici donc la première histoire contemporaine de la censure cinématographique en France. Et il était temps de lever le voile sur cette institution de l’ombre. L’ouvrage de Laurent Garreau (philosophe et historien de formation, archiviste au service audiovisuel du Centre National de Documentation Pédagogique) résulte d’une thèse de doctorat. Le lecteur pourra y découvrir les mobiles et décisions justifiant les interdictions, coupures et classifications de films aussi célèbres que, entre autres, « Le petit monde de Don Camillo » (1952), « Belle de jour » (1967), « Le dernier tango à Paris » (1972). On pourra ainsi juger du bien-fondé des motivations des fonctionnaires en charge de la bonne garde de nos mœurs et de la cohésion de notre identité culturelle. Grâce à de nombreux exemples et témoignages, on découvrira combien la commission de contrôle des films reflète les évolutions de notre société depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu’à la fin des trente glorieuses, cette période véritablement bénie pour la France (boom social et prospérité économique sans précédent). Les sources utilisées proviennent de documents inédits que l’auteur a pu consulter auprès du CNC dans le cadre de son travail universitaire : archives des comités d’épuration, des autorités coloniales et de la commission de contrôle. Tout au long de ces trente années, ces documents révèlent les multiples facettes de la censure et la vigilante attention portée sur les films par une administration soucieuse de surveiller la production cinématographique nationale. Une administration sourcilleuse qui avait bien compris que le cinéma était devenu un art extrêmement populaire, détenteur d’une force extraordinaire de persuasion, jusqu’alors inégalée par les autres formes d’expression. Laurent Garreau analyse de façon détaillée la fonction politique en même temps que le rôle moral de la censure, laquelle aura bien évidemment des effets sur le contenu de la production cinématographique à venir. On comprendra enfin comment, par les effets des interdictions qu’elle décide et recommande, la censure incite les producteurs à proposer un cinéma de « pur divertissement ». Egalement  par quels biais des négociations entre censeurs et producteurs ont pu finalement s’établir pour façonner, progressivement, ce qui allait devenir sous la Ve République le cinéma français, européen et international que l’on connaît aujourd’hui.

    Ce livre, dont le récit est « juridiquement impeccable et culturellement passionnant » comme le souligne dans la préface Jacques Rigaud (administrateur de l'INA et de l'établissement public du Musée du Louvre), nous amène jusqu’au moment où le contrôle de la censure devient archaïque, voire totalement déplacé. Autres temps, autres mœurs. Sa lecture constituera un excellent complément au livre d’Edouard Sablier (La télé du général) paru en 2000 et à celui, dans un tout autre genre, d’Ignacio Ramonet (Propagandes silencieuses) paru fin 2002. « Qui ne sait que les loups doucereux de tous les loups sont les plus dangereux » déclarait Charles Perrault.             Serge MOROY

    Archives secrètes du cinéma français 1945-1975 – Laurent Garreau – 352 pages – Editeur : PUF / Collection : Perspectives Critiques – Parution : mai 2009 – ISBN : 2130574866 – Prix public relevé : 19,95 € (FNAC).

    Disponible à la bibliothèque de la Roseraie

  • Théâtre à Charny: Le coupable est dans la salle

    Théâtre à Charny: Le coupable est dans la salle

    Affiche charny Lors du Marché de Noël de l'Atelier Créatif au Mille Club, on a pu voir l'affiche sur le stand d'une exposante et aussi comédienne de La Compagnie de la Dandinière.

    Le coupable est dans la salle 

    Dimanche 6 décembre à 15h30, sur l’initiative du Comité des Fêtes de Charny, 150 spectateurs sont venus assister à la salle polyvalente à la représentation d’une pièce d’Yvon Taburet, un auteur contemporain qui écrit des pièces de divertissement depuis une quinzaine d’année. « Le coupable est dans la salle » est une comédie réjouissante en deux actes qui démarre comme un vaudeville classique (sempiternelle trilogie de l’épouse, du mari et de l’amant) mais dérive très vite vers une intrigue policière. Car, cette fois, à la grande surprise du public, l’amant est retrouvé mort dans le placard où il s’était caché à l’arrivée du mari. Y a-t-il un médecin dans la salle ? Oui ! Quelqu’un se précipite sur scène. Il constate que ce n’est pas un accident mais un meurtre. Panique sur le plateau. Faut-il faire évacuer la salle ? La metteuse en scène s’y oppose formellement : après tout, c’est une bonne pub pour la popularité de sa pièce. La police arrive et mène aussitôt l’enquête. Des comédiens à la metteuse en scène, en passant par la maquilleuse et le vigile, tout le monde sera considéré comme suspect par l’inspecteur et son inséparable adjoint gaffeur, l’agent Barbier. Une seule certitude au sein de cette joyeuse effervescence : le coupable est bel et bien dans la salle.

    Thé Charny Une pièce dans la pièce avec un indicible parfum d’Hercule Poirot et de Cluedo, agrémentée d’un brin d’interactivité avec le public qui lui confère toute son originalité et sa saveur. Le public s’est d’ailleurs visiblement délecté et  n’a pas ménagé ses applaudissements. Dix personnages auront occupé la scène pendant quatre-vingt-dix minutes sous la houlette de la metteuse en scène Nathalie Lovighi. Une prestation sans faute qui atteste de la complicité réelle et de l’entente parfaite entre les membres de cette petite troupe amateur, dont certains d’entre eux ont déjà un talent confirmé. Tous ces comédiens font partie de la Compagnie de la Dandinière, association loi 1901 créée il y a maintenant neuf ans du nom de la célèbre pièce de Molière (George Dandin). Précisons également que cette compagnie propose des cours de théâtre sous forme d’ateliers pour tous les âges et qu’il en existe un à Messy (ouvert le mercredi à 21h pour les adultes). Après cette représentation et le succès de cette même pièce enregistré le 13 novembre à Moussy-le-Vieux, la petite troupe se reproduira à Thieux le samedi 20 février 2010. Nul doute que le coupable sera à nouveau dans la salle. Pour faire frissonner le public de plaisir.

    S M

  • Bardot, les années d’insouciance

    Bardot, les années d’insouciance

    Bardot expo Exposition

    Bardot, la belle insouciante

    B.B star mondiale avec son déhanchement sensuel, sa frimousse ingénue, sa choucroute blonde et ses robes roses à petits carreaux Vichy… Inoubliable femme-enfant. A l’occasion du 75e anniversaire de notre icône nationale, la ville de Boulogne-Billancourt (connue aussi, outre ses usines Renault, pour ses studios de cinéma créés en 1942) accueille depuis le 29 septembre une exposition sur 1000 m² qui lui est entièrement consacrée. Grâce à des photos, archives, affiches, extraits de films, le mythe Bardot apparaît pour une fois au grand jour et dans toute sa splendeur avec, bien sûr, ses innombrables satellites : de Vadim à Saint-Tropez, en passant par Gainsbourg et Harley Davidson. Et bon sang, qu’est-ce qu’elle dansait bien !

    1 m 68, pointure 37, tour de poitrine 91, tour de taille 51, tour de hanches 89… A la fois mythe vivant et véritable sex-symbol, couronnée plus belle femme du monde, Brigitte Bardot incarne aussi la libération de la femme. Loin de masquer les contradictions et les rebellions de celle qui déchaîna les passions (et polémiques) les plus vives, l’exposition s’attache à rendre compte et tente de faire revivre l’intensité et la beauté du phénomène Bardot.

    En 1949, Brigitte Bardot a à peine 15 ans. Elle rêve d’être danseuse et accepte de poser en couverture du magazine Elle. Toutefois, afin de préserver son nom, elle utilise ses initiales. Désormais sa voie est tracée, son destin scellé. La suite tout le monde la connaît avec le choc provoqué en 1956 par le film de Vadim  « Et Dieu créa la femme ».

    De nos jours, les années 50-60 n’en finissent pas d’être tendance tandis que B.B inspire toujours la mode, la déco, l’art de vivre… Femme libre et libérée, d’une beauté incendiaire symbolisant à elle seule toute l’insouciance des Sixties, scandaleuse, amoureuse et tumultueuse, Bardot se livre dans tous ses états, dans tout son éclat, ponctuant dans cette galerie boulonnaise des étapes clefs qui ont jalonné ses 20 ans de sa carrière.

    De ses succès cinématographiques (48 films) à ses combats contre le commerce de la fourrure des bébés phoques (création de la fondation Brigitte Bardot en 1986 qui sera reconnue d’utilité publique six ans après), de sa rencontre puis son mariage avec Roger Vadim aux innombrables couvertures de magazines qui lui furent dédiées (Vogue, Elle, Cosmopolitan, Paris Match, Playboy, etc.), de l’éducation bourgeoise et disciplinée qu’elle reçut à ses chansons pop et acidulées (plus de 80 dont la plupart écrites par Gainsbourg), c’est tout l’univers de B.B qui nous est subitement dévoilé ici.

    Des photos de la France austère de René Coty (dernier président de la IVe République, de 1954 à 1959), des sérigraphies d’Andy Warhol, des objets personnels de la star, des décors de clips ou des ambiances de la Côte d’Azur reconstitués, des pochettes de disques, des partitions, des affiches de produits publicitaires auxquels elle prêta son image, des extraits de ses meilleurs moments télévisés (le « Bardot Show ») et de quelques-unes de ses chansons, des témoignages inédits, des tirages de Richard Avedon, des œuvres d’Aman et d’Antonio Saura ; autant d’objets donnant à cette expo un caractère ludique et foisonnant, certes un peu fétichiste, mais ce genre d’évènement nostalgique ne le recèle-t-il pas toujours un peu ?

    Au final cette expo qui s’est ouverte le lendemain de son 75e anniversaire retrace le bilan de toute sa vie. « C’est sur les épreuves qu’on bâtit la réussite si on n’en meurt pas » écrivait-elle dans la préface de son livre « Initiales B.B. » paru fin 1996. Ce que ne démentira pas Gainsbourg quand il évoquait son égérie : « caustique, nostalgique, malicieuse, acidulée, poivrée »…. Shebam ! Pow ! Blop ! Wizzz ! Bon anniversaire Brigitte.

    A noter : pendant toute la durée de l’exposition, le cinéma de l’Espace Landowski nous fait redécouvrir les plus grands films de B.B. (www.cinemaboulogne.com). Et pour les « bardotphiles » les plus endurcis, la boutique, à la sortie de l’expo, vend les espadrilles en Vichy rouge ou rose de la star, des meubles à son effigie et une sélection de livres, CD, DVD.
    Serge MOROY

    Exposition Brigitte Bardot, les années insouciance – Jusqu’au 31 janvier 2010 au musée des années 30 – Espace Landowski – 28 av. André Morizet, Boulogne-Billancourt (92) – Métro : Marcel Sembat ou Boulogne Jean-Jaurès – Tous les jours (sauf lundi) : de 11h à 18h – Entrée : 11 et 8 € – www.expobrigittebardot.com

    A lire (le livre de l’exposition) :
     « Bardot la légende » d’Henry-Jean Servat, préface de Brigitte Bardot – Edition Hors-Collection – 176 pages – 35 €.

    A relire (disponible à la bibliothèque de Villevaudé) :
    – « Initiales B.B. » Mémoires de Brigitte Bardot – Edition Grasset – Septembre 1996 – 558 pages

  • L’enfer du bagne ou la guillotine sèche

    L’enfer du bagne ou la guillotine sèche

    Conférence c

    Dur, dur d’être bagnard…

    Pichegru, Dreyfus, Lagrange, Seznec, Papillon… Quel est le trait commun entre ces hommes ? Le bagne, bien sûr ! Dans le cadre de l’exposition sur le bagne de la Guyane ou « la guillotine sèche » (ainsi appelé par des députés de la IIIe République hostiles à la peine capitale) qui se tient actuellement à la bibliothèque de la Roseraie, Bernard Borghésio-Ruff a donné vendredi 6 novembre à 20h30 une conférence très intéressante sur les anciens bagnes équatoriaux français. Une leçon d’histoire qui a littéralement captivé l’assistance villevaudéenne.

    Pendant 2h30, le conférencier a tenu en haleine un auditoire de 35 personnes, ce qui attestait bien de l’intérêt de son sujet. Il faut dire que l’homme sait de quoi il parle : il a résidé en Guyane française pendant 24 ans, dont 8 ans consacrés à exercer des fonctions de conseilleur pédagogique en pays amérindien et 3 en tant que documentaliste. Passionné d’histoire, il a soigneusement consigné les récits d’anciens bagnards restés sur place et photographié les vestiges des camps encore existants. Parallèlement il a publié un livre sur la Guyane pour inviter les touristes à découvrir ce lointain département exotique situé sur la côte nord-est de l’Amérique du Sud, bordé au nord par l’océan Atlantique, au sud par le Brésil et à l’ouest par le Suriname.

    Conférence b Une ordonnance royale de septembre 1748 fixe les nouvelles peines et conditions de détention (les galères sont alors en passe d’être supprimées depuis l’essor de la marine à voile). Les bagnes, à l’époque, sont situés en métropole et la Guyane, territoire français d’outre-mer, ne reçoit alors que des déportés politiques, surtout après la Révolution française. La France tente bien une mise en valeur de la Guyane, mais ses différentes tentatives échouent en raison de la dureté du climat. Dans les années 1780, un timide développement économique s’amorce grâce à un contingent d’esclaves que la France fait venir d’Afrique, mais c’est à partir de 1795 que la Guyane devient un lieu fréquent de déportation pour les opposants politiques aux régimes qui se succèdent en France. L’esclavage est aboli en avril 1848 et Napoléon III décide par une loi promulguée le 30 mai 1854 d’établir une colonie pénitentiaire hors de France avec les bagnes de Saint-Laurent-du-Maroni, de l’île du Diable et de Cayenne. Cette même loi prend également soin de définir « le doublage »: c’’est-à-dire que le déporté sera astreint à résidence en Guyane à la fin de sa peine pour une durée égale à celle-ci si elle est comprise entre 5 et 8 ans ; à perpétuité si elle atteint ou dépasse 8 ans. Mais Cayenne, capitale de ce territoire, contrairement à ce que l’on a souvent cru, ne fut qu’un centre pénitentiaire mineur (environ 200 condamnés et les libérés devaient obtenir une autorisation spéciale pour y résider).

     

    (suite…)

  • Journée aux courses avec le CCAS de Villevaudé

    Journée aux courses avec le CCAS de Villevaudé

    Grosbois 3

    Hippodrome

    Le 17 septembre 2009 le CCAS avait organisé une sortie hippique à laquelle j'ai eu le plaisir de participer.

    Départ en autocar à 8h,  la matinée fut consacrée à la visite guidée de Grosbois , centre d’entraînement et de formation des jockeys.

    A 11h30 en route pour Vincennes où une initiation fut donnée sur les courses et les paris.

    Grosbois 1

    Grosbois 2

    A 12h30  déjeuner dans un restaurant panoramique (vue sur le champ de courses) avec guichet pour les parieurs.

    A 17h30 retour sur Villevaudé après une journée bien remplie où chacun a pu découvrir ce monde fascinant du cheval et des courses.

    Quant aux gains? Tous sont restés très discrets sur ce point….

  • Docteur Tati, mystère Hulot

    Docteur Tati, mystère Hulot

    Tati3 Jacques Tati, deux temps, trois mouvements, exposition organisée par la Cinémathèque française, sous la houlette de Macha Makeïeff et Stéphane Goudet, se déroule en ce moment, du 8 avril jusqu’au 2 août 2009. Une occasion inespérée de s’immiscer dans l’univers privé et professionnel du génial réalisateur. « Je veux que le film commence quand vous quittez la sortie » déclarait Tati à propos de la sortie de son film Playtime en 1967. Alors, si vous êtes tatiphile, vous n’avez aucune excuse pour rater l’entrée !

    Tati expo On a tellement écrit sur Tati (1907-1982) et son œuvre – courte mais exceptionnelle – qu’on a l’impression de bien le connaître. Un peu comme Chaplin en quelque sorte. Cependant il faut bien souvent s’immiscer dans leur univers pour bénéficier d’une cure de rafraîchissement bienfaisante. Tati, c’est en effet un monde joyeux et coloré (même si ses deux premiers longs métrages sont en noir et blanc). Un parfum tenace d’insouciance, mâtiné de gaieté puérile, conforte sa modernité intemporelle en même temps que sa patte inégalée. Mais n’allez pas croire que tout n’était que facilité chez Tati. Bien au contraire, l’homme était un perfectionniste invétéré (ce qui lui valut le surnom de « tatillon » sur le tournage de Playtime) et un véritable bourreau de travail. Le 3 octobre 2009 Tati aurait eu 102 ans et c’est une excellente initiative que de lui rendre hommage à la Cinémathèque française et d’ensoleiller, grâce à sa poésie, un début de printemps jusqu’alors plutôt morose. En cette belle journée du 17 avril, on ne fait pas la queue pour visiter l’expo. Le ticket d’entrée (10 €) vous donne aussi le droit de voir l’expo Méliès (au 7e étage) ainsi que le musée de la Cinémathèque française (au 2e). Au 5e étage, lieu de l’expo Tati, se dressent sur un manège rotatif le vélo du facteur de Jour de fête et un cheval bleu cobalt statufié. Face à lui la superbe affiche du même film signée Jean Jacquelin (lithographie 161 x 242 cm). Dans ce décor épuré unissant l’architecture d’après-guerre au design avant-gardiste (certains diront « kitsch ») des seventies le ton est donné, confirmé par une signalétique printanière où le vert et le jaune prédominent. C’est donc avec plaisir que l’on répond à l’invitation de cheminer dans ce parcours ludique et bucolique s’étendant sur une surface de 650 m², illustré de courtes projections thématiques et de scènes de films coupées. Penchons-nous sur l’arbre généalogique des Tatischeff, les lettres, dessins et carnets griffonnés du maître, témoins immuables de toute une vie dédiée à une passion et au travail pour concrétiser cette même passion : « Le rire que je préconise, c’est celui qui naît de l’observation des choses de la vie ».  Plus qu’un aveu, une thérapie par le rire proposée à ses semblables.

    Tati 1 Tativille
    Admirons les dessins qui sont autant de chefs-d’œuvre de Cabu, Sempé, Etaix, Steinberg, les photos de Cartier-Bresson et de Willy Ronis, la sculpture monumentale de tôle froissée de César (ami de Tati qui fit une brève apparition dans Les vacances de M. Hulot), les costumes, les affiches, les maquettes (dont celle de la villa Arpel de « Mon oncle »). Rêvons à un petit village bousculé par les préparatifs d’une fête foraine. Rions aux maladresses d’un Hulot dégingandé devant les facéties d’un objet affligeant de banalité. Découvrons la villa ultra moderne des Arpel (imaginée par Tati et le peintre Jacques Lagrange). Regarder, écouter, pour mieux « sentir » ce monde qui nous entoure et qui façonne ce que nous sommes. Il n’était pas permis de toucher les objets exposés. Pas plus que de les photographier. Dommage, dans ce contexte on eût aimé tâter du Tati : le verre intransigeant, l’acier froid mais poli, le formica implacable… Victimes consentantes d’un consumérisme glouton, héritiers du progrès bâillonnés par le confort, vacanciers empêtrés dans l’absurdité des conventions, conducteurs avides de ce « béton bétonnant » que fustigeait Armand Lanoux ; le monde de Tati symbolise un urbanisme déshumanisé et ordonné où erre infatigablement un Hulot imperturbable et perturbant. Même le silence chez Tati est un bruit à l’instar de ces « bibelots d’inanité sonore » si chers à Sartre. Des correspondances s’établissent entre les éléments qu’ils soient visuels ou sonores, les dimensions et les volumes prennent une forme irréelle, subitement mus par un désir irrépressible d’évasion, pour devenir volutes dans la fragile pipe en terre de Hulot. Tout ici n’est qu’ordre et futilité.

    Tati 2 Mister Hulot
    L’œuvre de Tati est décidément immortelle. Elle s’échappe encore. Elle interpelle toujours. Guidés puis délicieusement désorientés, on se sent finalement plutôt bien dans cette expo qui nous révèle les facettes infinies de la modernité (Trafic, Playtime) en passant par l’art forain des débuts (Jour de fête) et le monde du music-hall où le burlesque a débuté (Parade). Buster Keaton déclarait en 1959 : « Tati a commencé là où nous avons terminé ». L’œuvre de Tati évolue à contretemps, invariablement comique, profondément poétique. Avec leur aspect faussement désuet, ses films exhalent un art subtil et inachevé, en constant équilibre sur l’équivoque et l’improbable. En un sens la quête incessante de Monsieur Hulot, vagabond universel et pourtant anonyme des temps modernes, pourrait ressembler à celle du Don Quichotte de Cervantès… le blason et la folie laissés à la consigne SNCF. C’est un point de vue sur l’inaccessible car Hulot, personnage énigmatique, sommeille (veille) en nous : « Hulot, c’est un peu moi, mais c’est aussi un peu de vous tous. Chacun a sa demi-heure de hulotisme par jour ». François Gorin concluait par ces mots son édito pour le Hors-série Télérama sur Tati paru en mai 2002 : « Ami du paradoxe et meneur de parade, Jacques Tati, amuseur un peu maudit, un peu dandy, n’envisageait de paradis que perdus – perdus, mais… Sur ces points de suspension marche l’impossible M. Hulot ». Tout est dit.

    Serge MOROY

    Nota : Un catalogue de 310 pages retraçant les grandes lignes de cette expo est proposé au prix de 45 €. Il comprend les témoignages et contributions de Michel Gondry, Wes Anderson, David Lynch, Elia Suleiman, Otar Iosseliani, Olivier Assayas, Jean-Jacques Annaud, Jean-Claude Carrière, Pierre Etaix, Cédric Klapisch, Blanca Li, Sempé, Jean Nouvel, Dominique Perrault, Jean-Philippe Toussaint, Philippe Delerm.

    Jacques Tati, deux temps, trois mouvements – Exposition organisée par la Cinémathèque française en collaboration avec Les Films de Mon Oncle, avec le concours du Ministère de la culture et de la communication et du CNC. Du 8 avril au 2 août 2009 – Cinémathèque française – 51, rue de Bercy 75012 Paris (01 71 19 33 33) – www.taticinematheque.fr 

  • Leni Riefenstahl, une ambition allemande, Steven Bach

    Leni Riefenstahl, une ambition allemande, Steven Bach

     

    Leni Riefenstahl  Leni Riefenstahl,

    une ambition allemande

    Biographie

    STEVEN BACH

    Editions Jacqueline Chambon

    Leni Riefenstahl (1902-2003) fait partie de ces artistes les plus controversés de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. Elle créait des images avec l’ombre et la lumière, du mouvement, du courage physique et surtout une ambition sans bornes. Elle cherchait la beauté dans la nature, au sommet des montagnes, mais aussi dans les drapeaux des parades militaires, dans les compétitions sportives, dans la perfection morphologique et érotique des guerriers Massaï qu’elle photographiera beaucoup plus tard et, depuis le début, au plus profond d’elle-même. A 101 ans, Leni Riefenstahl mourut tranquillement chez elle dans son lit face à un portrait la représentant âgée de 30 ans dans son film ‘’La lumière bleue’’ (1). Elle n’avait aucun remords.

     

    ‘’Le Triomphe de la volonté’’ et ‘’Les Dieux du stade’’ restent les films phares de Leni Riefenstahl et figurent même parmi les deux plus grands documentaires jamais réalisés. Il n’est pas possible de les voir en Europe suite à une interdiction persistante car ces films sont des hymnes à la gloire d’Adolf Hitler, du IIIe Reich et de la nauséabonde idéologie nazie. Pourtant, toute sa vie, la cinéaste allemande prétendra ne s’être jamais intéressée qu’à l’art et à la beauté. Mensonge ou vérité ?

     

     

    Je veux devenir quelque chose de grand (1920)

    Après avoir débuté comme danseuse dans le Berlin des années 20, la jeune Leni fait une brève apparition dans ‘’Wege zu Kraft und Schönheit’’ (Chemins vers la force et la beauté – 1925), un long-métrage ‘’culturel’’ promouvant la culture physique et la gymnastique… dans le plus simple appareil. Elle rencontre le cinéaste Arnold Fanck (considéré alors comme le pionnier des films alpins) – qui devient son mentor et son amant – et obtient le premier rôle dans son film ‘’Der heilige Berg’’ (La montagne sacrée –1926). Comme en toutes choses qui la passionnent, Leni apprend vite et fait preuve d’un sens du cadrage et du montage impressionnant qu’elle confirme en 1932 avec son premier film ‘’Das blaue Licht’’ (La lumière bleue). Parmi ses admirateurs, un homme d’état en pleine ascension : Adolf Hitler. Leni réalise sur sa demande deux documentaires sur les congrès annuels de son parti à Nuremberg. Ce sera d’abord en 1933 ‘’Der Sieg des Glaubens’’ (La victoire de la foi) puis, l’année suivante, ‘’Triumph des Willens’’ (Le Triomphe de la volonté), grandiose hommage qui a le plus contribué à façonner le culte du Führer. ‘’Quiconque a vu le visage du Führer dans Le Triomphe de la volonté, ne peut l’oublier. Cette image le hantera jour et nuit et restera gravée dans son âme’’ dira Goebbels enthousiaste. Et la nouvelle égérie du IIIe Reich de surenchérir : ‘’Ce film ne contient aucune scène reconstituée. Tout y est vrai. C’est de l’histoire. Un pur film historique’’. Aujourd’hui encore, la vision que l’on a d’Hitler en orateur fascinant vient pour une bonne part de la façon dont la cinéaste l’a représenté dans ce film, même si c’est à Albert Speer que l’on doit la construction monumentale des décors et la mise en scène de l’iconographie nazie. Le philosophe allemand Walter Benjamin dira des Nazis qu’ils ‘’ont inventé l’esthétisation de la politique’’ et le journaliste américain William L. Shirer remarquera que ‘’ce qu’Hitler disait importait moins que la façon dont il le disait’’. Bénéficiant de l’estime du dictateur et surtout de son soutien financier, L. Riefenstahl réalise ensuite ‘’Olympia’’ (Les Dieux du stade), une ode pharaonique en deux parties (deux heures chacune) sur les jeux olympiques organisés à Berlin du 1er au 16 août 1936 dans laquelle elle exprime son esthétisme cinématographique grandiloquent car, comme elle le déclare volontiers ‘’Je n’aime pas faire les choses à moitié. Je déteste les moitiés’’. La première a lieu à Berlin le 20 avril 1938 pour coïncider avec le 49e anniversaire du Führer. Le succès en Allemagne est foudroyant. Son film remporte le premier prix (la coupe Mussolini) au festival de Venise de 1938, grâce à l’influence d’Adolf Hitler, au détriment de ‘’Quai des brumes’’ (Marcel Carné) et de ‘’Blanche-Neige et les sept nains’’ (Walt Disney). Alors Leni se met à rêver de Hollywood et se rend à New York fin octobre 1938 pour faire sa propre promotion. Mauvaise pub pour elle : dans la nuit du 9 au 10 novembre (cyniquement baptisée ‘’Nuit de cristal’’ par Goebbels), Hitler fait organiser par Reinhard Heydrich un vaste pogrom à travers l’Allemagne, prélude au génocide des Juifs. Les ligues américaines antinazies se mobilisent pour un boycott de celle qu’elles considèrent comme une ambassadrice d’Hitler. C’est réussi. Leni a fait le voyage pour rien : Hollywood ne veut pas d’elle.

     

     

    (suite…)

  • Ils ont filmé la guerre en couleur, René-Jean Bouyer, David Dufresne

    Ils_ont_film_la_guerre France 1939-1945

    Ils ont filmé la guerre en couleur

    Les trésors des archives,
    L'histoire de leur découverte, le choc de la couleur

    Editions Bayard


    Après le succès rencontré par la série des émissions TV, un livre de « mémoire » se devait de voir le jour. C’est chose faite grâce à David Dufresne, chroniqueur et journaliste à ‘’Libération’’, qui s’est associé à René-Jean Bouyer, le réalisateur de la série « Ils ont filmé la guerre en couleur », pour éditer cet ouvrage consacré à la période 1939-1945, c’est-à-dire des préludes de la guerre en France jusqu’à sa libération par les Alliés.

    Le livre offre une sélection des photogrammes les plus significatifs tirés des films argentiques 8 mm et 16 mm retrouvés parmi les descendants des protagonistes du conflit et les archives secrètes des pays belligérants. Le texte, même court, est important pour apporter un éclairage, un commentaire ou un complément d’information bienvenu (notamment sur les procédés de traitement du film couleurs selon les fabricants Agfa [pour l’Allemagne] ou Kodak [pour les Etats-Unis]).

    Au cours d’un entretien sur le Web, le réalisateur R-J Bouyer déclarait : ‘’On filme plus volontiers sa victoire que sa défaite. C’est une constatation qui se vérifie chez les Allemands, qui ont tourné beaucoup d’images de l’invasion et de l’occupation de la France mais très peu de leur propre déroute’’. 

    On appréciera au passage les efforts des chercheurs et leurs difficiles mais néanmoins indispensables travaux pour l’identification puis la conservation de ces petits bouts de films amateurs réalisés sans autre prétention que celle de témoigner.

    Et David Dufresne de préciser : ‘’Aujourd’hui, ces images nous étonnent encore. Elles ébranlent nos certitudes et brouillent nos repères. Tirées de l’oubli, elles bouleversent tout, nos chronologies, nos chromos, nos idées toutes faites : hier la vie était en noir et blanc, celle d’aujourd’hui s’exhibe en couleur’’. 

    C’est donc un « livre d’images » vraies qu’il faut posséder et ranger à côté de ses vieux livres d’histoire poussiéreux. Quand le cinéma d’amateur obtient enfin sa reconnaissance « d’utilité publique »… ( Serge Moroy)