Catégorie : 01 Expositions

  • Une fille de Napoléon, mémoires d’Emilie Pellapra, Princesse Bibesco

    Une fille de Napoléon, mémoires d’Emilie Pellapra, Princesse Bibesco

    Une fille de Napoleon 1921Il y a tout juste un siècle, les amoureux de l'épopée impériale voyaient paraître un ouvrage très documenté de la grande femme de lettres Marthe, Princesse Bibesco:

    UNE FILLE DE NAPOLEON,

    MEMOIRES D'EMILIE PELLAPRA, COMTESSE DE BRIGODE, PRINCESSE DE CHIMAY (187 pages),

    Editions de La Sirène (Paris, 1921).

    Avec cette étude, l'historienne mettait en lumière la grand-mère maternelle de son mari, le Prince Georges-Valentin Bibesco.

    Ce travail, alors très favorablement accueilli par le public, fut complété douze ans plus tard par la publication de la correspondance de cette fière Napoléonide:

    Lettres d-une fille de Napoleon 1933Lettres d'une fille de Napoléon (Fontainebleau et Windsor) 1853-1859 (249 pages), Editions Flammarion (Paris, 1933).

    Née à Lyon le 11 novembre 1806, officiellement fille de Françoise-Marie Leroy, elle-même fille d'un libraire de Lyon, et de son mari Leu-Henri Pellapra, un important financier devenu sous l'Empire Receveur Général des Finances à Caen, Emilie ne connaîtra ce père légal qu'à l'âge de quatre ans!

    Sa vie durant, elle laissa entendre que son véritable géniteur était l'Empereur Napoléon, lequel a entretenu, c'est un fait rapporté par les mémorialistes contemporains et les chroniqueurs, une liaison intermittente avec la belle Madame Pellapra.

    La première entrevue entre l'Empereur et la jeune femme de la haute société lyonnaise a eu lieu au mois d'avril 1805.

    Ils se sont revus souvent jusqu'en 1810.

    Pellapra-adultePortrait d'Emilie Pellapra, par Franz Xaver Winterhalter

    PellapraPhoto d'Emilie Pellapra à l'époque du second Empire

    La fille naturelle de Napoléon, très belle comme sa mère mais portant les traits caractéristiques des Bonaparte, rappelant idéalement ceux des sœurs de l'Aigle, a été comtesse par mariage en épousant en premières noces M. de Brigode, Pair de France et ancien Maire de Lille, puis, après veuvage, princesse, en épousant un représentant d'une des plus importantes maisons princières européennes, M. de Chimay.

    Eglise St-Sebastien Crypte Brigode

    Eglise St-Sebastien Stele Brigode

    Sépulture du premier mari d'Emilie Pellapra, dans l'église Saint-Sébastien à Villeneuve d'Ascq.

    Avec une descendance qui subsiste actuellement, Emilie Pellapra, Princesse de Chimay, est morte dans sa 65ème année, le 22 mai 1871, au château de Ménars, en Loir-et-Cher, splendide propriété de sa famille ayant appartenu auparavant à la grande Marquise de Pompadour puis au frère de cette dernière, le Marquis de Marigny.

    Princesse Marthe BibescoPhoto originale de la Princesse Marthe Bibesco (Collection J.-C. Orticoni)

    Marthe Lucie Lahovary, par mariage princesse Bibesco, également connue sous le pseudonyme de Lucile Decaux, est une femme de lettres française d'origine roumaine, née le 28 janvier 1886 à Bucarest et morte le 28 novembre 1973.

    Sources: Jean Christophe Orticoni que nous remercions pour l'intérêt qu'il porte à notre blog et à nos travaux.

  • Une exposition sur Napoléon, Les yeux dans les yeux

    Une exposition sur Napoléon, Les yeux dans les yeux

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    LES YEUX DANS LES YEUX

    Pour le bicentenaire de sa mort, l’empereur des Français sort de nos manuels d’histoire. L’occasion mémorielle pour lever un coin du voile sur un véritable mythe.

    Car adulé ou détesté, le personnage continue de fasciner, faisant chaque jour l’objet d’un article ou d’un livre dans le monde. On lui doit, entre autres, le Code civil (qui inspirera de nombreux pays), le code pénal, la création des lycées et universités, l’Arc de Triomphe, la Bourse de Paris, la Cour des comptes, la Légion d’honneur, l’église de la Madeleine, la numérotation pair-impair des rues de la capitale, le canal de l’Ourcq…

    Avec le concours de la bibliothèque de la Roseraie, l’association Loisirs Jeunes de Villevaudé lui consacre une exposition originale sous forme de dix panneaux, dont quatre consacrés au baron de Percy, père de la chirurgie militaire et qui a résidé dans notre commune à la fin de sa vie.

    IMG_6980Pierre-François Percy (1754-1825) créé une antenne de chirurgie mobile en 1792, sous la Révolution. Il a l’idée d’un corps de santé indépendant et neutre, concept qui inspirera Henri Dunant, fondateur de la Croix-Rouge en 1863. Percy est aussi l’auteur de nombreux ouvrages qui font autorité. Chirurgien en chef de la Grande Armée, il participe à presque toutes les campagnes de l’empereur. Distingué, décoré, récompensé, son nom figurera sur une colonne de l’Arc de Triomphe érigé par Napoléon, dont la construction débute en 1806 pour s’achever en 1836 sous Louis-Philippe. En 1815, la monarchie restaurée, Percy est mis à la retraite et se livre alors à des activités agricoles dans sa propriété au hameau de Bordeaux, à Villevaudé. L’hôpital d’instruction des armées à Clamart (92) porte son nom et affiche, gravée dans le marbre, la profession de foi du médecin militaire.

    IMG_6985L’exposition évoque également le sacre de Napoléon (par lui-même), le 2 décembre 1804 à la cathédrale Notre-Dame de Paris, illustrant les principaux participants : Joséphine de Beauharnais, bien sûr, mais aussi sa mère, ses trois sœurs et quatre frères. On apprend que deux de ses frères, Lucien et Jérôme, ainsi que leur mère, Letizia, n’assistaient pas en fait à cette cérémonie. Sur ordre impérial, le célèbre tableau de David a donc fait quelques concessions avec la réalité, unité du bloc familial oblige.  

    D’autres tableaux représentent l’aigle dans son intimité : son mariage avec Marie-Louise, des scènes de famille avec le roi de Rome, son fils légitime. Car Napoléon a eu d’autres enfants… puisqu’il a connu d’autres femmes.

    IMG_6986Et une autre originalité de cette exposition est justement de les évoquer au travers du cinéma, c’est-à-dire devant la caméra d’Abel Gance, Sacha Guitry, Christian-Jaque, Clarence Brown, Roger Richebé…

    Danielle Darieux -Eleonore Denuelle-Daniele Darieux

    Ainsi Eléonore Denuelle de la Plaigne lui donnera son premier fils, lui prouvant la stérilité de son épouse Joséphine de Beauharnais. Marie Walewska, comtesse polonaise, peut-être l’une de ses plus grandes passions, lui en donnera un second.

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    L’exposition se termine avec un panneau sur les monuments funéraires de la famille Bonaparte, dont le Dôme des Invalides (construit sous Louis XIV) et où reposent les dépouilles de Napoléon 1er et du roi de Rome, et un autre sur une sélection de livres dédiés à l’empereur et à quelques uns de ses contemporains, parfois tombés dans l’oubli :

    Pellapra-emilie.0.pellapraEmilie Pellapra, fille naturelle de l’empereur, (photo ci-contre)  Régula Engel, surnommée l’Amazone de l’empereur ou encore le comte de Las Cases, qui recueillera ses mémoires pendant son exil à Sainte-Hélène.

    L’exposition est gratuite. Visible jusqu’à fin décembre 2021 à la bibliothèque de la Roseraie, à l’entrée du parc municipal, 16 rue Charles de Gaulle (face à la mairie).

    Du lundi au samedi de 10 heures à 12 h 30 et le mercredi de 14 heures à 18 heures.

    Pass sanitaire et port du masque obligatoires. SM

  • Les villevaudéens morts pour la France pendant la Grande Guerre

    Les villevaudéens morts pour la France pendant la Grande Guerre

    Villevaudé: Commémoration du 103e anniversaire de l'Armistice de la Première Guerre mondiale: De 14 à 18, ils sont 27 inscrits sur le monument aux morts  à avoir donné leur vie pour leur pays . 

    Le monument aux morts de Villevaudé a  été inauguré en 1921.

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    Extrait du livret "On les aura" consultable et en vente à la bibliothèque.

  • « Dans la combi de Thomas Pesquet »

    « Dans la combi de Thomas Pesquet »

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    Thomas Gautier Pesquet, né le 27 février 1978 à Rouen (Seine-Maritime), est un spationaute français.

    Après une formation d'ingénieur aéronautique à Toulouse, Thomas Pesquet a occupé différents postes dans l'industrie aérospatiale et au Centre national d'études spatiales (CNES) avant de devenir, en 2005, pilote de ligne.

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    En mai 2009, il fait partie des six candidats retenus pour former le troisième groupe d'astronautes européens sélectionnés par l'Agence spatiale européenne (ESA).

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    Il est le dixième Français à partir dans l'espace en décollant le 17 novembre 2016 à bord de Soyouz MS-03 depuis le cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan et dont l’équipage occupe la Station spatiale internationale (ISS) de novembre 2016 à juin 2017 dans le cadre de la mission Proxima
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    Il est le dixième Français à partir dans l'espace en décollant le 17 novembre 2016 à bord de Soyouz MS-03 depuis le cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan et dont l’équipage occupe la Station spatiale internationale (ISS) de novembre 2016 à juin 2017 dans le cadre de la mission Proxima.


    Tp2Durant cette mission, Thomas Pesquet a mené une centaine d'expériences dont la moitié développée par l'Agence spatiale européenne ou le Centre national d'études spatiales, l'autre moitié par la National Aeronautics and Space Administration (NASA). Il effectue deux sorties extravéhiculaires de six heures pour des missions de maintenance de la Station spatiale internationale.

    En juillet 2020, il est sélectionné pour une seconde mission à bord de la capsule Crew Dragon, construite par l'entreprise américaine SpaceX. Il devient ainsi le premier Européen assigné à une mission à bord du Crew Dragon1, que l'Agence spatiale européenne décide de baptiser Alpha.

    L'astronaute français doit s'envoler le 23 avril 2021 pour la station spatiale internationale à bord de la navette Crew Dragon pour une mission de six mois.

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    Il embarquera avec trois autres membres d'équipage : les Américains Shane Kimbrough et Megan McArthur et le Japonais Akihiko Hoshide.

    Tp6Après un voyage de 24 heures, à bord de la navette Crew Dragon de Space X, le Français va retrouver au sein de l'ISS quatre autres chercheurs, dont deux Russes, pour «une mission de longue durée» et assurer en partie le commandement de la station internationale.

    «Un honneur» pour le Français qui «rêve d'aller sur la Lune» avant de rejoindre Mars. «On a encore pas mal de recherches à faire sur la Lune, il y a plein de choses à apprendre, mais on sait surtout que c'est une répétition obligatoire, se résout le spationaute. […]

    Si on ne sait pas faire la station spatiale, on ne saura jamais aller sur la Lune.

    Et si on ne sait pas aller sur la Lune, on ne saura jamais aller sur Mars. C'est 1000 fois plus difficile, c'est 1000 fois plus loin».

    Monique Mazoyer

    A EMPRUNTER A LA BIBLIOTHEQUE


    Thoman pesquetDANS LA COMBI DE THOMAS PESQUET

    MANON MONTAIGNE

    G.DARGAUD

    Le 2 juin 2017, Thomas Pesquet, 38 ans, astronaute, rentrait sur Terre après avoir passé 6 mois dans la Station spatiale internationale. (Il avait décollé le 17 novembre 2016 à bord de Soyouz MS-03 depuis le cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan, dans le cadre de la mission Proxima.)

    La réalisation d'un rêve d'enfant pour ce type hors-norme qui après avoir été sélectionné parmi 8413 candidats, suivit une formation intense pendant 7 ans, entre Cologne, Moscou, Houston et Baïkonour

    Dans cette bande dessinée de reportage, Marion Montaigne raconte avec humour sa marque de fabrique , le parcours de ce héros depuis sa sélection, puis sa formation jusqu'à sa mission dans l'ISS et son retour sur Terre.

    Pour en savoir plus

    Décollage de Thomas Pesquet : heure, vidéo, décompte… Le direct (linternaute.com)

  • L’AQUARELLISTE NGUYEN TAY A PLUS D’UN PINCEAU À SA PALETTE

    L’AQUARELLISTE NGUYEN TAY A PLUS D’UN PINCEAU À SA PALETTE

    Nguyen Tay, 33 ans, est un peintre vietnamien qui réside à Paris après avoir séjourné en Seine-et-Marne. Depuis janvier 2015, date de son arrivée en France, il s’est fait connaître grâce à ses aquarelles sur papier de riz, à l’encre, à l’huile et aussi sur soie. Toutes illustrent des thèmes qui lui sont chers : son pays natal et la femme.

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    Aquarelliste de talent, Nguyen Tay peint les femmes à merveille car il les aime et son pinceau, si agile entre ses mains, les sublime qu’elles soient belle, combattante, rêveuse, forte ou blessée ; sur fond de symboles comme il est de coutume dans la culture extrême-orientale.

    La Marianne aux camélias, peinture sur huile qui orne le salon d’honneur de l’hôtel de ville de Courtry, c’est lui. Elle est songeuse et sa gravité la rend encore plus belle. L’artiste l’a peinte un an après l’attentat du Bataclan du 13 novembre 2015 et l’a offerte à la Ville en déclarant qu’il avait « tout simplement eu envie de peindre Marianne pour exprimer son amour pour la France qui l’avait accueilli »

    Enfant, il aimait flâner dans le petit atelier de couture de sa mère, situé à 200 km de Saigon, l’ancienne capitale de la Cochinchine, rebaptisée Hô-Chi-Minh-Ville. Sa mère, à laquelle il voue une admiration sans borne, reste d’ailleurs sa seule muse.

    Par son dévouement et son courage au travail, elle m’a permis d’aller au bout de mes études et j’ai pu finir major de ma promotion à l’université d’architecture de Saigon.

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    L’aquarelle sur soie, un art ancestral

    Tay a exposé pour la première fois à Serris (Seine-et-Marne) pour la journée internationale des droits des femmes, avant d’enchaîner plusieurs expositions dans le département. Ses peintures à l’encre de Chine et ses aquarelles figuratives sur papier de riz, ont toujours suscité l’admiration des visiteurs et il est bien souvent reparti avec un prix sous le bras.

    Mais pour l’artiste qui aime relever les défis, la peinture sur soie s’imposait tout naturellement. D’autant que cette technique ancestrale reste méconnue en France. Tay va y apporter sa proche touche, à la fois originale et moderne.

    L’aquarelle est une matière qui demande beaucoup de maîtrise. Quand à la soie, la moindre erreur est fatale. Elle reste cependant ma technique préférée pour exprimer les sentiments et l’âme.

    Son talent intéresse les publicitaires 

    En avril 2018, il est sélectionné par Heineken pour symboliser son pays natal sur la série limitée 2018 des bouteilles que la firme de bière néerlandaise va consacrer aux pays du monde. Cette commande est un nouveau défi pour lui car il lui a fallu réaliser un dessin digital, technique qu’il n’avait jamais pratiquée jusqu’alors.

    En septembre 2019, c’est lui que l’on choisit pour décorer les boîtes en édition limitée de gâteaux de lune pour Paris Store, l’enseigne de produits alimentaires asiatiques.

    En Février 2021, l’artiste signe avec Orange pour la publicité de son nouveau service de transfert d’argent, Orange Money. Son œuvre représente une femme vietnamienne en costume traditionnel dans une barque sur fond de baie d’Along, site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1994. Le Smartphone de la passagère indique que le Vietnam peut dorénavant bénéficier lui aussi des services monétiques de l’opérateur.

    Les fleurs de lotus, souvent représentées dans mes tableaux, apportent une touche supplémentaire de sérénité à l’œuvre. Je veux que les contemplateurs se sentent bien.

    Serge Moroy

    C'était en 2017

    Villevaudé associatif: Nguyen Tay expose à Courtry jusqu'au 22 mars (typepad.fr)

  • Vaires sur Marne, Le train

    Vaires sur Marne, Le train

    6a00d834eebe2a69e200e551ef4fee8834-800wiLe 20 octobre 1994 décédait Burt Lancaster, à l’âge de 81 ans.

    L’acteur américain était venu à Vaires-sur-Marne (77) en octobre 1963 pour tourner un film de guerre à gros budget, « Le train », réalisé par John Frankenheimer avec notamment Paul Scofield,  Jeanne Moreau, Suzanne Flon, Michel Simon [inoubliable Papa Boule !],  Albert Rémy, Jacques Marin… 

    Il se trouve que j’habite à Villevaudé, village qui se situe non loin de l’endroit où fut tourné ce film et qu’il tire parti d’événements historiques qui s’y produisirent 19 ans plus tôt en 1944.

    Vaires-sur-Marne, en Seine-et-Marne, est une charmante bourgade des bords de Marne, à 25 km à l’est de la capitale. Elle dispose d’une gare de chemin de fer digne de ce nom depuis 1926 assurant la liaison entre Paris et Meaux. Vaires a surtout la particularité de posséder l’un des plus grands triages du réseau ferroviaire français. Ce dernier organise la formation des convois de marchandises vers toute la France et l’Europe. La ville comptait 5120 habitants en 1936 et on estime que près de la moitié de la population était constituée par les cheminots et leurs familles.

    Les Allemands arrivent à Vaires le 13 juin 1940. La gare et son triage, aussitôt réquisitionnés, jouent alors un rôle logistique primordial pour les communications outre-Rhin. Les cheminots manifestent très vite leur opposition à la présence de l’occupant. Tout est bon pour gêner ou ralentir le trafic des trains servant l’effort de guerre allemand. Les erreurs d’aiguillage ne se comptent plus et provoquent le va-et-vient incessant des convois. Quelquefois, il y a de véritables actes de sabotage qui mettent hors d’usage le matériel roulant, provoquent des déraillements et nécessitent des réparations qui sont effectuées le plus mollement possible. Bien sûr, les employés des chemins de fer allemands qui surveillent leurs homologues français ne sont pas dupes. Mais, ces hommes de la Reichbahn sont âgés et le plus souvent des réservistes de la Wehrmacht. Bien qu’armés d’un pistolet, ils n’ont pas l’esprit guerrier et consentent bien souvent à fermer les yeux. De toute façon, ils savent que le triage de Vaires est un important foyer de résistance, qu’elle soit active ou passive, et que le sens de l’histoire est en train de tourner, surtout depuis la première défaite de l’armée allemande à El-Alamein (3 novembre 1942).

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    En 1944, la ville paiera un lourd tribut à la Libération en étant particulièrement éprouvée par les bombardements alliés. Le triage subira en effet six attaques aériennes en l’espace de cinq mois. Le premier se produira le 29 mars 1944. Ce jour-là, plusieurs trains militaires se trouvent assemblés au triage de Vaires. L’un d’eux transporte de l’essence, deux autres du matériel, un quatrième des munitions et le cinquième des troupes de soldats SS. Avertis par la Résistance, les autorités anglaises déclenchent l’offensive un peu plus de 12 heures seulement après avoir reçu l’information. « Les haricots verts sont cuits » annonce alors laconiquement Radio-Londres pour prévenir du bombardement imminent. Effectivement, à 21 h 15, les avions de la RAF surgissent et, quand ils s’éloignent à 21 h 40, le triage est en feu : le train de munitions a explosé, creusant une tranchée longue de 200 m, large de 20 m et profonde de 6 m ; le train transportant l’essence brûle ; les wagons contenant le matériel sont détruits et, pour celui transportant les troupes, plusieurs centaines de soldats ont péri. Les bombardements ont également causé une douzaine de morts dans la population civile. Au total, les chiffres des victimes, selon les estimations des témoins, oscillent entre 1200 et 2735. Quoi qu’il en soit, il semblerait qu’il n’y ait eu que 400 rescapés. Les cinq autres bombardements (28 juin, 8 – 12 – 18 et 27 juillet) surviendront après le débarquement en Normandie. Ils varieront par leur intensité et viseront surtout à désorganiser le trafic ferroviaire sur l’arrière de l’ennemi, tandis que les alliés progressent. A la Libération, la ville de Vaires apparaît comme l’une des plus sinistrées du département de Seine-et-Marne, ce qui lui vaudra de recevoir la Croix de guerre en 1948 pour le courage de sa population civile lors de ces tragiques événements (médaille figurant depuis au bas du blason de la ville).

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    En octobre 1963, les Vairois sont donc quelque peu surpris de voir débarquer 19 ans plus tard l’équipe d’un grand réalisateur américain pour tourner un film de guerre à gros budget au triage SNCF. Car, pour les besoins de ce tournage énorme en décors naturels, ce sera un pari de tous les instants : en fin de journée, il faut préparer une locomotive qui devra dérailler le lendemain ; il faut ajouter des feuilles aux arbres (l’action se déroule en effet en été et l’on est en automne !). Un poste d’aiguillage de l’époque est entièrement reconstitué, un dépôt désaffecté est sacrifié pour les besoins d’une scène d’explosion. John Frankenheimer était un cinéaste très exigeant et pourtant c’était Arthur Penn qui était prévu au départ pour la réalisation de cette superproduction franco-italo-américaine. En fait, le réalisateur de « Little Big Man » abondonna le tournage au bout de quinze jours à cause d’un désaccord avec Burt Lancaster, l’acteur principal du film.

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    L’histoire du film est basée sur des faits réels. Au moment de la retraite des Allemands en août 1944, le colonel von Waldheim (interprété par l’acteur Paul Scofield) réquisitionne un train pour transporter vers l’Allemagne des œuvres d’art entreposées au musée du Jeu de paume. Paul Labiche (Burt Lancaster), ingénieur responsable du réseau ferroviaire de l’Est et chef d’un réseau de la Résistance, est chargé d’empêcher à tout prix le train de parvenir à destination. Labiche organise une habile mystification à l’échelon du réseau ferroviaire national puis, finalement, le déraillement du convoi. Les Allemands ripostent par des exécutions d’otages et mettront tout en œuvre pour faire repartir le train mais, au terme d’un combat sans merci, la Résistance aura finalement le dernier mot (*).

    Sur le tournage au triage ferroviaire de Vaires, Burt Lancaster faisait preuve d’une grande courtoisie. Dans cette note (document S. Moroy), il invitait les techniciens à prendre un pot avec la production le 23 décembre 1963. En post-scriptum de ce même document, il décline poliment l’invitation de l’un d’entre eux l’invitant pour Noël. On remarquera au passage l’humour de l’acteur américain lorsqu’il évoque ses 5 enfants !
    Un grand acteur et, à l’évidence, un très grand Monsieur ! Le train 2
    Le temps d’un tournage, le film a donc rapproché une petite ville française avec la grande et mirifique Hollywood. « Le train » fait ainsi partie de ces rares films avec « Ceux du rail » (1943) et « La bataille du rail » (1945), tous deux de René Clément, qui rendent hommage à l’héroïsme des cheminots français dont beaucoup d’entre eux ont payé de leur vie leur combat contre l’occupant.


    Serge Moroy

    Sources : archives municipales de Vaires-sur-Marne

    (*) La réalité historique : sur ordre de Goering, 148 caisses comportant notamment des œuvres d'art moderne (peintures et objets précieux), quittent le Jeu de paume à Paris. Elles seront chargées dans cinq wagons du train n° 40 044, en attente de partir pour Nikolsburg. Renseigné in extremis par la résistante Rose Valland (conservateur au musée du Jeu de paume) et les cheminots, c’est un détachement de l'armée de Leclerc qui arrêtera le 27 août 1944 à Aulnay ce train contenant le dernier convoi d’œuvres d'art pour l'Allemagne.

     

    (suite…)

  • Louis de Funès prend possession de la Cinémathèque Française

    Louis de Funès prend possession de la Cinémathèque Française

    1C’est sur une exposition consacrée à l’acteur comique préféré des Français que le temple de la cinéphilie a rouvert ses portes, mercredi 15 juillet, après la période de confinement national. Louis de Funès, victime d’un infarctus en 1983, y sera la vedette jusqu’au lundi 31 mai 2021, soit une durée exceptionnelle de 11 mois. On pourra même y voir une sélection de 35 de ses films.

    La Cinémathèque française organise pour la première fois une exposition d’ampleur dédiée à un acteur. Un choix judicieux puisqu’il s’agit de Louis de Funès et qu’elle rend hommage à son génie comique, au théâtre comme au 7e art pendant près de trente ans.

    Des débuts difficiles

    Né le 31 juillet 1914 à Courbevoie, Louis de Funès n’est pas un élève brillant. A 18 ans, il entre à l’École Technique de Photographie et de Cinéma (ETPC), dont il est d’ailleurs renvoyé. De nombreux petits boulots, un mariage éphémère puis un job comme pianiste de bar. Il y passera des milliers d’heures car c’est la période des vaches maigres.

    2A 28 ans, il s’inscrit aux cours Simon et rencontre, en 1943, Jeanne-Augustine Barthélemy, la femme de sa vie. Il rencontre aussi Daniel Gélin, qui le fait débuter au cinéma.

    En 1952, il rejoint la troupe des Branquignols, créée par Robert Dhéry et Colette Brosset, réalisant avec eux des petits chefs-d’œuvre d’humour : Le petit baigneur, Ah ! Les belles bacchantes, La belle Américaine…

    Le succès à son 100e film

    Mais sa carrière au cinéma ne décolle vraiment qu’après Ni vu, ni connu. En 1956, dans La traversée de Paris, le public est subjugué par son rôle de l’épicier Jambier, lâche avec Jean Gabin et méprisant envers Bourvil.

    Les années 60 et 70 seront deux décennies de succès ininterrompus, façonnant un personnage unique en son genre, dont le talent est d’être « Odieux sans être antipathique » selon Gérard Oury.

    C’est d’ailleurs ce dernier qui l’érigera en star du box-office français avec La grande vadrouille. Tourné en 1966, le film sera vu par 17,27 millions de spectateurs ; record seulement battu en France par Titanic, après 30 ans de suprématie.

    Un tyran sympathique

    Louis de Funès avait un sens prodigieux du rythme et de la musique. Son comique de mouvement était d’ailleurs réglé telle une partition musicale. Il faut le voir diriger l’orchestre qui joue La damnation de Faust dans La grande vadrouille ou encore dans Le corniaud, quand, dans un garage napolitain, il répare la Cadillac sur l’air de la Danza de Rossini.

    Les années 60 et 70 seront deux décennies de succès ininterrompus, façonnant un personnage unique en son genre, dont le talent est d’être « Odieux sans être antipathique » selon Gérard Oury.

    C’est d’ailleurs ce dernier qui l’érigera en star du box-office français avec La grande vadrouille. Tourné en 1966, le film sera vu par 17,27 millions de spectateurs ; record seulement battu en France par Titanic, après 30 ans de suprématie.

    Ses deux autres atouts reposaient sur l’art de la grimace, auquel son visage se prêtait d’ailleurs admirablement, et celui du déguisement (Fantômas, Rabbi Jacob, Les grandes vacances, Oscar, etc.).

    En plus d’être en osmose avec ses partenaires, c’était un véritable homme-orchestre du comique. Car en mêlant rythme corporel, grimaces excentriques et déguisements multiples, Louis a créé son propre style.

    Il incarne à l’écran un personnage autoritaire et fantasque que le public aime détester tant il sait ridiculiser les travers du genre humain, comme l’orgueil, l’hypocrisie ou avec la lâcheté que nous réprouvons tous.

    Le César d’honneur, qu’il reçoit en février 1980 des mains de Jerry Lewis pour l’ensemble de sa carrière, est une reconnaissance méritée de la profession à son immense talent.

    Onze mois pour mieux faire connaissance

    Au fil de cette exposition, les visiteurs en sauront un peu plus sur cet homme attachant et exigeant avec lui-même. « Mon château aux 365 fenêtres, une par jour à nettoyer » plaisantait-il à propos de son château de Clermont, au Cellier (Loire-Atlantique), qui appartenait à la famille Maupassant, ancêtres de son épouse.

    Ils pourront admirer plusieurs de ses costumes et accessoires, comme la DS de Fantômas et la 2CV préparée par Robert Giordani, chef décorateur, pour la fameuse séquence de l’accident du Corniaud. 

    Serge Moroy

    Exposition jusqu’au 31 mai 2021 – Cinémathèque française – 51, rue de Bercy 75012 Paris – Métro Bercy, lignes n° 14 et n° 6.

  • MATRICULE 4452

    MATRICULE 4452

    BOULEVERSANT TÉMOIGNAGE D’UN RESCAPÉ DU CAMP DE MAUTHAUSEN

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    José Tomas Espejo est né en 1914, dans la province de Cordoue, en Espagne. Il a été déporté au camp de concentration de Mauthausen et portait le matricule 4452. Avant de décéder en 1996, il a livré son témoignage à Manu, son fils, et Martine, sa belle-fille.

    En 1936, José a 22 ans lorsque la République espagnole est portée au pouvoir par des élections démocratiques. Il est simple ouvrier agricole et analphabète. En effet, pour accéder à l’école – qui n’était pas publique – il y avait à cette époque deux conditions obligatoires et indissociables : fréquenter l’église et avoir de l’argent. Or, sa famille n’était pas fortunée.

    La victoire du Front populaire a provoqué le mécontentement de la droite, essentiellement composée de monarchistes, fascistes et conservateurs de l’ancien régime. Ces opposants tentent de renverser le pouvoir par un putsch les 17 et 18 juillet 1936. Bien que raté, ce coup d’état déclenchera une guerre fratricide et sanglante, qui durera trois ans. Les opposants sont soutenus par Hitler et Mussolini.

    GUERNICA

    Le sol espagnol servira de terrain expérimental pour les armées de l’Allemagne nazie. Le terrible bombardement de Guernica, au Pays basque en avril 1937, en témoigne : 44 avions de la légion Condor et 13 avions de la légion italienne fasciste frappent.

    19guernicaLa tragédie sera immortalisée par le célèbre tableau de Picasso.

    Dans sa ville d’Andalousie, José se porte volontaire pour lutter contre l’injustice qui règne alors sur le peuple. Il est rejoint par son frère et bien d’autres encore. Ainsi, avec quelques autres compagnons, il tuera des taureaux de combat afin de distribuer de la viande aux gens affamés. De même, lui et ses compagnons sont chargés de surveiller l’arrivée des soldats franquistes, qui remontaient du Maroc espagnol pour se diriger vers Madrid. On le voit alors en faction avec une mitraillette tout en haut du clocher de l’église de Palma del Rio.

    Avec son frère, il s’engage ensuite dans l’armée républicaine. Au front, sur Madrid, José est blessé à plusieurs reprises : au fessier, à la cuisse et au front ; ce qui lui vaudra une cécité provisoire. Il poursuivra néanmoins le combat et se retrouvera en Catalogne.
    Mais la victoire des franquistes à Barcelone, de nouveau aidée par la Luftwaffe, mettra fin à l’espoir des Républicains. S’en suit alors l’épisode de la « retirada » (retraite), qui jettera sur les routes de l’exil près d’un demi-million d’hommes, femmes et enfants de tous âges.

    ARRÊTÉ EN FRANCE

    José arrive en France en février 1939. Il est emprisonné dans un camp installé sur la plage de Saint-Cyprien (Pyrénées orientales). Quand éclate la Seconde Guerre mondiale, convaincu du bien-fondé de ses convictions républicaines et antifascistes, il s’engage dans l’armée française et se trouve mobilisé sur le front, dans le Nord-est de la France, avec la 27e compagnie de travailleurs étrangers. C’est dans la région d’Epinal (Vosges) qu’il est arrêté le 19 juin 1940 par la Gestapo, sur dénonciation d’un Espagnol franquiste. Il sera incarcéré à Chaumont (Haute-Marne) avant d’être transféré au stalag 6-F, à Bocholt, près de la frontière hollandaise, puis en Allemagne : au stalag 6-C, à Bathorn, et au stalag 12-D, à Trèves.

    21costume déportéMAUTHAUSEN : MATRICULE 4452

    Le 31 mars 1941, il est transféré au camp de Mauthausen, en Autriche, où il arrive le 3 avril. C’est ici qu’il va découvrir et vivre l’horreur absolue.

    Dans ce camp, classé niveau III, c’est-à-dire très dur au niveau des conditions de détention concentrationnaire national-socialiste puisque consacré à l’extermination par le travail, José devient alors le matricule 4452.

    Il y a vécu des moments à la limite du soutenable, assistant même à des scènes dépassant l’entendement humain qu’il répugne à relater.

    Ainsi, avec ses compagnons d’infortune, il dut participer à des séances de présence obligatoire, alignés par block, sur la place d’appel du camp. Ils restaient nus, des heures durant et sous des températures en dessous de zéro. Ceux qui ne résistaient pas et qui s’écroulaient étaient envoyés à la chambre à gaz puis transportés au four crématoire du camp. Ceux qui mouraient sur place allaient directement au four crématoire. Lui et ses camarades connurent la peur… qui les faisait s’uriner sur eux-mêmes.

    20 escalierL'ESCALIER DE LA MORT

    Le camp avait été construit par les nazis en mars 1938, à proximité d’une carrière de granit. Dans celle-ci, le matricule 4452 a accompli des travaux surhumains. Avec ses camarades, il devait ramener des blocs de granit à même le dos. Par centaine, ils empruntaient un escalier de 186 marches, surnommé « l’escalier de la mort ».

    Selon l’un des accusés au procès de Mauthausen (Dachau, 1946), « cette construction monumentale avait pour principale fonction d’épuiser les détenus ». Les SS lâchaient parfois leurs chiens sur les déportés qui arrivaient, chargés, en haut des marches. Sans aucune possibilité d’échapper à ces jeux effroyables, les détenus s’écroulaient alors dans un bain de sang ou dévalaient la pente en sens inverse sur la colonne qui les suivait, entraînant ainsi une grande majorité d’entre eux dans une mort inéluctable. Ceux qui avaient le malheur de tenter de résister étaient frappés à coups de bâtons sur le dos ; ce fut notamment le cas du matricule 4452.

    Pépère y eduardo y otroRÉSISTER, GARDER ESPOIR

    La nourriture était bien sûr insuffisante. Les maladies proliféraient, les vêtements et les chaussures n’étaient pas à la hauteur des températures à supporter. La médecine était quasi inexistante. Ceux qui étaient considérés comme médicalement irrécupérables, allaient tout droit à la chambre à gaz et leurs corps étaient transportés au four crématoire.

    Les camps annexes, qui dépendaient du camp central de Mauthausen, se sont développés afin de répondre aux besoins de l’industrie de guerre allemande. Le matricule 4452 s’est ainsi retrouvé dans un commando, au camp annexe de Steyr, à fabriquer des roulements à bille. Tout comme d’autres détenus, il réussit à ramener, au nez et à la barde des gardiens, des petites pièces qu’il avait fabriquées et cachées dans ses vêtements. Sur la photo José est gauche avec au centre Eduardo, cité dans l'hommage.

    Dans le block où il dormait, ces pièces étaient ensuite huilées, placées dans des morceaux de chiffon, eux-mêmes huilés. Après avoir démonté des lattes du parquet, ils cachaient ce petit pactole qui leur servirait plus tard à la libération du camp.

    Mais en attendant cette heure, que tous espéraient ardemment, il fallait résister, ce qui nécessitait aussi de la solidarité. Cette valeur humaine joua un grand rôle à Mauthausen. Celui qui était malade pouvait compter sur ses compagnons : chacun lui donnant une infime partie de sa maigre pitance. Mais ce simple geste alimentait le malade tout en lui permettant de continuer à espérer. Quelques uns chantaient ou déclamaient des poèmes…

    UN EXEMPLE D'ENTRAIDE

    Un jour qu’il travaillait en forêt, le matricule 4452 a été amené à protéger l’un de ses camarades. Eduardo, le plus jeune capitaine de l’armée républicaine durant la guerre d’Espagne, était épuisé. Il n’avait plus la force d’abattre les arbres, tâche à laquelle on les avait assignés. Assis contre un arbre, caché par les vestes de ses compagnons, Eduardo se reposait à l’insu des gardiens SS pendant que ses camarades prenaient son quota de travail à leur charge.

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    Les gardiens utilisaient bien sûr les compétences et savoir-faire des détenus. Un tailleur fut affecté à l’atelier de couture du camp pour les tenues des déportés et celles des SS. Il réussit à sortir des pièces de tissus et le matricule 4452 put ainsi se confectionner un fanion symbolique aux couleurs du drapeau républicain espagnol (mauve, rouge et jaune).

    LIBÉRATION DU CAMP : DES COMPTES A RÉGLER

    Le camp est libéré le 5 mai 1945 par les Américains. José y a passé 4 ans, 1 mois et 2 jours.

    Les libérateurs demandèrent aux prisonniers de ne pas régler leurs comptes, des procès devant avoir lieu. Mais José et d’autres réunirent les pièces qu’ils avaient cachées, montèrent des armes afin d’exécuter tous les SS encore sur place ou qui tentaient de se dissimuler.

    Le 30 mai 1945, comme bon nombre de déportés, José fut rapatrié à l’hôtel Lutetia, boulevard Raspail à Paris, hôtel réquisitionné comme centre administratif et de désinfection pour les survivants des camps de concentration. Il ne pesait plus que… 38 kg.

    Mais, après avoir traversé toutes ces épreuves, José était un apatride et ne pouvait pas rentrer en Espagne.
    C’est à Rosny-sous-Bois (93) qu’il a pu, avec une vingtaine de ses congénères, reprendre progressivement une vie normale. En effet, cette commune, comme tant d’autres en France, avait décidé d’accueillir quelques dizaines de déportés et de les aider à se reconstruire.

    PARDONNER LUI EST IMPOSSIBLE

    C’est en juillet 1962, soit 26 ans après avoir quitté le sol natal, qu’il a pu enfin y retourner, revoir sa famille, sa mère. Mais pour cela, il a dû opter pour la nationalité française.

    José et Marguerite - avril 1996José et sa femme Marguerite

    José a fait partie d’une association pour la mémoire de la déportation et le pardon. La mémoire, il l’a entretenue toute sa vie durant, mais il a toujours refusé de pardonner : il avait vécu trop de choses impardonnables.

    EN SON HOMMAGE

    Ce témoignage a heureusement été consigné par son fils et sa belle-fille avant qu’il ne rende son dernier soupir en 1996.

    LA CONCLUSION DE MARTINE

    « Je tiens à dire que ce simple ouvrier agricole, matricule 4452 au camp de Mauthausen, apatride pour son pays natal à la sortie de ce camp, se prénommait José. C’était le père de Manu, mon époux, le grand-père de nos fils, Sébastien et Vincent, de Michel, notre neveu, l’arrière-grand-père de nos petits-enfants Darrel et Ethan, de Paco notre petit-neveu. Merci à vous tous d’avoir pris connaissance de son tragique parcours ». Martine, membre de l'association Loisirs et culture, qui a accueilli au Pin l'expo photos consacrée à ce camp de concentration autrichien, avait apporté le vêtement de déporté que son beau-père avait conservé.

    Elle nous invite à écouter la chanson « Nuit et brouillard » que Jean Ferrat a écrite en hommage à ses parents, morts en déportation, ainsi qu’à tous les autres déportés, victimes ou rescapés des camps de concentration nazis. S. Moroy

     
     

     
     
  • EXPO PHOTOS AU PIN : L’ENFER DU CAMP NAZI DE MAUTHAUSEN

    EXPO PHOTOS AU PIN : L’ENFER DU CAMP NAZI DE MAUTHAUSEN

    LA PART VISIBLE DES CAMPS

    L’Amicale de Mauthausen, déportés, familles et amis (Paris) a été invitée par l’association Loisirs et cultures (Le Pin) pour exposer des photos du camp autrichien de Mauthausen, l’un des camps de travail les plus grands et plus durs d’Europe.

    Vous avez jusqu’au mercredi 11 mars pour les découvrir sur 30 panneaux dressés salle polyvalente Nicole-Paris, au Pin.

    Camp de Mauthausen : 122 767 morts enregistrés et des dizaines de milliers d’autres non immatriculés.

    DES PHOTOS VOLÉES AUX SS

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    Jusqu’à sa libération par les Américains, le 5 août 1945, les photos étaient exclusivement prises par les SS, qui cherchèrent ensuite à les détruire.

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    Mais un prisonnier espagnol, Francisco Boix, matricule 5185, réussit avec l’aide de ses camarades à dérober plusieurs clichés réalisés entre 1940 et 1945. Ces derniers permettront de témoigner de l’enfer et des crimes perpétrés à Mauthausen, considéré par les nazis comme l’un des camps les « plus rentables ».

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    Il a été construit en 1938 et son emplacement choisi à cause de la carrière de granit de Wienergraben, qui fut exploitée jusqu’en 1942. Cinquante camps annexes situés en Autriche et dans le sud de l’Allemagne dépendaient du camp de Mauthausen-Gusen et utilisaient des prisonniers comme main-d’œuvre, soit 85 000 au total.

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    C’était un camp de niveau III, c’est-à-dire parmi les plus durs destinés aux ennemis politiques du Reich, plus particulièrement conçu pour l’élimination par le travail. Les premiers prisonniers furent des Espagnols de l’armée républicaine (donc contre Franco). Des prisonniers russes y afflueront après l’invasion de la Russie par les Allemands, en juin 1941.

    DES FEMMES DANS LE CAMP, UNE RÉALITÉ MÉCONNUE

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    A l’origine, le camp de Mauthausen était destiné uniquement aux hommes. Mais les photos prises par les Américains à sa libération ont révélé la présence de femmes, un camp à leur intention y ayant été ouvert en septembre 1944 avec des détenues d’Auschwitz. Jusqu’à la fin de la guerre, on y dénombrait ainsi 4000 femmes de différentes nationalités. Une minorité d’entre elles étaient des prostituées, issues du camp de Ravensbrück et exploitées à partir de 1942 dans les bordels de Mauthausen et de Gusen.

    Les femmes atteintes de maladies vénériennes ou enceintes étaient renvoyées à Ravensbrück ou assassinées car « inaptes au travail ». Un cas de décès avéré concernait une femme sur laquelle on pratiqua un avortement forcé au 5e mois de sa grossesse. Plusieurs d’entre elles étaient soumises au travail forcé dans divers camps annexes, comme la fabrique de munitions de Hirtenberg ou de laine cellulosique de Lenzig. Un grand nombre de détenues, évacuées des camps de toute l’Europe, arrivèrent à Mauthausen en février 1945. Beaucoup de Hongroises ayant survécu aux marches de la mort se comptaient parmi elles.

    S. Moroy

    Exposition salle Nicole-Paris, Le Pin – Du dimanche 8 mars au mercredi 11 mars : 9 h 30 à 12 h et 13 h 30 à 17 h 30 – Entrée gratuite.

  • MAUTHAUSEN, devoir de mémoire

    MAUTHAUSEN, devoir de mémoire

    "LA PART VISIBLE DES CAMPS"
    Mauthausen, l'un des camps de travail les plus grands et les plus durs en Europe occupée, classé de niveau III, destiné à l'élimination par le travail.
    Ne manquez pas cette exposition, samedi 7 mars après midi, dimanche 8, lundi 9, mardi 10 et mercredi 11 mars matin et après midi.
    Organisée pour le 75ème anniversaire de la fin de la seconde guerre mondiale, par l’Amicale des déportés de MAUTHAUSEN et l’association « Loisirs et Culture » du Pin.
    Salle Nicole Paris, Le Pin

    Mathausen