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  • Brexit : le Royaume-Uni quitte l’Union européenne à la fin de l’année

    Brexit : le Royaume-Uni quitte l’Union européenne à la fin de l’année

    Brexit

    Ça y est, le compte à rebours est déclenché. C’est en effet à la date du 31 décembre à minuit, que l’Angleterre quittera officiellement l’Europe. Et si d’autres pays lui emboîtaient le pas ?

    Le Brexit a été plébiscité à près de 52 % par les Britanniques lors du référendum organisé le 23 juin 2016. Même si la sortie du Royaune-Uni de l’Union européenne a été plusieurs fois repoussée, elle sera pourtant effective au 1er janvier 2021.

    L’espace économique européen (EEE) couvre les 27 états de l’Union européenne : Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Croatie, Chypre, République tchèque, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Roumanie, Slovanie, Slovaquie, Suède et Tchéquie ; ainsi que le Royaume-Uni, l’Islande, le Liechtenstein et la Norvège.

    Or, le Royaume-Uni (Angleterre, Ecosse, Pays de Galle et Irlande du Nord) s’est déjà retiré de l’UE à la date du 1er février 2020. Pendant la période nécessaire aux transactions nécessaires à ce retrait, le droit de l’Union continue d’être applicable au Royaume-Uni.

    Car l’accord de retrait prévoit une période de transition, qui se terminera le 31 décembre. Jusqu’à cette date, le droit de l’UE reste applicable dans son intégralité au Royaume-Uni. Des négociations pour faire le point sur la situation sont d’ailleurs en cours en ce moment entre le premier ministre anglais, Boris Johnson, et la présidente de la commission européenne à Bruxelles, Ursula von der Leyren.

    Une idée pour d’autres pays ?

    Par ailleurs, la crise économique qui frappe la zone euro depuis son entrée en vigueur est loin d’arranger les choses, et ce même si l’Angleterre avait le privilège d’avoir conservé sa monnaie. Au niveau politique, la gestion controversée voire inefficace des migrants, entre autres dossiers sensibles, pourrait bien conforter la position britannique sur l’échec d’un projet européen concerté et son souhait de voler de ses propres ailes.

    Enfin, l’épisode du Brexit pourrait aussi servir de test à d’autres pays qui y songeaient mais hésitaient cependant à franchir le pas. Avec le risque subséquent de fragiliser l’union européenne : Messieurs les Anglais, tirez les premiers !Serge Moroy

  • Vania, Vassia et la fille de Vassia, Macha Méril

    Macha mérylVANIA VASSIA ET SONIA

    MACHA MÉRIL

    LIANA LEVI

    Vania, Vassia et Sonia, la fille de Vassia, les trois personnages de ce flamboyant roman, sont en quête d’un avenir qui les réconcilie avec leur passé de Cosaques.

    Cependant chacun lit cet avenir sous un angle différent: s’intégrer en France avec un impeccable parcours, rester russe tout en défendant la République française, reprendre coûte que coûte le combat contre Staline, quitte à se ranger du côté des nazis…

    Macha Méril, fille du prince Wladimir Gagarine et de Marie Belsky, se fait connaître dans les années 1960 comme l'une des figures de la Nouvelle Vague.

    Elle tourne avec de grands réalisateurs, dont Rohmer, Godard, Bunuel, Kontchalovski, Fassbinder, Lelouch, Varda.

    Elle se consacre au théâtre, à la télévision et à l'écriture.

    Épouse du compositeur Michel Legrand mort en 2019, elle est l'auteur de nombreux ouvrages: L'amour dans tous ses états, Michel et moi, Biographie d'un sexe ordinaire, Joyeuses pâtes, Un jour, je suis morte, Si je vous disais…. 

    Dans ce grand roman qu'elle portait en elle depuis longtemps, elle évoque la condition des Russes blancs en France.

  • Geneviève Bossu : « Ce que j’ai fait, tout le monde l’aurait fait »

    Geneviève Bossu : « Ce que j’ai fait, tout le monde l’aurait fait »

    EN 1945, GENEVIÈVE BOSSU RAPATRIAIT LES PRISONNIERS DE GUERRE PAR AVION

    Geneviève Bossu réside à Villevaudé (Seine-et-Marne). Elle a eu 101 ans le 24 novembre et se souvient encore parfaitement des déportés qu’elle a rapatriés d’Allemagne… il y a 75 ans.

    Bossu

    Pendant l’été 1945, près de 16 000 prisonniers français ont été ramenés par avion. Ce rapatriement a été le premier et le plus important de l’Histoire et sa réussite est dû au dévouement des équipages : diplomates, médecins et infirmières, en particulier les IPSA (Infirmières pilotes secouristes de l’air).

    Pour son frère

    Geneviève a 20 ans quand la guerre éclate. Son frère, Roger Albinet (futur maire de Villevaudé, de 1947 à 1971) est prisonnier en Allemagne. Avec un simple diplôme d’infirmière, elle rejoint les IPSA, une section aérienne de la Croix-Rouge française créée en 1934, afin d’aller le chercher.

    C’est la raison pour laquelle je voulais récupérer les prisonniers, même si je savais que je ne le retrouverais pas forcément.

    Mad Bossu 4

    Première mission sanitaire

    Son départ a lieu en avril 1945. Elle doit ramener les prisonniers du camp de concentration de Buchenwald, rassemblés au Luxembourg.


    Bossu
    On les a installés dans le train, sur des brancards. Ils avaient tous une étiquette autour du cou car certains ne parlaient pas. Il y avait beaucoup de Français et j’ai même retrouvé un cousin !

    Avec la première armée française Rhin et Danube

    Le 8 mai 1945, jour où Berlin capitule, elle accompagne à Mengen la première armée française Rhin et Danube. Celle-ci est commandée par le général de Lattre de Tassigny et elle fait partie du convoi d’ambulances qui la suit. Les ponts sur le Rhin sont détruits et le ravitaillement en essence pour l’armée s’effectue par avion, de Strasbourg à la base de Mengen. Les avions repartant à vide, elle et ses cinq collègues les remplissent à raison de trois rotations par jour. Ce sont ainsi 1935 soldats, dont 560 couchés, qui seront convoyés par une centaine d’avions Junker ou Dakota.

    J'ai vu tellement de souffrances qu’aujourd'hui encore, je m'interdis de me plaindre.

    Les rescapées de Ravensbrück

    En août 1945, elle s’envole pour Malmoë (Suède) afin de rapatrier une centaine de femmes que le comte Bernadotte, diplomate suédois, a réussi à extirper du camp de Ravensbrück, deux mois avant la reddition allemande. Un terrible spectacle s’offre alors à sa vue.

    Elles n’étaient plus que squelettes. Notre crainte était que les parents les fassent manger trop. On les a soignées sur place pendant deux mois avant de les ramener en avion.

    La jeune convoyeuse se voit ensuite détachée au ministère des colonies pour évacuer des familles et des malades bloqués par les guerres à Madagascar, en Afrique, Inde et Indochine. Peu rapides et volant assez bas, il fallait six jours aller-retour aux avions pour faire Paris-Dakar.

    Une vie au service des autres

    Fin 1946, elle tombe malade et sa convalescence se déroule dans la demeure familiale, à Villevaudé.

    En 1950, elle obtient son diplôme d’infirmière d’État et sera monitrice IPSA, puis hôtesse à Air Maroc. En 1956, elle épouse Henry Bossu, directeur des essais chez Panhard, et devient, jusqu’en 1967, infirmière pour l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord).

    En 1968, elle travaille dans un laboratoire puis, jusqu’à sa retraite en mai 1981, comme infirmière à la Compagnie générale d’électricité. Après la mort de son époux, en 1995, elle décide de rester à Villevaudé.

    Ce que j'ai fait, tout le monde l’aurait fait.

    Nommée chevalier de l’ordre national du Mérite par décret du 14 novembre 2003, Geneviève Bossu aura le privilège d’être décorée le 11 mars 2004 par Geneviève de Galard, l’héroïque convoyeuse de l’air de Diên Biên Phu (Indochine), elle-même Grand-croix de la Légion d’honneur.

    Repas seniors

    Serge Moroy 
  • Un crime sans importance, Irène Frain

    Un crime sans importance, Irène Frain

    Un crime sans importanceUN CRIME SANS IMPORTANCE

    IRÈNE FRAIN

    LE SEUIL

    " Les faits. Le peu qu'on en a su pendant des mois. Ce qu'on a cru savoir. Les rumeurs, les récits. Sur ce meurtre, longtemps, l'unique certitude fut la météo. Ce samedi-là, il a fait beau. Dans les commerces et sur les parkings des hypermarchés, on pointait le ciel, on parlait d'été indien. Certains avaient ressorti leur bermuda et leurs tongs. Ils projetaient d'organiser des barbecues dans leur jardin.
    L'agresseur, a-t-on assuré, s'est introduit dans la maison de l'impasse en plein jour. On ignore à quelle heure. Pour trancher, il faudrait disposer du rapport du policier qui a dirigé les investigations. Malheureusement, quatorze mois après les faits, il ne l'a toujours pas rendu. "
    Face à l'opacité de ce fait divers qui l'a touchée de près – peut-être l'œuvre d'un serial killer –, Irène Frain a reconstitué l'envers d'une ville de la banlieue ordinaire. Pour conjurer le silence de sa famille, mais aussi réparer ce que la justice a ignoré. Un crime sans importance est un récit taillé comme du cristal, qui mêle l'intime et le social dans des pages tour à tour éblouissantes, drôles ou poignantes.

    Irène Frain est écrivain. Parmi ses romans les plus connus, citons : Le Nabab (Lattès, 1982), Secret de famille (Lattès, 1989), Devi (Fayard, 1993), L'Homme fatal (Fayard, 1995), Les Naufragés de l'île Tromelin (Michel Lafon, 2009). Le Seuil a publié d'elle deux récits autobiographiques : Sorti de rien (2013) et La Fille à histoires (2017), ainsi qu'un récit biographique : Marie Curie prend un amant (2015).

    La romancière Irène Frain est en lice pour le prix Renaudot avec ce récit-enquête sur la mort de sa sœur aînée, assassinée dans sa maison de banlieue.

  • Ohio, Stephen Markley

    OhioOHIO

    STEPHEN MARKLEY

    ALBIN MICHEL

    Premier roman

    Grand prix de littérature américaine 2020

    Par un fébrile soir d’été, quatre anciens camarades de lycée désormais trentenaires se trouvent par hasard réunis à New Canaan, la petite ville de l’Ohio où ils ont grandi.

    Bill Ashcraft, ancien activiste humanitaire devenu toxicomane, doit y livrer un mystérieux paquet. Stacey Moore a accepté de rencontrer la mère de son ex-petite amie disparue et veut en profiter pour régler ses comptes avec son frère, qui n’a jamais accepté son homosexualité. Dan Eaton s’apprête à retrouver son amour de jeunesse, mais le jeune vétéran, qui a perdu un œil en Irak, peine à se raccrocher à la vie. Tina Ross, elle, a décidé de se venger d’un garçon qui n’a jamais cessé de hanter son esprit.

    Tous incarnent cette jeunesse meurtrie et désabusée qui, depuis le drame du 11-Septembre, n’a connu que la guerre, la récession, la montée du populisme et l’échec du rêve américain. Chacun d’entre eux est déterminé à atteindre le but qu’il s’est fixé.

    À la manière d’un roman noir, cette fresque sociale et politique hyperréaliste s’impose comme le grand livre de l’Amérique déboussolée et marque l’entrée en littérature d’un jeune écrivain aussi talentueux qu’ambitieux.

    « Le cœur de ce premier roman ambitieux n’est pas les grandes déclarations dont il se fait l’écho mais les plus petits moments qu’il dépeint, le portrait sincère qu’il brosse de vies abîmées et contrariées. Car c’est à l’échelle humaine que se révèle la vérité du monde dans lequel nous vivons. » The New York Time

  • Acquisitions novembre 2020

    Acquisitions novembre 2020

    Livres novembre 2020

    Octobre 2020

    Livres nov 2

    Histoire du fils, Marie Hélène Lagon

    Le banquet annuel de la confrérie des fossoyeurs, Mathias Enard

    Amour malade, Catherine Laborde

    L'Egypte, l'ultime espoir, Christian Jacq

    C'est arrivé la nuit, Marc Levy

    La maison de Charlotte, Françoise Bourdon

    Plus fort qu'elle, Jacques Expert

    Femmes sans merci, Camilla Läckberg

    Des ailes d'argent, Camilla Lackberg (deuxième volet du diptyque La cage dorée disponible à la bibliothèque)

    L'inconnu de la forêt, Harlan Coben

    Cinq doigts sous la neige, Jacques Saussey

    L'illusion, Maxime Chattam

    Impact, Olivier Norek

    Sur la piste des crimes non résolus,Corinne Herrmann

    Génération J'ai le droit, Barbara Le Febvre

    Le choc des civilisations, Samuel P. Huntington

    Skidamarink, Guillaume Musso

    Une terre promise, Barack Obama

    BD ADULTE

    A mains nues, Leila Slimani et Clément Oubrerie

    XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX

    D'autres ouvrages en commande seront disponibles très prochainement … N'hésitez pas à nous faire part de vos suggestions sur notre boîte mail en inscrivant votre numéro de téléphone :  bib.villevaude@laposte.net

    Anomalie, Hervé le Tellier

    Les impatientes, Djali Amadou Amal

    Le voisin d'en face, Sébastien Theveny

    Un silence de mort, Jeannette Bougrab

    Ne t'enfuis plus, Harlan Coben

    La femme à droite sur la photo, Valentin Musso.

    Harcèlement, Inventaire pour ne plus se taire, Emma Strack

  • L’hôpital d’instruction des armées de Percy fait appel au bleuet de France

    L’hôpital d’instruction des armées de Percy fait appel au bleuet de France

     
    Cette année, l’hôpital d’instruction des armées de Percy, hôpital de référence du blessé militaire accueillant également les victimes d’attentat, fait appel au Bleuet de France pour le financement de projets innovants en ophtalmologie, pneumologie et odontologie.  L’hôpital tire son nom de Pierre François Percy, chirurgien en chef des armées sous la Révolution et l'Empire.
     
    Pour nous villevaudéens le nom de Percy fait partie de notre patrimoine historique.
     
     
     
    Percy bordeaux
    "La petite campagne" des Percy au hameau de Bordeaux (commune de Villevaudé)
     
    Percy arc de triompheLe nom de Percy est inscrit sur l'Arc de Triomphe, sur la 10e colonne pilier Nord
     
    Le Bleuet
     
    Au lendemain de la Première Guerre mondiale, deux infirmières, Charlotte Malleterre et Suzanne Leenhardt, créent le Bleuet de France, une mobilisation citoyenne pour aider les blessés et mutilés de la guerre.
     
    Pourquoi le bleuet ? Parce que c'est la seule fleur qui pousse alors sur les champs de bataille, un signe d'espoir et de vie qui reprend après l'horreur des combats.
    Cette initiative centenaire poursuit son chemin et permet encore aujourd’hui de venir en aide aux anciens combattants, aux blessés de guerre, aux pupilles de la Nation ainsi qu’aux victimes du terrorisme à travers l’action de l’Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre (ONACVG).
    Bleurt de France attache_signature_11_novembre
     
  • Il y a 50 ans, le 9 septembre 1970,  disparaissait Charles de Gaulle

    Il y a 50 ans, le 9 septembre 1970, disparaissait Charles de Gaulle

     
    De gaulle 1Incontestablement, il fut un personnage emblématique qui a marqué l’histoire de la France. A tel point, qu’aujourd’hui encore, nombreux sont les partis qui revendiquent son « héritage politique » ou n’hésitent pas à y faire référence.
    Disparu à la veille de ses 80 ans, Charles de Gaulle appartient désormais aux historiens. Sa mort a mis un point final à une période de l’histoire de France longue de 30 ans pendant lesquels, l’homme qui se faisait « une certaine idée de la France » aura eu le principal souci de restaurer l’image de son pays et d’assurer son prestige à travers le monde.
    Les historiens s’arrêteront sans doute à la date du 27 avril 1969, date à laquelle il quitta définitivement l’Elysée après l’échec du référendum, mais ce serait bien réducteur pour résumer l’œuvre d’un tel personnage. Essayons d’y voir plus clair.
    ► La légende en marche
    « La France a perdu une bataille, mais la France n’a pas perdu la guerre ! ». Par cet appel lancé le 18 juin 1940 au micro de la BBC, le général De Gaulle exhorte les Français à continuer le combat contre l’occupant allemand. La légende est en marche.
    Né le 22 novembre 1890 à Lille, au sein d’une famille monarchiste et catholique, diplômé de Saint-Cyr, Charles De Gaulle se retrouve, à sa sortie, sous les ordres du colonel Pétain. Il s’illustre lors de la Première Guerre mondiale et participe à la bataille de Verdun où il est blessé pour la 3e fois. Capturé par les Allemands devant Douaumont en mars 1916, il tente plusieurs fois de s’évader.
    Après la guerre, il entre à l’école militaire comme professeur d’histoire militaire. En 1925, De Gaulle participe au cabinet du maréchal Pétain, alors vice-président du conseil supérieur de la guerre. N’obtenant pas le poste désiré à l’école de guerre, il part au Liban de 1929 à 1931.
    A son retour, il obtient un poste au secrétariat général de la Défense nationale On est alors en pleine construction de la ligne Maginot qui, sur 400 km, doit défendre le pays le long de ses frontières avec la Belgique, le Luxembourg, l’Allemagne, la Suisse et l’Italie.
    ► Un visionnaire sur le rôle des blindés
    La conviction profonde de De Gaulle est que les véhicules blindés sont indispensables en cas de conflit et qu’ils doivent être groupés dans des unités autonomes au sein d’une armée moderne et efficace. Sa conception l’oppose aux principaux responsables de l’armée française (Pétain, Gamelin, Weygand et Giraud) qui sont partisans de la défense statique derrière la ligne Maginot.
    L’offensive allemande de mai 1940 est pour De Gaulle, alors colonel d’une unité blindée, de mettre ses théories en application. Il mène avec ses chars deux contre-attaques victorieuses contre la Wehrmacht à Montcornet et à Abbeville.
    De Gaulle, devenu général de brigade, est appelé par Paul Reynaud, alors président du conseil, pour devenir sous-secrétaire d’Etat à la Défense en juin 1940. Il s’oppose aux partisans de l’armistice avec les Allemands et quitte la France pour Londres, le 17 juin 1940.
    ► L'appel à la résistance
    Le 18 juin de la même année, il lance sur les ondes de la BBC son célèbre appel à la résistance. Il conteste la légitimité du gouvernement de Pétain et organise, à Londres, le comité de la France libre. Il obtient le soutien et la reconnaissance officielle de Churchill. De Gaulle devient alors le chef de la France libre et il est condamné à mort par Pétain. De Gaulle parvient à rallier progressivement les colonies françaises à sa cause. Il installe un conseil de défense de l’empire en octobre 1940. Parallèlement, il organise et fédère les divers mouvements de résistance qui agissent en France occupée.
    Mais De Gaulle, qui n’inspire pas la confiance des Alliés, est tenu à l’écart des grandes décisions (conférences de Téhéran et de Yalta). En novembre 1942, le débarquement américain en Afrique du Nord se fait sans lui et Roosevelt préfère s’appuyer à Alger sur l’amiral Darlan, ex-chef du gouvernement du maréchal Pétain, puis sur le général pétainiste Giraud.
    De Gaulle est informé seulement la veille du débarquement du 6 juin 1944 sur les côtes normandes. De retour en France, à Bayeux, première grande ville libérée, De Gaulle reçoit un fervent accueil, ce qui finit par légitimer sa position aux yeux des Alliés.
    Dans le contexte tragique de l’épuration, le 3 septembre 1944, il prend la tête du gouvernement provisoire qui prépare l’instauration de la IVe République. Mais son opposition avec la majorité de l’Assemblée sur le projet de constitution le décide à quitter brusquement son poste. Il démissionne de ses fonctions le 20 janvier 1946. Son discours à Bayeux, en juin 1946, fixe clairement sa conception d’un pouvoir exécutif. Il fondera en avril 1947 l’éphémère RPF (Rassemblement du peuple français). Après ses premiers succès, le RPF recueille peu de voix aux élections de 1951 et finalement disparaîtra en 1953.
    De Gaulle se met en retrait de la vie politique. A Colombey-les-deux-églises (Haute-Marne), il rédige ses mémoires de guerre.
    ► La Ve République et l'Algérie
    Face aux graves émeutes qui secouent l’Algérie française, Le président René Coty vient chercher De Gaulle comme suprême recours. Nommé chef du gouvernement le 1er juin 1958, De Gaulle fonde la Ve République. Une nouvelle constitution est adoptée par référendum qui renforce considérablement le pouvoir exécutif. De Gaulle devient le 1er président de la Ve République en novembre 1958 pour prendre ses fonctions officielles en janvier 1959.
    Engagé dans la guerre civile en Algérie, De Gaulle privilégie finalement l’autodétermination des Algériens. Ce revirement politique provoque une forte réaction qui mène à la tentative du putsch des généraux d’Alger, partisans du maintien de l’Algérie dans la France, le 22 avril 1961.
    De Gaulle rétablit l’ordre autoritairement et signe, le 19 mars 1962, avec le FLN les accords d’Evian qui reconnaissent l’indépendance de l’Algérie, tandis qu’une organisation clandestine, l’OAS, perpètre des attentats en signe de protestations.
    De Gaulle dote la France de l’arme nucléaire (sous-marin Le Redoutable, essai de la bombe H au Sahara). Il annonce en mars 1966 le départ de l’OTAN afin de marquer l’indépendance de la France vis-à-vis des Etats-Unis, en même temps qu’il renoue des relations diplomatiques avec l’URSS et la Chine. En 1963, il signe avec le chancelier Konral Adenauer un traité de coopération franco-allemande, le premier depuis la fin du conflit en 1945, qui a pour but d’éviter toute nouvelle guerre entre les deux pays.
    ► Le désaveu politique
    La France des années 60 connaît une forte prospérité économique (les trente glorieuses). De Gaulle est réélu face à François Mitterrand, candidat de la gauche unie. Mais la situation sociale est tendue. La grève générale des syndicats et la révolte des étudiants éclatent en mai 1968. La contestation de sa politique est consacrée lors d’un référendum en avril 1969 portant sur un projet de régionalisation.
    De Gaulle prend ce résultat pour un désaveu personnel. Il démissionne le 27 avril et se retire à Colombey-les-deux-églises, où il achève ses mémoires et y mourra le 9 novembre 1970.
    Synthèse : Serge Moroy
    De gaulle 2
    De gaulle 4
    France soir du 11 novembre 1970
  • HISTOIRE – DE VERDUN À PARIS : PORTER LA FLAMME DU SOUVENIR POUR TRANSMETTRE LA PAIX

    HISTOIRE – DE VERDUN À PARIS : PORTER LA FLAMME DU SOUVENIR POUR TRANSMETTRE LA PAIX

    Pour célébrer le centenaire du soldat inconnu, l’armée de terre porte la flamme du souvenir, de Verdun à Paris, soit un parcours de 360 km. L’opération se déroule du 6 au 10 novembre et chaque journée correspond à une étape pour cette flamme du souvenir qui est aussi symbole de paix.

    Vendredi 6 novembre, la flamme du souvenir a déjà été récupérée à Verdun par le comité de la Voie sacrée. Le lendemain, après avoir quitté Revigny-sur-Ornain, toujours portée par des soldats, elle est arrivée à Châlons-en-Champagne. Dimanche, elle sera à Dormans et lundi, à Meaux. Enfin, mardi 10 novembre, son parcours s’achèvera sur la tombe du soldat inconnu qui repose, depuis le 11 novembre 1920, sous l’Arc de Triomphe, place de l’Etoile à Paris. Une flamme éternelle brûle sur sa tombe depuis 1923.  Un symbole fort puisque le soldat anonyme représente tous les soldats tombés pour la France au cours de la Première Guerre mondiale.

    Verdun 1

    « Qui a fait Verdun a fait la guerre »

    Du 21 février au 19 décembre 1916, soit près de 10 mois, ce fut l’une des batailles les plus terribles du 20e siècle. L’affrontement a marqué un tournant décisif de la guerre sur le front français et constitue aujourd’hui l’un de ses principaux symboles : « Qui a fait Verdun a fait la guerre ».

    Car les premiers affrontements vont être très rudes et augurent déjà de l’âpreté des combats. Côté français : 130 000 hommes, 632 canons. Côté allemand : 250 000 hommes, 1852 canons. Mais Verdun, c’est aussi un lourd sacrifice inutile. Une boucherie qui fit 500 000 victimes : 250 000 dans chaque camp.

    Avant même la fin de la guerre, Verdun devient un lieu de recueillement et de mémoire nationale et, en 1920, on érige son mémorial et son ossuaire (inaugurés en 1932). Son nom sera maintes fois cité à des fins pacifistes, avant d’être récupéré par les nazis qui ont compris la nécessité de rallier à leur cause les anciens combattants allemands, tandis que Pétain, âgé de 84 ans en 1940, s’appuie sur les anciens combattants français pour sa « France nouvelle ».

    Verdun 2
    Un souvenir gravé dans la pierre

    Le souvenir de Verdun dans la conscience collective est immense. Il donne un éclairage intéressant sur son rôle dans les prémices du second conflit jusqu’à la réconciliation franco-allemande du 22 septembre 1984, immortalisée par cette image inoubliable de François Mitterrand et d’Helmut Kohl, main dans la main et recueillis devant le mémorial de Verdun.

    Serge Moroy

  • LA LETTRE DE JEAN JAURÈS AUX ENSEIGNANTS FRANÇAIS

    LA LETTRE DE JEAN JAURÈS AUX ENSEIGNANTS FRANÇAIS

    Voici le texte intégral de la lettre que Jean Jaurès a écrite en 1888.

    Lettre j jaurès
    Aux instituteurs et institutrices

    Vous tenez en vos mains l’intelligence et l’âme des enfants ; vous êtes responsables de la patrie. Les enfants qui vous sont confiés n’auront pas seulement à écrire et à déchiffrer une lettre, à lire une enseigne au coin d’une rue, à faire une addition et une multiplication. Ils sont Français et ils doivent connaître la France, sa géographie et son histoire : son corps et son âme. Ils seront citoyens et ils doivent savoir ce qu’est une démocratie libre, quels droits leur confère, quels devoirs leur impose la souveraineté de la nation. Enfin ils seront hommes, et il faut qu’ils aient une idée de l’homme, il faut qu’ils sachent quelle est la racine de toutes nos misères : l’égoïsme aux formes multiples ; quel est le principe de notre grandeur : la fierté unie à la tendresse. Il faut qu’ils puissent se représenter à grands traits l’espèce humaine domptant peu à peu les brutalités de la nature et les brutalités de l’instinct, et qu’ils démêlent les éléments principaux de cette œuvre extraordinaire qui s’appelle la civilisation. Il faut leur montrer la grandeur de la pensée ; il faut leur enseigner le respect et le culte de l’âme en éveillant en eux le sentiment de l’infini qui est notre joie, et aussi notre force, car c’est par lui que nous triompherons du mal, de l’obscurité et de la mort.

    Photo-classe jaurès

    Eh quoi ! Tout cela à des enfants ! Oui, tout cela, si vous ne voulez pas fabriquer simplement des machines à épeler. Je sais quelles sont les difficultés de la tâche. Vous gardez vos écoliers peu d’années et ils ne sont point toujours assidus, surtout à la campagne. Ils oublient l’été le peu qu’ils ont appris l’hiver. Ils font souvent, au sortir de l’école, des rechutes profondes d’ignorance et de paresse d’esprit, et je plaindrais ceux d’entre vous qui ont pour l’éducation des enfants du peuple une grande ambition, si cette grande ambition ne supposait un grand courage.

    J’entends dire, il est vrai : À quoi bon exiger tant de l’école ? Est-ce que la vie elle-même n’est pas une grande institutrice ? Est-ce que, par exemple, au contact d’une démocratie ardente, l’enfant devenu adulte ne comprendra point de lui-même les idées de travail, d’égalité, de justice, de dignité humaine qui sont la démocratie elle-même ? Je le veux bien, quoiqu’il y ait encore dans notre société, qu’on dit agitée, bien des épaisseurs dormantes où croupissent les esprits. Mais autre chose est de faire, tout d’abord, amitié avec la démocratie par l’intelligence ou par la passion. La vie peut mêler, dans l’âme de l’homme, à l’idée de justice tardivement éveillée, une saveur amère d’orgueil blessé ou de misère subie, un ressentiment et une souffrance. Pourquoi ne pas offrir la justice à des cœurs tout neufs ? Il faut que toutes nos idées soient comme imprégnées d’enfance, c’est-à-dire de générosité pure et de sérénité.

    Comment donnerez-vous à l’école primaire l’éducation si haute que j’ai indiquée ? Il y a deux moyens. Il faut d’abord que vous appreniez aux enfants à lire avec une facilité absolue, de telle sorte qu’ils ne puissent plus l’oublier de la vie et que, dans n’importe quel livre, leur œil ne s’arrête à aucun obstacle. Savoir lire vraiment sans hésitation, comme nous lisons vous et moi, c’est la clef de tout. Est-ce savoir lire que de déchiffrer péniblement un article de journal, comme les érudits déchiffrent un grimoire ?

    J’ai vu, l’autre jour, un directeur très intelligent d’une école de Belleville, qui me disait : « Ce n’est pas seulement à la campagne qu’on ne sait lire qu’à peu près, c’est-à-dire point du tout ; à Paris même, j’en ai qui quittent l’école sans que je puisse affirmer qu’ils savent lire. » Vous ne devez pas lâcher vos écoliers, vous ne devez pas, si je puis dire, les appliquer à autre chose tant qu’ils ne seront point par la lecture aisée en relation familière avec la pensée humaine. Qu’importent vraiment à côté de cela quelques fautes d’orthographe de plus ou de moins, ou quelques erreurs de système métrique ? Ce sont des vétilles dont vos programmes, qui manquent absolument de proportion, font l’essentiel.

    J’en veux mortellement à ce certificat d’études primaires qui exagère encore ce vice secret des programmes. Quel système déplorable nous avons en France avec ces examens à tous les degrés qui suppriment l’initiative du maître et aussi la bonne foi de l’enseignement, en sacrifiant la réalité à l’apparence ! Mon inspection serait bientôt faite dans une école. Je ferais lire les écoliers, et c’est là-dessus seulement que je jugerais le maître.

    Sachant bien lire, l’écolier, qui est très curieux, aurait bien vite, avec sept ou huit livres choisis, une idée, très générale, il est vrai, mais très haute de l’histoire de l’espèce humaine, de la structure du monde, de l’histoire propre de la terre dans le monde, du rôle propre de la France dans l’humanité. Le maître doit intervenir pour aider ce premier travail de l’esprit ; il n’est pas nécessaire qu’il dise beaucoup, qu’il fasse de longues leçons ; il suffit que tous les détails qu’il leur donnera concourent nettement à un tableau d’ensemble. De ce que l’on sait de l’homme primitif à l’homme d’aujourd’hui, quelle prodigieuse transformation ! et comme il est aisé à l’instituteur, en quelques traits, de faire sentir à l’enfant l’effort inouï de la pensée humaine !

    Seulement, pour cela, il faut que le maître lui-même soit tout pénétré de ce qu’il enseigne. Il ne faut pas qu’il récite le soir ce qu’il a appris le matin ; il faut, par exemple, qu’il se soit fait en silence une idée claire du ciel, du mouvement des astres ; il faut qu’il se soit émerveillé tout bas de l’esprit humain, qui, trompé par les yeux, a pris tout d’abord le ciel pour une voûte solide et basse, puis a deviné l’infini de l’espace et a suivi dans cet infini la route précise des planètes et des soleils ; alors, et alors seulement, lorsque, par la lecture solitaire et la méditation, il sera tout plein d’une grande idée et tout éclairé intérieurement, il communiquera sans peine aux enfants, à la première occasion, la lumière et l’émotion de son esprit. Ah ! sans doute, avec la fatigue écrasante de l’école, il vous est malaisé de vous ressaisir ; mais il suffit d’une demi-heure par jour pour maintenir la pensée à sa hauteur et pour ne pas verser dans l’ornière du métier. Vous serez plus que payés de votre peine, car vous sentirez la vie de l’intelligence s’éveiller autour de vous. Il ne faut pas croire que ce soit proportionner l’enseignement aux enfants que de le rapetisser.

    Les enfants ont une curiosité illimitée, et vous pouvez tout doucement les mener au bout du monde. Il y a un fait que les philosophes expliquent différemment suivant les systèmes, mais qui est indéniable : « Les enfants ont en eux des germes, des commencements d’idées. » Voyez avec quelle facilité ils distinguent le bien du mal, touchant ainsi aux deux pôles du monde ; leur âme recèle des trésors à fleur de terre : il suffit de gratter un peu pour les mettre à jour. Il ne faut donc pas craindre de leur parler avec sérieux, simplicité et grandeur.

    Je dis donc aux maîtres, pour me résumer : lorsque d’une part vous aurez appris aux enfants à lire à fond, et lorsque d’autre part, en quelques causeries familières et graves, vous leur aurez parlé des grandes choses qui intéressent la pensée et la conscience humaine, vous aurez fait sans peine en quelques années œuvre complète d’éducateurs.

    Dans chaque intelligence il y aura un sommet, et, ce jour-là, bien des choses changeront.

    Jean Jaurès, journal La Dépêche, Dimanche 15 janvier 1888

    Serge Moroy