Catégorie : 23 Cinéma, théâtre

  • Tournage à Meaux, un film pour comprendre la bataille de la Marne

    Tournage à Meaux, un film pour comprendre la bataille de la Marne

    équipe tournage (Copier)La petite équipe au complet. De gauche à droite : Pierre Larribe, Mégane Romano, Victor Dartinet, Ugo Le Roux.

    Profitant des reconstitutions historiques qui ont eu lieu, ce week-end, sur l’esplanade du musée de la Grande Guerre, Victor Dartinet, un Chellois de 23 ans, a enregistré les premières images de son film. « L’histoire me passionne, surtout la Première et Seconde Guerres mondiales. De plus, c’est d’actualité avec le centenaire de la Première Guerre et cela s’est passé dans ma région. Il s’agit d’un documentaire retraçant le début de la bataille de la Marne (du 5 au 10 septembre) qui constitue une semaine décisive durant cette guerre » explique le jeune cinéaste. Il a décroché une licence d’histoire avant d’entrer à EICAR (École internationale de création audiovisuelle et de réalisation) située à La Plaine-Saint-Denis (93) où il achève actuellement sa deuxième année, comme les membres de son équipe. Cette dernière est volontairement réduire. Elle se compose d’une assistante réalisatrice, d’un cadreur et d’un ingénieur du son. « Il y a beaucoup de secrets sur cette bataille qui n’ont pas été dévoilés. Le film entend relater des faits locaux, verser des témoignages. A cet effet, il sera essentiellement composé d’interviews, d’images du musée de la Grande Guerre de Meaux, de reconstitutions historiques et de prises de vues des alentours : Villeroy où mourut Charles Péguy durant cette bataille, Crécy-la-Chapelle… » poursuit Victor. Il contactera prochainement le SHAT (Service historique de l’armée de terre) de Vincennes (94) afin d’étayer ses recherches. Samedi, compte tenu d’une météo pluvieuse, l’équipe a tourné principalement des scènes dans le musée. Pour les reconstitutions, elle s’est assurée le concours de Jean-Christophe Ponot, président de la Société des amis du musée de la Grande Guerre, association loi 1901 créée dans la foulée de l’ouverture du musée de la Grande Guerre de Meaux, en novembre 2011. D’une durée d’environ 26 minutes, le documentaire devrait sortir à partir du 5 septembre, « de façon à coïncider avec le début de la bataille de la Marne » confie Victor qui y tient énormément. 

    S. Moroy

    Le pitch du film : Le 5 septembre 1914 commença la bataille de la Marne, très exactement dans la région de Meaux. Les combats ont débuté sur les grandes plaines entourant la ville de Meaux. Les Français voulaient à tout prix empêcher les Allemands d’atteindre Paris, située à 45 km d’ici. Que s’est-il passé du 5 au 10 septembre 1914 ? Quels régiments étaient impliqués ? Comment était l’ambiance sur le terrain, les relations entre soldats, entre régiments ? C’est ce que le documentaire va s’attacher à révéler. On pourra le voir en septembre sur le site www.sam2g.fr.

     Légende photo : La petite équipe au complet. De gauche à droite : Pierre Larribe, Mégane Romano, Victor Dartinet, Ugo Le Roux.

  • CIV, Feydeau fait rire « au théâtre dimanche »

    CIV, Feydeau fait rire « au théâtre dimanche »

    Feu la mère de Madame
    Salle des Merisiers, une cinquantaine de Villevaudéens ont assisté à deux pièces de Georges Feydeau, brillamment enlevées par la compagnie du Casse-Tête, troupe de théâtre de Chessy créée en 2004. Fidèle à sa vocation de contribuer à l’animation culturelle du village, le CIV (Comité d’initiative de Villevaudé) était à l’origine de cette programmation dominicale. Les spectateurs n’ont pas boudé leur plaisir et ont bien ri devant les péripéties de ces vaudevilles en un acte (Un bain de ménage et Feu la mère de Madame).

    Bain de ménage2
    Il faut dire que les comédies de mœurs écrites par Feydeau gardent toujours la faveur du public, tant elles n’ont pas leur pareil pour procurer rire et détente.

    La prochaine manifestation du CIV aura lieu samedi 14 juin.

    Il s’agit d’une sortie à Barbizon et Fontainebleau pour découvrir leurs trésors historiques et artistiques. Le coût de la prestation, sur la base de 30 personnes minimum, est fixé à 55 euros pour les adhérents et 63 euros pour les non-adhérents. Elle inclut visites guidées et déjeuner au restaurant. Réservations (au plus tard le 12 mai) : 06 31 09 71 49.

    S. Moroy

  • Bataille de sortilèges sur la Montagne de Chelles

    Bataille de sortilèges sur la Montagne de Chelles

    Dans les traces d’Harry Potter

    Le fort de Chelles a connu ce week-end un étrange remue-ménage. Des étudiants de l’École internationale de création audiovisuelle et de réalisation (Eicar), située à La Plaine-Saint-Denis, tournaient « Warren Flamel, la malédiction de l’immortalité », court-métrage inspiré par Harry Potter.

    Equipe vectan productionUne partie de l'équipe pose devant le fort autour du réalisateur Quentin Berbey (au centre avec le clap).

    « Le monde créé par J.K Rowling a bercé mon enfance. De plus, entre 10 et 15 ans, j’étais le sosie de l’acteur Daniel Radcliffe. Depuis longtemps, j’avais le projet de réaliser un film pour lui rendre hommage. Aujourd’hui la technologie a évolué et les effets spéciaux se sont démocratisés donnant lieu à une multitude de web films sur Harry Potter. La plupart sont américains et médiocres. L’idée m’est alors venue de faire le premier fan-film Harry Potter français, d’une durée d’environ 10 minutes, et surtout de qualité » explique Quentin Berbey, 20 ans. Le film utilisera de nombreux effets spéciaux créés en postproduction par Quentin qui dispose de solides connaissances en ce domaine. « Pour autant, le support est à base de réel. Comme je n’ai pas suffisamment de ressources pour créer les sortilèges, j’utilise la photo d’une flamme que je déforme et colorise » précise le jeune réalisateur. Après plusieurs cascades sur l’esplanade, l’équipe, composée de cinq acteurs et d’une douzaine de techniciens, s’est dirigée vers la forêt pour y enregistrer une séquence de course poursuite.

    MangemortMangemort

    WarrenWarren

    La pierre philosophale comme intrigue 

    « Étant fan d’Harry Potter, j’ai tout de suite accepté de tourner, même si c’est un challenge pour moi car je joue une méchante. Ce rôle m’a permis de toucher autre chose que ce que je connaissais de mon jeu jusqu’alors » confie Laura Tontini, 20 ans, future comédienne. Même enthousiasme chez Nicolas D. Coiffard, 21 ans, héros du film et co-auteur du scénario avec Quentin. « La pierre philosophale influe sur le comportement de Warren, d’autant qu’elle apporte l’immortalité. C’est cette ambivalence que j’aime dans mon rôle. Le film est en quelque sorte un pont entre le premier Harry Potter et le second. Il raconte comment, à la fin du premier, la pierre philosophale a été détruite. L’intrigue se déroulera sur trois épisodes ». Nicolas se relevait à peine d’une blessure suite à une chute de balai qu’il enchaînait une poursuite dans la forêt avec deux séides du seigneur des ténèbres à ses talons.

    Warren et LobeliaWarren sera aidé dans sa quête par une  belle sorcière : Lobelia Odbuck (Marion Denivan).

    Heureusement, Warren sera aidé par Lobelia Odbuck, une belle sorcière interprétée par Marion Denivan, 20 ans, venue de Montpellier pour être comédienne à Eicar. Le premier Warren sera visible sur le web début mars. 

    S. Moroy

    Plus d’infos : www.facebook.com/warrenflamel

    Le pitch du film
    Après les évènements survenus à l’école des sorciers, l’alchimiste Nicolas Flamel est obligé de détruire sa création ultime : la pierre philosophale. Mais le vieil homme en est incapable et se résout à déléguer cette tâche à son neveu, Warren. Le jeune homme part donc en quête de l’objet magique en mesure de détruire la pierre. Mais les forces du mal se liguent contre lui pour l’empêcher d’accomplir sa mission.

  • Torture

    Torture

    
    Brou1 - Copie
    Une partie de l’équipe
    et les deux actrices (laura Tontini et Virginie Molina) face au parc du Château
    de Brou

    Des scènes de « Torture »
    tournées dans la région

    Le parc du château de Brou a servi  jeudi 12 septembre après-midi de décor pour
    le tournage d’un court-métrage dont l’action se passe pendant la Seconde Guerre
    mondiale.

    Torture…
    c’est le titre du court-métrage d’une durée de 8 minutes, écrit et réalisé par
    Victor Dartinet, un Chellois de 22 ans.


    Brou victor
    Victor, à gauche,
    surveille une scène. A la caméra, Pierre Wittermer, et au script Mathieu
    Dartinet.

    Etudiant à l’Ecole internationale de
    création audiovisuelle et de réalisation (Eicar), il a déjà réalisé en mars un
    spot de prévention sur les acouphènes. « Épris d’Histoire, surtout celle du 20e
    siècle, j’ai voulu porter le choix du thème de mon premier court-métrage sur
    cette période qui me passionne particulièrement. Ce film entend montrer les
    sacrifices auxquels étaient prêts de nombreux résistants afin de conserver des
    informations ayant, pour la plupart, menées à la libération nationale
     ». Pour mener à bien son
    projet, Victor a fait appel à cinq jeunes comédiens et constitué une équipe de
    huit techniciens, la plupart issus de son école.

    Petit
    budget mais grande émotion
     


    « Même si c’est court, mon rôle fait ressortir certaines
    émotions et c’est toujours un exercice intéressant pour un acteur. Le petit
    budget du film n’enlève rien à sa qualité et il y a une très bonne ambiance sur
    le plateau
     »
    reconnaît Léo Lesbègue, 20 ans, héros principal du film. Car côté financement,
    Victor a lancé une souscription via un site participatif bien connu des
    internautes (Ulule). Les fonds recueillis correspondent à un quart du budget
    total estimé à 850 euros, sachant que la location des uniformes allemands
    représente près de 20 % de ce budget. Victor financera le solde avec ses
    deniers personnels. Grâce à l’aimable autorisation des propriétaires, le
    tournage a débuté jeudi 12 septembre dans le décor du parc du château de Brou.

    Comme
    de vrais pros… qu’ils seront


    Élève en 1ère année à Eicar, spécialité son, Benoît Griesbach vient de Cergy
    (95). « C’est au
    moins mon 15e tournage. Je suis aussi musicien-compositeur à l’image.
    Auparavant j’ai fait des écoles d’ingénieur et puis j’ai tout arrêté pour me
    consacrer à ma passion »
     confie-t-il
    en veillant à ne mettre sa perche-son dans le champ de la caméra Panasonic HMC.
    « Silence, on tourne ! Évitez de marcher sur le gravier ! » clame Romain Bonningue. En
    tant qu’assistant réalisateur, il ne s’occupe pas des acteurs, dont la
    direction est du ressort du réalisateur, mais gère l’équipe technique. « Je
    suis en fait le pont entre l’imaginaire et la faisabilité
     » reconnaît-il en esquissant un
    sourire.

    «
    Ce film est pour moi un challenge »


    Tel un ressort, Eloïse Martin bondit entre deux prises pour un raccord
    maquillage. Agée de 20 ans, élève à l’Institut technique de maquillage
    artistique professionnel de Paris, elle a déjà participé à quatre tournages
    étudiants et définit sa prestation comme un challenge. « Le
    plus difficile sur un tournage comme celui-ci est de travailler rapidement,
    c’est-à-dire qu’on me donne un minimum de temps pour faire des choses parfois
    assez compliquées
     ».
    Laura Tontini écoute les dernières instructions de Victor. Future comédienne,
    elle a tourné en juin dernier au château de Valmath, (près de Limoges) dans un
    court-métrage, L’homme en rouge, qui
    sortira le 25 septembre à Paris. La scène de son arrestation a été enregistrée
    à la chapelle Sainte-Bathilde, à Chelles. Laurent Cussinet, 29 ans, acteur
    professionnel issu de l’école de théâtre corporel Jacques-Lecoq, campe le
    général SS qui vient l’arrêter. « J’ai rencontré Victor sur un tournage où
    je jouais un rôle d’inspecteur. Victor m’a demandé d’interpréter un personnage
    sombre, avec une voix grave et posée qui affirme à la fois son assurance et sa
    détermination
     ».
    L’occasion de faire apparaître les deux uniformes allemands loués chez « Le
    vestiaire », magasin parisien spécialisé dans les costumes et accessoires, bien
    connu des réalisateurs de cinéma et de télévision. La séquence de torture,
    quant à elle, a été filmée dans les locaux de l’école Eicar, à La
    Plaine-St-Denis (93).Le film sera visible sur le site du réalisateur, mais il
    envisage aussi de contacter le cinéma Cosmos pour une projection destinée aux
    Chellois.

    S.
    Moroy

    www.vectan-production.c.la


    Brou18 - Copie
    Les deux héros du
    film, Léo et Jeanne, font une pause avant d'enchaîner la scène romantique au
    début du film

    Le
    pitch du film

    Dans la France occupée de
    1940, Jeanne Arpane (Laura Tontini) mène une vie ordinaire lorsque soudain son
    destin bascule. Son mari Léo (Léo Lesbègue) est capturé par la gestapo lors
    d’une opération de sabotage. Jeanne est à son tour arrêtée par les nazis. Confronté
    à son mari, elle fait l’objet d’un odieux chantage de la part du général
    Weissmuller (Laurent Cussinet) en vue de soutirer à son époux les précieux
    renseignements qu’il détient.

    Le château de Brou
    On ignore la date de sa construction car les archives ont en partie été
    détruites par les Prussiens en 1870. Le pigeonnier, privilège seigneurial,
    daterait de 1545 mais le château a été édifié vers le milieu du 17e siècle par
    Paul-Esprit Feydau, intendant du roi. Il a subi des travaux tout au long du 18e
    siècle avant de devenir en 1844 propriété de Charles-Floréal Thiébaut, fondeur
    en bronze d’art à Paris. Classé monument historique en 1984, il a été mis en
    vente par ses propriétaires fin 2011. Claude Chabrol y a tourné un film pour la
    télévision, juste avant sa mort en septembre 2010.


    Chelles6 - Copie
    Le général SS
    Weissmuller pénètre dans la chapelle Ste-Bathilde pour arrêter Jeanne venue
    prier pour son mari.

    La chapelle
    Ste-Bathilde, à Chelles

    L’édifice se trouve au 39 avenue de la Résistance. A l’origine, c’était une
    ancienne grange à bois louée par la paroisse pour l’exercice du culte. Elle
    reçut en 1916 le nom de chapelle Sainte-Bathilde en souvenir de celle qui vécut
    à Chelles au 7e siècle. L’édifice devient la propriété de l’association
    diocésaine de Meaux en 1983.

  • Tournage dans la région, un film sur le « dernier voyage »

    Tournage dans la région, un film sur le « dernier voyage »

    Hopital 1

    Une scène-clé du film de Pierre a été tournée dans une chambre de la clinique de Brou-sur-Chantereine.

    Trio 2

    Séance de repérage au
    milieu du bois de Brou. De gauche à droite : Victor Dartinet, 22 ans,
    étudiant à l’école de cinéma Icart et qui a apporté son aide pour le
    casting des acteurs, Pierre Win et Lucas Guénand.

     

    Dimanche 23 juin, 22 h 30. Une étrange effervescence règne au cœur du bois de Brou. Autour d’une carcasse de voiture, sous la lumière blafarde de phares automobiles et de deux projecteurs, Pierre Win et son équipe tournent un court-métrage de fiction.

    « C’est la scène capitale du film, la plus difficile. Pour l’instant, tout se passe bien. C’est un travail collectif où chacun y trouve son compte. Mais on peut toujours avoir des imprévus… comme la pluie par exemple » confie le jeune réalisateur en installant son appareil Canon qui filmera en vidéo haute définition. Pierre a fait appel à son réseau d’amis, mais aussi au bénévolat de techniciens et acteurs professionnels pour réaliser son court-métrage financé pour partie par une subvention du Conseil général allouée aux jeunes réalisateurs. « Illusion obscure » relate le drame d’un grand blessé de la route, Victor, qui effectue son dernier voyage. Un thème cher au réalisateur, photographe de formation, qui travaille sur le projet depuis septembre dernier et dont c’est le premier film (voir l'article publié le 20 février dans La Marne).


    Illusionobscure marne
    Après avoir obtenu l’autorisation de tourner dans le bois, interdit à la circulation depuis qu’il est devenu liaison douce en février 2012, Pierre a demandé en début de soirée au Garage-Breuillois de déposer une épave de Polo Volkswagen, à mi-chemin entre Villevaudé et Brou. « Elle sera retirée demain pour ne pas gêner les promeneurs. Il se trouve que j’ai exactement la même, pratique pour le film ! » précise Lucas Guénand, assistant à la réalisation.

    Un rôle surprenant mais intense. « Mardi 18 juin, nous avons tourné la scène du réveil de Victor dans une chambre de l’hôpital privé de Brou. C’était le premier jour de tournage. L’ambiance est sympa car, comme dans tous les courts-métrages, on a affaire à des passionnés, même si on n’a pas le budget et le confort d’un long-métrage professionnel » avoue Gilles Cherqui, acteur et scénariste parisien de 34 ans. « L’accident automobile est la 3e séquence du film. C’est le moment où tout bascule, où l’histoire commence. Victor m’a séduit parce que c’est un rôle fort, surprenant, et aussi parce que c’est rare d’avoir des rôles aussi intenses, même si c’est troublant d’interpréter un personnage qui perd l’usage de ses jambes » poursuit Gilles qui a joué dans la série « Platane » diffusée sur Canal+. Camille Combes, 24 ans, est venue elle aussi de Paris. Elle est entre les mains de Morgane Vandé, maquilleuse chelloise. Tout comme le conducteur, elle perdra la vie, tandis que Victor, à l’arrière, sera projeté à travers le pare-brise avant.

    SangPierre met du (faux) sang sur la chemise de Gilles. Ce dernier est couché sur des coussins afin de ne pas se blesser. A l'arrière-plan, dans l'obscurité, Camille grelotte de froid

    « Mon rôle est court puisque je meurs au début, mais le scénario m’a beaucoup plu. Je suis toujours prête à tourner dans un maximum de films de ce genre… surtout quand la rencontre avec le réalisateur se passe bien ».


    Sortie de boiteSortie de boîte de nuit, juste avant le tragique accident. La séquence a été tournée mardi 25 juin à 23 heures près du parking Auchan, à Chelles. De gauche à droite, les comédiens Gilles, Camille et Cédric.

    Actrice professionnelle, Camille a joué dans plusieurs courts-métrages dont le dernier « Intimité », de Christelle Juteau, est passé récemment au festival de Cannes. On la verra également dans « Je ne suis pas morte », long-métrage de Jean-Charles Fitoussi programmé à la Cinémathèque française pour janvier 2014.

    Reproduire une fracture ouverte. Escalope et fragments d’os de volaille dans les mains, Yann Messalti, un Chellois de 25 ans, s’affaire pour reconstituer une fracture ouverte sur le bras de Camille. Yann assiste la maquilleuse qui dessine maintenant des filets de sang sur le crâne rasé de Cédric Welsch. Ce dernier incarnera le conducteur de la voiture accidentée. Guillaume lance un fumigène sous le châssis du véhicule. « Silence, moteur, action ! ». Kévin, photographe de plateau, arrête de mitrailler dès que Lucas actionne le clap. D’épaisses volutes de fumée grises enveloppent les trois victimes inanimées.


    TournageLoïc et sa perche, Guillaume au réflecteur et Pierre au cadre. Il s'est déchaussé pour ne pas que l'on entende crisser ses chaussures.

    Sa perche-son tendue à bout de bras, Loïc Joyeux suit le lent travelling arrière de Pierre le long de la carcasse de métal. « En tant que professionnel, je suis défrayé pour la location du matériel, mais la prestation technique est offerte. Cela me plaît d’aider les autres » glisse le jeune ingénieur du son.

    Collision frontale. Fabien Savall, Breuillois de 21 ans, ne cache pas son admiration. « Les effets spéciaux sont vraiment bluffant ! ». C’est lui le chauffard à l’origine de la collision.


    Tournage collisionLucas prend les consignes de Pierre qui prépare la scène de la collision en travelling. Kévin déploie un projecteur led qui va éclairer la prise.

    Pour la simuler, deux voitures sont accolées avant de se séparer rapidement : l’une en marche avant et l’autre en arrière. La prise de vue, accélérée et montée en sens inverse, donnera l’illusion du choc frontal. Les prises sont bonnes, Pierre se détend. Il enregistre quelques inserts (détails) dans l’habitacle de l’épave.

    2 h 30 du matin. Le tournage est terminé. L’aventure se poursuivra à Chelles puis à Égreville. Enfin, courant juillet, l’équipe tournera la séquence finale dans les Côtes-d’Armor, en Bretagne. Après montage et post-production, le film sera prêt en octobre, date à laquelle Pierre promet une projection au cinéma Cosmos de Chelles avec tous les intervenants.

    Serge Moroy

    L'histoire du film: Après un violent accident de voiture au sortir d’une boîte de nuit, Victor se
    réveille à l’hôpital, paraplégique et atteint d’un traumatisme
    crânien qui le condamne à compter ses jours. On lui propose de subir
    une opération qui peut lui donner la chance de vivre, comme elle peut
    aussi le tuer. Face à ce dilemme, et contre toute attente, Victor
    choisit une autre option.

  • Meaux, Le guetteur de lumière, nouveau spectacle historique

    Meaux, Le guetteur de lumière, nouveau spectacle historique



    Danse-5

    Vendredi  14 juin 2013, 22 h
    15, quelque 650 personnes pénètrent dans la cour de l’évêché pour prendre place
    dans la tribune, face au vieux chapitre, et assister à la toute première
    représentation du « guetteur de lumière » concocté par Dominique Martens.

    Cela fait 31 ans que la Ville et l’OCAM (Office de concertation et
    d’animation de Meaux) retracent avec audace et panache l’histoire de la
    capitale de la Brie, mobilisant 500 bénévoles qui se relaient pour donner corps
    et âme au passé. « On a eu beau répéter, j’ai quand même
    le trac car c’est une grande première. Je joue plusieurs rôles : gueuse,
    marchande, lavandière… Le metteur en scène nous a demandé d’entrer à fond dans
    la peau de notre personnage tout en tenant compte des autres
     » confie Denise Hocquaux pour
    l’instant au point accueil. Le spectacle historique de Meaux, c’est pour
    elle une histoire de famille qui dure depuis plus de 15 ans. Sa fille Carole,
    29 ans, a débuté à l’âge de 8 ans et participe maintenant en tant que danseuse.
    Le petit-fils de Denise, Nicolas 10 ans, joue également et a commencé à l’âge
    de 3 ans et demi. Avec pour prétexte la première bataille de la Marne
    (septembre 1914), le nouvel opus a séduit les petits comme les plus grands. « C’est
    très coloré, grandiose, les effets sont superbes et les scènes variées. Ma
    fille y joue un rôle
     »
    applaudit Michel Grandgirard à la fin de la représentation.

    Trac et liesse à la fois

    Même enthousiasme chez Guy et Nicole, un couple de retraités
    résidant à Esbly. «C’est
    la première fois que l’on vient au spectacle historique de Meaux. C’est très
    beau, original et réjouissant, avec des tableaux remarquables comme ceux des
    lavandières et du sculpteur de statues
     ». Et Guy d’ajouter : « Réjouissant
    aussi parce que l’on sent une véritable liesse chez les acteurs, un sentiment
    collectif qui déborde quelquefois et que le metteur en scène n’avait peut-être
    pas prévu
     ».
    Leur petite-fille, Niaouli 16 ans, interprétait la scène des épouses recevant
    les lettres des soldats écrites au front. A la surprise des spectateurs, elles
    lisent quelques lignes tout en circulant  parmi eux dans la tribune.
    Impression plus critique pour Pierre qui a vu tous les opus depuis « Meaux en
    marche vers la liberté » produit en 1984. Il avoue avoir été perturbé par
    quelques épisodes qui s’entremêlent sans souci de chronologie. « Pour
    l’instant je suis déçu. Par rapport aux précédents spectacles, il y a des temps
    morts entre les changements de tableaux. Et les seules scènes d’action sont
    celles des danseuses
     ».
    Mais Pierre admet que c’est la première représentation et que les suivantes
    iront en s’améliorant. Camille Chaslin, 12 ans, avoue aussi avoir eu le trac
    pour sa première participation, et surtout avoir été impressionnée par
    l’ambiance de certaines scènes. « Lorsque l’on a répété, c’était en
    journée et ça faisait moins peur
     ». Promis, Camille n’aura plus
    peur pour son prochain spectacle, vendredi 21 juin à 22 h 30. 

    S. Moroy


    Mariage Jeanne et Augustin
    L’histoire 
    :

    Septembre 1914. Augustin,
    personnage principal, est un jeune poilu de 20 ans chargé de guetter les
    mouvements de l’ennemi au loin. Du haut de sa tour, il observe les méandres d’une
    guerre qui n’en finit pas. Pour passer le temps, Augustin se remémore avec
    nostalgie ses souvenirs d’enfance ; car s’il est soldat aujourd’hui, il est
    avant tout un talentueux tailleur de pierres meldois. Il se rappelle chaque
    trésor historique de sa ville, tous les lieux qui ont accompagné son enfance :
    la cathédrale Saint-Etienne, le Palais Episcopal, la Chapelle et le Vieux Chapitre…
    L’événement le plus marquant de sa vie est sans aucun doute sa rencontre avec
    Jeanne, à l’âge de 10 ans à la Cité épiscopale. Depuis ce moment,  elle n’a plus jamais quitté ses pensées. Tout
    deux séparés par la guerre, l’un au front, l’autre à l’arrière, ne rêvent que
    d’une chose : se retrouver.

    Prochaines représentations : Les 21-22-28-29 juin à 22 h 30. Les
    6-13-20 juillet à 22 h 30. Les 30 et 31 août à 21 h 30. Les 6-7-13-14 septembre
    à 21 h 30. Plein tarif : 17 euros. Enfants de moins de 12 ans : 8
    euros. Enfants de moins de 4 ans : gratuit. Tarif groupes : 14 euros.
    Renseignements et réservations : www.spectacle-meaux.fr – Tél : 01
    64 33 02 26
     

    (suite…)

  • Meaux, Le guetteur de lumière, nouveau spectacle historique



    Danse-5

    Vendredi  14 juin 2013, 22 h
    15, quelque 650 personnes pénètrent dans la cour de l’évêché pour prendre place
    dans la tribune, face au vieux chapitre, et assister à la toute première
    représentation du « guetteur de lumière » concocté par Dominique Martens.

    Cela fait 31 ans que la Ville et l’OCAM (Office de concertation et
    d’animation de Meaux) retracent avec audace et panache l’histoire de la
    capitale de la Brie, mobilisant 500 bénévoles qui se relaient pour donner corps
    et âme au passé. « On a eu beau répéter, j’ai quand même
    le trac car c’est une grande première. Je joue plusieurs rôles : gueuse,
    marchande, lavandière… Le metteur en scène nous a demandé d’entrer à fond dans
    la peau de notre personnage tout en tenant compte des autres
     » confie Denise Hocquaux pour
    l’instant au point accueil. Le spectacle historique de Meaux, c’est pour
    elle une histoire de famille qui dure depuis plus de 15 ans. Sa fille Carole,
    29 ans, a débuté à l’âge de 8 ans et participe maintenant en tant que danseuse.
    Le petit-fils de Denise, Nicolas 10 ans, joue également et a commencé à l’âge
    de 3 ans et demi. Avec pour prétexte la première bataille de la Marne
    (septembre 1914), le nouvel opus a séduit les petits comme les plus grands. « C’est
    très coloré, grandiose, les effets sont superbes et les scènes variées. Ma
    fille y joue un rôle
     »
    applaudit Michel Grandgirard à la fin de la représentation.

    Trac et liesse à la fois

    Même enthousiasme chez Guy et Nicole, un couple de retraités
    résidant à Esbly. «C’est
    la première fois que l’on vient au spectacle historique de Meaux. C’est très
    beau, original et réjouissant, avec des tableaux remarquables comme ceux des
    lavandières et du sculpteur de statues
     ». Et Guy d’ajouter : « Réjouissant
    aussi parce que l’on sent une véritable liesse chez les acteurs, un sentiment
    collectif qui déborde quelquefois et que le metteur en scène n’avait peut-être
    pas prévu
     ».
    Leur petite-fille, Niaouli 16 ans, interprétait la scène des épouses recevant
    les lettres des soldats écrites au front. A la surprise des spectateurs, elles
    lisent quelques lignes tout en circulant  parmi eux dans la tribune.
    Impression plus critique pour Pierre qui a vu tous les opus depuis « Meaux en
    marche vers la liberté » produit en 1984. Il avoue avoir été perturbé par
    quelques épisodes qui s’entremêlent sans souci de chronologie. « Pour
    l’instant je suis déçu. Par rapport aux précédents spectacles, il y a des temps
    morts entre les changements de tableaux. Et les seules scènes d’action sont
    celles des danseuses
     ».
    Mais Pierre admet que c’est la première représentation et que les suivantes
    iront en s’améliorant. Camille Chaslin, 12 ans, avoue aussi avoir eu le trac
    pour sa première participation, et surtout avoir été impressionnée par
    l’ambiance de certaines scènes. « Lorsque l’on a répété, c’était en
    journée et ça faisait moins peur
     ». Promis, Camille n’aura plus
    peur pour son prochain spectacle, vendredi 21 juin à 22 h 30. 

    S. Moroy


    Mariage Jeanne et Augustin
    L’histoire 
    :

    Septembre 1914. Augustin,
    personnage principal, est un jeune poilu de 20 ans chargé de guetter les
    mouvements de l’ennemi au loin. Du haut de sa tour, il observe les méandres d’une
    guerre qui n’en finit pas. Pour passer le temps, Augustin se remémore avec
    nostalgie ses souvenirs d’enfance ; car s’il est soldat aujourd’hui, il est
    avant tout un talentueux tailleur de pierres meldois. Il se rappelle chaque
    trésor historique de sa ville, tous les lieux qui ont accompagné son enfance :
    la cathédrale Saint-Etienne, le Palais Episcopal, la Chapelle et le Vieux Chapitre…
    L’événement le plus marquant de sa vie est sans aucun doute sa rencontre avec
    Jeanne, à l’âge de 10 ans à la Cité épiscopale. Depuis ce moment,  elle n’a plus jamais quitté ses pensées. Tout
    deux séparés par la guerre, l’un au front, l’autre à l’arrière, ne rêvent que
    d’une chose : se retrouver.

    Prochaines représentations : Les 21-22-28-29 juin à 22 h 30. Les
    6-13-20 juillet à 22 h 30. Les 30 et 31 août à 21 h 30. Les 6-7-13-14 septembre
    à 21 h 30. Plein tarif : 17 euros. Enfants de moins de 12 ans : 8
    euros. Enfants de moins de 4 ans : gratuit. Tarif groupes : 14 euros.
    Renseignements et réservations : www.spectacle-meaux.fr – Tél : 01
    64 33 02 26
     

    (suite…)

  • Sexe, pouvoir and money, Compagnie du casse-tête

    Sexe, pouvoir and money, Compagnie du casse-tête



    Le ministre tr-s entreprenant avec sa ma-tresse

    70
    Villevaudéens ont assisté dimanche 14 octobre
    à la salle des Merisiers à une pièce de théâtre
    programmée par le CIV (Comitié d’Initiative de Villevaudé) : Sexe, pouvoir and money.


    C’est la Compagnie du Casse-tête, troupe
    de théâtre de Chessy-Chalifert créée en 2004, qui interprétait cette pièce
    signée Christian Couture. « Il s’agit d’une comédie
    politico-satirique en trois actes dont l’idée m’est venue il y a quatre ans.
    J’y épingle sur un ton acerbe les petits travers des hommes politiques qui nous
    gouvernent. Nous voyons évoluer les personnages dans leur monde fermé et cruel
    où ils se manipulent les uns les autres, oubliant que la politique doit être
    avant tout au service de l’intérêt général. Avec l’affaire DSK qui a éclaté en
    mai 2011, je ne me doutais pas que la réalité allait dépasser la fiction et
    contribuer à la promotion de ma pièce »
    a déclaré l’auteur
    présent dans la salle.



    Odile- la femme du ministre- et son coach et amantPetits travers, mais
    aussi grosses magouilles financières dans les hautes sphères politiques en période
    pré-électorale où tous les coups sont permis, surtout ceux en dessous de la
    ceinture. « La pièce, comme son titre l’indique, s’articule autour de trois
    grandes idées : le sexe, le pouvoir et l’argent. A la lecture du texte, il
    m’est très vite apparu que les stratagèmes politiques étaient fomentés
    particulièrement par trois personnages : le ministre Jean-Mathieu de la
    Faisanderie, fringant quinquagénaire marié et ministre de la famille et des
    bonnes mœurs, sa femme Odile, également ministre, et le magnat de la finance,
    Martin Bouzygues.


    Les domestiques tout aussi lubriques que leurs ma-tresJ’ai volontairement adopté un décor très contemporain,
    majoritairement blanc afin de marquer l’actualité du thème proposé et créer une
    ambiance impersonnelle et aseptisée »
    a déclaré Sylvie Blanché. La
    jeune femme, comédienne de longue date, met en scène les pièces jouées par la
    Compagnie du Casse-tête, dont la précédente, « La Dame de chez Maxim », avait
    été représentée le 20 février 2011 salle des Merisiers. Les références et allusions
    sont nombreuses avec l’affaire de l’ancien patron du FMI. Si d’aucuns ne
    voyaient pas le rapprochement, la seule scène où Odile, femme du ministre, lit assise
    dans le canapé un numéro du magazine économique « Challenges » titrant
    « A qui profite l’affaire DSK ? »
    suffira à les en convaincre. Toute ressemblance avec des faits ou des
    personnages réels ne serait donc pas… que pure coïncidence.
    S.Moroy


    A qui profite l-affaire DSK


    Instant de complicit- entre la bonne et la ma-tresse du ministre
    Le patron- la ma-tresse- le ministre
    Le ministre lutine sa ma-tresse


    IMGP1683

  • Dans les coulisses du film d’animation au musée de la Poste à Paris

    Dans les coulisses du film d’animation au musée de la Poste à Paris

    FlyerLe musée de la Poste à Paris propose jusqu’au 25 août une exposition exceptionnelle sur l’histoire du film d’animation, du premier dessin animé de 1892 aux images de synthèse 3D d’aujourd’hui.

    Thaumatrope, phénakistiscope, zootrope, praxinoscope… créés sur le principe de la persistance rétinienne (illusion optique rémanente), ces premiers jouets optiques inventés au 19e siècle figurent en bonne place dans la première salle consacrée à la genèse du dessin animé. C’est Emile Reynaud qui perfectionnera le théâtre optique avec une bande de dessins peints sur des carrés de gélatine. En octobre 1892 « Les aventures de Pierrot » sont projetées au musée Grévin. On parle alors de pantomimes lumineuses et elles précèdent l’invention du cinématographe des frères Lumière qui verra le jour en décembre 1895. Il faudra néanmoins attendre 1908 pour voir apparaître le premier dessin animé sur pellicule argentique : « Fantasmagorie », soit 700 dessins sur une bande de 36 cm réalisés puis photographiés par Emile Cohl, projection d’une durée de… 2 minutes. En 1919, Félix le chat, personnage espiègle de Pat Sullivan, devient la première grande star de cartoon. Mais le chat sera finalement « mangé » par la souris Mickey née sous le crayon de Walt Disney en 1928.

    Blanche-Neige immortelle

    En 1937 « Blanche-Neige et les 7 nains », premier long-métrage animé sonore en Technicolor de Walt Disney, constitue une révolution dans l’histoire du dessin animé avec ses 400 000 dessins photographiés à la caméra multiplane. Cette nouvelle technique apporte un réalisme saisissant au vieux conte des frères Grimm, lui conférant profondeur et relief. Le film sera projeté le 21 décembre 1937 à Los-Angeles et recevra 8 oscars  en février 1938 : un grand et sept petits… pour symboliser les personnages du film.

    PraxinoscopeUn humour ravageur

    Mais Disney a lui aussi des concurrents. Les premiers sont les frères Fleischer (Koko le clown, Popeye, Betty Boop). Leur premier long métrage « Les voyages de Gulliver », adapté de l’œuvre de Jonathan Swift, sort en 1939. Tex Avery, chef de file du cartoon hollywoodien, se veut quant à lui l’anti-Disney avec des réalisations à l’humour décapant. Il crée de nouveaux personnages (Porky Pig, Daffy Duck, Bugs Bunny) qui évoluent dans un univers loufoque et délirant. Issus de son équipe à la MGM, William Hanna et Joseph Barbera fondent en 1957 leur propre studio qui produira des séries pour la télévision : « Yogi l’ours », 67 épisodes de 7 minutes en 1958, et « Les Pierrafeu », 166 épisodes de 25 minutes diffusés à partir de 1960.

    Le Japon, entre tradition et futur

    Les années 70 voient le règne de l’animation japonaise. « Astro-Boy », première série animée nipponne de 1963, est signée Osamu Tezuka. Le grand studio Toei Animation produit des séries inspirées de mangas à succès (Goldorak, Albator, Candy) et hisse le Japon à la deuxième place derrière les Etats-Unis grâce à sa technique réduisant le nombre d’images par seconde. A l’ère informatique, Hayao Miyazaki (transfuge de chez Toei Animation) réalise de façon traditionnelle « Le voyage de Chihiro » en 2001, c’est-à-dire avec des dessins faits à la main sur des celluloïds ; l’ordinateur ne servant qu’à leur mise en couleurs.

    Jeannot l-intr-pide -1949-Made in France

    La production française n’est pas non plus en reste. Elle peut compter sur les talents inspirés de Jean Image – réalisateur en 1949 du premier long-métrage français en Technicolor (Jeannot l’intrépide) comprenant 160 000 dessins et 600 décors – Paul Grimault (Le roi et l’oiseau, 1980), Michel Ocelot (Kirikou, 1998), Sylvain Chomet (Les triplettes de Belleville, 2003)… Fin avril 1968, « Les Shadocks », de drôles d’échassiers à l’esprit absurde inventés par Jacques Rouxel, font leur apparition au petit écran. Jean Image réalise de son côté plusieurs séries pour la télévision, dont « Picolo et Picolette » et « Kiri le Clown » qui illustre les aventures de marionnettes dans le monde du cirque (130 épisodes diffusés jusqu’en 1969).

    Papier et fil de fer

    Car la créativité dans l’animation ne connaît pas de limite. Elle s’exprime également dans l’utilisation de matériaux divers tels le papier découpé, les marionnettes, le fil de fer, la pâte à modeler… Le théâtre de marionnettes puise sa source dans la culture populaire des pays de l’Europe de l’Est. C’est donc tout naturellement que l’animation tchèque, avec notamment Jiri Trnka, est passée maître dans cet art juste après la Seconde Guerre mondiale. « Le roman de Renard » du Polonais Ladislas Starewitch (1929) et « Wallace et Gromit » de l’Anglais Nick Park dans les années 90 sont aussi, entre autres, de brillants exemples dans le genre. Avec « L’étrange Noël de Monsieur Jack » (1993), l’Américain Tim Burton met la barre encore plus haut : 400 têtes modelées dans de l’argile renfermant une armature pour le seul personnage de Jack !

    La révolution informatique

    L’informatique va révolutionner les techniques de l’animation. « Toy Story » (1995), fruit d’une heureuse collaboration entre les studios Disney et Pixar Animation, sera le premier long-métrage intégralement réalisé en images de synthèse 3D. Sa confection a nécessité 25 000 dessins et mobilisé une équipe de 110 personnes !

    Après cette évocation historique courant sur plus d’un siècle, l’exposition révèle dans les deux dernières salles les secrets de fabrication de deux courts-métrages, l’un en 2D (Oggy et les cafards – 2011) et l’autre en 3D (Nicolas et Guillemette – 2008). Les différentes phases sont développées, depuis le concept et dessins de recherche, la préproduction (synopsis, storyboard, développement graphique, feuille d’exposition), la production (line-test) jusqu’à la postproduction (compositing, montage, musique et bruitages). « C’est plutôt amusant de faire l’impossible ! » déclarait Walt Disney. Il est vrai que l’impossible est inconnu dans l’univers du cartoon. S. Moroy

    L'expo conçue de façon interactive intéressera toutes les tranches d'âges et permettra aux enfants de se familiariser avec les jouets optiques qui ont préfiguré le dessin animé.

    « Dans les coulisses du film d’animation » – Musée de la Poste (Salles 12-13-14-15 ) – 34 Boulevard de Vaugirard 75014 Paris (Tél : 01 42 79 24 24) – Métro : Montparnasse-Bienvenüe – Ouvert de 10 h à 18 h, le jeudi jusqu’à 20 h sauf dimanche et jours fériés – Tarif : 6,50 euros – Tarif réduit : 5 euros – Gratuit pour les moins de 13 ans.

  • Tintin, Hergé et le cinéma, Philippe Lombard

    Tintin, Hergé et le cinéma, Philippe Lombard

    Tintin cinémaTINTIN – HERGE ET LE CINEMA

    PHILIPPE LOMBARD

    DEMOCRATIC BOOKS

    Le célèbre globe-trotter a 83 ans

    Et il est toujours en quête d'enquêtes. D'abord en BD puis en films fixes, marionnettes, dessins animés, films avec acteurs, sans acteurs, et enfin dernièrement en 3D (« Le secret de la Licorne », 2011). Malgré son âge (il est né en 1929), le reporter du Petit Vingtième est décidément infatigable. Bien des cinéphiles se sont inspirés de ses nombreuses aventures avec plus ou moins de bonheur (Podalydès, Resnais, Polanski, Jeunet, de Broca, Poiré, Sfar…). Et si le personnage d'Indiana Jones a un petit air de ressemblance avec Tintin (la houppette en moins, le fouet en plus), Spielberg affirme pourtant ne pas avoir eu connaissance de l'existence de l'oeuvre d'Hergé lors de la création de son intrépide professeur-archéologue.  

    Hergé, de son vrai nom Georges Rémi (1907-1983), a été bercé dans sa jeunesse par le cinéma muet et les films burlesques américains. Pas étonnant du coup que ses bandes dessinées adoptent un découpage résolument cinématographique avec des scénarios comportant des courses-poursuites en voitures, gags en tous genres, dignes de Buster Keaton ou de Laurel et Hardy, avec toujours énormément d'action et de rebondissements rappelant le style de Hitchcock. Pourtant à bien y regarder, force est de reconnaître que les aventures du reporter belge n'ont jamais été très bien adaptées à l'écran. « Tintin et le mystère de la Toison d'or » (J-J Vierne, 1961) et « Tintin et les oranges bleues » (Philippe Condroyer, 1964) ne furent pas de grandes réussites bien que l'interprétation de l'instituteur Jean-Pierre Talbot (son vrai métier) ne soit pas dénuée d'intérêt et qu'il ait été - finalement – le seul et unique Tintin en chair et en os porté à l'écran. La toute première adaptation de Tintin date de 1947, réalisée par Claude Misonne avec des marionnettes en chiffon (« Le crabe aux pinces d'or », 1947), présentait un charme attachant. Mais le seul hommage vraiment digne de Tintin au cinéma aura été sans conteste « L'Homme de Rio » (1964), un film de Philippe de Broca conduit tambour battant par Jean-Paul Belmondo. En plus de la « french touch » tout y est, avec des ressemblances nombreuses à l'oeuvre d'Hergé… pour une fois heureuses. Inspiré très librement des aventures de Tintin, le film regorge d'action, d'humour, d'exotisme, de mystère, et se déguste comme une bande dessinée, fluide et limpide.

    Ce livre réconciliera-t-il bédéphile et cinéphile ? A la lecture de cet essai, on peut en douter. En d'autres termes, la fameuse « ligne claire » chère à Hergé a-t-elle été trahie au cinéma au fil des modes fréquemment ressuscitées pour remplir le tiroir-caisse ? Les puristes crieront-ils au sacrilège ? L'auteur n'entre pas dans la polémique, mais retrace méthodiquement la plupart des facettes que le génial dessinateur a entretenu sa vie durant avec le cinéma et les adaptations de son illustre héros. Il pose ce faisant un regard qui ne manque pas d'intérêt pour qui, tintinophile ou simple curieux, cherchera à comprendre pourquoi Tintin, l'un des personnages les plus célèbres du monde de la bande dessinée, constitue l'archétype absolu du journaliste enquêteur. S. Moroy

    Disponible à la bibliothèque de la Roseraie : « Tintin – Hergé et le cinéma » – Philippe Lombard – Edition Democratic Books – 200 pages – ISBN 978-2-36104-056-7 – Dépôt légal : septembre 2011.