Catégorie : 23 Cinéma, théâtre

  • L’aventure des films. Histoire de vingt tournages mythiques, Olivier Rajchman

    L’aventure des films. Histoire de vingt tournages mythiques, Olivier Rajchman

    Couverture livre (1)L'AVENTURE DES FILMS

    Histoire de vingt tournages mythiques

    OLIVIER RAJCHMAN

    PERRIN

    Des « Lumières de la ville » (1931) à « Barbie » (2023), en passant par « Blanche-Neige » (1937) ou « 2001, l’odyssée de l’espace » (1968), ce sont vingt chefs-d’œuvre dont Olivier Rajchman, journaliste et historien de cinéma, nous conte les coulisses. Voici l’envers du décor de leur tournage, leur petite histoire en quelque sorte, dans un style captivant puisque celui de la confidence. Petit florilège…

    En août 1958, à New York, au beau milieu de Madison Avenue, Cary Grant est entouré de techniciens, mais aussi de passants anonymes se retournant sur les premières prises de vues de « La mort aux trousses ». L’occasion pour Alfred Hitchcock de démentir sa réputation de cinéaste n’aimant pas tourner en décors naturels. Pour autant, à sa sortie, son film ne sera pas le grand classique du suspense qu’il deviendra plus tard. Personne ne ressent alors, par manque de recul, son atmosphère particulière. Plus qu’un thriller, cette traversée trépidante des États-Unis à la fin des années 1950 apporte un témoignage saisissant sur l’esthétique, l’architecture et les modes d’un Occident très préoccupé par la guerre froide.

    Jugé trop long par la production, « Le guépard » a subi moult coupures tandis que ses couleurs pâlissent au fil du tirage successif des copies en 35 mm. Car, tourné initialement en 70 mm, le film a finalement été « rétréci » dans ce format d’exploitation usuel dans les salles de cinéma ; ce qui exaspère au plus haut point Luchino Visconti. Décédé en mars 1976, le maître italien ne verra pas sa grande fresque historique enfin restaurée dans ses couleurs d’origine et dans une durée presque complète (soit 185 minutes tout de même), qui aurait pu lui convenir. En fait, chez Visconti, tout comme chez Proust d’ailleurs, il est toujours question de… temps perdu.

    Après le krach financier de 1929, le cinéma hollywoodien est en crise. Et le studio Disney n’y échappe pas malgré les succès de Mickey et des Silly Symphonies (Les trois petits cochons, Le vilain petit canard, Des arbres et des fleurs, etc.). Un soir d’été 1934, Walt Disney réunit toute son équipe. Il lui expose son projet d’un long métrage d’animation tout en couleurs et sonore, tiré d’un conte des frères Grimm tombé dans l’oubli : « Blanche-Neige et les sept nains ». Stupéfaits, tous les participants voient alors leur patron mimer les personnages (y compris la reine-sorcière) dans les séquences clefs du futur film. Quatre années seront nécessaires pour réaliser ce chef-d’œuvre techniquement novateur présenté le 21 décembre 1937 à Los Angeles. Disney, le visionnaire, a gagné son pari fou. En février 1939, suprême consécration, il reçoit huit Oscars : un grand et sept petits symbolisant les héros de son film.

    Œuvre majeure, « révolutionnaire » selon certains, cassant allégrement les poncifs du western, « Il était une fois dans l’Ouest » en est paradoxalement à la fois le plus grand et le dernier. Le titre est déjà une déclaration d’intention évoquant les contes perdus de la vieille Amérique… pour mieux les bousculer. Car Sergio Leone ne fait jamais les choses à moitié. Il est maniaque et soucieux du détail, ce qui le rapproche de Visconti. Bruits d’ambiance, gros plans, brièveté des dialogues, silences éloquents… A l’inverse d’un John Ford bavard exaltant le chemin de fer comme vecteur de civilisation, Leone en démonte les bienfaits et souligne les stigmates sociaux et raciaux de l’époque. La musique somptueuse d’Ennio Morricone coule de source et les acteurs s’en inspirent avec délectation. L’alchimie fonctionne et le résultat crève l’écran. L’écho lancinant de l’harmonica résonne toujours dans nos têtes.

    Claude Sautet est tombé amoureux de Romy Schneider dès sa première audition (comment lui donner tort ?). Lors de leur rencontre, l’actrice, 32 ans, née à Vienne mais allemande (puisque Hitler avait annexé l’Autriche en mars 1938), porte un chignon. Ce fameux chignon qu’elle nouera plus tard dans le film, avant qu’elle ne se penche sur la machine à écrire de Pierre (Michel Piccoli). « J’ai simplement éprouvé la sensation confuse qu’elle était intelligente, avec quelque chose de plus » confiera Sautet en la choisissant. Débute entre eux une liaison brève mais singulière, pour ne pas dire ambigüe, qui ne sera jamais assumée au grand jour. A l’instar des héros du roman de Paul Guimard qui vivent une relation amoureuse faite de hauts et de bas. Quoi qu’il en soit leur collaboration artistique se poursuivra avec quatre autres films et raconte bien plus qu’une simple idylle de cinéma. Entre rêve, vie et trépas, il y a l’amour. Ce sont « Les choses de la vie ».

    Les films
    • Les lumières de la ville (Chaplin – 1931)
    • Blanche-Neige et les sept nains (Disney -1937)
    • Citizen Kane (Welles -1941)
    • Les enfants du paradis (Carné – 1945)
    • Chantons sous la pluie (Donen & Kelly – 1956)
    • Certains l’aiment chaud (Wilder – 1949)
    • La mort aux trousses (Hitchcock – 1959)
    • A bout de souffle (Godard – 1960)
    • Lawrence d’Arabie (Lean – 1962)
    • Le guépard (Visconti – 1963)
    • 2001 l’odyssée de l’espace (Kubrick – 1968)
    • Il était une fois dans l’Ouest (Léone – 1968)
    • Les choses de la vie (Sautet – 1970)
    • Le limier (Mankiewicz – 1972)
    • Chinatown (Polanski – 1974)
    • Les dents de la mer (Spielberg – 1975)
    • Taxi Driver (Scorsese – 1976)
    • Le dernier métro (Truffaut – 1980)
    • Barbie (Gerwig – 2023).
    L’aventure des films. Histoire de vingt tournages mythiques – Olivier Rajchman – 448 pages – Format broché – Encart folio de 20 photos en noir et blanc des films évoqués – Editions Perrin – ISBN : 978-2-262-10454-2 – Dépôt légal : avril 2025.

  • Un film inédit sur la libération de Paris

    Un film inédit sur la libération de Paris

    Libération de Paris

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    Un film amateur sur la libération de Paris trouvé récemment prouve, une fois encore, que les cinéastes amateurs sont bien les témoins de leur temps.

    La fréquentation des brocantes et trocs et puces réserve parfois de belles surprises. Comme ce petit film tourné par un anonyme dans le format 8 mm (format amateur sorti en 1932) sur la libération de Paris entre le 19 août et le 25 août 1944, date de l’arrivée triomphale de la 2e Division Blindée du Général Philippe Leclerc.

    En voici le descriptif détaillé.

    Une troupe d’artilleurs allemands (une trentaine d’hommes) remonte en bon ordre une avenue, suivie par deux chevaux tirant chacun un petit chariot bâché. Deux soldats ferment la marche (scène prise du haut d’une fenêtre, mais bien filmée).

    Trains immobilisés en gare par la grande grève déclenchée par les cheminots (elle a débuté le 10 août 1944 et constitue le premier mouvement d’insurrection populaire contre l’occupant pour libérer la capitale). 

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    Une poule blanche arpente une rue pavée déserte, avant de disparaître sous une porte cochère.

    Non loin d’une gare, une barricade avec ses occupants. Les jeunes combattants exhibent des armes lourdes. Les visages sont graves et déterminés, mais quelques uns sourient à la caméra.

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    Des curieux s’approchent d’une automitrailleuse allemande neutralisée. Deux  fillettes posent devant en souriant.

    Une foule importante s’agglutine devant l’hôtel de ville où l’on hisse le drapeau tricolore au cours d’une cérémonie officielle à laquelle assistent des gendarmes mobiles au garde à vous. Applaudissements et gros plans sur les visages du public. 

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    Place de la Concorde, un homme, juché sur le toit d’une automobile, harangue la foule qui sourit car il semble ivre, cherchant constamment son équilibre. Des avions en escadrille survolent la capitale.

    Un accordéoniste devant la devanture de l’établissement « Au petit Bougnat » (rue de Courcelles, 17e arrondissement) fait danser quelques jeunes gens dans la rue.

    Une batterie DCA allemande étroitement surveillée par trois résistants casqués non loin d’un jardin (Tuileries ?).

    Les murs criblés de balles et les vitres fracassées de grands immeubles (rue de Rivoli ?).

    Les Parisiens envahissent en masse les parcs (Tuileries, Luxembourg…) afin de savourer leurs premières heures de liberté enfin retrouvée.

    A la gare d’Austerlitz, des pancartes informent les voyageurs qu’aucun train ne circulera le dimanche 3 septembre (jour fixé pour la fête de la Libération).

    Une foule importante remonte les Champs-Élysées pour assister au défilé des troupes de la 2e DB du Général Leclerc dans la matinée du 25 août. Scènes de liesse générale. Des femmes se hissent sur les marchepieds des jeeps pour embrasser les soldats. Certaines sont debout, cheveux au vent, dans les cabines des véhicules militaires. Un homme caresse une oie blanche, mascotte juchée sur l’un des chars de la 2e DB arborant la cocarde bleu-blanc-rouge. 

    La joie prédomine, mais quelques visages graves révèlent la fatigue et la dureté des combats livrés.

    Le trafic ferroviaire (vues sur les voies ferrées vides) toujours totalement interrompu.

    Une nuée de vélos envahit la place de la Concorde.

    Une foule dense, contenue par des gendarmes mobiles, se presse atour de l’Arc de Triomphe où le drapeau tricolore a été hissé. Des monoplans survolent la scène. Fin.  

    Commentaire

    A l’évidence, ce film a été réalisé par un amateur averti qui devait faire partie d’un club de cinéastes amateurs parisien au vu de la qualité de son film : il a même placé une mire au début pour faire la mise au point et conclu son film avec le mot "Fin". Aucun flou, nombreux plans variés et dynamiques (dont beaucoup de gros plans) tournés au cœur même de la foule.

    On sent très nettement la différence d’ambiance entre les premières images : celles où l’on voit les Allemands (leur départ a commencé le 19 août 1944), les rues désertes (la poule blanche) et les barricades érigées par des combattants et FFI – puis celles où la foule envahit massivement les rues pour assister à l’arrivée, le 25 août, de la 2e Division Blindée du Général Leclerc. Les grappes humaines agglutinées sur les plateformes des bus et des camions, les cohortes de Parisiens remontant l’avenue des Champs-Elysées vers l’Arc de Triomphe où flotte  à nouveau le drapeau français…

    Ce document exceptionnel prouve une fois de plus que les cinéastes amateurs sont bien les témoins privilégiés de leur temps. Des images très intéressantes sur la 2e DB de Leclerc dont les étapes victorieuses qui l'accompagnèrent du Tchad au Rhin en passant par Paris, rendirent célèbre.

    Grâce aux images qu’il a ainsi enregistrées, ce cinéaste a su restituer l’atmosphère fébrile et enthousiaste de la libération de Paris, n'hésitant pas à se déplacer pour capter les émotions à chaud. A un moment, on voit son reflet quand il filme avec sa petite caméra 8 mm l’impact d’une balle dans la vitrine d’un magasin (il s’agit d’un quinquagénaire).

    Quelques séquences surexposées – l’opérateur n’ayant pas eu le temps de régler correctement la mesure de la lumière (à cette époque les caméras n’étaient pas équipées de posemètre automatique). La présence de nombreux gros plans et plans de coupe attestent d’un bon savoir-faire dans la pratique du montage. La cadence de tournage est de 16 images/seconde (vitesse standard à l’époque) et on projettera donc ce précieux document à la vitesse de 18 images/seconde sur un projecteur Standard 8 mm.

    Ce document est en très bon état (aucune rayure). Les contrastes sont très bons dans les noir et blanc de la pellicule KODAK que le cinéaste avait dû conserver malgré les restrictions. Rappelons que se procurer de la pellicule durant la période de l’occupation était très rare car extrêmement difficile et dangereux : on pouvait être soupçonné d’espionnage et donc être fusillé sur le champ.

    La bobine en aluminium est de marque allemande DEGETO, non voilée, et rangée dans une boîte alu sans marque. Six ou sept collures ont dû être refaites par mes soins car devenues cassantes.

    S.Moroy

  • « Vallauris terres et flammes »

    « Vallauris terres et flammes »

    Quand Picasso était potier et céramiste à Vallauris

    Photo A

    Plat espagnol décoré d’un œil et de taureaux (Cannes-Vallauris, 20 mai 1957). Terre rouge avec décor aux engobes et incisions. Dation Pablo Picasso 1979. Photo  S.Moroy, Musée national Picasso, Paris 3e 

    Vu récemment « Vallauris terres et flammes », le documentaire de Robert Mariaud réalisé en 1951 sur le travail et les œuvres de Pablo Picasso (1881-1973) quand il s’était installé à Vallauris.

    Image film 4

    Photo S. Moroy  prise à l'écran 

    Vallauris, dans les Alpes-Maritimes, centre rayonnant de la poterie, dont les fumées laborieuses sont le symbole de sa tradition ouvrière et artisanale, garde intact son art si ancien.

    Image film 6

    Photo S. Moroy  prise à l'écran

    Un art immuable, dont les gestes se sont perpétués à travers les âges pour nous parvenir, semblables à ce qu’ils étaient dans les temps les plus reculés. Les collines et bois alentour abondent en argile riche en teneur et son extraction, pénible, laisse de profonds terriers. Entre le séchage sur terrasse et la cuisson, les pièces passent dans les mains de l’engobeuse. Elles sont ornées aux oxydes colorants et baignées dans un vernis transparent qu’est l’émail. Les procédés et dosages du céramiste sont nombreux. Disposées dans un grand four, les pièces cuisent à la flamme libre… [prélude du film].

    Photo B - CopieAinsi, à travers l’évocation du travail des potiers de Vallauris, nous découvrirons celui de Pablo Picasso. Il a emménagé dans le village en 1948 (il y restera jusqu’en 1955) pour y créer pas moins de 4000 œuvres uniques, apportant sa prospérité et sa renommée au village provençal.

    Picasso près du poêle sur lequel est posé la sculpture « Tête (pour la femme en robe longue) » dans son atelier du Fournas, à Vallauris. Septembre 1952. Photo de Robert Doisneau / Succession Picasso 2021 – Photo  S.Moroy: Musée national Picasso, Paris 3e.

    Car l’artiste espagnol a maîtrisé rapidement les techniques ancestrales des potiers vallauriens pour créer de nombreuses pièces aux formes et thématiques variées, y ajoutant sa propre expression, si particulière et reconnaissable entre toutes. 

    Son travail, dont les réalisations sont exposées dans le film en pleine nature, innove par sa nouvelle interprétation des formes, des motifs et des coloris ; faisant redécouvrir le folklore et les arts primitifs. On voit l’artiste travailler dans son atelier et présenter à la caméra, entre autres créations, les pichets provençaux, les cruchons en forme de hiboux, les assiettes en forme de visage noir, la chèvre, etc.

    Texte  S. Moroy

  • Rodin ou le désir brûlant de créer

    Rodin ou le désir brûlant de créer


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    Vu en 9,5 mm, format cinéma aujourd’hui disparu, le documentaire sur Rodin réalisé par René Lucot en 1942 et édité par PATHÉ en 1946 sous le numéro de catalogue 4651.

    Résumé

    En 1840, au 3 rue de l’Arbalète, entre le Panthéon et l’église Saint-Médard, naquit celui qui deviendra le plus grand sculpteur des temps modernes : Auguste Rodin.

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    Jeune homme, il étudie au Musée du Louvre, la statuaire des Egyptiens et des Grecs et s’exerce à modeler. Rodin a aussi la passion du dessin et fait des croquis même pendant ses repas. Admiratifs, ses camarades le poussent à se présenter à l’école des Beaux-arts. Trois fois de suite, il y est refusé. Sans se décourager, il continue à sculpter et, en 1864, il envoie au salon un véritable chef-d’œuvre : le buste de Bibi, palefrenier du marché aux chevaux. La figure est refusée. Placé comme apprenti chez un ornemaniste, Rodin admire Carpeaux dont le groupe de la Danse, à l’Opéra, constitue le chef-d’œuvre (visible au Musée d’Orsay, Paris 7e). 

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    Sa sœur unique, qui est entrée au couvent, y meurt. Très pieux également, Rodin décide d’entrer dans un cloître. La Congrégation des Pères du Saint-Sacrement l’accueille sous le nom de frère Augustin. Mais Rodin a des mains qui ne sont pas faites pour la prière : elles brûlent du désir de créer. Un bienheureux père lui demande de faire son buste et le persuade de quitter le couvent. En 1874, le buste de Bibi, sous le nom de Monsieur B… est finalement accepté au salon. 

    Trois ans plus tard, il entreprend sa première grande œuvre : L’âge d’Airain. La surprise que cause au salon la merveilleuse statue est telle que l’artiste est accusé de l’avoir moulé… sur un corps vivant ! La critique qui répand cette calomnie, fait connaître enfin le nom de Rodin. L’Etat achète l’œuvre et lui commande une porte monumentale, destinée au futur Musée des arts décoratifs. La Divine Comédie de Dante, que Rodin relit si souvent, lui inspire l’œuvre de sa vie : La Porte de l’Enfer. Les 200 figures que comporte cette porte constituent un monde dans lequel Rodin ne cessera de puiser. Il en détache Le Penseur (son œuvre la plus célèbre), Le Baiser, Ève, etc. 

    La ville de Calais charge Rodin de glorifier ses six bourgeois s’offrant au vainqueur pour sauver leur ville natale. Chacun des personnages traduit par le geste, le mouvement, l’expression des mains, le sacrifice qu’il fait de son existence.

    La Société des gens de lettres commande à Rodin la statue de Balzac. Cette œuvre heurte tous les préjugés, mais la Société des gens de lettres eut beau refuser la statue, elle finit par s’imposer, pour la plus grande gloire des deux maîtres. Un tel génie semblait défier la mort ; pourtant, ces mains créatrices de grands chefs-d’œuvre cessèrent de vivre le 17 novembre 1917. Selon son souhait, Rodin fut enterré dans sa propriété de Meudon, sous le bronze du « Penseur ».

    Commentaire

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    La vie et l’œuvre de Rodin (1840-1917), de sa naissance dans le 5e arrondissement de Paris à son apogée, sont ici minutieusement relatés. Merveilleuse photographie noir et blanc soulignant le moindre des détails et la beauté des sculptures du maître. Présentation du chef-d’œuvre de sa vie : la Porte de l'Enfer, de laquelle il a extrait la plupart de ses créations : le Penseur, le Baiser, l'Homme qui marche, Saint Jean Baptiste. La genèse de son Balzac, ses bustes, ses dessins…

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    Les inventions formelles de ce génie ont marqué son époque, préfigurant l’art moderne. Son processus créatif va en effet mettre en avant des caractéristiques saisissantes qui ont fortement imprégné ses recherches, comme l’expérimentation, le travail en série, la perpétuelle mutation des formes.

    Texte et photos prises à l’écran : S. Moroy

  • Au pays des mages noirs, le film de Jean Rouch

    Au pays des mages noirs, le film de Jean Rouch

    Au pays des mages noirs, le film de Jean Rouch

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    Vu récemment le premier court métrage de Jean Rouch, souvent cité comme référence du film documentaire ethnographique : « Au pays des mages noirs » (1947).

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    Pour sa réalisation, ce film avait reçu le soutien du Ministère de la culture et du Centre national de la cinématographie (C.N.C.).

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    D’emblée, un préambule avertit le spectateur : « Le chasseur d’images qui, au centre de l’Afrique noire, a réussi à filmer la vie publique et secrète d’un village du Niger, a dû, en raison de leur caractère sacré, prendre les plus extrêmes précautions pour enregistrer les scènes saisissantes de la danse de la possession.

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    Le public excusera donc les imperfections qui peuvent entacher certaines images que nous n’avons cependant pas cru devoir retirer en raison de l’intérêt qui s’attache à cet extraordinaire document.
     »

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    Résumé

    Nous sommes dans cette partie de l’Afrique noire qui longe le Niger, entre Gao et Niamey. Les Songhai vivent sur les bords du fleuve Niger, à la lisière de la forêt. C'est un peuple vivant de la culture, de la chasse et de la pêche. Tandis que les enfants pilent le mil, les hommes fabriquent les harpons en vue de la grande chasse à l'hippopotame car la recherche de viande est l'objectif de la saison sèche. 


    Tous les harpons sont ensuite réunis sur la place du village pour leur consécration au génie du fleuve, via un sacrifice de mouton. Cette cérémonie est le prélude rituel à la chasse.

    Le jour fixé par les Augures, les pirogues partent à la recherche de l'animal. Vu par un guetteur, l'assaut sur ce dernier est donné. Toutes les pirogues s'élancent pour placer les harponneurs à bonne portée. A plusieurs reprises, les chasseurs lancent leurs harpons.

    Une fois la bête abattue, les pirogues s'approchent du cadavre pour le remorquer. Arrivés sur la berge, en présence de tout le village, le dépeçage de l'animal et le fumage de la viande peuvent commencer, rythmés par les chants de la population.

    Sur la place du village, c'est maintenant l'heure des danses sacrées. La danse des génies (ou danse de la possession) réunit les femmes et les hommes au son des calebasses.

    Le rythme s'accélère, l'emprise des génies est progressive, jusqu'à l'extase. Une femme entre en transe, possédée par Zicco, le génie du fleuve. L'hystérie devient collective et se traduit par des convulsions, l'émission de bave et des sauts désordonnés dans tous les sens.

    Le lendemain, le village a retrouvé son calme et la vie quotidienne a repris. L'Afrique ajoute une année à ses millénaires. Rien n'a changé. L'Afrique éternelle ou plutôt l'Afrique sans âge.

    Commentaire

    Jean Rouch (1917-2004) a été formé par le cinéaste Jacques Becker (Goupi Mains Rouges, Casque d’or, Ali Baba et les 40 voleurs, Touchez pas au grisbi…) à la technique cinématographique alors qu’il effectuait un voyage au Sahara.

    Au sujet de ce premier court-métrage, il déclarera : « Je n’avais aucune notion des raccords. Je tournais par morceaux, ce qui m’intéressait, sans souci du montage à venir ». Les scènes de transes sont assez saisissantes, telles celles de l'homme qui se brûle le torse avec une torche, l'homme ne cessant de faire des sauts en arrière ou encore celui qui bave abondamment.

    Un documentaire dur mais fascinant qui fait encore aujourd’hui référence dans le genre, même si le commentaire adopte un ton délibérément colonialiste car récupéré par les Actualités françaises d’après-guerre.

    Le film est visible sur YouTube :

    https://www.youtube.com/watch?v=C1WeSAeuNhM

     

  • Camilla Läckberg

    Camilla Läckberg

    Lackeberg
    "La Princesse des glaces"
     signe l’entrée spectaculaire sur la scène du polar international d’Erica Falck, trentenaire au foyer installée dans une petite ville paisible de la côte ouest suédoise où elle écrit des biographies. Elle découvre le cadavre aux poignets tailladés d’une amie d’enfance dans une baignoire d’eau gelée.  

    Ce premier opus a reçu le grand prix de Littérature policière 2008 et le prix Polar international 2008.

    "Le prédicateur"  nous amène dans les rochers proches du petit port de Fjällbacka où l'on découvre le cadavre d’une femme. L’affaire se complique quand apparaissent, enfouis plus profondément au même endroit, les squelettes de deux jeunes filles disparues vingt-quatre ans plus tôt. L’inspecteur Patrik Hedström est chargé de l’enquête en cette période estivale où l’incident pourrait faire fuir les touristes et qui, canicule oblige, rend difficiles les dernières semaines de grossesse de sa compagne Erica Falck.

    "Le tailleur de pierre" nous tient en haleine du début jusqu'à la fin. Un pêcheur de Fjällbacka retrouve dans son casier à homards le corps d’une petite fille noyée. Bientôt, on constate que Sara, sept ans, a de l’eau douce savonneuse dans les poumons. Quelqu’un l’a donc tuée avant de la jeter à la mer. Alors qu’Erica vient de mettre leur bébé au monde, Patrik Hedström, bouleversé par son nouveau rôle de père, mène tant bien que mal l’enquête sur cette horrible affaire.

    EricaADAPTATION TELEVISEE

    En ce début d'année 2025, une série qui trouve son origine dans les succès littéraires scandinaves signés Camilla Läckberg,  est à suivre sur TF1:

    ERICA, une enquêtrice d'un genre particulier, avec Julie de Bona et Grégory Fitoussi… 

    Les ouvrages de Camilla Läckberg sont disponibles à la bibliothèque 

  • Quand Louis Braille mit une clarté dans la nuit

    Quand Louis Braille mit une clarté dans la nuit

    A l’occasion de la journée mondiale du Braille qui s’est déroulée le 4 janvier 2025, et ce depuis 2001, j’ai eu l’occasion de voir un documentaire 16 mm « Clarté dans la nuit », réalisé par Pierre Zimmer en 1955. C’était un film de la cinémathèque centrale de l’enseignement public, principal distributeur de films documentaires de 1920 à 1996 dans les établissements scolaires, de la maternelle jusqu’à l’université et qui portait sur l’invention de Louis Braille, né à Coupvray le 4 janvier 1809 et mort à Paris le 6 janvier 1852.

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    Résumé

    Un homme aveugle et deux enfants se recueillent devant la tombe de Louis Braille (son corps sera transféré au Panthéon en 1952. Seule la relique de ses mains est conservée au cimetière de Coupvray, dans une urne scellée sur sa tombe). Son souvenir est dès lors évoqué au travers de la survivance de son œuvre, en particulier l’application de sa méthode universelle, qui touche aussi bien aux divers domaines de l’enseignement classique qu’à la pratique de la culture artistique, notamment la musique.

    Commentaire

    AVEUGLESLa première école pour les enfants aveugles est fondée à Paris en 1784 par Valentin Haüy (1745-1822). Surnommé le « premier instituteur des aveugles », il est alors influencé, entre autres, par la philosophie des Lumières (notamment Diderot et sa « Lettre sur les aveugles à l'usage de ceux qui voient ») et par l'abbé de l'Épée (1712-1789), éducateur et inventeur de l'alphabet digital pour les personnes sourdes.

    Les aveugles quant à eux devaient arriver à reconnaître par le relief chaque lettre de l’alphabet et peu y parvenait. Alors, lui-même aveugle, Louis Braille a inventé à l’âge de 15 ans une méthode, simple et valable, pour la lecture, l’écriture, le calcul, la musique… aussitôt employée par tous les aveugles du monde. 240 méthodes ont tenté depuis de la remplacer. Chaque fois, il a fallu revenir à la méthode de Louis Braille car parfaite du premier coup.

    A la fin du film, on découvre une école pour jeunes aveugles, ainsi que leur insertion dans la vie active : standardiste, ouvrier, masseur, agriculteur, accordeur d’instruments, musicien, dactylo… Le jour est venu où, grâce à leur courage et à leur ténacité, ils peuvent prendre enfin place dans la société.

    Serge Moroy

    L’association Valentin Haüy est marquée par trois grands personnages : Valentin Haüy, Louis Braille et Maurice de La Sizeranne. Chacun de ces hommes est intervenu à sa façon afin d’aider les personnes aveugles ou malvoyantes à acquérir plus d’autonomie.

  • L’équipage: un roman, un film, un chef d’oeuvre

    L’équipage: un roman, un film, un chef d’oeuvre

    Vu récemment en 16 mm, « L’équipage», film d’Anatole Litvak, 1935. Drame d’après le roman éponyme de Joseph Kessel publié en 1923.
    Pendant la Première Guerre mondiale, avant de rejoindre son escadrille sur le front, Herbillon (Jean-Pierre Aumont) a une liaison avec une femme mariée (Annabella).
     
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    Le jeune aviateur découvre que sa maîtresse n’est autre que l’épouse de Maury (Charles Vanel) avec lequel il fait justement équipage dans l’avion.
     
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    Le film nous fait découvrir l’univers méconnu des pilotes de guerre de la Première Guerre mondiale, avec ses règles, codes de conduite, mais surtout la solide amitié unissant ces hommes embarqués dans le même avion. Amitié d’autant plus renforcée que leur missions, souvent périlleuses, rendent leur espérance de vie parfois très courte. Dans ce contexte, le dilemme amoureux est d’autant plus complexe qu’il en devient poignant et même douloureux.
     
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    Le drame est servi par une interprétation magistrale et les scènes de combat aérien sont suffisamment réalistes pour être captivantes.
     
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    Lui-même enrôlé dans l’aviation française pendant la Première Guerre mondiale, Joseph Kessel (1898-1979) remporte avec « L’équipage » son premier grand succès et fait entrer l’aviation dans la littérature. C’est la deuxième fois que son roman est porté à l’écran, le premier film étant signé par Maurice Letourneur en 1928.
    Le film connaîtra un grand succès à sa sortie. A tel point que A. Litvak en fera un remake qui sortira en 1937 (The Woman I Love).
    Selon l’anecdote, Jean Mermoz est ressorti en larmes de la projection (c’était peut-être le plus beau compliment qu’on pouvait faire au film). Rappelons que Mermoz est porté disparu un an plus tard, le 7 décembre 1936 en survolant l’océan Atlantique.
    Texte et photos (prises à l’écran) : S. Moroy
  • Le Père Noël est-il vraiment une ordure ?

    Le Père Noël est-il vraiment une ordure ?

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    Figure débonnaire, ventre généreux, barbe fournie, cheveux blancs, sourcils en bataille et tout de rouge vêtu, voici le Père Noël ou encore Santa Clause dans les pays anglophones. Depuis une cinquantaine d’années, il affiche, plus ou moins, la même allure sur tous les continents. Mais… peut-on vraiment lui faire confiance ?  

    A priori, il suffit d’endosser une longue cape écarlate, boucler un gros ceinturon, chausser des bottes noires et porter une hotte en osier pour prétendre apporter des jouets aux enfants… qui ont, cela va de soi, tous été bien sages.

    Mais lui, le modèle, le mythe, la légende, l’icône l’a-t-il réellement été… sage ? Car certains oublient un peu vite que l’habit ne fait pas toujours le Père Noël. Ainsi, par exemple, le cas du psychopathe de « 3615 Code Père Noël », de René Manzor (1990) où un faux Père Noël animant un grand magasin est renvoyé parce que trop violent et qui, du coup, va chercher à se venger en éliminant le fils de son ex-patronne.

    Dans le même registre de l’aigreur, le boulevard Haussmann, à Paris, a rageusement été arpenté par Félix, notre Père Noël le plus négativement célèbre de France, mais néanmoins magistralement interprété par Gérard Jugnot dans « Le Père Noël est une ordure ». Initialement une pièce de théâtre puis un film de Jean-Marie Poiré 1982 avec l’inénarrable équipe du Splendid, succès oblige.

    L’histoire relate un réveillon épouvantable dans une atmosphère aussi déjantée que drôle. Plus de quarante ans après sa sortie, son succès est toujours fidèle au rendez-vous sur notre petit écran, comme s’il faisait rituellement partie de nos fêtes de fin d’année. Un film à faire mentir l’humoriste Pierre Desproges (1939-1988) qui déclarait : « On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui. Ou avec tout le monde. En fait, on ne sait pas trop ». Avait-t-il seulement songé au Père Noël ? Là est la vraie question.

    Frappadingue et pépère pervers

    Si notre douce France connaît quelques avanies avec ces singuliers énergumènes – dont le dernier des soucis est bien de distribuer des cadeaux aux petits et aux grands – de l’autre côté de l’Atlantique, les usurpateurs se veulent plus doux ; en tout cas un tantinet plus enclins à la repentance. Quoique.

    C’est le cas du Grinch (film de Ron Howard, 2000) avec l’époustouflant Jim Carrey qui, par vengeance, entend voler la fête de Noël aux habitants de Whoville (ville fictive) car ces derniers ont eu le malheur de le rejeter lorsqu’il était enfant. Il reste, avec le précédent film français évoqué, l’un de mes préférés sur la thématique de Noël.

    Dans « Maman, j’ai raté l’avion », comédie résolument jubilatoire de Chris Colombus (1990), le jeune Macaulay Culki (âgé de 10 ans), oublié par sa famille, se joue avec malice et ingéniosité de deux cambrioleurs – dont le génial Joe Pesci – qui visitent la nuit les maisons inoccupées pendant les fêtes de fin d’année. La repentance, cette fois, viendra, ô surprise, d’un personnage secondaire a priori très sombre. Rappel important : ne jamais se fier aux apparences.

    A propos d’apparences, dans « Bad Santana » (ou « Très méchant Père Noël »), film noir et irrévérencieux signé Terry Zwigoff (2003), Billy Bob Thornton incarne un Père Noël de grand magasin. Alcoolique et grand fumeur, c’est aussi un dragueur invétéré et il a beaucoup de mal à tenir son rôle devant les enfants venus l’admirer. La nuit de Noël, il entreprend de percer le coffre-fort du magasin qui l’emploie. En fait, ce long métrage n’est pas franchement destiné aux enfants car il comporte environ 300 injures (un record en soi) et son titre a été traduit par « Santa is a pervert » pour sa sortie en République tchèque. C’est tout dire.

    La magie de Noël est sauve 

    Heureusement, Jack Skellington, héros du chef-d’oeuvre d’animation de Tim Burton, « L’étrange Noël de Monsieur Jack » (1993), désire quant à lui endosser le mythique habit du Père Noël, tellement fatigué qu’il est de passer son temps à effrayer les braves gens pendant Halloween. Avec cette reconversion affirmée, il retrouvera le véritable esprit de Noël, empreint de fraternité et de partage et, in fine, la joie indicible de vivre. Alléluia !  

    Enfin, l’un des rares films où l’on a enfin affaire au « vrai » Père Noël est bien « Super Noël » (1994). Avec sa suite, « Hyper Noël », tournée huit ans plus tard, ce sont deux longs métrages produits par les studios Walt Disney dans lesquels le héros, incarné par Tim Allen, tue accidentellement le vénérable bonhomme. Il se voit du coup obligé de le remplacer in extremis. Victime de son rôle, il deviendra finalement le « vrai » Santa Clause. Et, dans le second épisode de ses aventures, pour le rester, il devra trouver… une femme ! Bigre, pas une mince affaire quand on connaît le personnage. Conçu pour les petits, cette fiction touchera également les grands par son romantisme sous-jacent. Au final, il n’en demeure pas moins un conte de Noël dans le plus bel et noble esprit qui soit

    Il existe encore beaucoup d’autres films sur le thème de Noël, me direz-vous. Oui, vous avez mille fois raisons. Alors à vous de nous les raconter, selon le ton et le style qu’il vous plaira.

    Joyeux Noël à tous !

    Serge Moroy

     

  • A son image, Jérôme Ferrari

    A son image, Jérôme Ferrari


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    "A SON IMAGE": le nouveau film de Thierry de Peretti, adapté du roman éponyme de Jérôme Ferrari sort en salle mercredi 4 septembre 2024, après sa présentation à Cannes dans la section de la quinzaine des cinéastes, puis dans plusieurs festivals, Biarritz, Cabourg… et sa tournée en Corse pendant l'été. 

    Photo: On voit sur l'affiche la jeune actrice Clara-Maria Laredo, qui interprète Antonia, son appareil photo à la main.

    Pour celles et ceux qui souhaitent voir ce film dans un cinéma proche de Villevaudé: RV au cinéma JACQUES TATI à Tremblay-en-France du 4 au 10 septembre

    "A son image" de Jérôme Ferrari est disponible à la bibliothèque.. A lire où à relire  «Le Sermon sur la chute de Rome» prix Goncourt 2012.

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    JEROME FERRARI

    BABEL

    Par une soirée d’août, Antonia, une jeune photographe, trouve la mort sur une route de Calvi. L’office funèbre de la défunte sera célébré par un prêtre qui n’est autre que son oncle et parrain, lequel, pour faire rempart à son infinie tristesse, s’est promis de s’en tenir strictement aux règles édictées par la liturgie.

    Mais, dans la fournaise de la petite église, les images déferlent de toutes les mémoires, reconstituant la trajectoire de l’adolescente, de la jeune fille qui, au milieu des années 1980, s’est jetée dans les bras d’un trop séduisant militant nationaliste avant de se résoudre à travailler pour un quotidien local. Et d’enfin se décider à partir, en 1991, pour l’ex-Yougoslavie, attirée comme tant d’autres avant elle dans le champ magnétique de la guerre.

    De l’échec de l’individu à l’examen douloureux des apories de toute représentation, Jérôme Ferrari explore, avec ce roman bouleversant d’humanité, les liens ambigus qu’entretiennent l’image, la photographie, le réel et la mort.

    Né à Paris en 1968, Jérôme Ferrari enseigne la philosophie en Corse. Il a obtenu le prix Goncourt en 2012 pour «Le Sermon sur la chute de Rome». «À son image» a reçu le prix Le Monde 2018 et le prix Méditerranée la même année.

    Son nouveau roman de la rentrée littéraire, «Nord Sentinelle» a été publié en août 2024.