Catégorie : 23 Cinéma, théâtre

  • Ripley, Patricia Highsmith

    Ripley, Patricia Highsmith

    RIPLEYRIPLEY

    PATRICIA HIGHSMITH

    CALMANN LEVY

    Ripley voulait tout, l'argent, le succès, la belle vie. Il était prêt à tuer pour obtenir tout ça…

    Second roman de Patricia Highsmith, Monsieur Ripley est l'acte de naissance d'un des plus extraordinaires personnages de roman policier de tous les temps : Tom Ripley, immoraliste aussi séduisant que dangereux, cynique et d'une intelligence hors du commun. Chargé par un richissime Américain de lui ramener son fils parti en Italie, il va bientôt concevoir un projet diabolique : se substituer au fils prodigue, et vivre à sa place une vie dorée…

    Patricia Highsmith est née au Texas en 1921. Son premier roman, L’Inconnu du Nord-Express, est devenu un classique de la littérature policière qui inspira Hitchcock. Suivirent nombre de chefs-d’œuvre qui firent des romans de Patricia Highsmith les œuvres littéraires les plus adaptées au grand écran. Elle a vécu longtemps en France et en Suisse, où elle s’est éteinte en 1995. L’ensemble de son œuvre est publié aux éditions Calmann-Lévy.

    Delon plein soleilCe livre « superbement amoral » (The Times), Grand Prix de littérature policière en 1957, a été porté à l'écran à deux reprises.

    En 1959, par René Clément, avec Alain Delon dans le premier rôle, sous le titre "Plein soleil" et en 2000, par le réalisateur anglais Anthony Minghella, avec une pléiade de jeunes acteurs américains, parmi lesquels Matt Damon, Gwyneth Paltrow et Jude Law, sous le titre Le Talentueux Mr. Ripley.

     
     
  • Variations énigmatiques, Eric-Emmanuel Schmitt

    Variations énigmatiques, Eric-Emmanuel Schmitt

    SCHMITT VARIATIONSVARIATIONS ENIGMATIQUES

    ERIC-EMMANUEL SCHMITT

    ALBIN MICHEL

    Qui aime-t-on quand on aime ? Sait-on jamais qui est l'être aimé ? L'amour partagé n'est-il qu'un heureux malentendu ?
    Autour de ces éternels mystères du sentiment amoureux, deux hommes s'affrontent : Abel Znorko, Prix Nobel de littérature qui vit loin des hommes sur une île perdue de la mer de Norvège où il ressasse sa passion pour une femme avec laquelle il a échangé une longue correspondance, et Erik Larsen, journaliste qui a pris prétexte d'une interview pour rencontrer l'écrivain. Mais pour quel motif inavoué ? Quel est son lien secret avec cette femme dont Znorko se dit encore amoureux ? Et pourquoi un tel misanthrope a-t-il accepté de le recevoir ?
    L'entrevue se transforme vite en un jeu de la vérité cruel et sinueux, rythmé par une cascade de révélations que chacun assène à l'autre au fil d'un suspense savamment distillé.

    Éric-Emmanuel Schmitt renoue dans ses Variations énigmatiques avec l'étincelante et cruelle dialectique qui a porté au triomphe son précédent ouvrage, Le Visiteur, joué dans le monde entier et déjà considéré comme un classique.

    Vatiations théatre Delon HusterAU THEATRE

    Avec une interprétation exceptionnelle des deux uniques personnages par Alain Delon et Stéphane Freiss (c'est Francis Huster qui répondait à Delon dans la première version théâtrale).  

    Avec Francis Huster, 1ère représentation le mardi 24 septembre 1996 au théâtre Marigny dans une mise en scène de Bernard Murat. Reprise au théâtre de Paris en 1998 avec Stéphane Freiss.


    Variations freiss"Toute la pièce se déroule dans le salon d’Abel Znorko, un brillant écrivain qui a eu le prix Nobel de littérature.

    Il vit une vie d'ermite et son lien avec le monde extérieur c'est la correspondance qu'il entretien depuis 15 ans avec une femme. Un jour, un journaliste vient le voir sous le prétexte de l'interviewer.

    Erik Larsen est un type étrange qui cache des secrets."

     

    Hommage: (Alain Delon, 1935- 18 août 2024)

    PLUS GRAND QUE LA VIE
    Alain Delon est parti, à l’issue d’une vie pleine, exceptionnelle, dont la fin fut éprouvante et triste. Désormais, il est jeune à jamais, tel qu’en Plein soleil ou Rocco et ses frères. Généralement, la beauté est un handicap au cinéma, elle ne raconte qu’une seule histoire : la sienne pouvait porter des personnages étranges, complexes, ambigus, fêlés, lourds de secrets. Il m’a fait le bonheur et l’honneur de remonter sur scène, après trente ans de cinéma, en 1996 pour jouer Variations Énigmatiques avec Francis Huster, puis Stéphane Freiss en 1998. Jamais je n’ai vu une telle présence sur les planches, une aura hors du commun qui créait une sorte d’inquiétude. J’avais l’impression qu’un félin incompréhensible et mystérieux, une panthère noire pénétrait dans la salle. Le public finissait chaque soir avec une immense ovation debout. Je sentais que cela lui faisait l’effet d’une victoire, lui, l’homme de cinéma, l’acteur qui n’était passé par aucun conservatoire. Autodidacte, il l’était en tout : en jeu, en affaires, en art – il collectionnait avec goût. Je crois même qu’il était autodidacte en Alain Delon : il avait endossé le rôle, il y avait consacré son énergie, il avait fait le don de son existence à cette figure qui l’agrandissait. Qu’il repose dans une paix nouvelle, qui ne fut pas celle de sa vie. Qu’il repose dans notre admiration et nos remerciements.
    Eric-Emmanuel Schmitt
  • 95 ans après, MICKEY sourit toujours

    95 ans après, MICKEY sourit toujours

    Mickey

    « L’impérialisme américain n’est rien qu’un tigre de papier » proclamait Mao-Tsé-Toung. Il se trompait car l’impérialisme américain a plutôt l’apparence d’une petite souris nommée… Mickey.
    Mickey est le plus populaire des personnages conçu par Walt Disney (1901-1966) et, bien que né en 1927, il a su rester étonnamment jeune. En effet, pas de meilleur agent de la culture et de l’idéologie américaines que cette bestiole-là, citoyen vertueux et paisible, ambassadeur infatigable de « l’American Way of Life ».
    Ne m’appelez plus Mortimer !
    En fait, son premier nom était Mortimer. Pas très fun. Selon la légende, propagée jovialement par Walt Disney lui-même, c’est son épouse Lilian, qui aurait trouvé le nom de Mickey à son nouveau personnage, estimant celui de Mortimer trop sérieux. On peut cependant penser que la pression issue d’éventuels distributeurs n’était pas tout à fait étrangère à ce soudain changement de nom. Quoi qu’il en soit, Mickey était né.
    Surtout aidé par Ub Iwerks (1901-1971), talentueux dessinateur de son studio californien, Walt Disney travaille aussitôt sur le premier film d’animation qui présentera Mickey Mouse au public. Et, contrairement à ce que l’on croit, celui-ci n’est pas « Steamboat Willie » mais « Plane Crazy ». Dans ce cartoon, les yeux de Mickey sont ovales, avec de grosses pupilles noires. Il ne portait ni gants ni chaussures et ses pieds étaient noirs. Son short n’était alors qu’une ébauche de celui qu’il porte actuellement : un pantalon serré avec deux gros boutons sur le devant.
    Mais la vraie révolution viendra bel et bien avec « Steamboat Willie », projeté le 18 novembre 1928 au Colony Theatre de New York. Bien qu’en noir et blanc, il disposait nec plus ultra d’une bande sonore synchronisée. Et le scénario était déjà une référence en la matière : Mickey sauve Minnie des griffes du Capitaine Jambe de bois, dont le dessin préfigure celui de Pat Hibulaire.
    Fort d’un tel succès, les dessins animés contant ses nombreuses aventures vont s’enchaîner. Petit à petit, Mickey s’assagit, devient plus amical, adoptant finalement l’attitude bienveillante qu’on lui connaît aujourd’hui.
    La souris se propagera rapidement dans 25 pays en parlant 17 langues différentes. Il y aura en tout 121 cartoons de Mickey et le premier en couleurs sortira en 1935, « The Band Concert » (L’orchestre de Mickey).
    Enfin dans le domaine public
    Selon la législation américaine, les droits d’auteur sur Mickey Mouse ont pris fin le 1er janvier 2024, tombant ainsi dans le domaine public. Sa première version peut donc être reproduite sans risquer de subir un recours du service juridique de la puissante compagnie Disney, comme c’était le cas jusqu’alors. Une aubaine pour les artistes et créateurs qui pourront copier, adapter ou même détourner l’icône disneyenne, ainsi que les journalistes qui illustreront sans crainte leurs articles avec son effigie.

    95 ans après, MICKEY sourit toujours
    Serge MOROY

     

  • La malediction, Richard Donner

    LA MALÉDICTION, un film maudit ?

    MALEDICTION
    L’occasion m’a été donnée de revoir LA MALÉDICTION, un film d’horreur de Richard Donner sorti en 1976. Je l’avais vu peu après sa sortie, dans la foulée de ces films devenus cultes qui déferlaient alors dans les années 1970 et dont le héros n’était autre que le Diable.

    Malgré le temps, ce film  n’a pas pris une ride et son atmosphère demeure toujours oppressante. Le gamin maléfique n’est pas plus terrifiant que certains autres, il serait même attachant (et c’est peut-être bien là le pire). En revanche, toutes les créatures (personnages et animaux) qui gravitent autour de lui pour assurer sa protection, sont effrayantes. Mais là où Richard Donner fait fort, c’est que si on pensait être enfin rassuré à la vue d’un homme d’église… il n’en est rien.

    Rappelons succinctement l’histoire. A Rome, Robert et Katherine Thorn (Grégory Peck et Lee Remick) attendent leur premier enfant, qui malheureusement meurt à sa naissance. Robert Thorn accepte alors la suggestion d'un prêtre : substituer à l’enfant décédé, et à l’insu de Katherine, un autre bébé dont la mère est décédée en le mettant au monde. Robert Thorn est ensuite nommé à Londres comme ambassadeur des États-Unis. L’enfant, Damien, semble détenir dès 5 ans un pouvoir maléfique. Alors que l’on célèbre son anniversaire dans le jardin, sa nurse se suicide en se pendant au balcon de sa chambre.

    Les tragédies vont dès lors se succéder autour de la famille Thorn.

    Satan fait un malheur

    LA MALÉDICTION a connu un énorme succès aux Etats-Unis. Il obtint même trois nominations aux Oscars et inspirera trois suites (en 1978, 1981 et 1991), ainsi qu’une série de dix épisodes diffusés en 2016 à la télévision (Damien). Le film a été critiqué par l’église catholique, qui lui a reproché de déformer l’eschatologie chrétienne.

    La musique, composée par le talentueux Jerry Goldsmith, utilisa pour la première fois des chœurs « maléfiques », chantant une messe en latin à la gloire de Satan (Ave Satani). Le film obtint l’Oscar de la meilleure musique de film en 1977.

    La symbolique du nombre 7

    « Tout a été organisé selon le nombre » disait Pythagore. Et sept serait un nombre parfait, un symbole de l’abondance divine. Outre les 7 jours de la Création, on le retrouve dans les 7 jours de la semaine. Toujours selon la Bible, il est aussi le nombre du châtiment, de la purification et de la pénitence. Mais, comme toute médaille a son revers, ce nombre est également attribué à Satan qui, comme chacun sait, s’ingénie à copier Dieu. Ainsi, la bête infernale de l’Apocalypse possède sept têtes (Apocalypse, 13-1). Il y a aussi les 7 fléaux de l’Apocalypse et ses 7 trompettes, à l’origine de la chute de Jéricho. Plus connus sont les 7 péchés capitaux. Et selon Saint Augustin, si ce ne sont pas les plus graves, ils sont pourtant à l’origine de tous les autres.

    Or, bizarrement, le film fut émaillé de plusieurs drames avant, pendant et après son tournage, le dernier ayant eu lieu en 2016. Au nombre de 7 exactement. A tel point qu’une rumeur se répandit selon laquelle la production aurait été réellement frappée par une malédiction.

    Jugez vous-même.

    ►1 – Le fils de Grégory Peck, 31 ans, se suicide sans explication deux mois avant le début du tournage, soit le 26 juin 1975.

    ►2 – L’avion de Gregory Peck, parti de Los Angeles pour Londres, fut frappé par la foudre, ainsi que celui de Mace Neufeld, l’un des deux producteurs du film, parti quant à lui de Rome. De son côté, Richard Donner aurait, paraît-il, failli perdre une jambe, restée bloquée dans la portière d’une voiture.

    ►3 – Londres, l’une des villes du tournage, avec  Jérusalem, Rome et Chicago, subissait à cette époque une vague d’attentats perpétrés par l’Armée Républicaine Irlandaise (IRA). Ainsi, le 12 novembre 1975, une bombe explosa dans le restaurant où plusieurs membres de l’équipe du film s’apprêtaient à dîner.

    ►4 – L’avion, qui devait transporter l’équipe pour filmer Londres depuis le ciel, fut attribué à 7 autres clients. Le 20 novembre 1975, il décolle de l’aérodrome de Dunsfold et s’écrase après avoir percuté une nuée d’oiseaux qui ont endommagé ses deux moteurs. Au cours de son atterrissage forcé, l’avion a traversé une route frappant de plein fouet une voiture avec à son bord la famille d’un des pilotes. Les 7 passagers et les deux membres de l’équipage s’en sont sortis quasiment indemnes. En revanche, les 6 passagers de la voiture sont morts. 

    ►5 – Pour les séquences concernant le zoo, une scène (finalement non retenue) fut tournée près des enclos à félins du Windsor Safari Park, non loin de Londres. Après le départ de l’équipe, un tigre a mortellement attaqué un gardien. Le parc a finalement fermé en 1992.

    ►6 – Deux mois après la sortie du film, John Richardson – qui avait supervisé la scène de la décapitation du reporter dans le film – a été victime d’un terrible accident de la route aux Pays-Bas alors qu’il travaillait sur le film UN PONT TROP LOIN, de Richard Attenborough. Il a survécu à ses blessures, mais Liz Moore, son assistante et compagne, qui se trouvait à ses côtés, a été… décapitée.

    Le drame s’est produit le 13 août 1976, près d’un panneau signalant que la ville d’Ommen (Pays-Bas) était située à 20 km. Précisons que le titre original du film est THE OMEN.

    Curieusement, la borne kilométrique de l’accident indiquait paraît-il 66,6 (rumeur à vérifier). Or 666 correspond à la 6e heure du 6e jour du 6e mois qui voit la naissance de l’Antéchrist, le fils de Satan, toujours selon le livre des Révélations (l’Apocalypse).

    ►7 – L’acteur anglais Harvey Stephens qui joue le rôle de Damien, a été condamné le 13 janvier 2017 à une peine de prison avec sursis pour avoir frappé deux cyclistes dans un accès de rage parce qu'il ne pouvait pas les dépasser en voiture. L’agression s’est produite le 21 août 2016 et il avait 46 ans.

    Certains allégueront que ce ne sont que de simples coïncidences, tandis que d’autres trouveront cela bizarre. Vous avez dit bizarre ? Comme c’est étrange.

    Serge Moroy

  • Campo di Maggio (Napoléon)

    Campo di Maggio (Napoléon)

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    Les Cent-jours (Napoléon), le film où Mussolini a participé à la mise en scène

    « Les Cent-jours » est un film historique italien de Giovacchino Forzano, réalisé en 1934 et dont le titre original est « Campo di Maggio ».
    La musique est signée Giuseppe Becce, avec comme acteurs :
    Corrado Racca (Napoléon), Emilia Varini (Letizia Bonaparte), Enzo Bilioti (Fouché), Pino Locchi (le roi de Rome), Rose Stradner (Marie-Louise d’Autriche), Lamberto Picasso (Metternich), Ernesto Marini (Louis XVIII), etc.
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    Ce film a été adapté de la pièce éponyme de Giovacchino Forzano et de Benito Mussolini.

    ► Benito Mussolini dirige les figurants
    Selon l'historien Jean Tulard – considéré comme l'un des meilleurs spécialistes français de Napoléon 1er et de son époque
    – les déclarations de Napoléon dans la pièce de G. Forzano, « Les Cent-jours, sont en fait de Mussolini. 3
    Le dictateur italien (qui
    rencontrera pour la première fois Hitler le 14 juin 1934 à Venise) était d’ailleurs tellement content de lui qu’il décida d'en faire un film. Celui-ci sera mis en scène par Forzano et produit par le propre fils de Mussolini.
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    Benito Mussolini aurait même, dit-on, dirigé les figurants « demain de maître » pour la grande bataille de Waterloo. Sorti en
    1935, le film ne connut cependant pas le succès escompté et reste méconnu.
    ► Résumé
    Après la campagne désastreuse de Russie, Napoléon a dû abdiquer en 1814 face à une vaste coalition formée par les puissances européennes (Prusse, Russie, Grande-Bretagne, Autriche). Il est exilé à l'île d'Elbe et Louis XVIII est proclamé roi de France.
    En septembre 1814 commence le congrès de Vienne, qui réunit les représentants des puissances européennes afin d'établir une paix durable après la défaite de la France et redessiner la carte politique de l'Europe.

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    Cependant, le 26 février 1815, Napoléon quitte l'île d'Elbe. Il débarque en France le 1er mars. A Grenoble, l’armée ne
    parvenant pas à l’arrêter, décide de l’escorter jusqu’à Paris où il entre  triomphalement le 20 mars 1815. Il convoque aussitôt les représentants du peuple au Champs de Mars, rebaptisé pour l’événement… « Champ de Mai ».  
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    Alarmés par son retour, les participants du congrès de Vienne réagissent aussitôt par une nouvelle coalition. Ils décident d'envoyer des troupes en Belgique, à proximité de la frontière française, pour préparer l'
    invasion de la France, prévue pour le 1er juillet 1815. La bataille de Waterloo, intense et décisive, se prépare. Elle aura finalement lieu le 18 juin 1815.
    Après cette bataille qui voit sa défaite, les députés refusent à Napoléon les pouvoirs dictatoriaux et le somment d’abdiquer. Il sera finalement exilé sur l’île de Sainte-Hélène. 
    ► Commentaire
    Ce film est rare et j’ai pu le visionner grâce à une copie tirée au format 9,5 mm par la firme PATHÉ en 1938 pour sa cinémathèque des films d’édition 9,5 mm (référence 7036 dans son catalogue officiel).
    Le film relate assez bien les cent derniers jours de l’empereur, son point culminant étant bien sûr la bataille décisive de Waterloo, avec des scènes épiques et des gros plans grandiloquents.
    La séquence finale montre Napoléon faire ses adieux à sa mère pendant que le roi de Rome (le fils de Napoléon emprisonné à Vienne) se penche sur une carte du monde… comme le faisait souvent son père, laissant supposer que la « relève est assurée ».
    Quelques intertitres ont été introduits par l’éditeur PATHÉ, ceci afin d’expliquer le contexte politique de l’époque. La pellicule noiret blanc est belle, avec de bons contrastes, et elle ne présente pas de rayure.

    Serge MOROY

  • « Charlot émigrant » 1917

    « Charlot émigrant » 1917

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    « Charlot émigrant » était l’un des films préférés de Charlie Chaplin. Le film raconte l’arrivée de Charlot à New York, à bord d’un paquebot bondé d’émigrés. Une chronique sociale, un mélodrame, mais aussi une comédie burlesque qui marquera le cinéma américain du XXe siècle : la longue traversée de l’Atlantique, l’espoir devant la statue de la Liberté, les fonctionnaires autorisant ou non les étrangers à fouler la terre promise…

    Sorti le 17 juin 1917, « Charlot émigrant » a contribué plus que tout autre film à construire le mythe de Charlot, l’anti-héros au grand cœur. Pour le tourner, les méthodes de travail de Charlie Chaplin vont devenir beaucoup plus exigeantes que par le passé.

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    Le film commence sur un bateau d’émigrants en route vers l’Amérique. Charlot, passager, coule une idylle avec Edna (Edna Purviance, l'actrice fétiche de Chaplin). Emu par sa pauvreté et sa beauté, notre héros lui glisse en cachette une partie de l’argent qu’il vient alors de gagner au jeu.

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    Premières désillusions

    Le bateau arrive à New York. Au loin, se profile la statue de la Liberté, symbole de la terre promise et de prospérité pour ces émigrants venus de si loin. Déjà, tous se pressent avec joie sur le pont quand  leur enthousiasme se trouve aussitôt refroidi par les fonctionnaires zélés du service de l’immigration, qui vont les parquer comme du bétail.

    Une fois débarqué, Charlot retrouve par hasard Edna dans un café. Il a trouvé une pièce dans la rue et l’invite. Mais la pièce tombe de sa poche trouée et notre héros va du coup avoir maille à partir avec le serveur du café, un colosse totalement dépourvu d’humanité.

    6 immigrantLa perfection sinon rien

    « Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage » disait Boileau. L’exigence de Chaplin à l’époque était telle qu’il tourna 25 000 mètres de pellicule et passa quatre jours et quatre nuits sans repos pour monter le film dans sa forme définitive. D’une durée de près de 25 minutes, sa réalisation nécessita pas moins de deux mois de tournage. Ainsi, la scène de l’addition opposant Charlot au serveur patibulaire, fut filmée plusieurs fois durant une semaine entière ! Chaplin s’aperçut en effet qu’il faisait fausse route: Henry Bergman n’était pas assez effrayant pour rendre la peur de Charlot crédible. Il annula une pleine semaine de tournage consacrée à cette scène (ce qui était révolutionnaire pour l’époque) pour donner finalement le rôle à Eric Campbell, beaucoup plus inquiétant à l’écran. 

    Victime du maccarthysme

    « Depuis 1840, l’Amérique symbolise l’ascension sociale où nos pionniers espèrent reconstruire leur vie sur un nouveau modèle » ai-je lu dans un magazine. Mais, l’Amérique a-t-elle vraiment été un Eldorado pour Chaplin ? Malgré son immense succès, il est permis d’en douter. Alors qu’il entreprend en 1952 un voyage avec sa famille à Londres, sa ville natale, son visa de retour est supprimé. On lui reproche ses sympathies communistes et il devient Persona non grata aux États-Unis. Frappé par tant d’ingratitude, il s’établira alors en Suisse pour y vivre les 25 dernières années de sa vie avec sa famille.

    En septembre 1957, soit 40 ans plus tard, Chaplin réglera ses comptes dans « Un roi à New York », réalisé en Angleterre. Il s’agit d’une satire au vitriol du mode de vie américain, ainsi qu’une dénonciation féroce du maccarthysme et de la chasse aux sorcières dont il a lui-même été victime. Le film sera d’ailleurs interdit aux Etats-Unis jusqu’en… 1976.

    Mais en avril 1972, Hollywood l’invite. Chaplin oublie alors sa rancœur et traverse l’Atlantique pour fouler à nouveau le sol du pays qui l’a tant fasciné, rendu célèbre, enrichi puis chassé.

    Devant 2700 personnes, qui l’acclament debout en fredonnant la mélodie des « Temps modernes », il reçoit un Oscar spécial pour l’ensemble de son œuvre. Charlot tenait enfin sa revanche.

    Serge MOROY

  • Potemkine

    Potemkine

    POTEMKIN 1905
    ODESSA, plus grand port ukrainien donnant sur la mer Noire, est une ville stratégique pour les Russes qui occupent déjà Kherson. Je ne peux m’empêcher de songer à la séquence des escaliers d’Odessa, tirée du film POTEMKINE, chef-d’œuvre de Sergueï Eisenstein (1925).

    L’action, qui prend presque la véracité d’un documentaire, se situe pendant la guerre russo-japonaise de 1904 à 1905. L’équipage du cuirassé Potemkine, révolté par les mauvais traitements infligés par ses officiers, s'est mutiné.
    La population d’Odessa, où est accosté le navire, fraternise avec les rebelles et leur apporte des vivres. Mais un matelot a trouvé la mort et la ferveur révolutionnaire monte peu à peu.
    Le gouvernement tsariste donne l’ordre à l’armée de disperser la foule.
    La scène des escaliers monumentaux d’Odessa, d’où les cosaques descendent, fusil au poing, pour déchirer la foule, reste un morceau d'anthologie.
    Eisenstein nous révèle de façon poignante ce terrible drame historique survenu le 29 juin 1905. Depuis, le grand escalier Richelieu a été rebaptisé escalier Potemkine.
    S Moroy, 6 mars 2022
    Potemkine0
  • Ces femmes qui ont réveillé la France

    Ces femmes qui ont réveillé la France

    Cesfemmes_affiche-2021-gaite-40x60-bdLe théâtre de la Gaîté Montparnasse présente jusqu'au 22 mars 2022 "Ces femmes qui ont réveillé la France" 

    Une vingtaine de femmes sont présentées par Jean Louis Debré, Valérie Bochenek, Valérie Rogozinski au piano, les connues, George Sand, Louise Michel, Simone Veil, Olympe de Gouges, George Sand, Colette, Marguerite Yourcenar, les oubliées, les méconnues, Jeanne Chauvin, première femme avocate, pionnières qui se sont battues pour les droits des femmes et auxquelles nous devons tout.

    Julie-Victoire Daubié est la première femme française à avoir obtenu le 17 août 1861 son baccalauréat, jusqu' ici réservé aux hommes… mais c'est grâce à l'intervention de l'Impératrice Eugénie que le ministre Gustave Rouland signe avec réticence le diplôme par crainte qu'il ne "ridiculise le ministère de l'Instruction Publique"…

    Julie-Victoire obtient ensuite sa licence sans avoir eu le droit d'assister aux cours!!!

    C'est encore grâce au soutien de l'Impératrice Eugénie que Madeleine Brès obtient, malgré les nombreux obstacles réservés aux femmes, le droit de s'inscrire à la faculté de médecine de Paris…

    En 1875, elle sera la première femme française à devenir médecin.

    Bien qu'elle ne soit pas citée dans la pièce, j'ajouterai que Rosa Bonheur, dont le musée d'Orsay célèbrera le bicentenaire de sa naissance en 2022, est la première femme artiste à recevoir la Légion d’Honneur en 1865, des mains de l’impératrice Eugénie, car "le génie n'a pas de sexe" . En 1889 Sadi Carnot lui remettra la grand-croix de la Légion d’honneur..

  • NAPOLÉON ET LES FEMMES, Le coup de foudre pour Joséphine

    NAPOLÉON ET LES FEMMES, Le coup de foudre pour Joséphine

    NAPOLÉON ET LES FEMMES 
     
    Josephine
    Le coup de foudre pour Joséphine
     
    Si plus de 200 films relatent l’épopée napoléonienne, celui d’Abel Gance, sorti en avril 1927, émerge nettement du lot. Ce film est actuellement en cours de restauration à la Cinémathèque française, reconstitué dans son intégralité grâce à des séquences retrouvées. Les restaurateurs ont respecté les intertitres d’origine (que j’ai indiqués), mais se sont basés également sur les notes, très explicatives, d’Abel Gance.
    Voici donc celles concernant la première rencontre de Napoléon avec Joséphine de Beauharnais. Coup de foudre immédiat pour l’empereur. La scène se passe au bal du 6 octobre 1795, après que le jeune général ait maté l’insurrection des royalistes à Paris.
    Le général Vendémiaire
    Violine, la jeune cantinière amoureuse de Napoléon, cf. # Napoléon et les femmes (4), sourit en rangeant des vêtements. Tout à coup, elle pâlit et est obligé de s’asseoir. Heureusement que sa compagne ne s’émeut pas de regarder un brillant général, car c’est Bonaparte, éblouissant, qui tend son manteau.
    Bonaparte est méconnaissable et séduisant comme personne n’eût pu le penser. Habillé de neuf, chapeauté d’or, cravaté d’or, ceinturé d’or, avec des éperons qui brillent comme deux étoiles… il passe.
    Violine le suit des yeux, bouleversée. Quand il est passé, elle arrache, de l’énorme plumet du chapeau qu’il a déposé, une plume qu’elle glisse dans son sein.
    Bonaparte entre dans le bal où il fait sensation. La salle, immobile, silencieuse et curieuse, détaille ce jeune et fringant général de la République.
     La brusque notoriété de Bonaparte au lendemain de Vendémiaire s’éclipsait cependant devant la grâce de trois femmes célèbres du moment…
    Madame Tallien
     
    Madame Tallien
    L’huissier annonce son entrée dans le bal. 25 ans. Très belle, très dévêtue, presque licencieuse, ses cheveux d’un noir de velours sont courts et frisés tout autour de la tête ; cela s’appelle coiffure à la Titus. Elle est radieuse, exubérante de santé et de bonheur et reine de la vie facile. Vénus du Capitole, harmonie parfaite.
    Mouvement d’admiration dans la salle. Une cour se forme. L’ancien régime est toujours là dès qu’il s’agit du charme féminin. Bonaparte la regarde, impassible.
     
    Madame RecamierMadame Récamier
    L’huissier annonce son entrée. 17 ans. Beauté, grâce et simplicité d’une Vierge de Raphaël. Aucun bijou. Plus on la regarde, plus on la trouve belle.
    Nouvelle houle d’admiration.
    Une autre cour se forme, peut-être plus grande encore que celle qui, comme un essaim, bourdonne autour de Madame Tallien. Tous les vieux messieurs en sont.
    Bonaparte la regarde, impassible.
     
     Madame de Beauharnais
    L’huissier annonce son entrée. 30 ans. Cette femme met à vivre une grâce qui n’a qu’elle. Au corps, nulle entrave, nul corset, pas même une brassière. Ses mouvements ont une souplesse nonchalante, s’accentuant avec naturel en des poses négligées, qui donnent à sa personne une exotique langueur. Son teint mat, où transparaît l’éclat de l’ivoire, prend une douce animation sous les reflets veloutés de grands yeux bleu foncé, aux longs cils légèrement relevés. Les cheveux, d’une sorte de nuance fulgurante, s’échappent en spirales d’un réseau d’or, et leurs boucles folles viennent encore ajouter un charme indéfinissable à une physionomie dont la mobilité est excessive mais toujours attrayante.
    Sa toilette complète l’aspect vaporeux de toute sa personne ; sa robe est de mousseline de l’Inde, et son ampleur exagérée trace autour de son corps des sillons nuageux. Le corsage, drapé à gros plus sur la poitrine, est arrêté sur les épaules par deux têtes de lion émaillées de noir. Les manches courtes, froncées sur des bras nus fort beaux, ornés au poignet de deux petites agrafes d’or.
    A elles trois, ces femmes ont affolé Paris et vu tomber des personnages les plus illustres à leurs pieds, ces beaux pieds qu’elles portaient nus et seulement chaussés de cothurnes avec des émeraudes aux doigts.
    Troisième vague d’admiration pour Joséphine.
    Cette fois, Bonaparte tressaille.
    Groupe Joséphine. Compliments, admiration d’adorateurs nombreux. Barras, dissimulant mal sa liaison avec Joséphine, est un des plus ardents. Bonaparte se mêle au groupe. Il est près d’elle, fasciné.
    Joséphine s’arrête de rire pour regarder Bonaparte, prisonnier dans le groupe. Cela le gêne. Il rompt la chaîne de fleurs, avance brusquement ; aux cris des admirateurs de Joséphine, il se retourne, les toise, et quitte soudain le groupe. Offusquée Joséphine ne sait que faire, mais elle se décide à rire.
    Joséphine rejoint Madame Tallien et Madame Récamier.
    Elles suivent, très intéressées, Bonaparte, qui ne les voit pas et qui, entouré, encensé, ne sait comment s’évader des compliments.
    Joséphine dit, rêveuse et adorable : « Il est vraiment charmant ce petit Buonaparte ».
    Mesdames Tallien et Récamier se font un signe et s’éloignent…
    Rapide, Joséphine se place sur son chemin, sans en avoir l’air. Bonaparte arrive, la voit, montre son empressement. Elle le regarde curieusement. Il lève les yeux sur elle. Silence doré.
    Bonaparte plonge ses yeux dans ceux de Joséphine. Cela la trouble. Elle se protège derrière son éventail et déclare : « C’est ici, Monsieur Buonaparte, qu’on m’a appelée pour l’échafaud ! ».
    Sources :
    Abel Gance, Napoléon épopée cinématographique (Jacques Bertoin, 1991)
    Abel Gance (Roger Icart, 1983).
    Abel Gance et Napoléon, Cinématographe, revue n° 83 (nov. 1982)
     
    1280px-Le_divorce_de_lImperatrice_Josephine_15_decembre_1809_Henri-Frederic_Schopin15 décembre 1809 Divorce de Napoléon et Joséphine
  • NAPOLÉON ET LES FEMMES, Violine FleurI

    NAPOLÉON ET LES FEMMES, Violine FleurI

    NAPOLÉON ET LES FEMMES, VIOLINE FLEURI
     
    Violine fleuri
    Violine Fleuri, la jolie cantinière qui brûlait d’amour pour l’empereur
    Le « Napoléon », d’Abel Gance (1927), est un film grandiloquent d’une durée de… 5 heures 30 ! Il est actuellement restauré par la Cinémathèque française pour être diffusé à la rentrée 2021 dans une version remasterisée. Il évoque l’histoire de Tristan Fleuri, qui entre au service de Bonaparte, alors consul, et qui l’accompagnera jusqu’à la fin. Sa fille, Violine, âgée de 16 ans, éprouve pour Bonaparte un amour quasi religieux dès qu’elle l’aperçoit pour la première fois à Paris en 1792. Elle sera elle-même femme de chambre de Joséphine, puis aide-cantinière pour suivre Napoléon dans ses campagnes, avant de mourir pendant la terrible retraite de Russie de 1812. Juste avant, Violine aura eu le temps de révéler à l’empereur la passion brûlante qu’elle éprouvait pour lui.
    Fantaisie ou réalité ? Abel Gance a toujours affirmé respecter l’histoire de son grand héros pour lequel il vouait une vive admiration (on n’en a jamais douté). Pourtant aucun historien n’a corroboré l’existence de Violine, rôle tenu par Annabella (1907-1996), dont c’était le tout premier film. Un prétexte pour faciliter l’adhésion du public populaire à son œuvre ? Alors qu’il planchait sur le scénario, Abel Gance déclarait le 15 septembre 1923 (source Cinématographe n° 83, nov. 1982) : « Je me suis permis cependant de dresser dans l’ombre de l’empereur une histoire touchante et obscure pour donner encore plus de relief et d’éclat par contrastes à mon film, et lui éviter la froideur et la raideur continue des tableaux de David par exemple, mais cela, sans jamais changer une virgule de l’histoire. » 
    S. Moroy