Catégorie : 02 Une vie, une oeuvre, une date

  • La familia grande, Camille Kouchner

    La familia grande, Camille Kouchner

    Familia grandeLA FAMILIA GRANDE

    CAMILLE KOUCHNER

    SEUIL

    « Souviens-toi, maman : nous étions tes enfants. » C.K.

    C'est l'histoire d'une grande famille qui aime débattre, rire et danser, qui aime le soleil et l'été.

    C'est le récit incandescent d'une femme qui ose enfin raconter ce qui a longtemps fait taire la familia grande.

    La critique de France Culture:

    "Alors que la parole se libère enfin sur les crimes incestueux, le livre qui a inauguré cette salutaire transformation, "La familia grande" de la juriste Camille Kouchner, est premier des ventes en non-fiction. Le signe d'une prise de conscience de grande ampleur.

    Difficile de résumer ou commenter un livre qui fait le récit d’un inceste, celui qui aurait été subi par Victor, le frère jumeau de l’autrice, par leur beau-père, le politologue Olivier Duhamel.

    La familia grande est un livre de malaise, comme une comédie bourgeoise provinciale (bien que ses protagonistes soient des guévaristes patentés, une ancienne maîtresse de Fidel Castro et un "french doctor" alors tiers-mondiste, père absent et silencieux). L’écriture n’est pas littéraire, le livre n’est même pas très bien écrit – c’est un récit plutôt chirurgical où les détails comptent. Sauf les détails  juridico-judiciaires, ce qui est étrange pour une juriste qui ne qualifie jamais vraiment les éléments du crime dont elle accuse son beau-père. « Peut-être », écrit-elle même d’une fellation dont elle laisse planer le doute : est-elle réelle ou supposée ? C’est sans doute la statut de sa parole (elle s’exprime au nom de son frère qui reste silencieux et n’entendrait pas porter plainte – les crimes ou délits en question sont de toute façon prescrits).

    Au-delà de cette question, le récit décrit bien la « liberté libre » de soixante-huitards pas du tout attardés ; ils passent très vite du « col Mao au Rotary Club », pour reprendre le titre d'un pamphlet qui a beaucoup à voir avec celui-ci. Les portraits d'Evelyne Pisier et de Bernard Kouchner, les parents de Camille Kouchner, sont fascinants, complexes et débordants d’amour. Tout est assez confus dans ce grand livre de la confusion comme dans cette « liberté libre » que les soixante-huitards s’autorisent avec leurs enfants sans pudeur et sans honte. Les enfants des soixante-huitards se reconnaitront à chaque page de ce beau livre, même s’ils n’ont pas connu l’inceste ou les soirées nudistes, sans culottes ni soutien-gorges ! " France Culture

    France culture

     La Familia grande est le premier livre de Camille Kouchner, maître de conférences en droit.

  • RENDEZ-VOUS AVEC LA FÉERIE : UN FILM SUR MÉLIÈS, L’INVENTEUR DES EFFETS SPÉCIAUX AU CINÉMA

    RENDEZ-VOUS AVEC LA FÉERIE : UN FILM SUR MÉLIÈS, L’INVENTEUR DES EFFETS SPÉCIAUX AU CINÉMA

    Georges MÉLIÈS est mort le 21 janvier 1938 à Paris, à 77 ans. Il a été l’une des figures les plus marquantes du cinéma naissant. Son œuvre (plus de 500 films), détruite ou dispersée, tombe rapidement dans l’oubli. A la fin de sa vie, pour survivre, il tenait un petit magasin de jouets dans le hall de la gare Paris-Montparnasse. Il reste presque totalement inconnu du grand public. Découvrez son histoire

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    Georges Méliès (1861-1938) tourna 520 films entre 1896 et 1913. C’est une œuvre considérable et sans pareille pour l’époque. Mais, dans un moment de détresse, il les détruisit en 1923. Alors, comment peut-on les voir encore aujourd’hui ?

    Heureusement, des copies avaient été effectuées et aujourd’hui, aux États-Unis mais aussi dans le monde, on a parfois le bonheur d’exhumer un de ses petits chefs-d’œuvre, à l’instar du Voyage dans la lune, fantaisie qui connut un vif succès en 1902. Il convient alors de les restaurer très vite car la pellicule, inflammable, se décompose dans le temps.

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    Le mystère Méliès, documentaire exceptionnel de Serge Bromberg et Eric Lange, sera diffusé samedi 9 janvier à 00 h 30 sur ARTE.

    C’est 59 minutes de pur bonheur retraçant l’histoire de ce magicien, alors directeur du théâtre Robert-Oudin et qui va se lancer dans la réalisation et la production de films noir et blanc puis coloriés. Il nous sera expliqué par quel heureux hasard il est encore possible de voir ses œuvres aujourd’hui.

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    « Notre film explore le monde enchanté du premier magicien du cinéma à travers des images extraordinaires et révèle le secret de cette réapparition, qui est peut-être son plus beau tour de magie. »
    Serge Bromberg

    Avec les témoignages de Costa-Gavras, président de la Cinémathèque de Paris, Laurent Mannoni, historien du cinéma, Michel Gondry, réalisateur, Béatrice de Pastre, directrice des collections au CNC, ainsi que des enregistrements de la propre voix de Georges Méliès.

    Serge Bromberg, 59 ans, a fondé sa société Lobster Films en 1985 pour gérer et valoriser son importante collection de films anciens, notamment des burlesques et des films d’animation. Il poursuit sa recherche de vieux films disparus, qu’il entreprend de restaurer (Méliès, Keaton, Chaplin et Dziga Vertov) et œuvre pour diffusion des grands classiques du cinéma  auprès du plus grand nombre.

    Serge Moroy

  • A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie, Hervé Guilbert (Gallimard)

    A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie, Hervé Guilbert (Gallimard)


    Sida hervé Guilbert
    Hervé Guibert est décédé le 27 décembre 1991, victime du sida à l’âge de 36 ans.
    Il a été un écrivain prolixe, mais aussi un journaliste et photographe renommé. Il apprend sa séropositivité en 1988 et va l’annoncer dans un roman autobiographique publié en 1990 chez Gallimard, et qui sera son œuvre la plus connue du public : « A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie ».
     
    Dans celui-ci, il révèle de façon frappante le combat qu’il mène au quotidien contre la maladie, ainsi que le cruel espoir qu’il nourrit d’être guéri grâce à un traitement miraculeux élaboré aux Etats-Unis.

    « De même que je n'avais avoué à personne, sauf aux amis qui se comptent sur les doigts d'une main, que j'étais condamné, je n'avouai à personne, sauf à ces quelques amis, que j'allais m'en tirer, que je serais, par ce hasard extraordinaire, un des premiers survivants au monde de cette maladie inexorable. »
    Mais hélas le remède miracle n'existe pas.
    Au-delà d'un témoignage poignant et dramatique sur le sida, l'amitié et la mort, ce roman frappe par la force et la beauté crue de son écriture et où se dressent à chaque page une rage de vivre et une violence à peine contenue.
    Quand j'ai découvert son roman, en 1991, je l'ai lu d'une traite car la grande force d’Hervé Guibert est peut-être, finalement, de nous faire réagir.
    S. Moroy
     
    Sida Hervéguilbert2A L'AMI QUI NE M'A PAS SAUVÉ LAVIE
    HERVÉ GUILBERT
    GALLIMARD
    Premier tome d'une trilogie autobiographique consacrée au sida.
    J'ai eu le sida pendant trois mois.
    Plus exactement, j'ai cru pendant trois mois que j'étais condamné par cette maladie mortelle qu'on appelle le sida.
    Or je ne me faisais pas d'idées, j'étais réellement atteint, le test qui s'était avéré positif en témoignait, ainsi que des analyses qui avaient démontré que mon sang amorçait un processus de faillite.
    Mais, au bout de trois mois, un hasard extraordinaire me fit croire, et me donna quasiment l'assurance que je pourrais échapper à cette maladie que tout le monde donnait encore pour incurable.
    De même que je n'avais avoué à personne, sauf aux amis qui se comptent sur les doigts d'une main, que j'étais condamné, je n'avouai à personne, sauf à ces quelques amis, que j'allais m'en tirer, que je serais, par ce hasard extraordinaire, un des premiers survivants au monde de cette maladie inexorable".
  • Geneviève Bossu : « Ce que j’ai fait, tout le monde l’aurait fait »

    Geneviève Bossu : « Ce que j’ai fait, tout le monde l’aurait fait »

    EN 1945, GENEVIÈVE BOSSU RAPATRIAIT LES PRISONNIERS DE GUERRE PAR AVION

    Geneviève Bossu réside à Villevaudé (Seine-et-Marne). Elle a eu 101 ans le 24 novembre et se souvient encore parfaitement des déportés qu’elle a rapatriés d’Allemagne… il y a 75 ans.

    Bossu

    Pendant l’été 1945, près de 16 000 prisonniers français ont été ramenés par avion. Ce rapatriement a été le premier et le plus important de l’Histoire et sa réussite est dû au dévouement des équipages : diplomates, médecins et infirmières, en particulier les IPSA (Infirmières pilotes secouristes de l’air).

    Pour son frère

    Geneviève a 20 ans quand la guerre éclate. Son frère, Roger Albinet (futur maire de Villevaudé, de 1947 à 1971) est prisonnier en Allemagne. Avec un simple diplôme d’infirmière, elle rejoint les IPSA, une section aérienne de la Croix-Rouge française créée en 1934, afin d’aller le chercher.

    C’est la raison pour laquelle je voulais récupérer les prisonniers, même si je savais que je ne le retrouverais pas forcément.

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    Première mission sanitaire

    Son départ a lieu en avril 1945. Elle doit ramener les prisonniers du camp de concentration de Buchenwald, rassemblés au Luxembourg.


    Bossu
    On les a installés dans le train, sur des brancards. Ils avaient tous une étiquette autour du cou car certains ne parlaient pas. Il y avait beaucoup de Français et j’ai même retrouvé un cousin !

    Avec la première armée française Rhin et Danube

    Le 8 mai 1945, jour où Berlin capitule, elle accompagne à Mengen la première armée française Rhin et Danube. Celle-ci est commandée par le général de Lattre de Tassigny et elle fait partie du convoi d’ambulances qui la suit. Les ponts sur le Rhin sont détruits et le ravitaillement en essence pour l’armée s’effectue par avion, de Strasbourg à la base de Mengen. Les avions repartant à vide, elle et ses cinq collègues les remplissent à raison de trois rotations par jour. Ce sont ainsi 1935 soldats, dont 560 couchés, qui seront convoyés par une centaine d’avions Junker ou Dakota.

    J'ai vu tellement de souffrances qu’aujourd'hui encore, je m'interdis de me plaindre.

    Les rescapées de Ravensbrück

    En août 1945, elle s’envole pour Malmoë (Suède) afin de rapatrier une centaine de femmes que le comte Bernadotte, diplomate suédois, a réussi à extirper du camp de Ravensbrück, deux mois avant la reddition allemande. Un terrible spectacle s’offre alors à sa vue.

    Elles n’étaient plus que squelettes. Notre crainte était que les parents les fassent manger trop. On les a soignées sur place pendant deux mois avant de les ramener en avion.

    La jeune convoyeuse se voit ensuite détachée au ministère des colonies pour évacuer des familles et des malades bloqués par les guerres à Madagascar, en Afrique, Inde et Indochine. Peu rapides et volant assez bas, il fallait six jours aller-retour aux avions pour faire Paris-Dakar.

    Une vie au service des autres

    Fin 1946, elle tombe malade et sa convalescence se déroule dans la demeure familiale, à Villevaudé.

    En 1950, elle obtient son diplôme d’infirmière d’État et sera monitrice IPSA, puis hôtesse à Air Maroc. En 1956, elle épouse Henry Bossu, directeur des essais chez Panhard, et devient, jusqu’en 1967, infirmière pour l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord).

    En 1968, elle travaille dans un laboratoire puis, jusqu’à sa retraite en mai 1981, comme infirmière à la Compagnie générale d’électricité. Après la mort de son époux, en 1995, elle décide de rester à Villevaudé.

    Ce que j'ai fait, tout le monde l’aurait fait.

    Nommée chevalier de l’ordre national du Mérite par décret du 14 novembre 2003, Geneviève Bossu aura le privilège d’être décorée le 11 mars 2004 par Geneviève de Galard, l’héroïque convoyeuse de l’air de Diên Biên Phu (Indochine), elle-même Grand-croix de la Légion d’honneur.

    Repas seniors

    Serge Moroy 
  • ROBERT MARCHAND, LE PLUS VIEUX SPORTIF DU MONDE, VA SOUFFLER 109 BOUGIES

    ROBERT MARCHAND, LE PLUS VIEUX SPORTIF DU MONDE, VA SOUFFLER 109 BOUGIES

    Robert Marchand, doyen des champions cyclistes, fête ses 109 ans ce 26 novembre. Pendant le premier confinement, il s’entraînait tous les jours sur son vélo d’appartement, mais sa nièce, le trouvant affaibli, l’a placé dans la maison de retraite située dans son quartier, à Mitry-Mory (Seine-et-Marne).

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    Mais quel est donc le secret de « ce malicieux diable d’homme qui semble défier le temps » comme l’a si bien surnommé le champion Bernard Thévenet, vainqueur du tour de France 1975 et 1977 ?

    Je bois très peu de champagne et je n’aime pas les gâteaux, trop de sucre. Ma devise ? C’est user de tout, n’abuser de rien. Et aussi pratiquer la culture physique, si possible tous les jours.

    Robert Marchand

    Plus vieux recordman du monde cycliste

    Car parmi son impressionnant palmarès, le Mitryen, un mètre 50 pour quelque 50 kilos, détient le record du monde de l’heure, soit 22,55 km accomplis en une heure.

    Il a réalisé son exploit en 2017, au vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines (Yvelines) et dans la catégorie masters, une catégorie spécialement créée pour lui. Jamais dans l’histoire, un centenaire n’avait réalisé un tel exploit.

    J’aurais pu faire mieux car je m'économisais, pensant que j’avais encore des tours à faire.

    Robert Marchand

    Indestructible

    Mitry-Mory est une petite ville d’à peine 20 000 habitants, mais il y a plus de 3000 licenciés à USJM (Union sportive de la jeunesse de Mitry-Mory) et il y a bien sûr notre ami Robert, qui est un élément fédérateur du club, mais aussi stimulant : comment voulez-vous qu’un cycliste moins âgé que lui vienne se plaindre ? C’est aussi une relation interactive extrêmement positive : il nous apporte et le groupe lui apporte aussi. Robert a une volonté de fer. Il aime relever les défis et, quand il a un objectif en tête, il est redoutable, indestructible.

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    Alain Gautheron, président du club des Cyclos-Mitryens (9 décembre 2018)

    La Robert Marchand : une course en son honneur

    En guise d’hommage, son club organise depuis juin 2018, une randonnée de 647 km avec 4946 mètres de dénivelé positif entre le quartier Cusino où Robert réside à Mitry-Mory, jusqu’au col qui, depuis 2011, porte son nom à Lalouvesc, un village de l’Ardèche. Pour le symbole, le col fait 911 mètres et Robert est né en 1911.

    Le bonhomme, petit par la taille mais grand par le talent, est donc un véritable phénomène. Médaille d’or de la jeunesse et des sports, détenteur de l’Ordre national du mérite, reçu à l’Elysée par François Hollande, alors président de la République, c’est le plus vieux sportif de la planète et il est plus connu que le dernier vainqueur du tour de France.

    Pour la première fois de sa vie, Robert fêtera son anniversaire pratiquement seul et en maison de retraite. A cette occasion, ses amis proposent de lui témoigner leur affection en lui envoyant une carte de vœux ou bien en participant à un cadeau via une collecte en ligne lancée sur Facebook.

    Les amis de Robert Marchand | Facebook

    Itinéraire d’un phénomène 

    Né le 26 novembre 1911 à Amiens (Somme), Robert est un contemporain de Lénine et de Jean Jaurès. Il a 7 ans lorsque l’armistice de la fin de Première Guerre mondiale est signé. Les études n’étaient pas son fort et il a successivement exercé les métiers d’imprimeur, de fabricant de sacs puis de chaussures avant de rejoindre les pompier de Paris.

    En 1939, il est mobilisé. Marié la même année, il est devenu veuf en 1943 et n’a pas eu d’enfant. Robert est parti au Venezuela pour être conducteur de poids lourds puis au Canada pour y devenir bûcheron. De retour en France, il a exercé le métier de maraîcher et ensuite de négociant en vins. Certains se rappellent encore quand il circulait à bord de son fourgon H Citroën pour effectuer ses tournées.

    Comme loisirs, Robert a pratiqué la boxe à 13 ans, la gymnastique (champion de France par équipes à la pyramide en 1925), l’haltérophilie et, enfin, le cyclisme de 1925 à 1930 puis de 1978 à aujourd’hui.

    Outre ses participations aux épreuves nationales, Robert a établi en Suisse, le 17 février 2012, le record de l’heure de cyclisme sur piste pour la catégorie masters des plus proches de cent ans, catégorie créée spécialement pour lui par l’UCI (Union cycliste internationale), soit 24,251 km.

    Le 28 septembre 2012, il a établi à Lyon le record du centenaire le plus rapide sur cent kilomètres à vélo avec 4 heures 17 minutes et 27 secondes, soit une moyenne de 23 km/h.

    Le 31 janvier 2014, sur le vélodrome national de St-Quentin-en-Yvelines, Robert a battu son propre record de l’heure de cyclisme sur piste, soit 26,927 km.

    Enfin, le 4 janvier 2017, toujours sur le vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines, il a décroché le record de l’heure de cyclisme sur piste chez les masters de plus de 105 ans, soit 22,547 km.

    Serge Moroy

  • L’hôpital d’instruction des armées de Percy fait appel au bleuet de France

    L’hôpital d’instruction des armées de Percy fait appel au bleuet de France

     
    Cette année, l’hôpital d’instruction des armées de Percy, hôpital de référence du blessé militaire accueillant également les victimes d’attentat, fait appel au Bleuet de France pour le financement de projets innovants en ophtalmologie, pneumologie et odontologie.  L’hôpital tire son nom de Pierre François Percy, chirurgien en chef des armées sous la Révolution et l'Empire.
     
    Pour nous villevaudéens le nom de Percy fait partie de notre patrimoine historique.
     
     
     
    Percy bordeaux
    "La petite campagne" des Percy au hameau de Bordeaux (commune de Villevaudé)
     
    Percy arc de triompheLe nom de Percy est inscrit sur l'Arc de Triomphe, sur la 10e colonne pilier Nord
     
    Le Bleuet
     
    Au lendemain de la Première Guerre mondiale, deux infirmières, Charlotte Malleterre et Suzanne Leenhardt, créent le Bleuet de France, une mobilisation citoyenne pour aider les blessés et mutilés de la guerre.
     
    Pourquoi le bleuet ? Parce que c'est la seule fleur qui pousse alors sur les champs de bataille, un signe d'espoir et de vie qui reprend après l'horreur des combats.
    Cette initiative centenaire poursuit son chemin et permet encore aujourd’hui de venir en aide aux anciens combattants, aux blessés de guerre, aux pupilles de la Nation ainsi qu’aux victimes du terrorisme à travers l’action de l’Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre (ONACVG).
    Bleurt de France attache_signature_11_novembre
     
  • Il y a 50 ans, le 9 septembre 1970,  disparaissait Charles de Gaulle

    Il y a 50 ans, le 9 septembre 1970, disparaissait Charles de Gaulle

     
    De gaulle 1Incontestablement, il fut un personnage emblématique qui a marqué l’histoire de la France. A tel point, qu’aujourd’hui encore, nombreux sont les partis qui revendiquent son « héritage politique » ou n’hésitent pas à y faire référence.
    Disparu à la veille de ses 80 ans, Charles de Gaulle appartient désormais aux historiens. Sa mort a mis un point final à une période de l’histoire de France longue de 30 ans pendant lesquels, l’homme qui se faisait « une certaine idée de la France » aura eu le principal souci de restaurer l’image de son pays et d’assurer son prestige à travers le monde.
    Les historiens s’arrêteront sans doute à la date du 27 avril 1969, date à laquelle il quitta définitivement l’Elysée après l’échec du référendum, mais ce serait bien réducteur pour résumer l’œuvre d’un tel personnage. Essayons d’y voir plus clair.
    ► La légende en marche
    « La France a perdu une bataille, mais la France n’a pas perdu la guerre ! ». Par cet appel lancé le 18 juin 1940 au micro de la BBC, le général De Gaulle exhorte les Français à continuer le combat contre l’occupant allemand. La légende est en marche.
    Né le 22 novembre 1890 à Lille, au sein d’une famille monarchiste et catholique, diplômé de Saint-Cyr, Charles De Gaulle se retrouve, à sa sortie, sous les ordres du colonel Pétain. Il s’illustre lors de la Première Guerre mondiale et participe à la bataille de Verdun où il est blessé pour la 3e fois. Capturé par les Allemands devant Douaumont en mars 1916, il tente plusieurs fois de s’évader.
    Après la guerre, il entre à l’école militaire comme professeur d’histoire militaire. En 1925, De Gaulle participe au cabinet du maréchal Pétain, alors vice-président du conseil supérieur de la guerre. N’obtenant pas le poste désiré à l’école de guerre, il part au Liban de 1929 à 1931.
    A son retour, il obtient un poste au secrétariat général de la Défense nationale On est alors en pleine construction de la ligne Maginot qui, sur 400 km, doit défendre le pays le long de ses frontières avec la Belgique, le Luxembourg, l’Allemagne, la Suisse et l’Italie.
    ► Un visionnaire sur le rôle des blindés
    La conviction profonde de De Gaulle est que les véhicules blindés sont indispensables en cas de conflit et qu’ils doivent être groupés dans des unités autonomes au sein d’une armée moderne et efficace. Sa conception l’oppose aux principaux responsables de l’armée française (Pétain, Gamelin, Weygand et Giraud) qui sont partisans de la défense statique derrière la ligne Maginot.
    L’offensive allemande de mai 1940 est pour De Gaulle, alors colonel d’une unité blindée, de mettre ses théories en application. Il mène avec ses chars deux contre-attaques victorieuses contre la Wehrmacht à Montcornet et à Abbeville.
    De Gaulle, devenu général de brigade, est appelé par Paul Reynaud, alors président du conseil, pour devenir sous-secrétaire d’Etat à la Défense en juin 1940. Il s’oppose aux partisans de l’armistice avec les Allemands et quitte la France pour Londres, le 17 juin 1940.
    ► L'appel à la résistance
    Le 18 juin de la même année, il lance sur les ondes de la BBC son célèbre appel à la résistance. Il conteste la légitimité du gouvernement de Pétain et organise, à Londres, le comité de la France libre. Il obtient le soutien et la reconnaissance officielle de Churchill. De Gaulle devient alors le chef de la France libre et il est condamné à mort par Pétain. De Gaulle parvient à rallier progressivement les colonies françaises à sa cause. Il installe un conseil de défense de l’empire en octobre 1940. Parallèlement, il organise et fédère les divers mouvements de résistance qui agissent en France occupée.
    Mais De Gaulle, qui n’inspire pas la confiance des Alliés, est tenu à l’écart des grandes décisions (conférences de Téhéran et de Yalta). En novembre 1942, le débarquement américain en Afrique du Nord se fait sans lui et Roosevelt préfère s’appuyer à Alger sur l’amiral Darlan, ex-chef du gouvernement du maréchal Pétain, puis sur le général pétainiste Giraud.
    De Gaulle est informé seulement la veille du débarquement du 6 juin 1944 sur les côtes normandes. De retour en France, à Bayeux, première grande ville libérée, De Gaulle reçoit un fervent accueil, ce qui finit par légitimer sa position aux yeux des Alliés.
    Dans le contexte tragique de l’épuration, le 3 septembre 1944, il prend la tête du gouvernement provisoire qui prépare l’instauration de la IVe République. Mais son opposition avec la majorité de l’Assemblée sur le projet de constitution le décide à quitter brusquement son poste. Il démissionne de ses fonctions le 20 janvier 1946. Son discours à Bayeux, en juin 1946, fixe clairement sa conception d’un pouvoir exécutif. Il fondera en avril 1947 l’éphémère RPF (Rassemblement du peuple français). Après ses premiers succès, le RPF recueille peu de voix aux élections de 1951 et finalement disparaîtra en 1953.
    De Gaulle se met en retrait de la vie politique. A Colombey-les-deux-églises (Haute-Marne), il rédige ses mémoires de guerre.
    ► La Ve République et l'Algérie
    Face aux graves émeutes qui secouent l’Algérie française, Le président René Coty vient chercher De Gaulle comme suprême recours. Nommé chef du gouvernement le 1er juin 1958, De Gaulle fonde la Ve République. Une nouvelle constitution est adoptée par référendum qui renforce considérablement le pouvoir exécutif. De Gaulle devient le 1er président de la Ve République en novembre 1958 pour prendre ses fonctions officielles en janvier 1959.
    Engagé dans la guerre civile en Algérie, De Gaulle privilégie finalement l’autodétermination des Algériens. Ce revirement politique provoque une forte réaction qui mène à la tentative du putsch des généraux d’Alger, partisans du maintien de l’Algérie dans la France, le 22 avril 1961.
    De Gaulle rétablit l’ordre autoritairement et signe, le 19 mars 1962, avec le FLN les accords d’Evian qui reconnaissent l’indépendance de l’Algérie, tandis qu’une organisation clandestine, l’OAS, perpètre des attentats en signe de protestations.
    De Gaulle dote la France de l’arme nucléaire (sous-marin Le Redoutable, essai de la bombe H au Sahara). Il annonce en mars 1966 le départ de l’OTAN afin de marquer l’indépendance de la France vis-à-vis des Etats-Unis, en même temps qu’il renoue des relations diplomatiques avec l’URSS et la Chine. En 1963, il signe avec le chancelier Konral Adenauer un traité de coopération franco-allemande, le premier depuis la fin du conflit en 1945, qui a pour but d’éviter toute nouvelle guerre entre les deux pays.
    ► Le désaveu politique
    La France des années 60 connaît une forte prospérité économique (les trente glorieuses). De Gaulle est réélu face à François Mitterrand, candidat de la gauche unie. Mais la situation sociale est tendue. La grève générale des syndicats et la révolte des étudiants éclatent en mai 1968. La contestation de sa politique est consacrée lors d’un référendum en avril 1969 portant sur un projet de régionalisation.
    De Gaulle prend ce résultat pour un désaveu personnel. Il démissionne le 27 avril et se retire à Colombey-les-deux-églises, où il achève ses mémoires et y mourra le 9 novembre 1970.
    Synthèse : Serge Moroy
    De gaulle 2
    De gaulle 4
    France soir du 11 novembre 1970
  • Là où chantent les écrevisses, Delia Owens

    Là où chantent les écrevissesLÀ OÙ CHANTENT LES ÉCREVISSES

    DELIA OWENS

    SEUIL

    Pendant des années, les rumeurs les plus folles ont couru sur " la Fille des marais " de Barkley Cove, une petite ville de Caroline du Nord. Pourtant, Kya n'est pas cette fille sauvage et analphabète que tous imaginent et craignent.

    A l'âge de dix ans, abandonnée par sa famille, elle doit apprendre à survivre seule dans le marais, devenu pour elle un refuge naturel et une protection. Sa rencontre avec Tate, un jeune homme doux et cultivé qui lui apprend à lire et à écrire, lui fait découvrir la science et la poésie, transforme la jeune fille à jamais. Mais Tate, appelé par ses études, l'abandonne à son tour.

    La solitude devient si pesante que Kya ne se méfie pas assez de celui qui va bientôt croiser son chemin et lui promettre une autre vie.

    Lorsque l'irréparable se produit, elle ne peut plus compter que sur elle-même…

    Delia Owens est née en 1949 en Géorgie, aux Etats-Unis. Diplômée en zoologie et biologie, elle a vécu plus de vingt ans en Afrique et a publié trois ouvrages consacrés à la nature et aux animaux, tous best-sellers aux USA.

    Là où chantent les écrevisses est son premier roman. Phénomène d'édition, ce livre a déjà conquis des millions de lecteurs et poursuit son incroyable destinée dans le monde entier. Une adaptation au cinéma est également en cours.

  • Vaires sur Marne, Le train

    Vaires sur Marne, Le train

    6a00d834eebe2a69e200e551ef4fee8834-800wiLe 20 octobre 1994 décédait Burt Lancaster, à l’âge de 81 ans.

    L’acteur américain était venu à Vaires-sur-Marne (77) en octobre 1963 pour tourner un film de guerre à gros budget, « Le train », réalisé par John Frankenheimer avec notamment Paul Scofield,  Jeanne Moreau, Suzanne Flon, Michel Simon [inoubliable Papa Boule !],  Albert Rémy, Jacques Marin… 

    Il se trouve que j’habite à Villevaudé, village qui se situe non loin de l’endroit où fut tourné ce film et qu’il tire parti d’événements historiques qui s’y produisirent 19 ans plus tôt en 1944.

    Vaires-sur-Marne, en Seine-et-Marne, est une charmante bourgade des bords de Marne, à 25 km à l’est de la capitale. Elle dispose d’une gare de chemin de fer digne de ce nom depuis 1926 assurant la liaison entre Paris et Meaux. Vaires a surtout la particularité de posséder l’un des plus grands triages du réseau ferroviaire français. Ce dernier organise la formation des convois de marchandises vers toute la France et l’Europe. La ville comptait 5120 habitants en 1936 et on estime que près de la moitié de la population était constituée par les cheminots et leurs familles.

    Les Allemands arrivent à Vaires le 13 juin 1940. La gare et son triage, aussitôt réquisitionnés, jouent alors un rôle logistique primordial pour les communications outre-Rhin. Les cheminots manifestent très vite leur opposition à la présence de l’occupant. Tout est bon pour gêner ou ralentir le trafic des trains servant l’effort de guerre allemand. Les erreurs d’aiguillage ne se comptent plus et provoquent le va-et-vient incessant des convois. Quelquefois, il y a de véritables actes de sabotage qui mettent hors d’usage le matériel roulant, provoquent des déraillements et nécessitent des réparations qui sont effectuées le plus mollement possible. Bien sûr, les employés des chemins de fer allemands qui surveillent leurs homologues français ne sont pas dupes. Mais, ces hommes de la Reichbahn sont âgés et le plus souvent des réservistes de la Wehrmacht. Bien qu’armés d’un pistolet, ils n’ont pas l’esprit guerrier et consentent bien souvent à fermer les yeux. De toute façon, ils savent que le triage de Vaires est un important foyer de résistance, qu’elle soit active ou passive, et que le sens de l’histoire est en train de tourner, surtout depuis la première défaite de l’armée allemande à El-Alamein (3 novembre 1942).

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    En 1944, la ville paiera un lourd tribut à la Libération en étant particulièrement éprouvée par les bombardements alliés. Le triage subira en effet six attaques aériennes en l’espace de cinq mois. Le premier se produira le 29 mars 1944. Ce jour-là, plusieurs trains militaires se trouvent assemblés au triage de Vaires. L’un d’eux transporte de l’essence, deux autres du matériel, un quatrième des munitions et le cinquième des troupes de soldats SS. Avertis par la Résistance, les autorités anglaises déclenchent l’offensive un peu plus de 12 heures seulement après avoir reçu l’information. « Les haricots verts sont cuits » annonce alors laconiquement Radio-Londres pour prévenir du bombardement imminent. Effectivement, à 21 h 15, les avions de la RAF surgissent et, quand ils s’éloignent à 21 h 40, le triage est en feu : le train de munitions a explosé, creusant une tranchée longue de 200 m, large de 20 m et profonde de 6 m ; le train transportant l’essence brûle ; les wagons contenant le matériel sont détruits et, pour celui transportant les troupes, plusieurs centaines de soldats ont péri. Les bombardements ont également causé une douzaine de morts dans la population civile. Au total, les chiffres des victimes, selon les estimations des témoins, oscillent entre 1200 et 2735. Quoi qu’il en soit, il semblerait qu’il n’y ait eu que 400 rescapés. Les cinq autres bombardements (28 juin, 8 – 12 – 18 et 27 juillet) surviendront après le débarquement en Normandie. Ils varieront par leur intensité et viseront surtout à désorganiser le trafic ferroviaire sur l’arrière de l’ennemi, tandis que les alliés progressent. A la Libération, la ville de Vaires apparaît comme l’une des plus sinistrées du département de Seine-et-Marne, ce qui lui vaudra de recevoir la Croix de guerre en 1948 pour le courage de sa population civile lors de ces tragiques événements (médaille figurant depuis au bas du blason de la ville).

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    En octobre 1963, les Vairois sont donc quelque peu surpris de voir débarquer 19 ans plus tard l’équipe d’un grand réalisateur américain pour tourner un film de guerre à gros budget au triage SNCF. Car, pour les besoins de ce tournage énorme en décors naturels, ce sera un pari de tous les instants : en fin de journée, il faut préparer une locomotive qui devra dérailler le lendemain ; il faut ajouter des feuilles aux arbres (l’action se déroule en effet en été et l’on est en automne !). Un poste d’aiguillage de l’époque est entièrement reconstitué, un dépôt désaffecté est sacrifié pour les besoins d’une scène d’explosion. John Frankenheimer était un cinéaste très exigeant et pourtant c’était Arthur Penn qui était prévu au départ pour la réalisation de cette superproduction franco-italo-américaine. En fait, le réalisateur de « Little Big Man » abondonna le tournage au bout de quinze jours à cause d’un désaccord avec Burt Lancaster, l’acteur principal du film.

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    L’histoire du film est basée sur des faits réels. Au moment de la retraite des Allemands en août 1944, le colonel von Waldheim (interprété par l’acteur Paul Scofield) réquisitionne un train pour transporter vers l’Allemagne des œuvres d’art entreposées au musée du Jeu de paume. Paul Labiche (Burt Lancaster), ingénieur responsable du réseau ferroviaire de l’Est et chef d’un réseau de la Résistance, est chargé d’empêcher à tout prix le train de parvenir à destination. Labiche organise une habile mystification à l’échelon du réseau ferroviaire national puis, finalement, le déraillement du convoi. Les Allemands ripostent par des exécutions d’otages et mettront tout en œuvre pour faire repartir le train mais, au terme d’un combat sans merci, la Résistance aura finalement le dernier mot (*).

    Sur le tournage au triage ferroviaire de Vaires, Burt Lancaster faisait preuve d’une grande courtoisie. Dans cette note (document S. Moroy), il invitait les techniciens à prendre un pot avec la production le 23 décembre 1963. En post-scriptum de ce même document, il décline poliment l’invitation de l’un d’entre eux l’invitant pour Noël. On remarquera au passage l’humour de l’acteur américain lorsqu’il évoque ses 5 enfants !
    Un grand acteur et, à l’évidence, un très grand Monsieur ! Le train 2
    Le temps d’un tournage, le film a donc rapproché une petite ville française avec la grande et mirifique Hollywood. « Le train » fait ainsi partie de ces rares films avec « Ceux du rail » (1943) et « La bataille du rail » (1945), tous deux de René Clément, qui rendent hommage à l’héroïsme des cheminots français dont beaucoup d’entre eux ont payé de leur vie leur combat contre l’occupant.


    Serge Moroy

    Sources : archives municipales de Vaires-sur-Marne

    (*) La réalité historique : sur ordre de Goering, 148 caisses comportant notamment des œuvres d'art moderne (peintures et objets précieux), quittent le Jeu de paume à Paris. Elles seront chargées dans cinq wagons du train n° 40 044, en attente de partir pour Nikolsburg. Renseigné in extremis par la résistante Rose Valland (conservateur au musée du Jeu de paume) et les cheminots, c’est un détachement de l'armée de Leclerc qui arrêtera le 27 août 1944 à Aulnay ce train contenant le dernier convoi d’œuvres d'art pour l'Allemagne.

     

    (suite…)

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