
L’art, plus vivant que jamais
Organisée par Marne-et-Gondoire, la 12e édition de Printemps de paroles, sous le haut patronage d’un soleil radieux, a connu un vif succès. « Trente-cinq compagnies ont donné une cinquantaine de spectacles, soit 110 horaires pour ce week-end. Il y a un bon feeling dans cette édition 2015, les artistes, comme le public, s’y sentent bien. On tient à la pluridisciplinarité, à ce que les visiteurs puissent voir tout type d’esthétique dans ce festival » se réjouit Armelle Thévenot, directrice générale adjointe pour la culture à Marne-et-Gondoire, responsable du parc culturel et du festival.
Créativité avant tout
Devant tant de choix, difficile de tout voir.
Les visiteurs ont déambulé dans les 50 hectares arborés du parc pour découvrir des spectacles tout public, animés par des comédiens venus de toute la France. Les miroirs recouvrant le château étincelaient sous le soleil. Dans l’une des salles, des membres de l’association Display évoluaient dans une chorégraphie illustrant l’art immobile du mouvement.
L'art du geste immobile dans ''Passage à l'acte" (association Display, Paris)
A la recherche de la quintessence expressive dans "Passage à l'acte" (association Display, Paris)
Autorisation de sortie, une comédie loufoque de Jo Sature et ses joyeux osselets, troupe basée à Caen (Calvados)
Certains spectacles ont puisé avec malice dans le répertoire classique pour mieux captiver le regard de leurs contemporains (Jacqueline et Marcel jouent le médecin volant de Molière, Comment Pantagruel rompit les andouilles aux genoux).
Sortie de secours : cabaret psychiatrique, était joué par le théâtre du caniveau venu d'Ardèche
D’autres ont choisi l’humour déjanté pour traiter de la normalité ou des maisons de retraite (Sortie de secours : cabaret psychiatrique, J’attendrai).
Un vache de manège
Hélène et Thomas, 35 et 34 ans, sont arrivés en vélo avec leurs deux jeunes enfants, Ferdinand et Marceau. « Nous habitons Lagny depuis 2014 et étions déjà venus l’an dernier. Nous avons pique-niqué et c’est notre première animation. C’est très sympa et amusant, surtout pour les enfants ». Thomas s’est attelé aux mamelles propulsives d’une vache mécanique, dans l’enclos dressé par le théâtre de la Toupine, pour que Ferdinand, 4 ans, puisse faire un tour de manège (mû par pression d’huile) au son de ’’l’orgameuh’’, orgue spécial intégrant 19 cloches.
Traire une vache pour faire tourner un manège, quelle drôle d'idée ! (Théâtre de la Toupine, Évian)
Plus loin, la bibliothèque foraine invitait le public à jouer avec les mots.
Les comédiens de la compagnie Porte-Lune (Créteil) annonçant leur spectacle : la bibliothèque foraine
« C’est notre première participation ici. Nous proposons un parcours ludique, accessible à tous, sur la base de jeux littéraires et dans la tradition des jeux forains : chamboule-tout, loterie, pêche à la ligne, etc. » explique le Baron-perché alias Yves Javault, directeur artistique de la troupe Porte-Lune, basée à Créteil (Val-de-Marne).
S. Moroy


Des fresques courant sur les murs ou les façades, comme celles de Pantonio et Inti sur le bâtiment Denis-Fournier, -réalisée en 4 jours sur une nacelle (25 m de haut)- mais cependant éphémères puisque l’édifice et les pavillons annexes seront détruits en 2016 pour la reconversion du site. Douze photos grand-format forment une haie d’honneur dans l’allée centrale. « Anatomie d’un lieu hautement emblématique et chargé de mémoire et de lumière, l’expo Rayon X rend un ultime hommage à la beauté évocatrice du site Saint-Jean » commente Alain Smilo, son auteur. Tous les artistes ont eu à cœur de s’approprier cet ancien lieu de naissances et de souffrances pour transmettre leurs émotions. Sans état d’âme, selon leur vécu, leur style et leur propre technique. « Le site est vraiment idéal, on ne pouvait rêver mieux. On s’est servi des reliefs sur les murs : grilles d’aération, panneaux, portes, colonnes » explique Elparo, tout en descendant de son échelle.


« Nous demandons au préfet de Seine-et-Marne d’interdire la destruction du bois. Ce site, à l’angle de la D34 et D105 menant à Villeparisis, est un milieu naturel riche, situé près du fort de Vaujours et traversé par l’aqueduc de la Dhuis. Il fait partie intégrante du corridor écologique reliant la Seine-Saint-Denis à la Seine-et-Marne» explique Marie-Françoise Pian, porte-parole du collectif. Le projet prévoit de raser les 22 hectares du bois et de construire un pont sur la RD105. Le maire de Villevaudé avait pris, fin janvier, un arrêté contre toute exploitation de gypse à ciel ouvert sur sa commune. Il préconisait une exploitation en cavage et déplorait le silence du carrier sur le sujet.
A terme, ouvert au public










« Avec ma femme, Julie, nous nous organisons pour l’emmener une fois par semaine voir une psychomotricienne et deux fois par semaine chez un kinésithérapeute. Il a également des séances d’électrodes pour son cerveau » précise Anthony, son papa. « Les méthodes françaises sont limitées. Il existe un centre spécialisé en Espagne prodiguant des soins qui lui permettront enfin de s’asseoir, et peut-être ensuite de marcher » ajoute Julie, une lueur d’espoir dans les yeux. Les jeunes parents habitent Saint-Ouen-en-Brie, travaillent tous deux et ont une petite fille de 5 ans, Azylis, qui a une grande complicité avec son frère. En juillet dernier, ils ont créé une association afin de récolter des fonds nécessaires pour les soins d’Ewen et acheter le matériel adapté à son handicap. « Cet été, lorsque j’ai vu débarquer chez nous Jeff, président du club motard, avec 8 membres pour nous proposer leur aide, cela m’a fait chaud au cœur. Nous nous sommes rendus compte que la solidarité existait » poursuit Anthony. Et ce soir-là, les motards ont encore prouvé qu’ils savaient se mobiliser pour une belle cause puisque 6 clubs des environs, soit près d’une centaine de bikers, ont répondu présent. Les groupes Quai Ouest et Rock Motors leur ont servi du blues et du rock, purs et authentiques. Ewen, ravi, a distribué plein de sourires, avant de s’endormir dans une petite pièce aménagée pour lui.


