Le comité d’initiative de Villevaudé (CIV) a organisé dimanche 3 juin un grand spectacle équestre sur l’esplanade des Merisiers.
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Le comité d’initiative de Villevaudé (CIV) a organisé dimanche 3 juin un grand spectacle équestre sur l’esplanade des Merisiers.
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« Il s’agit d’une grosse manifestation qui a nécessité 6 mois de préparation. Le but du CIV est de proposer des animations sur le village afin que les habitants puissent se rencontrer et échanger. Chaque manifestation donne lieu à un nouveau thème et l’on s’efforce toujours d’associer festif et culturel » a précisé Dominique Petit, la toute nouvelle présidente du CIV.
Costumés en chevaliers, en cow-boys, en indiens, en grognards de l’armée napoléonienne, les cavaliers de Montjay et le centre équestre Equiaïdo de Chambry (près de Meaux) ont assuré l’essentiel des démonstrations avec des évolutions, du dressage et de l’équitation western.
Entre chaque spectacle, les visiteurs ont écouté de la musique de cor de chasse exécutée par les sonneurs du Bien-allé de Versigny (Oise) et assisté aux prestations des majorettes de Thorigny.
Glaive, le splendide cheval-clown de Montjay-la-tour, a particulièrement enchanté les spectateurs par ses prouesses et facéties.
Les membres de l’association « La musique de la garde impériale de Vaires » ont évoqué en costumes et en musique quelques épisodes poignants de la campagne de Waterloo de juin 1815, proposant aux adultes volontaires un tir au fusil et pistolet… d’époque.
Un lâcher de ballons multicolores par les enfants et une tombola ont clôturé la journée. Délicate attention, une rose était offerte à chaque maman au stand du CIV, fête des mères oblige. Serge Moroy

Le musée de la Poste à Paris propose jusqu’au 25 août une exposition exceptionnelle sur l’histoire du film d’animation, du premier dessin animé de 1892 aux images de synthèse 3D d’aujourd’hui.
Thaumatrope, phénakistiscope, zootrope, praxinoscope… créés sur le principe de la persistance rétinienne (illusion optique rémanente), ces premiers jouets optiques inventés au 19e siècle figurent en bonne place dans la première salle consacrée à la genèse du dessin animé. C’est Emile Reynaud qui perfectionnera le théâtre optique avec une bande de dessins peints sur des carrés de gélatine. En octobre 1892 « Les aventures de Pierrot » sont projetées au musée Grévin. On parle alors de pantomimes lumineuses et elles précèdent l’invention du cinématographe des frères Lumière qui verra le jour en décembre 1895. Il faudra néanmoins attendre 1908 pour voir apparaître le premier dessin animé sur pellicule argentique : « Fantasmagorie », soit 700 dessins sur une bande de 36 cm réalisés puis photographiés par Emile Cohl, projection d’une durée de… 2 minutes. En 1919, Félix le chat, personnage espiègle de Pat Sullivan, devient la première grande star de cartoon. Mais le chat sera finalement « mangé » par la souris Mickey née sous le crayon de Walt Disney en 1928.
Blanche-Neige immortelle
En 1937 « Blanche-Neige et les 7 nains », premier long-métrage animé sonore en Technicolor de Walt Disney, constitue une révolution dans l’histoire du dessin animé avec ses 400 000 dessins photographiés à la caméra multiplane. Cette nouvelle technique apporte un réalisme saisissant au vieux conte des frères Grimm, lui conférant profondeur et relief. Le film sera projeté le 21 décembre 1937 à Los-Angeles et recevra 8 oscars en février 1938 : un grand et sept petits… pour symboliser les personnages du film.
Un humour ravageur
Mais Disney a lui aussi des concurrents. Les premiers sont les frères Fleischer (Koko le clown, Popeye, Betty Boop). Leur premier long métrage « Les voyages de Gulliver », adapté de l’œuvre de Jonathan Swift, sort en 1939. Tex Avery, chef de file du cartoon hollywoodien, se veut quant à lui l’anti-Disney avec des réalisations à l’humour décapant. Il crée de nouveaux personnages (Porky Pig, Daffy Duck, Bugs Bunny) qui évoluent dans un univers loufoque et délirant. Issus de son équipe à la MGM, William Hanna et Joseph Barbera fondent en 1957 leur propre studio qui produira des séries pour la télévision : « Yogi l’ours », 67 épisodes de 7 minutes en 1958, et « Les Pierrafeu », 166 épisodes de 25 minutes diffusés à partir de 1960.
Le Japon, entre tradition et futur
Les années 70 voient le règne de l’animation japonaise. « Astro-Boy », première série animée nipponne de 1963, est signée Osamu Tezuka. Le grand studio Toei Animation produit des séries inspirées de mangas à succès (Goldorak, Albator, Candy) et hisse le Japon à la deuxième place derrière les Etats-Unis grâce à sa technique réduisant le nombre d’images par seconde. A l’ère informatique, Hayao Miyazaki (transfuge de chez Toei Animation) réalise de façon traditionnelle « Le voyage de Chihiro » en 2001, c’est-à-dire avec des dessins faits à la main sur des celluloïds ; l’ordinateur ne servant qu’à leur mise en couleurs.
Made in France
La production française n’est pas non plus en reste. Elle peut compter sur les talents inspirés de Jean Image – réalisateur en 1949 du premier long-métrage français en Technicolor (Jeannot l’intrépide) comprenant 160 000 dessins et 600 décors – Paul Grimault (Le roi et l’oiseau, 1980), Michel Ocelot (Kirikou, 1998), Sylvain Chomet (Les triplettes de Belleville, 2003)… Fin avril 1968, « Les Shadocks », de drôles d’échassiers à l’esprit absurde inventés par Jacques Rouxel, font leur apparition au petit écran. Jean Image réalise de son côté plusieurs séries pour la télévision, dont « Picolo et Picolette » et « Kiri le Clown » qui illustre les aventures de marionnettes dans le monde du cirque (130 épisodes diffusés jusqu’en 1969).
Papier et fil de fer
Car la créativité dans l’animation ne connaît pas de limite. Elle s’exprime également dans l’utilisation de matériaux divers tels le papier découpé, les marionnettes, le fil de fer, la pâte à modeler… Le théâtre de marionnettes puise sa source dans la culture populaire des pays de l’Europe de l’Est. C’est donc tout naturellement que l’animation tchèque, avec notamment Jiri Trnka, est passée maître dans cet art juste après la Seconde Guerre mondiale. « Le roman de Renard » du Polonais Ladislas Starewitch (1929) et « Wallace et Gromit » de l’Anglais Nick Park dans les années 90 sont aussi, entre autres, de brillants exemples dans le genre. Avec « L’étrange Noël de Monsieur Jack » (1993), l’Américain Tim Burton met la barre encore plus haut : 400 têtes modelées dans de l’argile renfermant une armature pour le seul personnage de Jack !
La révolution informatique
L’informatique va révolutionner les techniques de l’animation. « Toy Story » (1995), fruit d’une heureuse collaboration entre les studios Disney et Pixar Animation, sera le premier long-métrage intégralement réalisé en images de synthèse 3D. Sa confection a nécessité 25 000 dessins et mobilisé une équipe de 110 personnes !
Après cette évocation historique courant sur plus d’un siècle, l’exposition révèle dans les deux dernières salles les secrets de fabrication de deux courts-métrages, l’un en 2D (Oggy et les cafards – 2011) et l’autre en 3D (Nicolas et Guillemette – 2008). Les différentes phases sont développées, depuis le concept et dessins de recherche, la préproduction (synopsis, storyboard, développement graphique, feuille d’exposition), la production (line-test) jusqu’à la postproduction (compositing, montage, musique et bruitages). « C’est plutôt amusant de faire l’impossible ! » déclarait Walt Disney. Il est vrai que l’impossible est inconnu dans l’univers du cartoon. S. Moroy
L'expo conçue de façon interactive intéressera toutes les tranches d'âges et permettra aux enfants de se familiariser avec les jouets optiques qui ont préfiguré le dessin animé.
« Dans les coulisses du film d’animation » – Musée de la Poste (Salles 12-13-14-15 ) – 34 Boulevard de Vaugirard 75014 Paris (Tél : 01 42 79 24 24) – Métro : Montparnasse-Bienvenüe – Ouvert de 10 h à 18 h, le jeudi jusqu’à 20 h sauf dimanche et jours fériés – Tarif : 6,50 euros – Tarif réduit : 5 euros – Gratuit pour les moins de 13 ans.


Pour l’édition 2012 de la fête de la nature, «Villevaudé…demain », association oeuvrant pour la défense de l’environnement, a organisé dimanche 13 mai après-midi son premier rallye pédestre sur le thème de la nature et du patrimoine. 70 personnes se sont ainsi rassemblées au verger du Grimpet, lieu du départ, avant d’être réparties en 16 équipes munies d’un plan et d’un quiz pour arpenter le hameau de Bordeaux. Parmi les épreuves, une course aux "trésors" nécessitait de recueillir, entre autres, plume d’oiseau, noyau, crin de cheval, pâquerette, fourmi… Tous les participants ont été récompensés et la soirée s’est terminée par un barbecue géant auxquels les convives ont fait honneur.
La fête de la nature, créée en 2007 par le Comité français de l’union internationale de conservation de la nature et le magazine « Terre Sauvage », a pour objectif d’inviter le public à découvrir, de façon ludique et conviviale, les richesses de la biodiversité en France. S. Moroy
On ne pouvait mieux clôturer la semaine nationale de la Nature

Les poètes récompensésPoèmes collectifs enfants
1er CE1 école Lefort (Annet-sur-Marne) / 2e CE2 école Lefort (Annet-sur-Marne)
Institutions collectives adultes
1er Maison de retraite Château de Louche (Annet-sur-Marne)
Poèmes individuels enfants
1er Ernesto Batista (Courtry) / 2e Lucas Puteanus (Courtry) / 3e Solene Damaschini (Courtry) / 4e Julie Goudal (Le Pin) / 5e Valentin Polidori (Le Pin) / 6e Ambrine Meghzi (Courtry)
Poèmes individuels adultes
1er Liliane Blanadet (Villevaudé) / 2e Nguyen (Annet-sur-Marne) / 3e Jean-Paul Gras
Dimanche 13 mai 2012: à l’occasion de la Fête de la Nature, l’association Villevaudé…demain a organisé un rallye pédestre “Nature et Patrimoine” dans le hameau de Bordeaux.

TINTIN – HERGE ET LE CINEMA
PHILIPPE LOMBARD
DEMOCRATIC BOOKS
Le célèbre globe-trotter a 83 ans
Et il est toujours en quête d'enquêtes. D'abord en BD puis en films fixes, marionnettes, dessins animés, films avec acteurs, sans acteurs, et enfin dernièrement en 3D (« Le secret de la Licorne », 2011). Malgré son âge (il est né en 1929), le reporter du Petit Vingtième est décidément infatigable. Bien des cinéphiles se sont inspirés de ses nombreuses aventures avec plus ou moins de bonheur (Podalydès, Resnais, Polanski, Jeunet, de Broca, Poiré, Sfar ). Et si le personnage d'Indiana Jones a un petit air de ressemblance avec Tintin (la houppette en moins, le fouet en plus), Spielberg affirme pourtant ne pas avoir eu connaissance de l'existence de l'oeuvre d'Hergé lors de la création de son intrépide professeur-archéologue.
Hergé, de son vrai nom Georges Rémi (1907-1983), a été bercé dans sa jeunesse par le cinéma muet et les films burlesques américains. Pas étonnant du coup que ses bandes dessinées adoptent un découpage résolument cinématographique avec des scénarios comportant des courses-poursuites en voitures, gags en tous genres, dignes de Buster Keaton ou de Laurel et Hardy, avec toujours énormément d'action et de rebondissements rappelant le style de Hitchcock. Pourtant à bien y regarder, force est de reconnaître que les aventures du reporter belge n'ont jamais été très bien adaptées à l'écran. « Tintin et le mystère de la Toison d'or » (J-J Vierne, 1961) et « Tintin et les oranges bleues » (Philippe Condroyer, 1964) ne furent pas de grandes réussites bien que l'interprétation de l'instituteur Jean-Pierre Talbot (son vrai métier) ne soit pas dénuée d'intérêt et qu'il ait été - finalement – le seul et unique Tintin en chair et en os porté à l'écran. La toute première adaptation de Tintin date de 1947, réalisée par Claude Misonne avec des marionnettes en chiffon (« Le crabe aux pinces d'or », 1947), présentait un charme attachant. Mais le seul hommage vraiment digne de Tintin au cinéma aura été sans conteste « L'Homme de Rio » (1964), un film de Philippe de Broca conduit tambour battant par Jean-Paul Belmondo. En plus de la « french touch » tout y est, avec des ressemblances nombreuses à l'oeuvre d'Hergé pour une fois heureuses. Inspiré très librement des aventures de Tintin, le film regorge d'action, d'humour, d'exotisme, de mystère, et se déguste comme une bande dessinée, fluide et limpide.
Ce livre réconciliera-t-il bédéphile et cinéphile ? A la lecture de cet essai, on peut en douter. En d'autres termes, la fameuse « ligne claire » chère à Hergé a-t-elle été trahie au cinéma au fil des modes fréquemment ressuscitées pour remplir le tiroir-caisse ? Les puristes crieront-ils au sacrilège ? L'auteur n'entre pas dans la polémique, mais retrace méthodiquement la plupart des facettes que le génial dessinateur a entretenu sa vie durant avec le cinéma et les adaptations de son illustre héros. Il pose ce faisant un regard qui ne manque pas d'intérêt pour qui, tintinophile ou simple curieux, cherchera à comprendre pourquoi Tintin, l'un des personnages les plus célèbres du monde de la bande dessinée, constitue l'archétype absolu du journaliste enquêteur. S. Moroy
Disponible à la bibliothèque de la Roseraie : « Tintin – Hergé et le cinéma » – Philippe Lombard – Edition Democratic Books – 200 pages – ISBN 978-2-36104-056-7 – Dépôt légal : septembre 2011.
Le Théâtre Amazonas, de sept cents places, est le monument symbolique de l’apogée de Manaus.
ll fut inauguré le 31 décembre 1896.
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Il fut construit durant la Belle Époque au temps des immenses fortunes construites grâce au négoce du caoutchouc. Le projet fut porté initialement par Antonio José Fernandes Júnior, député, en 1881. En 1882, le président de la province, José Lustosa Paranaguá, approuva un plus large budget, abondé par de nombreuses souscriptions des « barons du caoutchouc » qui en échange bénéficiaient de l’usage exclusif d’une loge, leur vie durant. Il mit en compétition les différents plans proposés et ce fut le prjet « Renaissance » de l’architecte italien Celestial Sacardim qui fut retenu.
Quelques vues de Manaus à la Belle Epoque
Toute la ville était desservie par un réseau de « bundes » (tramways). L’énergie était fournie par une centrale électrique alimentée au charbon de bois.
(Construction du théâtre)
C’est eux qui créaient cette richesse…
Inscrit par l’UNESCO au patrimoine mondial de l’Humanité
Entre 1885 et 1892, la construction du théâtre fut rythmée par des arrêts et retardèrent son inauguration bien que très tôt, dans le « chantier », des représentations furent données. D’Alsace viennent les tuiles de la toiture, de Paris le mobilier et les tissus (style Louis XV) d’Italie le marbre des escaliers, les statues et les colonnes et, d’Angleterre, l’acier pour les murs. On compta 198 lustres dont 32 de verre de Murano. Les rideaux, dépeignant initialement une copie du « Ponto de Aguas », représentent la jonction entre le Rio Negro et le Solimões, qui forment l’Amazone.
À l’extérieur, 36.000 tuiles vernissées aux couleurs du drapeau brésilien forment une coupole. Il fallut encore dix-sept années de travaux pour que la décoration du théâtre s’achève, après un départ fulgurant. Quelques compagnons européens eurent la bonne idée d’émigrer à Manaus et se constituèrent une petite fortune en vendant leur savoir faire sur ce chantier et pour édifier les « palacetes » des barons.
1907
Les tuiles de la coupole symbolisent les couleurs du drapeau brésilien
Les plus importantes compagnies d’opéras, de théâtres et d’orchestres symphoniques se sont produites dans le théâtre de Manaus inauguré par Caruso en 1896 et de nouveau en activité après avoir été quasiment abandonné pendant plus de trente ans.
En revanche et malgré une légende tenace qui perdure depuis plus d’un siècle, Sarah Bernhardt ne s’est jamais rendue en Amazonie – même si elle fut pressentie à maintes reprises, avec une offre de cachets somptueux.
Au cours des années quarante, des familles vivaient dans les loges « impériales », des poules picoraient sur la scène, mais étonnament, très peu de déprédations volontaires furent commises. La remise en état demanda des années de travail et l’aide de l’UNESCO qui a classé l’édifice, pour remettre en place les éléments de la décoration démontés avant la fermeture. (l’organisme a pris en charge une bonne partie du budget et le transfert de restaurateurs venus du monde entier).
Le théâtre fait de nouveau salle comble deux à trois fois par semaine, et son festival attire les plus grands noms de l’opéra.
Gravure de l’époque. Chaque « baron » du caoutchouc qui avait souscrit disposait d’une loge ad vitam aeternam.
loges somptueuses.
Une vaisselle somptueuse… Des portos ou des cognacs hors d’âge étaient dégustés pendant les entractes à la buvette du « Vestibular », ou dans les loges.
Avant chaque « première », on tente de recréer l’ambiance belle époque: pas de stationnement de véhicules anachroniques aux alentours
A l’origne, le pavimento était fait de blocs de caoutchouc mêlé de sable, pour étouffer le bruit des calèches tirés par de beaux chevaux européens dont l’espérance de vie était très limitée en raison du climat exigeant.
Détail de la façade avec bien entendu la mise en valeur de Carlos Gomes
Une autre biographie (lien)
Antônio Carlos Gomes est un compositeur brésilien dont l’essentiel de la carrière s’est déroulée en Europe – mais qui est mort à Belém – est surtout connu au Brésil pour son opéra ballet Il Guarany (Le Guarani) en quatre actes. Le livret, en italien, est d’Antonio Scalvini d’après le roman en portugais O Guarani de José de Alencar. La première eut lieu à la Scala de Milan, le 19 mars 1870 et ce fut un succès magistral..
Il Guarany est l’œuvre la plus populaire de Carlos Gomes, idole nationale, et elle rencontra un immense succès.
Elle demeure le seul opéra latino-américain encore joué sur les scènes de prestige. Malgré des difficultés financières et le pont d’or qui lui était offert, Carlos Gomes refusa de composer un nouvel hymne national pour la jeune république brésilienne, par fidélité à l’Empereur déchu, son bienfaiteur. Toutefois il tint à revenir au soir de sa vie pour mourir dans sa patrie. Il décéda tout près de l’autre magnifique théâtre amazonien: le Téatro da Paz de Belém, qui ne le cède que de très peu en munificence à son rival de Manaus.
Il Guarany est l’histoire de l’amour impossible d’un Indien Guarani et d’une Blanche et dans la société du Brésil Impérial du XIXe siècle, pays alors toujours esclavagiste, dominé par une aristocratie seigneuriale. Elle soulève une des principales questions identitaires du Brésil et elle évoque la destruction de l’héritage culturel autochtone par les colonisateurs. La vision rousseauiste du passé, le mythe du « bon sauvage » affaiblit selon moi la portée des oeuvres de José de Alencar et de Carlos Gomes. Et si le couple Cecy et Pery apparut à l’époque comme les ancêtres mythiques du peuple brésilien… ce qui fut une manière d’occulter la question noire!
La musique de Il Guarany est un des symboles de l’identité brésilienne, et rares sont là-bas ceux qui ne sont pas en mesure d’en fredonner certains thèmes.
Son ouverture (a protofonia) est en quelques sorte le second hymne national, dans le pays sans doute le plus patriote au Monde.
Le mythe de Il Guarany constitue le thème de la décoration du rideau de scéne du Téatro Amazonas.
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Chaque détail est une merveille…
Constante des belles bâtisses amazoniennes, l’alternance, dans la marquetterie et la parquetterie, de lamelles jaunes et sombres qui symbolisent les couleurs du Rio Negro et du Solimoes, et le faimeut « ponta de aguas » que nous évoquerons dans une autre page.
Dans les grands théâtres brésiliens, le « Vestibular » ou Salão Nobre, par où on passe pour pénétrer dans les loges revêtait une grande importance sociale: on s’y montrait, que ce soit dans la salle ou à la buvette et il n’était pas rare que des affaires se négocient à mi-mot pendant les entractes qui duraient suffisamment longtemps pour que les conciliabules aboutissent. C’est là aussi que les dames arboraient leurs dernières robes venues de France ou d’Italie et que d’impitoyables concours d’élégance et de distinction départageaient épouses légitimes et maîtresses.
Pour marcher sur cette merveille, les visiteurs sont désormais invités à enfiler des chaussons de laine sur leurs chaussures.
La porte de la loge « impériale ».
Le Vestibular donne sur une terrasse. A l’époque, on avait une vue directe sur le fleuve.
Plus de 120 statues, sur la terrasse et autour du théâtre
Tenues de scène
Loge d’artiste. Il n’empêche… juste un pichet et une petite cuvette pour se rafraîchir, sous ce climat, cela devait être le minimum syndical. Il est vrai que la haute société considérait « l’excès d’hygiène » comme préjudiciable à la santé. De ce fait et malgré ses moyens, son espérance de vie était au Brésil inférieure à celle du « petit peuple » qui sautait à l’eau dès qu’il avait transpiré.
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La salle, maintenant!
Faible luminosité, flash interdit, pas de pied… les conditions de prise de vue étaient pénibles.
Le « rideau » de scéne, une merveille . En fait il s’agit d’une fresque peinte sur un immense panneau rigide qui demandait à l’origine une machine à vapeur pour être remonté. C’est la représentation de Cecy et Pery, le couple mythique de Il Guarany (C. Gomes),
Escalier annexe. Splendide objet de ferronnerie, importé d’Angleterre.
Une magistrale réalisation! Le théâtre en briques « Lego »: 30.000 pièces de sept couleurs différentes. Hauteur de la maquette: 1.10m.
Nombreuses sont les échappées qui permettent d’entrevoir le théâtre… la seconde photo a été prise depuis le fleuve.
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Le joyau de la ville : le Téatro Amazonas.
C’est au milieu du XIXe siècle, que Manaus, surgie de pratiquement nulle part, profite de la forte demande en caoutchouc, stimulée peu après par l’essor de l’automobile. Les capitaux viennent d’Europe et la ville se développe à une vitesse frénétique.
Demeure d’un baron du caoutchouc
Les barons du caoutchouc vivent alors dans un luxe inouï qui contraste avec le quotidien des seringueiros (qui récoltent la gomme du seringua – l’hévéa -, la plupart originaires des régions misérables du Nordeste). C’est à qui ferait le plus étalage de sa municificence en patronnant l’édification d’un bâtiment, en souscrivant pour la construction du fameux théâtre, l’un des plus beaux dans le monde, etc.
On envoyait même le linge familial en France ou en Angleterre (particulièrement en Cornouaille) pour qu’il y soit lavé: l’eau de l’Amazonie était jugée par les notables impropre à cet usage.
En revanche, aucun investissement durable comme une université, voire même un réseau d’écoles primaires, ne fut programmé: les fils des grandes familles partaient étudier en Europe après avoir bénéficié de précepteurs dans leur enfance (souvent français) et fréquenté un lycée pendant leur adolescence. Illettrés étaient les seringueiros, illettrés ils devaient le rester pour étouffer dans l’oeuf toute vélléité de conscience sociale.
Représentation symbolique du seringueiro, en général d’origine nordestine
Indiens réduits à l’esclavage par des barons du caoutchouc, libérés en 1912
Après cinquante années de forte croissance, l’hévéa des plantations de Malaisie et dans une moindre mesure d’Indonésie supplante le seringa sauvage d’Amazonie, les Anglais ayant volé et exporté illégalement des graines brésiliennes. La ville plonge durablement la ville dans le marasme économique et sa population se réduit à moins de 25.000 habitants.
Années 50… la ville dort.
Grâce à une mesure gouvernementale (le statut de zone franche), Manaus a retrouvé dans les années 70 un incontestable dynamisme : elle constituerait, selon les statistiques officielles, le troisième pôle industriel du pays, derrière São-Paulo et Rio de Janeiro (pour ma part je pencherais pour Belo Horizonte en troisième position). Manaus profite évidemment aussi de l’exploitation des produits de la forêt amazonienne (il n’est en revanche pas sûr que l’Amazonie en profite…).
Seulement, la redynamisation fut catastrophique pour le patrimoine urbain. D’affreux immeubles en béton surgirent et aujourd’hui le contraste est saisissant entre ceux-ci et les vestiges de la Belle Epoque comme on disait en français dans le texte, la plupart des notables d’Amazonie étant francophiles et beaucoup francophones.
Vue de la ville (vers 1963)
Le climat de Manaus, quelque peu étouffant, est de type équatorial (chaud et très humide) avec une saison des pluies marquée en principe de novembre à août. Le changement climatique se fait particulièrement sentir dans la région et les pluies sont en net déficit depuis deux décennies, arrivant en retard (souvent vers décembre: trois records absolus de sécheresse annuelle au cours de ces dix dernières années, notés depuis que des relevés sont établis – à savoir depuis 1849)
Une longue saison humide et… ne pas oublier son parapluie le reste du temps!
Pour cause de réseaux sanitaires défectueux ou inexistants, chaque grosse averse inonde les quartiers défavorisés et entraîne des « protestos »: les habitants excédés dressent des barricades faites de tout ce qu’ils ont perdu.
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La ville offre un visage contrasté. Mégalopole de béton au coeur de la Selva, elle a conservé nombre de monuments qui témoignent de sa gloire passée dont bien sûr le fabuleux Teatro Amazonas auquel nous consacrerons une page spécifique.
Gravure du début du XXe siècle: le théâtre.
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Près du port flottant, le marché municipal déborde des limites des halles de style Baltard construit au début du XXe siècle. C’est le lieu de rencontre entre citadins, Caboclos voire Amérindiens qui vivent en forêt et sont venus vendre les produits de la nature (manioc, poissons, artisanat, produits phytothérapeutiques…), et acheter les denrées de première nécessité que ne fournit pas le milieu forestier.
Le bâtiment central du marché, entouré de halles métalliques façon « Baltard »
Dans le marché… C’est glauque à souhait, ça fait un peu « Macau l’enfer du jeu » (dominos, cartes, billard) mais on y mange pour pas cher, la bière est bonne et fraîche, l’ambiance est rudement sympa.
Mais pour certains la vie est dure…
La zone franche est une aire de libre commerce censée permettre de développer l’Amazonie centrale: elle est rapidement devenue un complexe d’intense activité commerciale et industrielle où travaillent de grandes firmes brésiliennes et étrangères qui approvisionnent le marché interne (des cargos de haute mer chargent et déchargent au pied de la zone franche). Le commerce est vigoureux, offrant des produits de haute technologie à prix relativement modéré. La plupart des entreprises se sont installées en marge de la ville même, desservies par un grand port (la célèbre transamazonienne est à peu près impraticable huit mois sur douze et très difficile le reste du temps)
Transamazonienne
Le tourisme international est en plein développement grâce au nombre croissant de personnes désireuses découvrir la faune et la flore d’Amazonie centrale. La ville possède plusieurs parcs écologiques et domaines verts, et un réseau hôt elier important dont bien sûr le légendaire Tropical Hôtel (ci-contre) qui, en plus d’être un somptueux lieu de villégiature, se visite comme un monument.
Dans le centre, près du marché de nombreux établissements modestes permettent aux touristes à petits budgets de profiter de la ville et de ses alentours. Parler portugais et savoir marchander auprès des hôtels et des entreprises du setor informal fait considérablement baisser les prix: j’ai pour ma part conclu un accord pour une excursion, et le gérant m’a fait jurer de ne dire à personne ce que je payais: effectivement, je m’en sortais avec 450 R$ quand d’autres gringos que j’ai interrogés discrètement en avaient déboursé 2.000 pour la même prestation.
Près du marché, la vieille douane (alfandega), est un superbe bâtiment en cours de rénovation (ci-dessus: au début du XXe siècle).
L’édifice n’abrite plus que des services administratifs mais en 1995 encore, il était ceinturé de murailles de containers: tout ce qui entrait et sortait de la zone franche passait par là.
Ces curieux réverbères autour de la douane ont été importés d’Europe
Les berges du fleuve (le Rio Negro) sont toujours très vivantes. C’est de là que partent les « lanchas » (les po-po-po à cause du bruit cocasse de leur moteurs) qui assurent une grande partie du trafic de fret et de passagers (compter environ quatre jours pour rejoindre Belém) C’est jovial, plein de vie, débordant d’une activité constante: marins, portefaix qui travaillent à la tâche pour charger ou décharger une lancha, échoppiers qui fournissent la nourriture, la boisson, les cordes de hamac, etc.
Les photos ont été prises en fin de saison sèche… le fleuve est au plus bas. En juillet, le niveau aura monté de 14 mètres, ce qui explique que les quais soient flottants, posés sur de grands caissons métalliques.
Non, ce n’est pas le fameux yacht de Bolloré, contrairement aux apparences.
Une piscine? pourquoi faire?
Des dizaines de rampes sont disposées le long de la berge pour accéder aux quais flottants, et en fin de saison des pluies, l’eau arrive au ras de la digue. Les rampes sont alors ascendantes et non descendantes.
Ces portefaix vivent là pendant la saison sèche, prêts à sauter sur toute proposition de travail, depuis le déchargement d’une grande lancha jusqu’au transport de bagages familiaux sur quelques dizaines de mètres voire, à dos d’homme, de vieillards ou d’infirmes qui embarquent ou débarquent.
La digue, avec ses innombrables commerces informels. C’est aussi là qu’on trouve des gars sympas qui vous emmènent en balade pour la journée pour pas trop cher, sur de petits canots individuels, pour voir le « pontas das aguas », (la ligne de partage des eaux). Il faut quand même évaluer le risque (modéré): des touristes embarqués au diable vauvert avec des inconnus se sont fait dépouiller.
Ce soir, avec l’orage qui menaçait, le Rio Negro méritait bien son nom…
Dans chaque ville d’amazonie, il y a au moins une « maison des hamacs » près des ports.
« Un Indien dans la ville »… Il ne m’a pas lâché tant que je ne l’ai pas photographié. Spectacle souvent pitoyable: quand ils ne sont pas accompagnés, ils sont fréquemment arnaqués, escroqués. Depuis Manaus, il faut faire des centaines de kilomètres pour trouver des « vrais Indiens », mais il arrive que certains viennent là pour des raisons sanitaires.
Phytothérapie, sorcellerie, nous sommes en Amazonie! Mais Manaus n’offre pas autant de ressources que le célèbre Ver-O-Peso de Belém.
Notez la hauteur du trottoir. Il faut ça pendant un orage: cette avenue devient alors un torrent
Ces magasins offrent l’essentiel de ce qui est nécessaire pour vivre dans la selva
Manomètres… Il y a encore des machines à vapeur!
Ce n’est pas de la grande gastronomie mais c’est équilibré, roboratif et pas cher (un repas coûte moins de trois euros)
La plus ancienne pharmacie de Manaus. Etage de béton ajouté sur l’ancienne structure
Les crevettes viennent de Belém… elles permettent d’agrémenter les tacacas de la diaspora du littoral.
L’esclavage rural est toujours une réalité au Brésil. La police fédérale aidée des services sociaux et de l’armée libère encore des centaines de malheureux chaque année, en menant de véritables opérations militaires: les immenses fazendas sont gardées par de puissantes milices privées.
Petite place près de « mon » hôtel, des journaliers y stationnent, espérant un employeur
Ne pas s’y fier… en trente secondes ils seront disponibles. Et quiconque casserait les prix en s’offrant pour moins que le « tarif syndical » serait banni de la communauté.
Et c’est là que pour quelques dizaines d’euros, en une « cure » hebdomadaire à raison de deux séances quotidiennes, un « massagista » informel a soulagé des douleurs persistantes qui m’empêchaient presque d’utiliser un clavier.
On vend de tout, du plus futile à l’indispensable
Vêtements pour « les gros et les grosses ». C’est dit clairement…
Il y a encore quelques incroyables voitures de ce genre qui sillonnent la ville…
les dessous féminins du Brésil usurperaient-ils leur réputation?
Romantisme révolutionnaire…
« Arte da Rua », très apprécié au Brésil.
Contraste dans l’architecture… typique de Manaus.
Mais de beaux restes, disséminés dans le centre!
A la belle époque (en français dans le texte quand on en parle au Brésil), les grands magasins français avaient tous une succursale à Manaus. Le couturier Poiret vendit pour des centaines de milliers de francs de robes à la bourgeoisie locale toujours francophile et souvent francophone.
Bien décati au XXIe siècle…
La « big ben » amazonienne
Des staffeurs et des sculpteurs venus d’Europe ont fait fortune à Manaus, tout comme à Belém.
Il reste des milliers de ces frontons, disséminés dans la ville.
Les briques était importées! (accessoirement, elles lestaient les navires partis d’Europe qui arrivaient à vide à Manaus après avoir remonté l’Amazonie, pour charger le caoutchouc)
La cathédrale vue depuis un superbe parc, hélas aussi étouffant que le reste de la ville.
Les bassins sont vidés: on lutte énergiquement contre les gites larvaires de moustiques, en raison des épidémies de dengue.
Toute la ferronnerie était importée, en général de Grande-Bretagne. De Wendel a également beaucoup vendu à Manaus.
Dans le parc, un « marcineiro » proposait ses chaises et ses tabourets. Le temps qu’il aille manger, ses deux gamins gardaient le stock… Ils ont dû s’expliquer avec un policier: le travail infantile est désormais combattu au Brésil et a quasiment disparu des zones urbaines (du moins, il est invisible). Tout s’est arrangé au retour rapide du père.
Le premier lycée de la ville, construit à la fin de la grande époque.
Fils de la forêt, de l’eau et du bois, mes yeux les parcourent depuis mon enfance.
Dans mon coeur, le bateau de l’Attente et de l’Amour pour l’Amazonie, la patrie de l’eau !
Tiago de Mello