Catégorie : 08 Bibliothèque de la Roseraie. Un titre, un auteur.

  • Le pays des autres, Leïla Slimani

    Le pays des autres, Leïla Slimani

    Le pays des autresLE PAYS DES AUTRES

    LEÏLA SLIMANI

    GALLIMARD

    En 1944, Mathilde, une jeune Alsacienne, s'éprend d'Amine Belhaj, un Marocain combattant dans l'armée française. Après la Libération, elle quitte son pays pour suivre au Maroc celui qui va devenir son mari. Le couple s'installe à Meknès, ville de garnison et de colons, où le système de ségrégation coloniale s'applique avec rigueur. Amine récupère ses terres, rocailleuses ingrates et commence alors une période très dure pour la famille. Mathilde accouche de deux enfants : Aïcha et Sélim.

    Au prix de nombreux sacrifices et vexations, Amine parvient à organiser son domaine, en s'alliant avec un médecin hongrois, Dragan Palosi, qui va devenir un ami très proche. Mathilde se sent étouffée par le climat rigoriste du Maroc, par sa solitude à la ferme, par la méfiance qu'elle inspire en tant qu'étrangère et par le manque d'argent.

    Les relations entre les colons et les indigènes sont très tendues, et Amine se trouve pris entre deux feux : marié à une Française, propriétaire terrien employant des ouvriers marocains, il est assimilé aux colons par les autochtones, et méprisé et humilié par les Français parce qu'il est marocain. Il est fier de sa femme, de son courage, de sa beauté particulière, de son fort tempérament, mais il en a honte aussi car elle ne fait pas preuve de la modestie ni de la soumission convenables.

    Aïcha grandit dans ce climat de violence, suivant l'éducation que lui prodiguent les Sœurs à Meknès, où elle fréquente des fillettes françaises issues de familles riches qui l'humilient. Selma, la sœur d'Amine, nourrit des rêves de liberté sans cesse brimés par les hommes qui l'entourent. Alors qu'Amine commence à récolter les fruits de son travail harassant, des émeutes éclatent, les plantations sont incendiées : le roman se clôt sur des scènes de violence inaugurant l'accès du pays à l'indépendance en 1956.

    Leïla Slimani est née en 1981. Elle est l'auteure de deux romans parus aux Editions Gallimard, "Dans le jardin de l'ogre" et "Chanson douce" qui a obtenu le prix Goncourt 2016 et le Grand Prix des lectrices de Elle 2017.

  • Avant que j’oublie, Anne Pauly

    1AVANT QUE J'OUBLIE

    ANNE PAULY

    VERDIER

    Il y a d'un côté le colosse unijambiste et alcoolique, et tout ce qui va avec : violence conjugale, comportement irrationnel, tragi-comédie du quotidien, un « gros déglingo », dit sa fille, un vrai punk avant l'heure.

    Il y a de l'autre le lecteur autodidacte de spiritualité orientale, à la sensibilité artistique empêchée, déposant chaque soir un tendre baiser sur le portrait pixellisé de feue son épouse ; mon père, dit sa fille, qu'elle seule semble voir sous les apparences du premier.

    Il y a enfin une maison, à Carrières-sous-Poissy et un monde anciennement rural et ouvrier. De cette maison, il va bien falloir faire quelque chose à la mort de ce père Janus, colosse fragile à double face. Capharnaüm invraisemblable, caverne d'Ali-Baba, la maison délabrée devient un réseau infini de signes et de souvenirs pour sa fille qui décide de trier méthodiquement ses affaires.

    Que disent d'un père ces recueils de haïkus, auxquels des feuilles d'érable ou de papier hygiénique font office de marque-page ? Même elle, sa fille, la narratrice, peine à déceler une cohérence dans ce chaos.

    Et puis, un jour, comme venue du passé, et parlant d'outre-tombe, une lettre arrive, qui dit toute la vérité sur ce père aimé auquel, malgré la distance sociale, sa fille ressemble tant.

    Avant que j'oublie est le premier roman d'Anne Pauly

  • Les demoiselles, Anne-Gaëlle Huon

    4LES DEMOISELLES

    ANNE-GAËLLE HUON

    ALBIN MICHEL

    "LE ROMAN DE L'ÉTÉ !"
    Coup de coeur des libraires
    Coup de coeur des bloggers

    J’avais quinze ans quand j’ai pris la route ce matin-là, et une seule idée en tête : rejoindre le Pays basque, devenir couseuse d’espadrilles, et échapper à mon destin. Jusqu’à ce que je rencontre les Demoiselles. Des femmes fantasques et mystérieuses vivant au milieu des livres, des jarretières et des coupes de champagne.
    Qui étaient-elles ? Quel secret cachaient-elles ? Libres et incandescentes, accompagnées d’un majordome plus grand qu’une cathédrale, d’un chauffeur louche et d’un perroquet grivois, les Demoiselles n’auraient jamais dû croiser ma route. Pourtant, ces femmes ont changé ma vie.

    « Il n’y a que trois règles ici, Paloma.

    La première : ne jamais tomber amoureuse.

    La deuxième : ne jamais voler l’homme d’une autre.

    La dernière : ne boire que du champagne millésimé. »

    De ces trois règles, une seule pourtant serait respectée.

    Anne-Gaëlle Huon célèbre dans un roman enchanteur ces femmes oubliées par l’Histoire. Les Demoiselles ou le destin exceptionnel de Rosa, une jeune Espagnole, sous le signe de la mode, du courage et du plaisir.

    Anne-Gaëlle Huon a une passion pour les listes et une tendresse particulière pour les vieilles dames.

    Son premier roman Le Bonheur n'a pas de rides, a séduit près de 100 000 lecteurs avant sa sortie en poche.

    Son précédent roman, Même les méchants rêvent d'amour, lui a été inspiré par l'histoire de sa grand-mère.

  • Âme brisée, Akira Mizubayashi

    Âme brisée, Akira Mizubayashi


    âme briséeÂME BRISÉE
    AKIRA MIZUBAYASHI
    GALLIMARD
    Rentrée littéraire 2019
     
    Tokyo, 1938.
    Quatre musiciens amateurs passionnés de musique classique occidentale se réunissent régulièrement au Centre culturel pour répéter. Autour du Japonais Yu, professeur d'anglais, trois étudiants chinois, Yanfen, Cheng et Kang, restés au Japon, malgré la guerre dans laquelle la politique expansionniste de l'Empire est en train de plonger l'Asie. Un jour, la répétition est brutalement interrompue par l'irruption de soldats. Le violon de Yu est brisé par un militaire, le quatuor sino-japonais est embarqué, soupçonné de comploter contre le pays. Dissimulé dans une armoire, Rei, le fils de Yu, onze ans, a assisté à la scène. Il ne reverra jamais plus son père… L'enfant échappe à la violence des militaires grâce au lieutenant Kurokami qui, loin de le dénoncer lorsqu'il le découvre dans sa cachette, lui confie le violon détruit. Cet événement constitue pour Rei la blessure première qui marquera toute sa vie…
    Dans ce roman au charme délicat, Akira Mizubayashi explore la question du souvenir, du déracinement et du deuil impossible. On y retrouve les thèmes chers à l'auteur d'Une langue venue d'ailleurs : la littérature et la musique, deux formes de l'art qui, s'approfondissant au fil du temps jusqu'à devenir la matière même de la vie, défient la mort.
     
    Ecrivain et universitaire japonais, Akira Mizubayashi est né en 1951. Il est l'auteur de plusieurs livres écrits en français aux Editions Gallimard, dont Une langue venue d'ailleurs ("L'un et l'autre", 2011), qui a reçu le prix littéraire Richelieu de la francophonie 2013, le prix du Rayonnement de la langue et de la littérature françaises 2011 et le prix littéraire de l'Asie 2011.
     
    Commentaires:
    "Mariant, dans une prose si simple qu’on la dirait cristalline, le naturalisme du roman français et la féerie des contes japonais, Akira Mizubayashi a réussi à faire de ce violon, qui a une tête, une âme et une table de secrets, le personnage principal de son livre." Bibliobs
     
    "Contre un monde au garde-à-vous, Akira Mizubayashi a composé une parabole vertigineuse sur le pouvoir de la musique, de la mémoire et de l’amour. […] Sa récidive dans le champ de la fiction se révèle bouleversante, au-delà de l’imaginable". La Croix
     
    "C'est un roman classique. Une langue élégante, une histoire ample et très émouvante. C'est un roman sur la musique, sur la transmission, sur la guerre, sur la fidélité des origines, sur l'amitié, sur la beauté du silence qui suit une sonate de Schubert". Le Point
  • La seconde guerre mondiale, Anthony Beevor

    La seconde guerre mondiale, Anthony Beevor

    1LA SECONDE GUERRE MONDIALE

    ANTHONY BEEVOR

    CALMANN-LEVY

    Encore un livre sur la seconde guerre mondiale, diront certains. Cet ouvrage généraliste s'ajoute (entre autres) aux sommes de Raymond Cartier (1965), Liddel Hart, Friesner et de bien d'autres. Beevor, officier britannique et historien militaire de renom apporte néanmoins une nette valeur ajoutée dans ce livre très documenté et nettement moins ethnocentriste voire européiste que les précédents.

    C'est à ma connaissance (et je crois avoir plus lu que la moyenne sur le sujet) celui qui consacre le plus de contenu au conflit sino-japonais qui commença bien avant que l'Europe ne s'embrase et dont l'importance fut considérable. La très subtile partie d'échecs entre Chinois nationalistes et maoïstes, russes et Japonais est minutieusement décrite et permet de comprendre les enjeux: quand la logistique ne suit pas, la diplomatie paradoxale qui conduisit Staline à aider davantage les nationalistes que les maoïstes dans le but de maintenir la neutralité japonaise (en 1941 et 1942, l'URSS n'aurait pas pu lutter sur deux fronts) accomplit des miracles.

    6a00d8341c710a53ef017ee7c88794970d-800wiBeevor rappelle de manière implacable que la sauvagerie des Japonais ne le cédait en rien à celle des nazis, qu'ils commirent d'innombrables crimes de guerre et contre l'humanité, le premier étant le sac de Nankin avec le massacre de dizaines de milliers de Chinois à la baillonnette, pour économiser les munitions et endurcir leur soldatesque. Leur pseudo esprit chevaleresque n'était qu'une construction de l'esprit de l'après-guerre, pour justifier une intégration dans l'effort de guerre du monde dit libre – et Hiro-Hito ne s'est (timidement) opposé à la guerre que parce qu'il ne croyait guère en la victoire. En vérité il méritait aussi largement la potence que les criminels jugés à Nüremberg.

    Quoiqu'on en ait contre les Rosbifs, on doit reconnaître qu'il n'y a qu'un historien anglais pour démonter les idoles britanniques, citant jusqu'à satiété les âneries commises par Churchill, l'incurie d'innombrables généraux anglais (même Montgomery, tâcheron sans génie imbu de lui même à un point qui repoussait les limites du ridicule), le sacrifice cynique des soldats venus des Dominions (le débarquement "pour voir" des Canadiens à Dieppe, en 1942, une boucherie), etc.

    6a00d8341c710a53ef017c3625584d970b-800wiUne attention particulière est apportée par l'auteur à la sublime décadence de la société coloniale anglaise, qui perdit Singapour attaquée par une armée japonaise très inférieure en nombre (dans un rapport de un à cinq) et d'une faible logistique: les soldats nippons avançaient à bicyclette. Les préjugés incroyables des Britanniques les amenaient à croire que les Japonais ne voyaient pas la nuit et seraient incapables de mener une offensive structurée et quelques jours après Pearl Harbor, ils engageaient le cuirassé Prince of Wales à portée de l'aviation nippone! Prince of Wales ainsi perdu sans aucun profit malgré les avertissements des Américains, tout comme le Bismarck fut perdu par les nazis auparavant. Il fallut longtemps aux Anglais pour comprendre que l'ère des cuirassés était révolue… Tout comme il fallut  attendre 1945 pour que leur industrie sorte des chars convenables. Ou leur puissance de feu était ridicule, ou, comme les Matildas, ils étaient lents et peu maniables.

    6a00d8341c710a53ef017d405457d1970c-800wiSac de Nankin

    Les Américains ne sont pas en reste avec la scandaleuse négligence qui permit l'attaque surprise sur Pearl Harbor, la dualité de commandement entre l'austère Nimitz (route des atolls) et Mac Arthur, le mégalomane proconsul ayant déserté les Philippines qu'il était censé défendre et qui imposa sa "route du sud". Bref les USA eurent deux stratégies contradictoires au Pacifique… ce qui signifie qu'ils n'en avaient pas et que cela coûta des vies inutiles.

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    Beevor n'a aucune sympathie pour le stalinisme, ce dont on ne lui fera pas reproche. Surtout que cela ne l'empêche pas de mettre en évidence l'héroïsme, le patriotisme, la rudesse des Russes au cours de leur "grande guerre patriotique", avec ces épopées que furent le siège de Léningrad, la bataille de Moscou, La résistance de Sébastopol, le reflux à Stalingrad avec l'anéantissement de la VIe armée allemande, la bataille de Koursk qui marqua plus que toutes le retournement de la situation sur le front Est.

    6a00d8341c710a53ef017d40545fa1970c-800wiReddition de Singapour

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    6a00d8341c710a53ef017ee7c89446970d-800wi

    Churchill est étrillé pour ses digressions périphériques: Grèce, puis Afrique du nord, Italie (supposé ventre mou de l'Axe mais que les nazis défendirent avec acharnement)  en attendant sans doute Balkans, si les USA n'y avaient mis le hola. Beevor démontre également l'inanité du programme de bombardements stratégiques sur l'Allemagne, censé mettre son industrie à genoux et qui ne réussit qu'à renforcer la cohésion du pays tout en multipliant les crimes de guerre. Eisenhover en prend aussi et très justement pour son grade, soldat politique donc ni bon soldat, ni bon politique.

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    En clair, en dehors des éléments factuels que chacun connaît dans les grandes lignes, l'auteur les met en perspective. On ne peut que regretter qu'à l'instar de nombreux historiens, il cède à la tentation de l'accumulation d'anecdotes supposée rendre la lecture plus facile – mais qui  dilue le propos. L'histoire est une science quand la petite histoire est une distraction (très respectable). Il conviendrait de ne pas mélanger les deux genres.

    6a00d8341c710a53ef017d4054f0ec970c-800wi

    Antony Beevor avait tous les titres pour entreprendre cette somptueuse et passionnante synthèse que constitue sa Seconde Guerre mondiale. Il est, d'abord, un des plus brillants représentants d'une école britannique d'histoire militaire qui fait, depuis un bon demi-siècle, autorité. Le goût du récit, l'exploitation minutieuse des sources, l'expertise militaire poussée jusqu'au dernier bouton de guêtre, le souci de "faire vivre", au plus près, les duretés des combats, sans jamais perdre de vue l'intelligence générale des conflits considérés, font de cette école historique un modèle de rigueur scientifique, tout en garantissant au grand public cultivé le plaisir de la lecture. L'express.fr 

            Bernard Ruff  

  • L’ombre du vent, Carlos Ruiz Zafon

    L’ombre du vent, Carlos Ruiz Zafon

    L'ombre du ventL'OMBRE DU VENT

    CARLOS RUIZ ZAFON

    LE LIVRE DE POCHE

    Dans la Barcelone de l’après-guerre civile, « ville des prodiges » marquée par la défaite, la vie est difficile, les haines rôdent toujours. Par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon – Daniel Sempere, le narrateur – dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés.

    L’enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est ainsi convié par son père, modeste boutiquier de livres d’occasion, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y « adopter » un volume parmi des centaines de milliers.

    Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l’entraîner dans un labyrinthe d’aventures et de secrets « enterrés dans l’âme de la ville » : L’Ombre du Vent.

    Zafon

    Carlos Ruiz Zafón, né en 1964, mort le 18 juin 2020 est l’un des romanciers européens les plus lus à travers le monde.

    Le Jeu de l’ange, Marina, Le Prince de la Brume ou encore Le Palais de minuit sont tous d’immenses succès.

    L’œuvre de Carlos Ruiz Zafón, traduite dans plus de quarante langues et publiée dans plus de cinquante pays, a été couronnée de nombreux prix.

  • L’héritage de Vichy, Cécile Desprairies

    L’héritage de Vichy, Cécile Desprairies

    L'heritage de vichyL'HERITAGE DE VICHY

    CECILE DESPRAIRIES

    ARMAND COLIN

    Ces 100 mesures toujours en vigueur

    Un héritage qui court toujours

    Cécile Desprairies est historienne et essayiste, spécialisée notamment dans la période de la France occupée (22 juin 1940 – 25 août 1944).

    Son dernier ouvrage « L’Héritage de Vichy » préfacé par Emmanuel Le Roy Ladurie (lui-même historien au Collège de France) liste pas moins de 100 mesures – y compris sociales – promulguées sous le règne du Maréchal Pétain qui court du 10 juillet 1940 au 20 août 1944 pendant l’occupation allemande, et dont le siège sera à Vichy, c’est-à-dire en zone libre jusqu’en novembre 1942.

    Ces mesures, aussi surprenant soit-il, sont toujours en vigueur de nos jours, sans que nos contemporains en aient forcément conscience. Par leur côté étonnamment moderne, novateur, pour ne pas dire visionnaire (osons l’audace), on pourrait même croire que certaines découlent des réformes consécutives à l’avènement du Front populaire de 1936. Il n’en est rien.

    Français, si vous saviez…

    Parmi quelques unes de ces lois, disciplines et institutions qui nous régissent dans tous les domaines sans exception, la création de l’IDHEC (Institut des hautes études cinématographiques), des comités sociaux d’entreprise, de la police nationale, des régions et du préfet de Région, la fondation de l’hôpital public, des carnets de santé, de vaccination, du certificat prénuptial, du salaire minimum (ancêtre du SMIC), du périphérique, de l’ordre des architectes et de celui des experts-comptables, de la médecine d’inspection du travail, du délit de non-assistance à personne en danger, de la carte d’identité, de la licence IV pour l’alcool dans les cafés, de la fête du travail du 1er mai qui devient jour férié, la visite médicale obligatoire à l’école, l’extension des allocations familiales, la protection de l’enfance délinquante, la restauration collective et les tickets-repas, le rugby à XV  (qui se substitue au rugby à XIII jugé trop anglais), la pratique du handball (sport allemand), le sport au bac, la retraite à 60 ans (appelée à l’époque « retraite des vieux »), la création de l’ESF (école du ski français)…

    De même, la plupart d’entre nous ignorent qu’en septembre 1941 fut promulguée par Pétain la loi dite « accouchement sous X ». Cette appellation pour le moins énigmatique désigne une loi qui entendait sauver la vie de centaines de milliers d’enfants nés d’union franco-allemandes en préservant l’anonymat de celles qui leur donnaient la vie… tout en promouvant une politique nataliste chère au régime.

    Vichy gérerait-il encore notre quotidien ?

    Ainsi, alors que l’on a coutume de ne retenir de Vichy que la célébration de la fête des mères ou encore les chantiers de la jeunesse française (souvent appelés chantiers de jeunesse), ce livre dresse un inventaire édifiant de ces dispositions qui s’appliquent encore 70 ans plus tard, même si elles ont subi des aménagements ou modifications nécessaires, telle par exemple la suppression de l’éviction ethnique (antisémitisme) imposé par l’occupant nazi. « Si nous devions retenir un terme pour qualifier cette période, nous lui donnerions celui de complexité. Vichy a été un régime autoritaire et répressif mais au sein de son œuvre législative, nous devons lui reconnaître la part d’héritage qu’on lui doit. Certaines lois et pratiques traitées ici ont été constructives, même si pour beaucoup d’entre elles leur application a dû attendre la IVe République pour être efficace » reconnaît l’auteur dans son introduction.

    La quasi-totalité des textes pris en matière d’assurances sociales seront purement et simplement validés à la Libération.

    Vichy n’aurait donc été qu’une brève mais indélébile parenthèse au sein de notre histoire républicaine ? Et l’on n’aurait gardé de ce régime que ce qui concernait la gestion du quotidien ? Troublant.

    Chacun se forgera sa propre opinion à la lecture de cet ouvrage passionnant, fruit d’un travail remarquablement audacieux ; et objectif puisqu’il va jusqu’à mesurer, pour chaque mesure abordée, ce qui fut et ce qui perdure encore aujourd'hui.

    Serge Moroy

  • Vivre et mourir sur les galères du Roi Soleil, Didier Chirat

    Vivre et mourir sur les galères du Roi Soleil, Didier Chirat

    Vivre et mourir sur les galères VIVRE ET MOURIR SUR LES GALÈRES DU ROI SOLEIL

    DIDIER CHIRAT

    Editions l' Ancre de Marine

    ."Quelle galère", "vogue la galère", "il s'est mis dans une de ces galères", autant d'expressions familières que l'on emploie pour signifier que l'on est engagé dans une situation fâcheuse.

    Mais qui étaient ces galériens, esclaves turcs ou barbaresques, condamnés politiques, protestants subissant les effets de la révocation de l' Edit de Nantes, révoltés sociaux et surtout condamnés de droit commun, qui pour beaucoup, " mouraient dans ces longues marches en colonne, traversant la France les fers au cou?"..

    Quelle était leur vie et leur douloureux destin?

    Punitions, régime alimentaire, conditions de vie à bord et à terre, rien n'est laissé dans l'ombre. La description de cet enfer sur terre et sur mer ne laissera aucun lecteur indifférent.

    Comment était construits ces magnifiques navires conçus " comme des miroirs de la splendeur royale et des joyaux étalant sur le bleu des mers la puissance de la France":

    Les détails de construction, la manœuvre de ces navires au dessin si particulier, le combat naval, mais aussi le rôle que devaient jouer ces bâtiments de guerre dans la stratégie maritime du Roi Soleil fournissent des chapitres passionnants pour l'amateur d'histoire maritime.

    Cet ouvrage volontairement facile d'accès vous donnera des informations claires et précises sur l'enfer des galères; il pourra également servir de documentation pédagogique pour des sujets d'étude pour les jeunes.

    Vous le trouverez au rayon documentation  histoire de la bibliothèque de la Roseraie.

     La Réale était celle qui ouvrait la route de l'esclave.

    La réale
    La photo représente la maquette de "La Réale", réalisée par Ivan Peychès ( 1906 -1978), dans sa maison de Montjay la Tour, académicien des Sciences, inventeur de la fibre optique, érudit et amateur éclectique…  Elle est visible à la bibliothèque de la Roseraie.

  • Les sorcières de Salem, Arthur Miller

    Sorcières de salemLES SORCIÈRES DE SALEM

    ARTHUR MILLER

    ROBERT LAFFONT

    Traduction de Marcel Aymé

    Lorsque Abigail et une dizaine d'autres jeunes filles sont aperçues dansant nues en pleine nuit dans la forêt, quelques puritains de Salem s'empressent de crier à la sorcellerie. Bientôt, un procès plonge cette communauté de Nouvelle-Angleterre dans la colère et la confusion. Ceux qui sont accusés d'être des œuvres du démon encourent la potence.
    En 1953, alors que l'Amérique est en proie au maccarthysme et à la " chasse aux sorcières ", Arthur Miller écrit une pièce incisive sur un célèbre épisode de l'histoire américaine : le procès qui, en 1692, ébranla la petite ville de Salem, gagnée par une crise d'hystérie puritaine, et se solda par la condamnation de nombreuses personnes soupçonnées de pratiques sataniques et par vingt-cinq exécutions.
    Cette œuvre illustre de façon magistrale comment peut être franchie – à toute époque – la frontière entre raison et folie, justice et fanatisme.
    " Viscéral et vital. " The Guardian

    CASSE AUX SORCI7RES
    D'où vient l'expression "la chasse aux sorcières"?

    La fin du XVIIe est marquée par une période noire dans l’histoire coloniale des États-Unis.

    En 1692, l’état du Massachusetts demandent la pendaison de 20 à 25 personnes dont 6 hommes et l’enfermement de beaucoup d’autres (principalement des femmes). Leur faute ? Avoir envoûté des voisines sous l’ordre de Satan.

    Depuis l’expression désigne les poursuites réalisées par un régime contre ses opposants. Donald Trump n’est pas le premier à avoir mentionné cette « chasse aux sorcières ».

    En 1973, deux journalistes du Washington Post rapportait que l’ancien président Richard Nixon avait repris cette formulation devant le Sénat lors du scandale du Watergate.     Le président démissionne en août 1994, pour ne pas être destitué. (Revue çà m'intéresse 19 mai 2017)

     L'auteur

    Arthur Miller naît en 1915 à Brooklyn dans une famille d'immigrants juifs de la classe moyenne. Dramaturge, écrivain et essayiste, son écriture est influencée par la Grande Dépression, qui ruina son père, et l'antisémitisme, dont il fut victime lorsqu'il commença à travailler. Il a écrit de nombreuses pièces de théâtre dont les plus connues, Mort d'un commis voyageur (1949) et Les Sorcières de Salem (1953), sont toujours jouées aujourd'hui. Il est aussi l'auteur du célèbre scénario Les Misfits, porté à l'écran en 1961 par John Huston avec Marilyn Monroe et Clark Gable. Il meurt en 2005, laissant derrière lui une œuvre considérable.

  • Le coeur battant du monde, Sébastien Spitzer

    14LE CŒUR BATTANT DU MONDE

    SÉBASTIEN SPITZER

    ALBIN MICHEL

    Dans les années 1860, Londres, le cœur de l'empire le plus puissant du monde, se gave en avalant les faibles. Ses rues entent la misère, l'insurrection et l'opium. Dans les faubourgs de la ville, un bâtard est recueilli par Charlotte, une Irlandaise qui a fui la famine. Par amour pour lui, elle va voler, mentir, se prostituer sans jamais révéler le mystère de sa naissance.
    L'enfant illégitime est le fils caché d'un homme célèbre que poursuivent toutes les polices d'Europe. Il s'appelle Freddy et son père est Karl Marx. Alors que Marx se contente de théoriser la Révolution dans les livres, Freddy prend les armes avec les opprimés d'Irlande.
    Après Ces rêves qu'on piétine, un premier roman – traduit dans plusieurs pays et couronné par de nombreux prix littéraires – qui dévoilait l'étonnante histoire de Magda Goebbels, Sébastien Spitzer prend le pouls d'une époque où la toute-puissance de l'argent brise les hommes, l'amitié et l'espoir de jours meilleurs.