Étiquette : Thorigny sur marne

  • Tahir, le cuir dans la peau

    Tahir, le cuir dans la peau

    Pour les journées européennes des métiers d’art, la sellerie tartare a ouvert ses portes à Thorigny-sur-Marne durant le week-end du 2 avril 2016.

    Il flotte une bonne odeur de cuir et de bois quand on entre dans l’atelier de Tahir Sharif, une ancienne grange qu’il a lui-même entièrement réaménagée. « Je suis né en Mongolie où j’étais maréchal-ferrant car là-bas il y a beaucoup de chevaux. J’ai voulu continuer ce métier quand je suis venu en France, il y a vingt-cinq ans. Difficile. Après une formation, j’ai décidé de créer ma propre entreprise en août 2014 ». Chez Tahir, le travail de la sellerie s’accomplit avec des gestes ancestraux et des outils anciens. Passionné de cheval, il est capable de réparer des selles, vieilles carrioles, colliers de trait, tout en répondant aux exigences de l’équitation moderne.

    Tahir2Pour les coutures à la main, Tahir utilise la pince à coudre sur son « poney », petit banc en bois lui offrant la position idéale.

    Réparer et créer

    Mais pour satisfaire les commandes de sa clientèle, il fabrique aussi des ceintures, sacoches, sacs, tabatières, portefeuilles, bracelets, barrettes… Certains articles sont ornés de motifs sur cuir repoussé ou réalisés au matoir. « On a des commandes très éclectiques, comme ce collier et sa laisse assortie pour un chihuahua. En tant que sellier-harnacheur, ce sont des objets auxquels on n’avait pas songé au début, mais vu que Tahir a un côté artistique et qu’il aime le cuir, on s’est dit pourquoi pas » ajoute Fabienne, son épouse et associée. Très soucieux d’écologie, l’artisan thorignien n’emploie que des peaux tannées végétalement, c’est-à-dire sans chrome ni autre produit nocifs pour l’homme ou l’animal. « Pour éviter les frottements avec les chevaux, les coutures sont faites avec du fil de lin et à la main. C’est une question de sécurité, aussi bien pour le cavalier que pour le cheval » précise Tahir. Parmi ses commandes les plus prestigieuses, celle du musée de la gendarmerie nationale de Melun. Pour une rétrospective, on lui a demandé de reproduire les dix tapis de selle qui ont jalonné l’histoire de la maréchaussée depuis 1740. « De par ses origines, Tahir adore le tir à l’arc à cheval. Ce qui explique qu’il aime relever les défis » sourit Fabienne. S.Moroy

    Sellerie tartare
    Sellerie tartare, 134 rue de Claye.Thorigny-sur-Marne.

    Ouvert mercredi, vendredi et samedi de 10 h 30 à 18 h 30.

    Port 06 88 36 05 21. Facebook : sellerie tartare

  • « Ma passion, c’est les abeilles »

     
     
    FRANCESCO - CopieFrancesco et Marie-Jeanne, sa première cliente, samedi matin.
     
    Médaille de bronze apicole à Thorigny-sur-Marne
     
    « C’est juste le travail qui est récompensé » glisse modestement Francesco Bisignano quand on le félicite. Avec son anorak du même bleu que ses yeux, l’apiculteur, 46 ans, était présent samedi 24 janvier sur le marché de Thorigny où il habite. En novembre, son miel toutes fleurs, récolté en été et cristallisé, a reçu la médaille de bronze au 16e concours des miels d’Ile-de-France organisé par la Société centrale d’apiculture. « Je suis cuisinier de métier, mais depuis mon enfance, ma passion, c’est les abeilles ». Il possède une trentaine de ruches dans la forêt régionale de Vallières, à Carnetin. 
     
    Un été particulier
    Pas de formule secrète, Francesco attribue le succès de son miel à une météo particulièrement chaude et surtout au travail assidu de ses petites protégées. « Le miel de fin juillet nous a surpris. Les températures élevées ont perturbé cette récolte qui s’annonçait difficile car les fleurs grillaient. Mais finalement, le miel avait une couleur très foncée, jamais rencontrée jusqu’alors. Très goûteux, il se compose de tilleul et de châtaignier et son taux d’humidité, critère de qualité et de bonne conservation, était de 13 % ». 
     
    Insecte laborieux mais fragile
    Une fois la récolte terminée, Francesco a traité ses ruches contre le varroa, un parasite des abeilles, et leur a laissé leur miel pour passer l’hiver, soit entre 12 et 15 kg par ruche. « Ce sont des insectes fragiles. Leurs ennemis sont la pollution, le réchauffement climatique et le frelon asiatique, apparu en Seine-et-Marne en juillet. Dans la forêt de Vallières, les ruches sont épargnées des pesticides car c’est un site préservé où il y a de l’acacia, du tilleul et du châtaignier ». 
     
    Cinq miels différents
    Les abeilles reprendront le travail fin février, après que la reine se soit remise à pondre. Pas de gelée royale ni de propolis sur le stand de Francesco qui vend uniquement le produit de ses récoltes : miels de printemps, d’acacia, de châtaignier, toutes fleurs et de tilleul. « Je n’ai plus de miel ! » lance, désespérée, sa première cliente matinale, venue spécialement de Carnetin. Marie-Jeanne Bisiaux, 70 ans, fait partie des Amis de Carnetin, association qui œuvre pour sauvegarder le caractère du petit village et protéger son environnement. « On essaie de défendre notre qualité de vie et les abeilles nous sont indispensables » souligne Marie-Jeanne. 
     
    S. Moroy
    Légende photo : Francesco et Marie-Jeanne, sa première cliente, samedi matin.
  • Le vol du Jocond, le coup de maître de Jean-Pierre Bernhardt, enseignant à Thorigny-sur-Marne

    Jocond - CopieL'auteur carnetinois ne s'attendait pas à un accueil aussi enthousiaste.Une séance de dédicaces aura lieu au Louvre, le 19 novembre.

    Léonard de Vinci a peint la Joconde, mais aussi son pendant masculin : le Jocond. Si l’une est au Louvre, où se trouve l’autre ? Autour de ce mystère, Jean-Pierre Bernhardt a construit son deuxième roman, un thriller moderne et haletant qui nous entraîne à Rome, en Suisse, dans le Gers et en Sicile. Publié à 1500 exemplaires, il est sorti le 16 septembre et a connu un très bon démarrage. Entretien avec un instituteur de 61 ans, qui habite depuis plus de 30 ans à Carnetin, enseigne à l’école Gambetta de Thorigny-sur-Marne… et n’a jamais mis les pieds en Italie.

    Pourquoi ce roman ? 
    Tout d’abord, j’ai voulu me prouver que j’étais capable de bien raconter une histoire après mon premier livre, co-écrit en 2006. J’ai donc énormément travaillé le style et la narration. La deuxième chose est de trouver une histoire qui plaise. Etant très attaché aux relations fraternelles – j’ai moi-même un frère et une sœur – je me suis efforcé de traduire la nature de ces relations et les sentiments qu’elles inspirent. Mes quatre personnages, frères et sœurs, vont être embarqués dans une quête parce qu’ils croient à ce qui leur arrive, mais est-ce bien la réalité ? On aime raconter des histoires et on croit les histoires qu’on raconte. C’est tout le problème de la crédulité. Ce thriller m’a pris deux ans et demi et presque autant pour le relire, mais c’était le temps nécessaire pour obtenir une grande fluidité dans la lecture car je suis très exigeant.

    La Joconde comme fil conducteur, ce n’est pas banal
    La version du second tableau du grand maître florentin est certes controversée, mais elle m’a séduit. J’ai eu une chance extraordinaire : mon éditeur est un fan de l’Italie et a particulièrement apprécié ma double fin. Elle amène une réflexion sur le degré de conscience que l’on a autour de soi. ’’Le nom de la rose’’ d’Umberto Eco, avec son ambiance et son histoire de palimpseste, m’avait notamment interpellé et mon intrigue s’est progressivement élaborée.

    Vol jocondLa couverture est très esthétique. Ferez-vous des dédicaces ? 
    Le roman est paru dans la collection « ArtNoir », première et unique collection entièrement dédiée aux thrillers dans le milieu de l’art. Il se caractérise par un très beau papier, extrêmement doux, conçu spécialement pour cette série. Il a aussi une tranche noire, peu courante. Une séance de dédicaces pour la sortie officielle du livre est prévue, jeudi 19 novembre de 19 h à 21 h. Elle se déroulera sous la pyramide du Louvre. Une initiative tout à fait exceptionnelle pour ce grand musée parisien et un petit clin d’œil à la Joconde, son illustre pensionnaire. D’ici la fin de l’année, j’envisage également des dédicaces dans des librairies de Lagny, notamment chez madame Christmann, à qui le roman a beaucoup plu.

    Un autre projet de livre ? 
    Oui et il est même terminé. Il s’adresse aux adolescents. Son titre est « Lou-Ann, la garache. L’histoire d’une petite-fille qui ne voulait pas être loup-garou ». Je viens de l’envoyer à des éditeurs. Il s’agit d’un nouveau défi, mais j’adore. Je ne veux pas être prisonnier d’un genre.
    S. Moroy

    Le vol du Jocond – Cohen & Cohen éditeurs - Broché – 225 pages – ISBN 978-2-36749-025-0 – Prix 20 euros – Facebook Jean-Pierre Bernhardt