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  • Guermantes, quatorze ans après, ils n’oublient pas Estelle

    Guermantes, quatorze ans après, ils n’oublient pas Estelle

    Guermantes marches Estelle 2017-1En tête du cortège, Arthur et Lucie, frère et sœur d’Estelle, Eric Mouzin, Didier Seban et Sophie Renon.

    Depuis la disparition de sa fille, le 9 janvier 2003, Éric Mouzin organise, chaque année à la même date, une marche blanche en sa mémoire. Samedi 7 janvier, malgré un thermomètre à 0 degré, ils étaient une soixantaine à défiler.

    Là où vivait Estelle

    Le cortège s’est formé devant la boulangerie, place du Temps-perdu, où Estelle a été aperçue pour la dernière fois. Toujours fidèles au rendez-vous, Antoine et Francine sont là. Ils sont tous deux âgés de 58 ans et sont venus de Coubert. Antoine tient un bouquet de fleurs, toutes de couleur blanche : chrysanthèmes de Tokyo, lys et roses. «  Nous sommes adhérents de l’association depuis le début et n’avons jamais manqué une seule marche. Nous avons un fils de 36 ans et une petite-fille qui aura 9 ans l’année prochaine, le même âge quand Estelle a disparu » confie Francine.

    Guermantes marches Estelle 2017-2Les participants, parmi lesquels Denis Marchand, maire de Guermantes (au centre), se sont recueillis devant l’arbre du souvenir planté pour Estelle en 2004.

    Le cortège s’est acheminé jusque devant le cerisier du Japon, planté en 2004 au centre du lotissement où résidait la fillette. Il s'y est recueilli sur la diffusion de la chanson écrite en 2003 par Charlélie Couture en sa mémoire.

    Entre espoir et dépit

    Avant la marche blanche, 38 personnes ont assisté à l’assemblée générale de l’association Estelle-Mouzin. Elle s'est tenue à l’espace Marcel-Proust et se voulait être aussi une réunion publique pour faire le point sur le dossier. « Que pouvons-nous, aujourd’hui, vous dire de plus que l’an dernier ? Rien, si ce n’est qu’il a fallu dix ans à Éric Mouzin pour obtenir que la justice constate la présomption d’absence d’Estelle. Son absence officielle ne pourra être seulement déclarée qu’en 2023 » indique Sophie Renon, présidente de l’association.

    « L’espoir se situe dans d’autres dossiers similaires résolus récemment. Il y a parfois des conjonctions favorables qui démontrent que, vingt après, il est toujours possible de résoudre des affaires si des bonnes volontés s’y consacrent » précise Didier Seban, avocat de l’association, dont le cabinet est spécialisé dans les disparitions d’enfants. Il réclame plus de transparence sur les enquêtes judiciaires. « C’est le seul dossier criminel de cette importance où il n’y a aucun procès-verbal de synthèse. C’est un fatras phénoménal et ce n’est pas classé » regrette-t-il.

    Une rotation trop rapide

    L’affaire représente 36 990 pièces de procédure. Elle a connu six  juges, quatre directeurs de la DRPJ de Versailles, sept gardes des sceaux, deux secrétaires d’État chargé des victimes : Nicole Guedj (13 mois) et Juliette Meadal (17 mois). Le dossier a nécessité deux appels de procédure, un appel au civil et une demande de délocalisation du dossier. Toujours selon Éric Mouzin, il faut compter un délai de neuf mois entre deux réunions avec un juge d’instruction.

    Disparitions d’enfants : faire bouger les choses

    Guermantes marche Estelle 2017-5Eric Mouzin avec sa fille Lucie et les deux avocats : Corinne Hermann et Didier Seban.

    Créée en mars 2003, l’association Estelle-Mouzin comptait 170 adhérents en 2016 (128 en 2015). Ses recettes s’établissent à 4908 euros pour 3788 euros de dépenses, essentiellement les frais d’avocat. « On se bat pour Estelle, bien sûr, mais aussi pour tous les enfants qui disparaissent chaque année en France. Selon les chiffres du CFPE (Centre français de protection de l’enfance), il y a eu 48 895 disparitions en 2015, dont 405 disparitions de mineurs considérées comme inquiétantes » souligne Sophie Renon, sa présidente. La création d’un groupe de juges spécialisés et le suivi du dossier par un juge unique, figurent parmi les propositions avancées par son association pour traiter plus efficacement les disparitions d’enfants.

    Journée de mobilisation fixée au 25 mai

    « Nous allons organiser une action de sensibilisation jeudi 25 mai, jour de l’Ascension, afin d'exprimer le ras-le-bol de l’association dans l’absence de progression du dossier au cours de toutes ces années. Bien entendu, vous y êtes tous les bienvenus » a annoncé le père d’Estelle. S. Moroy

    Facebook : association Estelle-Mouzin / www.association-estelle.org
     

  • Guermantes, une marche blanche pour ne pas oublier Estelle

    Estelle cortège - CopieLe cortège, en tête duquel Eric Mouzin, le frère et la soeur d'Estelle, est parti de la boulangerie devant laquelle la fillette a été aperçue pour la dernière fois.

    9 janvier 2003, Estelle, 9 ans, disparaissait. Son père, Eric Mouzin, 60 ans, ne désarme pas. Comme chaque année, depuis 2004, il a organisé samedi 9 janvier une marche silencieuse en sa mémoire.

    « Ce n’est pas une démarche de revanche ni de règlement de comptes avec qui que ce soit. C’est pour savoir, être sûr que le coupable ne pourra pas nuire, parce que le plus insupportable est de penser à l’impunité des assassins… si c’est un assassinat » confie le père meurtri. Dans le cortège, Denis Marchand, maire de Guermantes (SE). « A l’époque, j’étais adjoint. Il gelait à pierre fendre. Tout le monde était au chaud dans les maisons. Nos premières recherches ont porté autour du bassin de rétention, alors complètement gelé ». 

    Un moment poignant
    Fort de quelque 90 personnes, le cortège s’est formé devant la boulangerie, place du Temps-perdu, où Estelle a été vue pour la dernière fois. Il a cheminé jusque devant le cerisier du Japon, planté en 2004 au centre du lotissement où la fillette résidait, pour s’y recueillir sur la chanson écrite pour elle par Charlélie Couture en 2003.

    Lassitude et usure
    Avant la marche blanche, 40 personnes ont assisté à l’assemblée générale de l’association Estelle-Mouzin, à l’espace Marcel-Proust. L’association comptait 128 adhérents en 2015. Un chiffre en baisse car la lassitude gagne au fil du temps. Les ressources s’élèvent à 5088 euros pour 7567 euros de dépenses, pour l’essentiel les frais d’avocat tant la bataille juridique est longue et même usante.

    Une nouvelle impulsion
    Corinne Hermann, avocate spécialisée dans les disparitions d’enfants, a fait un point sur le dossier. « Sa relecture est actuellement mise en place à Nanterre, avec des outils d’analyse très importants. Le dossier représente 40 000 procès-verbaux, soit 18 à 19 CD. Nous avons aussi deux nouveaux juges d’instruction qui viennent d’être nommés à Meaux. On leur a déjà demandé des copies de dossier que nous avons, à notre grande surprise, obtenues au bout de deux jours ». Après les 5 juges précédents qui, sans résultat, ont successivement défilé, Eric Mouzin veut rester positif. « Nous voilà revenus presque au début. On repart à l’attaque : ministère de la justice, tribunal de Meaux, les juges, le point avec les enquêteurs pour savoir, notamment, où en sont les demandes d’information formulées depuis des mois voire des années, sur des éléments du dossier ». Il espère du nouveau en 2016 et, surtout, que la marche blanche n’aura plus lieu d’être. 

    Facebook : Association Estelle Mouzin
     

  • GUERMANTES  – Marche blanche pour Estelle

    GUERMANTES – Marche blanche pour Estelle

     

    « On ne lâche rien, on continue ! »

    CortègeEn tête du cortège, de droite à gauche, Sophie Renon, le père d'Estelle, Denis Marchand, maire de Guermantes, la soeur et le frère d'Estelle, Didier Seban et Corinne Herrmann, avocats de l'association.

    Douze ans après la disparition de sa fille, et malgré un bilan 2014 décevant, Eric Mouzin, 59 ans, ne veut pas baisser les bras. « On s’est interrogé sur le sens de se réunir ce samedi 10 janvier, après ce qui s’est passé ces derniers jours. On s’est dit qu’il fallait la maintenir, car sinon ceux qui veulent faire régner la peur auront gagné si on reste chez nous. Je me souviens qu’Estelle était passée dans Charlie-Hebdo. Un dessin disait ’’Nous avons retrouvé Estelle : elle est dans les pages de Paris-Match’’» se remémore le père meurtri. Le cortège, composé d’une centaine de personnes, s’est formé devant la boulangerie, place du Temps-perdu, où Estelle a été aperçue pour la dernière fois, avant de se rendre devant l’arbre du souvenir. Face au cerisier du Japon, planté en 2004 au cœur du lotissement où elle résidait, les participants ont observé une minute de silence et écouté les chansons de Charlélie Couture et du rappeur Onics, composées en 2003 et 2013 en sa mémoire.

    Maria et hervéMaria et Hervé Gérault sont Latignaciens et font partie de l'association. Ils ont réalisé des tee-shirts à l'effigie d'Estelle.

    « Douze ans, c’est long. On a l’impression qu’Estelle a toujours 9 ans. L’affaire, c’est plus de 80 tomes de dossiers et près de 40 000 procès-verbaux. Il faut que l’enquête confiée à la police judiciaire de Versailles se poursuive, constituer une association, comme Child-Focus en Belgique, pour gérer efficacement les disparitions d’enfants en France » confie Sophie Renon, présidente de l’association Estelle, créée en mars 2003. 
    Ne pas perdre espoir
    Avant la marche blanche, 60 personnes ont assisté à l’assemblée générale de l’association, à l’espace Marcel-Proust. « Les formes d’espoir se situent dans une série d’affaires qui ont été résolues récemment et qui démontrent quelquefois que, 20 ou 30 ans après, il est toujours possible de résoudre les dossiers si des bonnes volontés s’y consacrent, car il y a de moins en moins d’enquêteurs criminels » indique Didier Seban. L’avocat de l’association, dont le cabinet est spécialisé dans les disparitions d’enfants, souhaite cependant plus de transparence sur les enquêtes des policiers et une synthèse sur les dernières pistes. « L’enquête se poursuit : j’ai été auditionnée en 2013 » intervient Maria Bolcan, 65 ans. Elle effectuait à cette époque des ménages chez des particuliers et les enquêteurs ont souhaité recueillir son témoignage. L’association Estelle, qui a le soutien de la municipalité, comptait l’an dernier 161 adhérents, soit 9 % de plus qu’en 2013. Ses ressources s’élèvent à 5326 euros pour 10 255 euros de dépenses, principalement des frais administratifs et honoraires d’avocat. « L’expérience m’a prouvé que lorsque l’on veut quelque chose, il faut aller le chercher. Alors, on continue ! » lance Eric Mouzin. 

    S. Moroy

    www.association-estelle.org