Étiquette : Geneviève Bossu

  • Villevaudé est en deuil. Il a perdu sa doyenne.

    Villevaudé est en deuil. Il a perdu sa doyenne.

    19 monument morts 2015 - Copie
    Geneviève Bossu s’est éteinte lundi 24 avril 2023 dans sa 104e année.

    Villevaudé est en deuil. Il a perdu sa doyenne.

    La commune avait plusieurs fois mis à l’honneur Geneviève Bossu, notamment en lui remettant en 2019 la médaille d’honneur de la ville. Auparavant, en 2003, Geneviève de Galard lui remettait la médaille de l’ordre national du Mérite pour son action héroïque pendant la Seconde Guerre mondiale durant laquelle elle s’était illustrée en rapatriant les prisonniers de guerre par avion. Nous avions déjà relaté son témoignage ici.

    Humble, discrète, joviale, très pieuse, Geneviève Bossu ne laissait personne indifférent tant elle était appréciée de tous. Elle aimait notre village et avait toujours un compliment à l’attention de chacun, petit et grand.
    Quelque part, elle avait fait sienne la devise de Saint-Exupéry, « on ne voit bien qu’avec le cœur » et ses interlocuteurs lui rendaient bien cette flamme d’humanité qu’elle savait leur transmettre. Il n’en fallait pas plus pour la rendre heureuse. Une grande dame s’en est allée. Reste son souvenir à jamais gravé dans la mémoire de ceux qui l’ont connue ou eu la chance de la croiser un jour.
    Requiescat in pace.

    La cérémonie religieuse aura lieu vendredi 28 avril à 14 h en l'église de Villevaudé. Geneviève Bossu reposera au cimetière de Montparnasse.

    Témoignages en photos

  • Geneviève Bossu : « Ce que j’ai fait, tout le monde l’aurait fait »

    Geneviève Bossu : « Ce que j’ai fait, tout le monde l’aurait fait »

    EN 1945, GENEVIÈVE BOSSU RAPATRIAIT LES PRISONNIERS DE GUERRE PAR AVION

    Geneviève Bossu réside à Villevaudé (Seine-et-Marne). Elle a eu 101 ans le 24 novembre et se souvient encore parfaitement des déportés qu’elle a rapatriés d’Allemagne… il y a 75 ans.

    Bossu

    Pendant l’été 1945, près de 16 000 prisonniers français ont été ramenés par avion. Ce rapatriement a été le premier et le plus important de l’Histoire et sa réussite est dû au dévouement des équipages : diplomates, médecins et infirmières, en particulier les IPSA (Infirmières pilotes secouristes de l’air).

    Pour son frère

    Geneviève a 20 ans quand la guerre éclate. Son frère, Roger Albinet (futur maire de Villevaudé, de 1947 à 1971) est prisonnier en Allemagne. Avec un simple diplôme d’infirmière, elle rejoint les IPSA, une section aérienne de la Croix-Rouge française créée en 1934, afin d’aller le chercher.

    C’est la raison pour laquelle je voulais récupérer les prisonniers, même si je savais que je ne le retrouverais pas forcément.

    Mad Bossu 4

    Première mission sanitaire

    Son départ a lieu en avril 1945. Elle doit ramener les prisonniers du camp de concentration de Buchenwald, rassemblés au Luxembourg.


    Bossu
    On les a installés dans le train, sur des brancards. Ils avaient tous une étiquette autour du cou car certains ne parlaient pas. Il y avait beaucoup de Français et j’ai même retrouvé un cousin !

    Avec la première armée française Rhin et Danube

    Le 8 mai 1945, jour où Berlin capitule, elle accompagne à Mengen la première armée française Rhin et Danube. Celle-ci est commandée par le général de Lattre de Tassigny et elle fait partie du convoi d’ambulances qui la suit. Les ponts sur le Rhin sont détruits et le ravitaillement en essence pour l’armée s’effectue par avion, de Strasbourg à la base de Mengen. Les avions repartant à vide, elle et ses cinq collègues les remplissent à raison de trois rotations par jour. Ce sont ainsi 1935 soldats, dont 560 couchés, qui seront convoyés par une centaine d’avions Junker ou Dakota.

    J'ai vu tellement de souffrances qu’aujourd'hui encore, je m'interdis de me plaindre.

    Les rescapées de Ravensbrück

    En août 1945, elle s’envole pour Malmoë (Suède) afin de rapatrier une centaine de femmes que le comte Bernadotte, diplomate suédois, a réussi à extirper du camp de Ravensbrück, deux mois avant la reddition allemande. Un terrible spectacle s’offre alors à sa vue.

    Elles n’étaient plus que squelettes. Notre crainte était que les parents les fassent manger trop. On les a soignées sur place pendant deux mois avant de les ramener en avion.

    La jeune convoyeuse se voit ensuite détachée au ministère des colonies pour évacuer des familles et des malades bloqués par les guerres à Madagascar, en Afrique, Inde et Indochine. Peu rapides et volant assez bas, il fallait six jours aller-retour aux avions pour faire Paris-Dakar.

    Une vie au service des autres

    Fin 1946, elle tombe malade et sa convalescence se déroule dans la demeure familiale, à Villevaudé.

    En 1950, elle obtient son diplôme d’infirmière d’État et sera monitrice IPSA, puis hôtesse à Air Maroc. En 1956, elle épouse Henry Bossu, directeur des essais chez Panhard, et devient, jusqu’en 1967, infirmière pour l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord).

    En 1968, elle travaille dans un laboratoire puis, jusqu’à sa retraite en mai 1981, comme infirmière à la Compagnie générale d’électricité. Après la mort de son époux, en 1995, elle décide de rester à Villevaudé.

    Ce que j'ai fait, tout le monde l’aurait fait.

    Nommée chevalier de l’ordre national du Mérite par décret du 14 novembre 2003, Geneviève Bossu aura le privilège d’être décorée le 11 mars 2004 par Geneviève de Galard, l’héroïque convoyeuse de l’air de Diên Biên Phu (Indochine), elle-même Grand-croix de la Légion d’honneur.

    Repas seniors

    Serge Moroy 
  • 8 juin 2020: Journée nationale d’hommage aux morts pour la France en Indochine

    8 juin 2020: Journée nationale d’hommage aux morts pour la France en Indochine

    Comme en témoigne le Figaro du 8 mai 1954, le 7 mai 1954 marque la chute de Dien Bien Phu. ll faudra attendre le 20 juillet 1954 pour que les négociateurs français et vietnamiens signent à Genève les accords de cessez-le-feu.

    La guerre d'Indochine avait duré 9 ans ..

    Dien bien phu 1954

    Dien bien phu 2jpg
    Née en 1925, Geneviève de Galard s'engage en 1952, pendant la guerre d'Indochine dans le corps des convoyeuses de l’air qui rapatrie les blessés entre Dien Bien Phu et Hanoï à bord d’avions sanitaires.

    Geneviève de Galard

    Au cœur de l’attaque du Viet-Minh, elle se retrouve prise au piège à Dien Bien Phu : accidenté, son avion sanitaire ne peut plus repartir. Dès lors, elle partage le sort des quinze mille soldats enterrés dans la nasse du camp retranché. Après la chute de Dien Bien Phu le 7 mai 1954, elle demeure auprès des blessés.

    Seule femme dans la guerre, elle reçoit la Légion d’honneur et la Croix de guerre, le 29 avril 1954.

    En 2014, elle est élevée à la dignité de grand-croix.


    2014Le 11 mars 2004, Geneviève de Galard remettait à son amie villevaudéenne Geneviève Bossu la décoration de Chevalier de l'ordre national du Mérite par décret du14 novembre 2003…

    A noter que Geneviève de Galard a fait partie des seize femmes françaises que j'ai sélectionnées pour représenter les femmes au repas seniors du CCAS de décembre 2019.

    Y Godefroy

     
     
     
  • Dien Bien Phu.. 7 MAI 1954

    Dien Bien Phu.. 7 MAI 1954

    Guerre d'Indochine… Chute de Dien Bien Phu..

    7 MAI 1954: Geneviève de Galard, l'héroïque convoyeuse de l'air, la seule femme parmi les défenseurs.. 

    Pendant la guerre d'Indochine, elle s'engage en 1952 dans le corps des convoyeuses de l’air qui rapatrie les blessés entre Dien Bien Phu et Hanoï à bord d’avions sanitaires. 

    Au cœur de l’attaque du Viet-Minh, elle se retrouve prise au piège à Dien Bien Phu : accidenté, son avion sanitaire ne peut plus repartir. Dès lors, elle partage le sort des quinze mille soldats enterrés dans la nasse du camp retranché.

    Après la chute de Dien Bien Phu le 7 mai 1954, elle demeure auprès des blessés.

    Seule femme dans la guerre, elle reçoit la Légion d’honneur et la Croix de guerre, le 29 avril 1954.

    En 2014, elle est élevée à la dignité de grand-croix.

    Dien bien phu 1954

    Dien bien phu 2jpgDiên Bien Phu.. LE FIGARO 8 MAI 1954

    Je remercie ce villevaudéen de mes amis qui m'a gentiment offert cet exemplaire du Figaro du 8 mai 1954 trouvé dans un recoin de son garage… Y Godefroy

    Mad Bossu 2

    Le 11 mars 2004, Geneviève de Galard remettait à son amie Geneviève Bossu la décoration de Chevalier de l'ordre national du Mérite par décret du14 novembre 2003

    Geneviève Bossu a eu  100 ans en 2019 dans son château de Bisy de Villevaudé..

  • Notre hommage à Geneviève Bossu

    Notre hommage à Geneviève Bossu

    Geneviève Bossu a eu cent ans le 24 novembre 2019… L'occasion de fêter cet heureux événement au repas des seniors organisé par le CCAS de Villevaudé, le 7 décembre 2019.

    Le diaporama présenté le 7 décembre a été réalisé par Olivier et Florian de l’espace jeunesse de Villevaudé et membres de L'Association Loisirs Jeunes de Villevaudé, grâce aux témoignages de Monique Mazoyer, Serge Moroy, Suzette Farignon et Yvette Godefroy.

    1 photo 12 dece 2015
    C’est en ces termes que Suzette s’adressa à  Geneviève Bossu, née Albinet:

    "Vous voilà centenaire, vous êtes comme un  merveilleux livre dont la préface pourrait débuter ainsi :

    « Un siècle ! … J’ai vu huit fois la fumée blanche sur la chapelle Sixtine, de Pie XI jusqu’au pape François…

    « Nous pouvons voir en vous une sœur, une mère, une tante, mais aussi une grand-mère et même une arrière-arrière grand-mère ! Vous avez encore tellement de choses à nous apprendre.. ; votre histoire de vie est une grande science pour nous… »


    2 photo 5 mai 1945 Ordre de mission

    Quand la seconde guerre mondiale éclate, Geneviève a 20 ans. Son frère, Roger Albinet (qui sera maire de Villevaudé de 1947 à 1971) est prisonnier en Allemagne. Avec un simple diplôme d’infirmière, elle intègre les IPSA, section aviation de la Croix-Rouge française créée en 1934, pour aller le chercher.
    Sa première mission sanitaire intervient en avril 1945. Il s’agit de ramener les prisonniers du camp de concentration de Buchenwald, rassemblés au Luxembourg. « On les a installés dans le train, sur des brancards. Ils avaient tous une étiquette autour du cou car certains ne parlaient pas. Il y avait beaucoup de Français et j’ai même retrouvé un cousin ! ».


    3 photo convoi strasbourg mai 45Convoi vers Strasbourg

    Le 8 mai 1945, jour où Berlin capitule, avec cinq collègues, elle accompagne en ambulance la première armée française (Rhin et Danube) à Mengen.

    « Les ponts sur le Rhin étaient détruits, le ravitaillement en essence pour l’armée se faisait par avion, de Strasbourg à Mengen en Dakota.

     

     

    4 photo les ISPA à mengen gauche 45Mengen

    Cherchant dans ses souvenirs Mme Bossu déclare : «   En mai 45, nous partons 6 IPSA en ambulance pour nous mettre à la disposition de la 1ère armée (Rhin et Danube) qui nous envoie sur la base de Mengen ( Wurtemberg) à 13km à l’Est de Sigmaringen. On installe la Base de départ des services de l’ambulance médico-chirurgicale de l’Air n° 401. Le personnel est logé dans les baraquements sur le terrain et nous, chez l’habitant.

    4 photo Ravensbrück dessinEn août 1945, la voici à Malmoë en Suède chercher une centaine de femmes que le comte Bernadotte, diplomate suédois, a réussi à sortir du camp de Ravensbrück, deux mois avant la capitulation allemande. Un terrible spectacle. « Elles n’étaient plus que squelettes. Notre crainte était que les parents les fassent manger trop. On les a soignées sur place pendant deux mois avant de les ramener en avion ».

     

    5 photo 4devant les dakota à droiteLa photo est prise devant un Dakota, Geneviève est à droite

    Les avions repartant à vide, il s’agissait de les remplir à raison de trois rotations par jour ». 1935 soldats, dont 560 couchés, seront convoyés dans une centaine d’avions de type Junker ou Dakota. Elle dit : « On voyait tellement de souffrances autour de nous que l’on ne se plaignait pas quand on était fatigué »

    6 photo 6 d'un JU 52 en 46Devant un JU 52 le 13 mars 1946, entourée du pilote Petot et du mécanicien Roy

    7 photo  en mission en Afrique 1946Geneviève Albinet sera convoyeuse de l’Air jusqu’à la fin 1946, année où elle tombe malade. Sa convalescence se passe à Villevaudé, dans la demeure familiale. Elle réussit son diplôme d’infirmière d’État en 1950 et sera monitrice IPSA, puis hôtesse à Air Maroc. En 1956, elle épouse Henry Bossu, directeur des essais chez Panhard, et devient, jusqu’en 1967, infirmière pour l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord). En 1968, elle travaille dans un laboratoire puis, jusqu’à sa retraite en 1981, comme infirmière à la Compagnie générale d’électricité. Après la mort de son époux en 1995, elle reste à Villevaudé, au château de Bisy.

    Photo: 13 mars 1946 au cours d’une mission en Afrique.

    8  chateau bisyLe château de Bisy à Villevaudé

    9 G Verger (2)En 1968 elle fait connaissance à Paris du père Georges Verger, ancien aumônier de l’Armée de l’Air

    En 2002, à la mort du père Edouard, elle intervient auprès du Diocèse de Meaux pour que Georges Verger soit accueilli dans les paroisses de Villevaudé, le Pin et Bois Fleuri.

     

     

    Son ami le père Guy Gilbert, proche de Georges Verger célèbre le 10 octobre 2010 la grand- messe de bénédiction des animaux à Villevaudé, sur la plaine des Merisiers, devant des centaines de villevaudéens.

    13 photo guy gilbert et g. Bossu2010

    10 photo Georges Verger et Guy Gilbert 2010
    11 photo avec Guy Gilbert 17 octobre  2010
    Chevalier de l'Ordre National du Mérite

    15 photo 11 mars 2014Le 11 mars 2004, Geneviève Bossu est nommée chevalier de l’Ordre National du Mérite, décorée par «sa marraine» Geneviève de Galard

    Lors de la remise des insignes, Geneviève de Galard commence son discours par ces mots : 

    «  Malgré mon âge respectable, vous êtes pour moi une ancienne. Une de ces anciennes que nous admirons, des pionnières qui ont tant fait pour improviser, construire et forger ce que sont devenues les Convoyeuses de l’Air… » 

     

    17 photo dien bien phu 1954

    16 photo dien bien phu 54Geneviève de Galard est la célèbre héroïne de Dien Bien Phu, que tout le monde connaît pour l’avoir vue en 2004, dans différentes manifestations commémorant le cinquantième anniversaire de cette bataille. 

    19 monument morts 2015Comme chaque année, au monument aux morts de Villevaudé

    20 expo 11 novembre 2015A l’exposition 14-18

    22 repas seniors 2015 Au repas seniors 2015

    23 photo départ à la messe avec Lazlo DavidDimanche 24 novembre 2019, Lazlo David et Geneviève Bossu prennent le chemin de l’église de Villevaudé

    25 photo 24 nov  2019Ses deux amis, père Isaac et père Ignace ont célébré la messe de ses cent ans, en présence de la communauté chrétienne de Villevaudé, le Pin et Bois Fleuri.

    27 photo nov 2019Avec Mauricette

    28 photo nov 2019Geneviève a connu Père Ignace il y a  27 ans, alors qu’il avait remplacé père Edouard qui était en pèlerinage à Saint Jacques de Compostelle. Il est venu de Cotonou au Benin, afin d’être aux côtés de Geneviève en ce grand jour de fête et d’émotion.

    29 photo novem 2008Au monument aux morts en tenue militaire

     C’est à son amie Suzette Farignon que nous devons ces belles paroles:

    « Avoir cent ans est un cadeau de la vie. Ailée comme un ange, vous touchiez au soleil de votre vie, sans vous brûler les ailes car, contrairement à Icare, « Les ailes brisées » résistèrent aux assauts et vous forgèrent à ce grand voyage… 

     

    Tous nos vœux à la plus belle des centenaires.. »

    Y. Godefroy

  • Geneviève Bossu, convoyeuse de l’air en 1945

    Geneviève Bossu, convoyeuse de l’air en 1945

    VILLEVAUDE
     
    Elle a rapatrié les déportés et prisonniers de guerre

    Dès mai 1945, des milliers de prisonniers et déportés français ont été ramenés par avion. Ce rapatriement a été le premier et le plus important de l’Histoire. Sa réussite tient au dévouement de plusieurs acteurs : équipages, diplomates, médecins, infirmières, en particulier les IPSA (Infirmières pilotes secouristes de l’air). Une Villevaudéenne était l’une d’elles.

    Mme Bossu"J'ai vu tellement de souffrances, qu'aujourd'hui encore, je m'interdis de me plaindre".

    Geneviève Bossu, née Albinet, aura 95 ans dans trois mois. Coquette et encore alerte, elle porte sur ses semblables un regard plein de bonté, sans jamais se départir du sens de l’humour et de son sourire. Un beau visage, doux et grave, qui aurait pu, en son temps, inspirer Renoir pour l’un de ses célèbres portraits.

    Ispsa dakotLes IPSA devant un Dakota servant à rapatrier les rescapés

    A cause de son frère
    Quand la guerre éclate, Geneviève a 20 ans. Son frère, Roger Albinet (qui sera maire de Villevaudé de 1947 à 1971) est prisonnier en Allemagne. Avec un simple diplôme d’infirmière, elle intègre les IPSA, section aviation de la Croix-Rouge française créée en 1934, pour aller le chercher. « C’est la raison pour laquelle je voulais récupérer les prisonniers, même si je savais que je ne le retrouverais pas forcément ». 
    Première mission sanitaire 
    Son premier départ intervient en avril 1945. Il s’agit de ramener les prisonniers du camp de concentration de Buchenwald, rassemblés au Luxembourg. « On les a installés dans le train, sur des brancards. Ils avaient tous une étiquette autour du cou car certains ne parlaient pas. Il y avait beaucoup de Français et j’ai même retrouvé un cousin ! ». Le 8 mai 1945, jour où Berlin capitule, avec cinq collègues, elle accompagne en ambulance la première armée française (Rhin et Danube) à Mengen. « Les ponts sur le Rhin étaient détruits, le ravitaillement en essence pour l’armée se faisait par avion, de Strasbourg à Mengen. Les avions repartant à vide, il s’agissait de les remplir à raison de trois rotations par jour ». 1935 soldats, dont 560 couchés, seront convoyés dans une centaine d’avions de type Junker ou Dakota. « On voyait tellement de souffrances autour de nous que l’on ne se plaignait pas quand on était fatigué » confie Geneviève. 

    Les rescapées de Ravensbrück
    En août 1945, la voici à Malmoë (Suède) chercher une centaine de femmes que le comte Bernadotte, diplomate suédois, a réussi à extirper du camp de Ravensbrück, deux mois avant la capitulation allemande. Un terrible spectacle. « Elles n’étaient plus que squelettes. Notre crainte était que les parents les fassent manger trop. On les a soignées sur place pendant deux mois avant de les ramener en avion ».

    En mission en afrique 1946 - CopieLa jeune convoyeuse est ensuite détachée au ministère des colonies pour évacuer des familles et des malades bloqués par les guerres à Madagascar, en Afrique, Inde et Indochine. « Les avions n’étant pas rapides et volant assez bas, il fallait 3 jours aller et 3 jours retour pour faire Paris-Dakar » se souvient-elle.

    Une vie très active
    Fin 1946, Geneviève tombe malade. Sa convalescence se passe à Villevaudé, dans la demeure familiale. Elle réussit son diplôme d’infirmière d’État en 1950 et sera monitrice IPSA, puis hôtesse à Air Maroc. En 1956, elle épouse Henry Bossu, directeur des essais chez Panhard, et devient, jusqu’en 1967, infirmière pour l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord). En 1968, elle travaille dans un laboratoire puis, jusqu’à sa retraite en 1981, comme infirmière à la Compagnie générale d’électricité. Après la mort de son époux en 1995, elle reste à Villevaudé.

    Mad Bossu 6

     

    Nommée chevalier de l’ordre national du Mérite par décret du 14 novembre 2003, Geneviève aura le privilège d’être décorée le 11 mars 2004 par Geneviève de Galard, l’héroïque convoyeuse de l’air de Diên Bien Phu. 

     

    S. Moroy

     

    16 000 personnes ont été ramenées dans leurs foyers sans aucun incident aérien. Les opérations se sont heureusement déroulées au cours de l’été 1945. Les équipages se sont dépensés physiquement et ont fait preuve de savoir-faire. Les convoyeuses ont montré un dévouement sans limites. R. Barthélémy. Histoire du transport aérien militaire français. Paris, France-Empire, 1981.