Étiquette : Corse

  • 1943, Héros de la libération de la Corse

    1943, Héros de la libération de la Corse

    L’année 2023 est l’année de commémoration du 80ème anniversaire de la libération de la Corse

    Corse libération
    Le 9 septembre 1943, la ville d’Ajaccio est la première ville à être libérée par la Résistance et la Corse le premier territoire français libéré grâce à l'insurrection de la population, 12000 corses qui ont pris part au combat, se rendant "maîtres des trois quarts de leur île",  soutenus par les soldats italiens opposés aux nazis, le bataillon de Choc et les goumiers marocains.

    CASABIANCA LIVRECASABIANCA

    L'épopée du sous-marin CASABIANCA s'évadant de Toulon tandis que la flotte se saborde. Effectuant des missions secrètes sur les côtes corses pour préparer la libération de l'île, débarquent 109 hommes du bataillon de Choc dans Ajaccio.

    Le Commandant l'Herminier, atteint d'artérite oblitérante l'entrainant chaque jour davantage vers une fin inexorable, se refuse de débarquer pour être traité. Solidaire de l'état-major et de l'équipage évadés de Toulon avec lui, il ne quitte son bord qu'au retour de l'ultime mission après avoir entendu sonner l'heure de la victoire. A l'hôpital d'Alger il doit être amputé des deux jambes et ne survit que de justesse. Dès qu'il est en état de tenir la plume, sur son lit de grand mutilé, le Commandant écrit, à l'intention des 85 hommes de son sous-marin, l'admirable récit de leurs exploits.
    Ainsi est né Casabianca, le best-seller de la marine.

    Casa6

    CASA7

    CASA8

    CasaBIANCA3

    Le radio Pierre GRIFFI

    D'origine corse, Pierre Griffi, fils de Don Jean et Pauline Didier, est né à Alger le 13 mai 1914. Homme de gauche, il combat le fascisme dans les rangs de Brigades Internationales, en Espagne. Il débarque en Corse le 14 décembre 1942, en tant qu'officier radio de la mission conduite par le commandant Roger de Saule et le lieutenant Laurent Preziosi – les fondateurs du réseau Pearl Harbour – ainsi que le lieutenant Toussaint Griffi, adjoint au chef de mission et cousin de Pierre. Ce fut l’arrivée en Corse de la première mission française venue d’Alger à bord du sous-marin Casabianca et débarquée clandestinement le 14 décembre 42 après quatre jours de navigation périlleuse. Déposée dans la crique de Topiti, baie de Chiuni (entre Piana et Cargèse), la mission entièrement française disposait de mitraillettes et d’un poste émetteur-récepteur. Grâce à la complicité de la population, Pierre Griffi pourra trouver des « planques » lui permettant de donner des informations capitales aux Alliés.

    Casabianca10

    A noter que la famille BROWN (cité à la première ligne page 78)  a fait l'acquisition d'une petite maison de vacances à L'Ile Rousse. 

    Arrivé à Ajaccio, il entre en contact, accompagné de Laurent Preziosi, avec des communistes ajacciens, notamment André Giusti, chargé par le Front National de centraliser les renseignements sur l’ennemi. André Giusti, Jean Nicoli et Nonce Benielli établissent une liaison permanente avec Pierre Griffi qui émettra six mois, pendant lesquels 270 messages seront transmis à Alger.

    Le 9 juin 1943, arrêté par l’O.V.R.A (l'équivalent italien de la Gestapo allemande), condamné à mort par le Tribunal Militaire du VIIe Corps d'Armée italien pour espionnage, il revendique fièrement ses responsabilités. Patriote inébranlable, il n’ouvrira plus la bouche jusqu’au procès où son attitude forcera le respect de ses juges. Malheureusement les messages en préparation établiront la « complicité » d’autres résistants et parmi eux, Nonce Benielli. Le 14 août s’ouvre à Bastia le procès Griffi-Benielli.

    Pendant les deux mois de l’instruction, Pierre Griffi a résisté à toutes les tortures. Il se fera honneur d’avoir provoqué, par ses informations, le torpillage du transport italien Francesco Crispi. Il sera fusillé, à Bastia, le 18 Août 1943 à 6 H 30 du matin par les Chemises noires.

    Il a été reconnu Mort pour la France. Un monument avec plaque et buste le représentant perpétue sa mémoire au Square Griffi, rond-point de la gare à Ajaccio. Son nom figure sur le Monument aux Morts de la ville de Bastia, sur celui de la commune de Poghju di Nazza, et sur la stèle Commémorative de la ville de Corte. (Informations: l'ANACR de Corse-du-Sud)

    Les 3 et 4 octobre 1943 marquent des combats décisifs dans la libération de la Corse 

    Les alliés débarqueront en Normandie 9 mois plus tard, le 6 juin 1944.

    Y Frassati-Godefroy

  • Polyphonies et musiques corses, Meridianu a fait vibrer l’église Saint Etienne de Claye Souilly

    Polyphonies et musiques corses, Meridianu a fait vibrer l’église Saint Etienne de Claye Souilly

    Meridianu
    Lors de sa tournée en métropole, Meridianu, quatuor corse créé en 2003, a effectué, samedi soir, sa deuxième étape à Claye-Souilly. « C’est un concert exceptionnel. Ils viennent de Balagne, région de la Haute-Corse dont les grandes villes sont Calvi et Ile-Rousse. Et l’un d’eux est même né à Claye-Souilly » a annoncé Marie-Hélène Caspar, leader de la chorale Chœur-Odyssées, à l’initiative de cet évènement avec NS-Organisation et Gérard-Sedru Music. « Depuis l’origine, le chant permet à l’homme d’exprimer ce qu’il y a de plus beau. Cet héritage multiséculaire, nous devons le partager pour qu’il vive » souligne Jean-Antoine Orticoni, l’un des choristes.

    5

    3
    En alternant savamment tradition et modernité dans leur interprétation a capella ou instrumentale de chants sacrés et profanes, mais aussi de compositions plus personnelles comme « SDF », chanson dédiée aux sans-abris, Meridianu a transporté les auditeurs vers l’autre rive de la Méditerranée. Sous les voûtes de l’église Saint-Etienne, chacun a pu ainsi découvrir et apprécier la beauté d’un patrimoine musical dont le charme fascine toujours, tant il est riche, authentique et profond.

    S. Moroy

  • Les « signadore » contre le mauvais oeil

    Depuis l’ère chrétienne, la Corse n’a guère connu d’autre influence religieuse que celle du catholicisme qui s’est identifié à son esprit, ses coutumes, sa vie familiale et sociale.

    Aujourd’hui encore, on trouve dans les villages corses des coutumes très anciennes qui conservent dans leur simplicité l’influence de la loi qui les a inspirés.

    Locchju « L’occhju », pratique dont l’origine est mal définie, transcrite dans la mémoire de maintes femmes de l’île et aujourd’hui transmise de bouche à oreille la nuit de Noël, constitue l’un des aspects les plus spectaculaires de cette forme de piété qui mêle paradoxalement le profane et la sacré.

    Quoi de plus naturel que la prière pour exorciser le mal engendré par le mauvais œil ?

    « L’occhju » ?

    C’est une prière que l’on se transmet oralement de génération en génération. La nuit de Noël essentiellement, autour du « fucone » (le grand feu) ou du sapin moins traditionnel, après les douze coups de minuit.

    C’est aussi et surtout l’art et la manière de chasser le mauvais œil, de le conjurer.

    Maux de tête subits, indisposition tout aussi brutale, affections touchant adultes et nouveau-nés, les effets du mauvais œil sont pernicieux. Ils peuvent être engendrés par un compliment qui s’effectuerait sans la formule « U bénédiga », (Dieu le bénisse), par un regard mal intentionné auquel Mérimée fait clairement allusion dans « Colomba », ou bien encore par une malédiction. C’est alors que l’on sollicite l’intervention de « A Signadora » qui doit son nom au fait qu’elle se signe indéfiniment en formulant cette fameuse prière, dont les termes sont jalousement gardés et dont on ne saurait connaître la substance hors de la période, fixée depuis des temps immémoriaux.

    Le résultat de l’imprécation est garanti.

    Locchju_2_2 Une assiette remplie d’eau, une « luminella » (un lumignon) et de l’huile : ce sont les ustensiles de base du cérémonial de « l’occhju » qui s’ordonne selon un rite bien établi : A l’importance que prendront les gouttes versées dans l’assiette, « a Signadora », en général coiffée du "mezzaru" ce voile noir porté en signe de deuil, sera en mesure de dire si son interlocuteur est, ou non, « annuchjatu », et à quel degré : Il faudra alors avoir recours à deux autres séances identiques, pratiquées par deux officiantes différentes, pour conjurer le mal.

    Locchju_3_3   Mais l’assiette, l’eau, le lumignon et l’huile ne sont pas indispensables à l’exercice de « l’occhju ». Le simple fait de poser la main sur la tête et celui à qui on a jeté le mauvais sort – « l’annuchjatu » – et l’énoncé de la traditionnelle prière suffisent parfois à maîtriser l’indisposition.

    « L’occhju » s’ordonne aussi bien des fois hors de la présence du malade, dans ce cas, au cours des trois séances, il suffit de fournir à celle qui se signe et prie « in petto », un effet vestimentaire.

    Pratique ancienne fortement ancrée dans les mœurs de l’île, « l’occhju » ne manque pas de laisser certains perplexes sur l’efficacité thérapeutique de son usage qui, disent-ils, fait une trop belle part à la superstition.

    Il n’en demeure pas moins qu’il arrive très souvent, lorsque par exemple on adresse des louanges excessives à l’égard d’un nouveau-né, que l’on surprenne certains personnes de l'entourage faisant discrètement les cornes, plutôt à deux mains qu’une, en direction du landau…

    (Source: Corse Nice Matin,19/01/1987, Charles Monti)